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« Le poète possède La clé de la maison Le mystère gelé Empêche nuitamment Qu’il en ouvre la porte » (Rencontre des Poètes sans frontières avec Francis Vladimir)

01 vendredi Mar 2019

Posted by biscarrosse2012 in auteurs français

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Francis Vladimir

Vital Heurtebize, Francis Vladimir et Giovanni Merloni

« Le poète possède La clé de la maison Le mystère gelé Empêche nuitamment Qu’il en ouvre la porte »

Vendredi 22 février, il y a donc une semaine, le poète Francis Vladimir, dont j’avais récemment esquissé un premier portrait, a été invité au Hang’Art par Vital Heurtebize et Claire Dutrey et j’ai eu l’honneur et le plaisir de le présenter aux Poètes sans frontières.
Pendant cette rencontre mémorable, Francis Vladimir nous a partagé quelques-uns des moments les plus significatifs de son parcours d’écrivain et de poète, ainsi que d’homme de théâtre, en nous révélant — pour expliquer aussi la richesse visionnaire de son dernier recueil poétique, « Célébration » — la raison primordiale de son attachement à la nature, ayant un rôle central et irremplaçable dans son univers poétique et littéraire.
Il nous a alors raconté l’histoire de cette extraordinaire fratrie — sept, entre frères et sœurs dont il est le quatrième — issue d’un couple de Catalans réfugiés dans le Roussillon au lendemain de la dramatique « retirada » de l’armée républicaine espagnole de 1939. C’est donc à partir d’une enfance heureuse et d’une adolescence laborieuse dans l’exploitation familiale du père à Elne que l’amour de Francis pour sa terre et les paysages alentour a nourri sa fantaisie, en déclenchant en lui un tempérament d’artiste à multiples facettes. Francis Vladimir a mis en valeur aussi, bien sûr, son penchant spontané pour les romans français et russes du XIXe… et le rôle qu’a très tôt exercé pour lui la machine à écrire, clairvoyant cadeau de Daniel, son plus jeune frère…
Ensuite, même s’il ne nous en a pas parlé, il est évident que les expériences de la vie adulte, dont une partie importante s’est déroulée dans la région parisienne, ont eu leur importance dans l’accomplissement de ses oeuvres, de plus en plus mûres et équilibrées, en créant quelques contrepoids à son tempérament « de feu » dont il nous a parlé très sincèrement.
Tout en se définissant « tardif » — ayant écrit sa première composition poétique à vingt-sept ans pour célébrer l’anniversaire de sa sœur qui en accomplissait trente —, Francis Vladimir est indéniablement un poète, un vrai poète, qui révèle, par sa culture et ses ouvertures vers d’autres formes d’expression — notamment le roman et les textes de théâtre —, une vaste palette de créateur et de passeur.
G.M.

Francis Vladimir, Giovanni Merloni et Claire Dutrey

Claire Dutrey lit « L’hiver » depuis « Célébration » de Francis Vladimir
(Editions « au Point 9 » 2018)

L’hiver
Aller là-bas,
Se blottir sur le sein de neige
De la dernière nuit…
Alexandre Blok

Perséphone, pour ce grain de grenade…
L’oublier en plein gel d’hiver ?!
Marina Tsvétaïeva

Mais cette saleté
De froide planète !
Même trois cents soleils
Ne peuvent la réchauffer
Serge Essènine

Un regard ahuri et des yeux d’iris sombre,
Un silence complice,
J’étais mort, je ne saurais mieux dire
Le désarroi, ce grand froid
Venu de l’Antarctique, la dérive de soi
(Francis Vladimir, Hiver 1, page 127)

Nuit d’hiver, longue, obstinément profonde,
Où chaque bruit résonne comme une horloge
Indigne. Des bruits sourds, des silences
Et à nouveau des bruits, gémissements de nuit,
Cris d’effraie pour une âme en péril
(Francis Vladimir, Hiver 2, page 127)

En hiver tout prend une allure nouvelle
Tout est alenti au point de détourner le rythme
De toute chose. Marche ou respiration, regard,
Introspection, tout est ravalé au grand frisson
Que le froid au dehors parfois réveille en nous
(Francis Vladimir, Hiver 6, page 128)

Tout n’était que silence, assourdissant silence,
Éteignoir de la vie sous la coupe du froid
Et là-haut dans des régions lointaines
Faites du grand cosmos et des météorites
D’un coup s’est rallumée une petite étoile
(Francis Vladimir, Hiver 10, page 129)

