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Giovanni Merloni, 2013

Rideau noir

J’ai enlevé tous les fils, toutes les antennes
et le ciel est tombé

(tristement notre amour lui aussi
s’est écrasé au sol)

entre-temps
le vent sèche mes lèvres
et les hommes se piétinent
réciproquement
et le train siffle sur le goudron
et les voitures crissent sur les rails

entre temps
je cherche une main courante dans la nuit
et, pour te faire plaisir
je souffre les vertiges
pour toi qui d’un coup
d’emblée, de but en blanc
tu ne prouves aucun plaisir
à me toucher voire à me voir

entre temps
le soir secoue de nids d’oranges
et toi tu embrasses ce front
dont tu ne veux plus

entre temps
le vent frappe à la porte
et cette montagne tombe sous nos pieds
cette montagne de chiffons
de papiers, de poupées et de fils
subtils épais embrouillés
cette montagne brumeuse
avec son ciel noir

entre temps
tu me dis Bonjour,
ne t’inquiète pas :
finalement, il fait beau !

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

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