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Giovanni Merloni, 2013

Nous attendons 

Nous attendons
que la coquille s’ouvre
et que les mains se resserrent
tandis qu’Amour et Psyché
se déshabillent
et que le vent éparpille
leurs miasmes divins.

Nous attendons
que le bateau nous débarque,
tandis que les nuages noirs
au-dessus du lac
se déchirent jusqu’à détendre
ton regard froncé.

Nous attendons
qu’une caresse parfumée
efface la grisaille
de ton visage, de ton cou
de tes lèvres
et que ta peau redevienne
un fruit insaisissable.

(Nous attendons
même si le soir des amis indifférents
cogne violent, déplacé
contre les vitres barrées
de mon costume.)

Nous attendons
que le vide s’épanouit
dans un air plus serein
que nos corps
cessent de se mesurer de travers,
dans la maladroite alternance
de rires excessifs
ou de larmes
exagérées.

Nous attendons
que ce lit juste fait
héberge un rêve de cheveux blonds
nous emmenant brusquement
dans la douceur soudaine
d’un calme douloureux
et pourtant capable
de dissoudre
par un banal déclic
ce vieux nœud
lourd et insupportable.

Nous attendons
(tout jugement suspendu)
que ce nuage d’angoisse
surplombant sur nos gestes figés
s’évapore
tandis que notre animalité
sombre et susceptible
se détende au soleil de l’été.

Nous attendons
enfin cette petite liberté
de chanter le beau de la vie
de saisir le sens de la vie
(moi et toi. sans mères ni pères
affranchis de leur façon de s’habiller).

Nous attendons.

002_senigallia 180

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

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