Avec l’hiver on perd le seul chemin
Qui nous menait, pour sûr, au bout de soi
Voilà que la couleur disparaît à vue d’œil
Et nous ne voyons plus que l’uniformité
La grisaille, le fond, tout l’envers du décor
(Francis Vladimir, Hiver 17, page 130)

Aussi loin que je puis je continue ma route
C’est une vieille antienne que tout homme
Se répète à l’envi comme s’il regrettait
Qu’à l’hiver de sa vie, le goût de vivre
Ne vibre plus en lui et ne soit que dégoût
(Francis Vladimir, Hiver 19, page 130)

Cette sensation qui se fait jour en moi
Ce frisson qui ralentit l’allure
Fait de moi une chose réduite
Dos rond, bras croisés, les pieds froids
Un être oublié face à son propre hiver
(Francis Vladimir, Hiver 21, page 131)

Ce qui nous engourdit c’est moins le froid, je crois,
Que l’incapacité de notre esprit à cheminer
Toujours vers des ailleurs à regarder bien droit
La possibilité d’une île qui serait l’improbable
Terrain, le territoire ouvert sur le dernier voyage
(Francis Vladimir, Hiver 23, page 131)

Il suffit de regarder autour de soi d’émettre
Des signaux de convivialité pour que l’hiver
Qui avance à pas feutrés nous paraisse moins froid,
Moins agressif, moins piquant, moins coupant,
Une manière en somme de le rendre inoffensif
(Francis Vladimir, Hiver 26, page 131)

Cet hiver dont je parle c’est moins l’hiver du dehors
Celui des intempéries, des gelées matinales,
Des chutes de neige sur les premières hauteurs,
Des glaçons suspendus aux branches distordues,
Des camélias gelés, que l’hiver intérieur
(Francis Vladimir, Hiver 27, page 132)

Épreuve de l’hiver
Dont on ne sort vivant
Qu’en veillant sur son âme
Le corps, lui, incidemment
S’épuise en malfaçons
(Francis Vladimir, Hiver 42, page 133)

Sur mon front, dans mes mains,
Sur mon visage hélas et sur mon corps
Vieilli, je porte un grand hiver
Qui claque à chaque pas, hommage
Claironnant à mes saisons meurtries
(Francis Vladimir, Hiver 49, page 134)

Chaque pas dans l’hiver
Est un pas victorieux
Sur soi et la désespérance
Qui mine les chemins déneigés
De notre courte vie
(Francis Vladimir, Hiver 51, page 134)

Aller au bout de soi
Savoir que le voyage
N’aura plus de chaleur
De couleur seulement
La résolution de l’hiver
(Francis Vladimir, Hiver 61, page 135)

Tout se retire en moi
Les rayons du printemps
La torpeur de l’été
De l’automne la pluie
Sauf l’imminent hiver
(Francis Vladimir, Hiver 76, page 136)

Je passe dans l’hiver
Le bonnet enfoncé
Sur mes oreilles froides
Marchant tête baissée
Et les mains camouflées
(Francis Vladimir, Hiver 93, page 137)

Peu d’entre nous le savent
Il n’y a point d’hiver, point d’été,
De printemps ou d’automne
Il n’y a qu’aujourd’hui
Fait des quatre saisons
(Francis Vladimir, Hiver 109, page 139)

Certains ont froid l’hiver
Pas forcément dehors
Mais chez eux
Dans ce qui, habituellement,
Devrait les réchauffer
(Francis Vladimir, Hiver 110, page 139)

Frappez dans vos mains
Vous sentirez que la vie
Se réchauffe, devient
Moins agressive,
Au plus fort de l’hiver
(Francis Vladimir, Hiver 119, page 140)

L’hiver en poésie
Est une longue traque
Les mots à peine relevés
Se transforment en glace
De fait, le poète est gelé
(Francis Vladimir, Hiver 126, page 140)

À petits pas comptés
Je m’approche du terme
La frontière ouverte
Au bout de mes saisons
Sur un immense hiver
(Francis Vladimir, Hiver 145, page 142)

Les mots aussi ont des saisons
Choisies. S’ils fleurissent
À la saison des fleurs
C’est au temps du glaçon
Que leur graine sommeille
(Francis Vladimir, Hiver 158, page 143)

Les poètes aussi
Sombrent en hiver
Le temps des vers
Est court
Face à l’éternité
(Francis Vladimir, Hiver 162, page 143)

Les mots sont des torrents
Majestueux et sombres
Comme l’eau qui dévale
De quelque lac posé
Sur un glacier caché
(Francis Vladimir, Hiver 163, page 143)

