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Mes chers lecteurs, je vous propose une nouvelle « mise en scène », montée aujourd’hui en fonction du tableau ci-dessous.
J’ai pensé, sans trop réfléchir à la cohérence avec le tableau, à la Liberté républicaine. Il s’agit, dans mon esprit, d’une liberté un peu abîmée, ici et là menacée, qui heureusement tient debout dans notre France aimée, grâce à des institutions solides mais aussi à la circulation des informations et des idées. Paris est l’un des rares endroits au monde où la Culture n’est pas qu’un mot.
Mais la liberté est brutalement attaquée ailleurs, en plusieurs parties de ce monde « globalisé ». Aucune nation n’est sans risque de voir touchées ses libertés.
C’est dans cet esprit que j’ai voulu donner la parole à cette femme « piégée » du tableau. Une femme fière et rebelle; qui s’appelle Liberté. Elle pourrait aussi bien s’appeler Carmen, Violetta, Rosa Luxembourg ou aussi Zazie

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Giovanni Merloni, Liberté menacée, décembre 2014

Monologue d’une Liberté menacée

Tout semble faux
dès qu’on a jeté
la Fraternité
et l’Égalité
(mes deux sœurs jumelles)
à la poubelle.

Déçue, meurtrie,
dix fois séduite,
dix fois abandonnée,
dix fois déshabillée
de mon Nom
(Liberté),
j’essaie de me dérober
aux mélanges des genres
aux mascarades sans joie
à l’hypocrisie du pouvoir.

Au fur et à mesure
que je deviens méfiante,
de moins en moins
j’arrive à me débrouiller
pour imposer, de mon autorité,
ce qui rendrait la force
à mes héros.

Chassée, je ne fais que bondir
comme un ressort fou
dans ce monde déserté
qui a tout oublié
qui ne sauve même pas son cou
tout en acceptant
(les jeux bien fermés,
les oreilles bien bouchées)
ce cloisonnement policier
des humains.

Eh ! Comment ?
Nous, des humains à la nature sociable,
ayant besoin de l’amour
de la liberté
de l’égalité
de la fraternité,
nous nous consignons
les mains et les pieds
déjà liés
aux messieurs sans scrupules
qui voudraient tout abattre…
sans combattre ?

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Giovanni Merloni, Liberté menacée, part. décembre 2014

Toujours à la recherche,
tel un arbre desséché,
de mes branches coupées,
sachez que je refuserai
à jamais, sans hésiter,
toute voie de fiction et de marais,
que je résisterai
jusqu’à recouvrir mes rimes
du sang coulé
et des larmes
qui ont été versées
pour me faire exister
(avec mon nom : Liberté).

En attendant, bien éveillée,
que termine enfin sa course
mon cauchemar affreux,
je saurai garder tout entier
au creux de mon corsage
l’esprit résolu et sage
d’une grande société.

Giovanni Merloni

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