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Sans domicile fixe

Lorsqu’on n’a pas
de domicile fixe,
d’abri corporel
ou moral,
lorsqu’on traîne
à mi-chemin
dans la poursuite
pénible
de nous-mêmes,
faut-il mieux chercher
l’identité ou le bonheur ?
La normalité ou le doute ?

Prendre fait et cause,
du moins pendant quelques années,
c’est une bonne recette
peut-être
(puisqu’on donne
et l’on prend du parti,
et de la société,
tout comme l’on prend
et l’on donne
à une femme).

Mais ensuite, accueilli
par le rythme indolent
d’une ville nouvelle,
envoûté
par  l’étrange langage
d’une femme amoureuse
(sans qu’il n’y ait plus rien
à contester
ni à construire), la veine
poétique se tarit
(comme dans une prison)
dans le domicile fixe
de mots faciles
suggestifs
épiques
colorés,
et pour-
tant
vides.

002_domicile fixe NB

Et pourtant
un peu de moi
demeure bien ferme,
calé dans le fond boueux
d’une poche,
dans la courbe hirsute
d’une boucle,
dans le rare caprice
du cœur d’un autre,
ou d’une autre,
ou de toi.

Un peu de moi
résiste, je le jure, accroché
au cordon effiloché
qui voltige indulgent
dans le nonchalant souvenir
de ceux ou celles
qu’un jour j’ai effleuré
à chaque départ ou arrivée
dans chaque boisson gelée
dans l’herbe blonde ou irisée
de chaque pré.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

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