On ne peut exprimer
Ce qu’un poète seul
Sait offrir dans ses vers
La poussière la vie
Et l’attente glacée
(Francis Vladimir, Hiver 164, page 143)

Le poète possède
La clé de la maison
Le mystère gelé
Empêche nuitamment
Qu’il en ouvre la porte
(Francis Vladimir, Hiver 165, page 143)

Le poème enfoui
Dans le cœur du poète
Germe avec constance
Jusqu’à briser la glace
Des mots récalcitrants
(Francis Vladimir, Hiver 168, page 144)

La saison assoupie
Est porteuse de vie
Sous le froid, le gel, la neige,
Obstinément elle se régénère
Après avoir mordu
(Francis Vladimir, Hiver 178, page 144)

Je voulais vivre ce que vivent les roses
À l’intérieur de moi je créais un poème
Qui chantait l’homme, la nature, les saints
Las ! À l’orée de l’hiver il me vient à l’esprit
Le désenchantement et la désillusion
(Francis Vladimir, Hiver 191, page 146)

Le froid a contrefait ma pensée intime
Je la garde au fond de moi, telle
Une rose, une myosotis ou un épi
De blé, et mes vagabondages
Redeviendront des sentiers lumineux
(Francis Vladimir, Hiver 223, page 151)

Il fait un froid glacial dans le petit bureau
Penché sur le clavier je m’échine à sonder
L’inconstance des mots et la ferveur du sens
Musique incomparable que celle d’un poème
En plein cœur de l’hiver
(Francis Vladimir, Hiver 224, page 151)

S’absenter de soi-même, l’abandon
Dans la plénitude des mots à peine réveillés
C’est qu’un poème vit en dépit du poète
Et la saison des mots n’est jamais
Que prélude à un ultime hiver
(Francis Vladimir, Hiver 225, page 151)

Le désamour me prend face à l’adversité
Mais je n’ai d’autre choix que de continuer
De marteler plus net chaque mot
Et chaque sensation pour adoucir
Le froid tombant sur moi
(Francis Vladimir, Hiver 226, page 151)

Cette saison d’hiver
Tire sa révérence
Déjà elle a pris langue
Et veille attentive
Tout en hochant la tête
(Francis Vladimir, Hiver 362, page 167)

Tour à tour les saisons
Prennent toute leur place
De cet hiver manqué
Naîtront les primevères
Clin d’œil, célébration
(Francis Vladimir, Hiver 365, page 167)

Vital Heurtebize, Francis Vladimir et Giovanni Merloni

Texte de mon introduction :
Ce n’est pas facile de parler de la poésie de Francis Vladimir, surtout en sa présence, sans risquer d’en dire trop ou trop peu.

En fait, on pourrait traverser son œuvre, constellée de poèmes, de nouvelles, de romans ainsi que de traces évidentes de son amour engagé pour le théâtre, sans réussir à cueillir le fil de son inspiration, apparemment consacrée à la beauté d’œuvres courtes ou fragmentaires, submergée, en réalité, par la richesse de son expression, prodigieuse et parfois débordante sinon volcanique. Toujours est-il qu’à la découverte d’un parcours de lecture adapté à cette œuvre, tout un chacun se rendra compte que la contribution de Francis Vladimir à la poésie française mérite d’être connue et appréciée par un public de plus en plus vaste et bien sûr au-delà des frontières.

Vous voyez ci-dessus quelques-uns de ses titres précédents : un livre qui s’affranchit brillamment du défi de raconter Venise ; une envoûtante affabulation autour d’une Grande Mémé qui scande les émotions primordiales des lieux de la première mémoire ; un roman situé en Italie où « l’on sent la terre, l’air vif des montagnes, l’odeur des draps frais et le sang des vierges ».
Ces textes mériteraient une rencontre spécifique, accompagnée par des lectures qui ne seront pas en mesure, en tout cas, d’en restituer efficacement la musique tout à fait particulière, où le rythme demande en fait d’être suivi tout au long de chaque œuvre pour qu’elle soit assimilée et comprise.

