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Giovanni Merloni, 2009-2013

Il n’y a pas le temps (2004)

Il y a trente ans
mon aimée
j’avais la prétention
que tu me téléphones,
que tu arrives
(essoufflée, à demi nue
avec arrogance, même)
à bouleverser mon désordre.

À vide je prétendais
à vide je tournais
sous les arcades
à vide je soufflais
dans mon trombone essoufflé.

Le mal d’amour
toujours  insupportable,
recommencer c’était renoncer
se faufiler dans la rue
qui mène à l’horizon
s’échapper à jamais
de chez soi.

Trente ans se sont écoulés.

Encore aujourd’hui
mon haïe,
je prétends de toi
des lettres consolatrices
(mais fais vite).
Il y a juste, pardonne-moi
un  étrange problème :
dans ce petit écrin
nuit et jour allumé
on attend
(par des préparatifs
fantasmagoriques)
de fêter ton corps.

Sans conditions
ici dedans
on a rangé un abri
pour tes gestes
tes ondoiements des hanches
tes parfums envoûtants
ton odeur secrète
pour la chaleur de tes mains.

Qui saura soutenir
mon corps
mieux que tes doigts
fuselés, souples, rêveurs ?

Le temps s’achève
mon oubliée.
Pour souffrir
devant désormais mourir
il n’y a pas de temps.
De toi je prétends
des lettres de soutiens
(mais dépêche toi, sinon
il n’y aura plus de sens).

Verre parmi tes doigts
coupe dans ta bouche
vie au milieu de tes tremblements
dans une boîte rouge
de poste électronique
je t’attends.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 23  mars 2013

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN : http://wp.me/p343bA-dR

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