« Valle Giulia ce fut la fin d’un rêve »

Carte Postale pour Giovanni : Rome 1970-1870 ***

« Cher Giovanni …
ce soir tu étais là aussi, peut-être …
Agostino par sûr ne manquait pas…
dès lors, je ne l’ai plus vu…
c’était en face de Sant’Angelo …
quand la péniche brûla du Ciriola …
un spectacle épouvantable…
tout brûlait, même le fleuve…
le pont, le château, toutes choses…
mais surtout on nous brûla…
nos illusions …
c’était en 1970…
cent ans avant, Pius IX voyait se brûler les siennes…
Jérusalem de l’Apocalypse sur le Pincio …
car les piémontais allaient arriver…
mais pour nous, au lendemain de ce feu
elles devaient arriver bientôt,
hélas…
les années de plomb… »

Giorgio Muratore

*** Dans cette originale « carte postale » , en plus de la photo inquiétante de l’incendie de la péniche où l’on avait tourné d’ailleurs des films célèbres comme « Vacances romaines » avec Gregory Peck et Audrey Hepburn… il y a aussi la reproduction d’un tableau évoquant le fameux incendie de Rome du 64, sous l’empereur Néron. « Jérusalem de l’Apocalypse sur le Pincio », qui nous rappelle la prise de Rome en septembre 1870, avec le déclenchement de la Question romaine

Avant de m’envoyer cette « carte postale », mon ami Giorgio avait ainsi répondu à mon billet du 7 octobre :

Carissimo Giovanni …
la tua ricostruzione è perfetta e condivisa …
c’eravamo tutti lì, in quel giorno e non solo …
e complimenti quindi, anche, per la memoria …
fatti e personaggi rimasti anche per me indelebili …
qui rivivono perfettamente e riflettono bene quel clima …
che pur avendolo vissuto allora “in prima linea” …
ci sono voluti, almeno per me, alcuni decenni e più …
per comprenderne alcuni significati profondi …
che al momento mi sfuggirono del tutto …
e basterebbero due nomi soli …
per tirarne fuori materiali per un romanzo …
Renato e Agostino …
per esempio, che, ognuno a modo suo …
sono stati dei veri “pezzi storia” del nostro paese …
ma non dimentichiamoci che insieme, in quella Valle …
c’era anche “er pecora” coll’amichi sua …
Valle Giulia fu la fine di un sogno …

« Cher Giovanni, ta reconstruction è parfaite et partagée… nous y étions tous, là, ce jour-là et non seulement… mes compliments aussi pour la mémoire… des faits et des personnages qui sont restés pour moi aussi ineffaçables… ici ils revivent parfaitement en reflétant bien ce climat… même qui a vécu cela « dans les premiers rangs » a dû attendre quelques décennies et plus, du moins pour ce qui me concerne… pour en comprendre certaines significations profondes… qui sur le coup m’échappèrent tout à fait… il suffirait de ces deux noms seulement… pour en tirer des matériaux pour un roman… Renato et Agostino… par exemple… car, chacun à sa façon… ils ont été de véritables « morceaux de l’histoire » de notre pays… mais il ne faut pas oublier que parmi nous, en cette Valle… il y avait aussi « er pecora » avec son troupeau… Valle Giulia ce fut la fin d’un rêve
Giorgio Muratore »

Archiwatch

L'INCENDIO DER CIRIOLA ... 1970

Caro Giovanni …

forse quella sera c’eri puro tu …

Agostino c’era de sicuro …

d’allora nun l’ho più rivisto …

davanti a Sant’angelo …

quanno annò a foco er Ciriola …

‘no spettacolo spaventoso …

bruciava tutto, pure er fiume …

er ponte, er castello, ‘gnicosa …

ma soprattutto ce se bruciarono …

tutte le nostre illusioni …

era il Settanta …

cent’anni prima Pio IX° s’era abbruciato la sua de …

Gerusalemme dell’Apocalisse sur Pincio …

che je staveno p’arivà li piemontesi …

ma domani, pe’ noi, sarebbero ‘rivati …

l’anni der piombo …

Schermata 2015-10-07 alle 17.21.51

GIOVANNI MERLONI …

SECONDA LETTERA …

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