Aujourd’hui, chez les Poètes sans frontières, nous parlerons du dernier titre de l’œuvre de Francis Vladimir, « Célébration », un journal de bord poétique méticuleux et acharné consacré pendant un an aux quatre saisons de la nature et de la vie qu’on observe de nos temps dans la zone tempérée de la planète. Il ne s’agit pas, pour cet auteur, d’un phénomène isolé, même si la forme poétique adoptée dans ce poème en quatre volets est tout à fait neuve et originale.
Déjà en deux titres précédents de Francis Vladimir, « Les Crépusculaires » (1995) et « Agulla » (2002), nous découvrons des anticipations et des contrepoids. Des anticipations thématiques, d’abord, mais aussi des exemples d’écriture ayant la même caractéristique de ne vouloir pas rentrer dans les formes et donc aussi dans les esprits des compositions poétiques connues.
« Les Crépusculaires », par exemple, est un bloc narratif et conceptuel évoquant les poèmes épiques classiques, où ce serait assez compliqué de séparer des autres une seule partie du texte, significative ou emblématique, tandis qu’en « Agulla » le flux poétique s’intègre à la force narrative des images prodigieusement dessinées par Roxane Maurer, de façon tellement stricte que l’une ne peut pas se passer de l’autre.

Quelqu’un a appelé « Célébration » comme « le livre des livres ». Une espèce de Bible bienheureuse ou amère accrochée avec insouciance à l’Arbre du bien et du mal. Je trouve que ce livre, au contraire, reste en deçà de toute ambition d’atteindre le divin, voire de se hisser au plus haut niveau des possibilités humaines pour raconter « au pair » le mystère de ce paradis sur terre que c’est l’Europe, par exemple. Un paradis existant et perdu à la fois que les saisons dévoilent au jour le jour avec leurs subtiles variations infinies.

Suivant donc son but de « rester en deçà » de toute ambition de puissance, Francis Vladimir s’est donné la contrainte de fragmenter ce « livre des livres » en 1735 morceaux poétiques (de quatre ou cinq vers chacun), s’empêchant délibérément toute possibilité d’aboutir à une seule vision (et une seule lecture) d’ensemble.
D’ailleurs, la nature ne s’arrête jamais. Donc, « Célébration » ne peut pas être lue du commencement à la fin comme une pièce de théâtre où l’on ne peut pas avoir de dénouement ni comme un roman, où toute chute morale ou philosophique ne serait pas envisageable.
En fait la grande paroi où chaque tesson de la fresque devrait s’encastrer n’existe que dans l’imaginaire intemporel dont chaque lecteur possède une notion vague ou précise.

« Il s’agit finalement d’une œuvre pointilliste », nous dit-il, tout en nous recommandant de nous éloigner bien de la toile si nous voulons apercevoir le tableau tout entier.
En même temps, on peut saisir au vol cette œuvre ouverte et sans doute ennemie de toute rhétorique comme un lieu de rencontre entre Les Nymphéas de Monet et la Sagrada Familia de Gaudi, ou alors entre Les Caprichos de Goya et Le radeau de la Méduse de Géricault.

En réalité, pour son témoignage de poète et d’homme généreux et sensible, Francis Vladimir enregistre au quotidien des émotions et des réflexions presque cinématographiques que le temps fait déclencher en lui parce qu’il aspire à un dialogue entre l’éphémère et l’intemporel, entre la sensation contingente et le bruit de fond de l’univers. « Célébration » est un acte de foi dans la nature, un acte même de soumission à la nature même, à ses lois insaisissables où chaque lecteur peut déverser librement sa façon de voir et d’entendre ce qui y est représenté ou évoqué.

Dans « Célébration », la nature se laisse observer comme un phénomène extérieur et surnaturel à la fois et, en même temps, elle vit en nous comme un phénomène intérieur et intime. L’arbre aux branches de cristal gisant immobile au-delà de la fenêtre d’un jour d’hiver subit le même choc thermique qui parcourt notre système nerveux de la tête aux pieds, provoquant en nous un frisson douloureux… Tout cela est toujours attendu et inattendu à la fois, car chaque saison, comme la vie d’ailleurs, est capricieuse et monotone, apaisante et déchirante, laide et belle, tandis qu’un récit-reportage intime se déploie au bord de ce mystère de la vie et de la mort qui touche à la nature comme aux êtres humains. Un récit-reportage qui se charge aussi bien de contempler que de mesurer, établissant des échelles de valeurs et de poids, voire des hiérarchies structurant une interaction continue entre le monde hors de nous et notre monde intérieur. Et finalement un dialogue passionné et sincère entre le poète et les infinis interlocuteurs que la nature lui offre tout au long des saisons. Jusqu’au moment où le lecteur perçoit les saisons mêmes comme autant de Bateaux ivres ou de Radeaux de la Méduse auxquels les strophes s’accrochent tels des naufragés anxieux de se sauver et de savourer la vie.

