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Mon livre le plus beau c’est toi qui l’as écrit

Quelque part
brûle une bougie
alors que hurle
ou souffle, se roulant
par le rire des larmes
quelqu’un qui croit
entendre ma voix.

Peut-être
mon livre
le plus beau
c’est toi qui l’as écrit
en bonne foi croyant
que c’était le mien.

Ailleurs, peut-être
tout près, au loin
ma main te cherche
sortant de la feuille
saisissant un nuage
se mêlant sans rage
à la lourde silhouette
qui danse, sauvage
au milieu des bougies,
tels autant de réverbères
sur le parapet d’un pont.

Ou alors s’agit-il
d’une silhouette légère
qui, affolée, se désespère,
fatiguée, hélas, de lire
des histoires de cire.

Parmi les fils du ciel
marchant en équilibre
elle débite par coeur
les mots d’un livre
sculpté dans l’âme
cette jeune protectrice
distraite, impulsive
qui pourrait être toi
ma fidèle lectrice.
Mais ce visage pensif
virevoltant sur les toits
ce n’est pas toi.

Ici dedans,
mon livre en bride
hésite à sortir
mes mots sans bouche
hurlent à vide,
mon stylo sans encre
trébuche.

Ma main
engourdie par le soir
a peur
de revenir sur la feuille,
mes yeux
aveuglés par le noir
ont peur
d’y trouver,
souriant,
ton nom.

001_lectrice twitter 180

Image empruntée quelque part sur Twitter…

Giovanni Merloni

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