Tout cela reflète une thématique dominante et récurrente dans l’œuvre de Francis Vladimir, qu’on retrouve soit dans « Les crépusculaires » soit dans « Célébration » : celle de l’explosion, du « traumatisme qui nous hante depuis les origines, les premiers instants de l’humanité, avec ses peurs, ses croyances, ses superstitions qui ont permis à l’homme de survivre, contre les éléments et peut-être contre lui même ».

En définitive, avec « Célébration », Francis Vladimir ose briser les règles de la poésie traditionnelle, notamment pour ce qui concerne la mesure et le sens du texte accompli. Il préfère se soumettre dès le début à une dialectique, qui le dépasse, entre le petit et le grand de son propre univers. Tout en renonçant à gouverner son pénible ou joyeux chemin à travers la nébuleuse de la vie, il assigne à chacune de ses petites strophes au sens accompli la charge de se chercher des compagnes de route pour entreprendre ensemble le grand voyage de l’existence :

« J’exprimerai toujours des sentiments hors norme
Le jeu littéraire pourtant de bon aloi
Est une glissade verglacée
Tout au bout il n’en reste qu’un goût
Fortifié par la simplicité »

(Francis Vladimir, Hiver 331, page 162, dans « Célébration », 2018)

Merci, Francis pour cette force de la simplicité qui traverse de bout en comble ton livre en nous restituant enfin une vision épurée et légère de la poésie et de la vie !
Giovanni Merloni

Francis Vladimir et Giovanni Merloni

Pour Francis Vladimir Merino

Fidèle aux lieux d’une magique préexistence
Radeau chantant l’écho d’ancestrales explosions
Ami de toute beauté nuancée de changement
Noble héritier de primordiales sagesses
Copain d’abord
Irréductible maître d’un jardin sans bords
Sincère élève d’une école sans bancs

Vous célébrez la Poésie de l’instant perdu
Lumière octroyant les mots
Arbre immortel, sentinelle de l’infini
Désinvolture d’un don humblement assumé
Insubordination contagieuse
Magnanimité subliminale des gestes
Incessante dévotion aux firmaments inexplorés
Recherche acharnée d’une étoile sévère

Magnifique équilibre
Exemplaire partition
Rythme joyeux et solennel à la fois
Inattendu des exubérances et des prodiges
Nonchalance d’une richesse involontaire
Ordre enfin, Dieu merci !

Giovanni Merloni

« …un ciel plus bleu que les yeux d’un enfant » (Première excursion dans la poésie de Francis Vladimir)

27 dimanche Jan 2019

Posted by biscarrosse2012 in auteurs français

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Francis Vladimir

Giovanni Merloni, L’autunno è i tuoi capelli, aquarelle 50 x 70 cm, 1976

« …un ciel plus bleu que les yeux d’un enfant » (Première excursion dans la poésie de Francis Vladimir)

Le prochain vendredi 22 février à 14 h 30, Francis Vladimir, un ami poète que je connais depuis quelques années et estime beaucoup, sera l’invité des Poètes sans frontières avec sa « Célébration », un texte poétique à mon avis unique. Avec Vital Heurtebize et Claire Dutrey, j’aurai l’honneur de présenter Francis Vladimir et le faire connaître, j’espère, à quelques-uns de mes lecteurs, que j’invite vivement à se rendre, ce jour-là, au Hang.’Art, 63 quai de Seine, 75019 Paris.
Je vous donne ici-dessous quelques anticipations de son œuvre poétique vraiment intéressante et belle. À partir de l’enregistrement vidéo de sa présentation de « Célébration » à la librairie parisienne « Au gai Rossignol ».
G.M.

Vendredi 26 octobre 2018, Au Gai Rossignol de Paris, Francis Vladimir a dit quelques morceaux de « L’automne », extrait de « Célébration », son dernier texte poétique (Video YouTube)

« Que dit ce pleur d’automne ? »
Alexandre Blok

Regarde ce ciel d’automne
Avec ses longs cheveux
Crinière dans le vent
On dirait qu’il chevauche
L’absolu au galop
(p. 120, « Célébration » de Francis Vladimir, éditions Au Pont 9)

Voici le bel automne
Le danseur des couleurs
Qui se balance aux branches
Pour ne faire qu’un corps
Avec un ciel d’alcool.
(p. 113, ibidem)

C’est un automne nu
Qui à présent s’installe
Sans habit ni soulier
Pyromane écorché
De ses couleurs suspectes
(p. 113, ibidem)

Les premiers jours
D’automne
Sont encore inaudibles
Ils ont la foi tronquée
De toute fin d’été.
(p. 86, ibidem)

À la nuit et au jour
Qui se donnent la main
Sous les larmes d’automne
Quand tout semble à jamais
Relégué au passé
(p. 111, ibidem)

J’ai vu des spectres blancs
Dans le grand lait du ciel
Venant de nulle part
Ils ont lâché sur nous
Leur féérie d’automne
(p. 110, ibidem)

Avec des fils d’argent
J’ai arrimé les bas nuages
Blancs que l’automne amoncelle
Sur nos têtes chenues
Grand miroir renversé
(p. 112, ibidem)

Ce sont de grands tissus
Qui traversent le ciel
Une main mystérieuse
Et expérimentée les coud
Au fronton de l’automne
(p. 112, ibidem)

Je les ai vu passer
Du matin jusqu’au soir
Ces grandes banderoles
Que le satin du ciel
Déploie au grand automne
(p. 112, ibidem)

Des étoffes et des couleurs
Toujours pour faire un ciel
Plus bleu que les yeux d’un enfant
Que l’automne tardif
A surpris dans son jeu
(p. 113, ibidem)

Sur la table du ciel
Des monceaux de nuages
Tissus effilochés pour des habits
D’automne que les astres
Lointains refusent d’endosser
(p. 112, ibidem)

C’est un métier bruyant
Qui file à l’horizon des fils
D’or et d’argent que l’automne
Insensible noue à mon cou
De condamné à mort
(p. 113, ibidem)

Il y a dans le ciel une langueur
D’automne, une langue de feu,
Cheval en équilibre
Qui se cabre et hennit, âme
Violette qui se met au galop
(p. 118, ibidem)

La lune est un étang
Céleste. Les passereaux
D’automne la transpercent
La nuit
Pour d’autres horizons
(P.116, ibidem)

D’autres yeux ont pleuré
Et le ciel, informe marécage,
À son tour a pleuré
Sans savoir le pourquoi
De l’automne qui pleure
(p. 116, ibidem)

L’équinoxe d’automne
Où le temps se partage
Dans l’équité des astres
Dernier soupir d’été
Dans les branches des arbres
(p. 82, dans « L’été », ibidem)

Oui nous avons couru comme jamais
Heureux de cette vie aux formes abondantes
À présent tout s’étiole, la terre n’en peut mais,
Et la saison multiple se défie de l’automne
Avec ses tissus froids rapiécés de fils d’or.
(p. 112, ibidem)

Il flotte dans l’air d’automne
Des particules élémentaires
Qu’on se plait à saisir d’un regard
Vagabond comme si la vie
Se résumait à traquer l’indicible
(p. 103, ibidem)

Une harmonie d’automne
Faite de feuilles séchées
Et de couleurs passées
Comme un point d’absolu
Au-devant d’un corps nu
(p. 104, ibidem)

Les géraniums ont changé de couleur
De leurs teintes pourprées
Ils colorent l’espace qui dort sur la terrasse
Et l’air tout alentour
Instille l’harmonique de cet été indien
(p. 102, ibidem)

Dans le jardin d’automne
Les fleurs les arbres
Et les semis cachés
Ont la teinte discrète
Sobre et dépareillée
(p. 100, ibidem)

Les semis d’automne
Sont vigie d’espérance
On dépote, on arrache,
On creuse, on arrose,
On se sent plus léger
(p. 103, ibidem)

Une rose d’automne
Pleure d’éternité
De sa couleur exquise
Elle mime en silence
Les soubresauts d’une âme
(p. 125, ibidem)

Le langage des fleurs
La parole cachée
Que le jardin d’automne
Au secret bien gardé
Ne déflore jamais
(p. 103, ibidem)

Les arbres se souviennent
De leur enfance et dans le ciel
Couleur de geai ils comptent les années
Et les générations que l’automne
Disperse d’un même mouvement
(p. 111, ibidem)

Je regarde l’érable avec ses bras
Si amples qu’il tutoie les nuages
Et le puits qu’il vénère a la mine
Sévère des pierres centenaires
Que l’automne balaie.
(p. 90, ibidem)

Le figuier tremble sous le vent
De l’automne. Il a des larges feuilles
Et des figues trop hautes, trop mûres,
Elles tombent une à une, odorantes
Et très molles, elles collent aux doigts
(p. 90, ibidem)

Sur la feuille d’automne
Voici que disparaît
La couleur de l’été
Et qu’apparaît soudain
Une papille d’or
(p. 97, ibidem)

C’est une journée d’automne
Avec ses couleurs mauves
Et ses pigments safran
Le feuillage muet s’est défait de son or
Sous l’étoffe du ciel
(p. 103, ibidem)

La campagne était belle, d’une lenteur
De vague, sans écume et sans force,
Lorsque la mer, fatiguée, assagie, se fige à son tour
Les yeux alors s’obstinent en quête d’horizon
Et l’automne essoufflé devient un ami sûr
(p. 108, ibidem)

L’automne a déposé inquiet
Son grand manteau troué
La terre est jonchée de feuilles à l’éclat
Lourd mouillé et presque noir
Que le vent par endroit soulève avec effroi
(p. 108, ibidem)

Deux arcs-en-ciel se sont superposés
Dans le ciel menaçant leurs jambes
Étaient visibles puis les couleurs
D’un coup ont fondu tristement
Dans la lueur d’automne
(p. 107, ibidem)

L’horizon n’était barré par rien
Sauf quelques bosquets d’arbres qui, au loin,
Semblaient des casemates où des chevreuils
Bivouaquaient en famille et l’automne, lui,
Avançait à grands pas surchargé de couleurs
(p. 108, ibidem)

Les cieux à l’infini
Sont un jardin céleste
Où l’automne promène
La pourpre et l’or
De son manteau de deuil
(p.103, ibidem)

Dans le café du coin
J’entends parler les gens
De la pluie du beau temps
Mais des rancœurs aussi
Que l’automne déploie
(p. 105, ibidem)

C’est un café fréquenté
Par les gens d’alentour
Des salariés des travailleurs
D’ailleurs et des voisins penauds
Dans leurs habits d’automne
(p. 105, ibidem)

Au détour d’une phrase
Un mot parfois suffit
Et le regret se fait
D’aller voir si ailleurs
L’automne est accueillant
(p. 105, ibidem)

Dans les longs jours d’automne
Tout nous semble si long
Si rangé que l’équinoxe même
Quelque part sur la terre
Renonce à partager le temps
(p. 125, ibidem)

La liturgie d’automne
Un chant amplifié
Par la nature même
Qui se remet en chaire
Ou le genou à terre
(p. 114, ibidem)

Automne, saison des parenthèses,
Où la vie rétrécie se suspend à un fil
Dernier miroir tendu d’une équation
Distante, Insoumission d’une âme, rongée,
Sacrifiée, en plein vol dispersée
(p. 126)

L’homme que je suis devenu
Regarde devant lui
Mais il ne sent plus rien
Ni l’automne mélancolique
Et tendre ni son éternité
(p. 113)

Des mots toujours des mots
Des signes fabuleux des cris
D’oiseaux de proie et des ailes
Géantes en quête de saison
D’automne en majesté
(p. 85)

Francis Vladimir

Juin 2018, Francis Vladimir jouant une pièce d’Anton Tchékhov à Paris

Juin 2018, Francis Vladimir et Marie Aubert jouant une pièce d’Anton Tchékhov à Paris

Cher Francis,
Sincèrement, j’ai beaucoup aimé, vendredi dernier, cette rencontre poétique au Gai Rossignol.
Dans une ambiance libraire on ne pouvait plus cohérente à l’esprit rêveur de l’assistance, ta « lecture par cœur et à voix juste » des Célébrations m’a profondément touché.
Non seulement pour ta présence d’acteur, que j’avais déjà appréciée cet été dans une interprétation de deux « shorts » de Tchékhov pleine d’humour et de verve existentielle. Vendredi j’ai trouvé cette présence encore plus charismatique, avec ta façon désenchantée et intime de nous partager à la fois l’émotion des saisons et le dialogue intérieur du poète engagé et sensible que tu es.
Avec cette « lecture libératoire » — qui ne se dérobe pas aux contraintes de la vie mais dépasse nonchalamment celles de l’édition —, tu m’as fourni une clé indispensable pour aller au-delà de ma première lecture, peut-être trop respectueuse de la configuration de la page, me donnant la chance de me faire une idée plus pertinente de ce que représentent pour toi les quatre saisons, que tu célèbres à l’échelle du temps humain et dramatique qui les traverse.
En t’écoutant, j’ai apprécié l’importance de ton travail, consistant à mon avis moins dans le creusement en profondeur que dans l’endiguement illuminé de ce que ton être généreux et sans doute volcanique laisse jaillir spontanément : comme dans le théâtre de Tchékhov, épuré même quand il s’agit de déchirantes passions, tu recherches dans l’essence impressionniste des images, se mariant prodigieusement à l’essence philosophique des mots, la clarté d’un discours que tout le monde peut enfin comprendre et reconnaître comme sien.
Tu instaures un dialogue merveilleux entre les images et les mots et ce dialogue correspond parfaitement au dialogue intérieur du poète visionnaire que tu deviens quand tu te racontes…
Moi aussi, je m’étais mesuré — en des aquarelles versifiés — avec le thème des saisons, en y mettant en valeur l’importance des cheveux. Moi aussi j’ai toujours cherché la façon de me raconter de façon théâtrale, à travers un dialogue avec un, cent, mille autres personnes vivantes ou disparues qui constellent mon ciel diurne ou nocturne. J’ai longuement songé à une lettre à une personne libre de préjugés et pourtant animée d’une sincère et tenace disponibilité à l’écoute. Jusqu’ici, ce dernier « roman de ma vie » n’a pas trouvé la bonne route pour s’exprimer, tandis que les souvenirs flottent péniblement avec les regrets et les remords, ne se fixant que rarement sur des fragments poétiques ou alors sur des textes forcément fictifs, où les personnages se débattent dans leurs déguisements comme Hercule dans la tunique de Nessus…
Dans tes « Célébrations », les Saisons sont des interlocuteurs neutres mais pas du tout indifférents !
D’ailleurs, elles sont des immenses royaumes, où le particulier et l’universel cohabitent, nous apprenant à décliner le grand avec le petit, la feuille avec la petite étoile tombante, l’arbre avec les immenses et redoutables constellations qui essaient inutilement de mesurer l’infini.
Les Saisons rythment le temps de nos vies : elles sont toutes les mères et tous les pères du monde et, en même temps, elles sont nos parents à nous, ces êtres exigeants et indulgents, se révélant présents ou absents selon ce que décide la loi du Temps qui tout efface et métamorphose.
Entre « infini » et « inattendu », les Saisons, pour toi, ne sont pas que les décors du théâtre de la vérité : elles forment une partition invisible où ta musique intérieure peut s’épanouir ; elles sont la métrique idéale pour tes vers dramatiques et le rythme le plus approprié pour ta quête incessante d’un sens et d’un but à notre vie d’hommes écrasés et de poètes insoumis.
Giovanni Merloni

Mon cher Giovanni,
il est difficile de répondre à une adresse aussi éloquente comme tu as bien voulu le faire.
Je sens combien tu as saisi l’essence de ce que j’ai essayé de dire avec « Célébration ».
Ce que je creuse est bien de l’ordre du sensitif qui rejoint l’interrogation que chacun de nous pose à la vie. Cette avancée de noctambule, d’équilibriste sur la corde raide du peu de temps qui nous est imparti, j’essaye de la mener en me prenant en main du mieux que je le peux et en tendant la main à ceux qui veulent bien la saisir et m’entendre.
Il est bien vrai que le désenchantement n’est jamais loin mais sans doute est-ce pour ça que je m’efforce de réenchanter avec des mots fusains sur la toile de l’existence, le quotidien dont les saisons sont partie prenante, de manière cadencée ou répétitive, mais avec cette prégnance qui fait que l’homme et la femme se retrouvent enrôlés dans le tourbillon de la vie, quel que soit le rôle qu’ils y jouent.
Merci mille fois pour ces mots chaleureux, venus du coeur, dits avec une justesse profonde, qui rejoignent et permettent de partager l’intime conviction que la poésie est salvatrice, que l’art tout court nous élève bien au-dessus de nous.
Et si le sentiment du merveilleux m’habite c’est que je le retrouve dans les regards et les mots échangés avec les autres.
Je ne sais s’il y a une bonne route à prendre pour dire ce que nous avons en nous, pour extirper le sens que nous recherchons et que nous accordons à ce qui nous entoure, au monde tel qu’il va (bien ou mal), mais je sais que la tentative est nécessaire et vitale et qu’elle nous réconcilie avec nous-mêmes et le monde.
Nos royaumes ne sont rien s’ils n’accueillent les pèlerins égarés, les blessés du coeur, les amochés de la vie, les grands solitaires en quête de la dernière étoile, c’est pourquoi j’ai voulu leur offrir cette magie qui opère à portée de mains et sous nos yeux, dès lors qu’on s’attable au quotidien et qu’on apprend à l’accepter.
Si nous nous évadons nous le ferons ensemble et nous goûterons à une liberté possible.
Francis Vladimir

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