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Image empruntée à un tweet de Laurence L. (@f_lebel)

« Du fleuve en crue au volcan éteint » ou « De l’éruption volcanique aux ultimes feux »

Chère Bradamante,
À nous deux de fermer à jamais ce livre immense, dont notre activité frénétique a multiplié les pages et les pièges. Il s’agit d’une étrange responsabilité, d’autant plus que personne ne s’est aperçu de ce que tu représentes dans la littérature mondiale et notamment dans l’histoire de la fiction. Combien de lectrices savent que Bradamante a été, avec Roger (qui était le père) la mère fondatrice de la lignée des Estes de Ferrare, selon ce que raconte l’Arioste ?
D’ailleurs, les gens passent à côté de ce que je représente dans l’imaginaire labyrinthique de tous les poètes. La plupart des écrivains considèrent davantage le fil d’Ariane — qu’ils confondent souvent avec les blancs cailloux de Catulle — avec Ariane même…
Combien de gens savent qu’en toute reconnaissance pour lui avoir sauvé la vie, Tesée m’a abandonnée dans une île ?
J’étais donc prête à m’indigner et à prendre vivement parti contre cet ingrat de Galérien, ayant eu la hardiesse de me placer en dernière dans sa liste… quand j’ai reçu le texte ci-dessous.
Je l’ai lu une, deux, trois fois, d’abord sans rien comprendre. Je croyais que c’était dédicacé à toutes les lectrices, remettant finalement en file l’ordre alphabétique qu’il avait bizarrement renversé, de façon de me mettre à la première place du moins dans cet hommage…
Mais, à la quatrième lecture, je me suis aperçue que ce drôle de poème, en réalité, n’est consacré qu’à une lectrice, une seule, qui n’est ni moi ni toi, ma chère héroïne de l’époque carolingienne !
Je ne veux pas savoir où celle-ci ne se cache ni par quelles voyelle ou consonne ne commence son prénom.
Peut-être, en jouant habilement de son casse-tête comme d’un xylophone, Nino le Galérien a vraiment voulu évoquer une à une toutes les lectrices, sans faire tort à aucune d’elles…
Il me manquera, d’autant plus que sa foisonnante production, critiquée par la plupart des lecteurs mâles — sans doute à raison, en y ayant remarqué une pénible alternance de hauts et de bas ainsi qu’un penchant excessif pour les interlocutrices — s’est de but en blanc épuisée… Mais je crois que ce sera surtout lui, cet homme qui rentre enfin dans l’ordinaire, celui qui regrettera le plus cette enivrante tournée.
Pour finir, ma chère amie dans la gloire guerrière et mythologique, je veux te dire ce que je pense de ces deux titres enchaînés que Nino Le Galérien m’a transmis avec ces feux d’artifice finaux.
À mon avis, avec « Du fleuve en crue au volcan éteint », ainsi qu’avec « De l’éruption volcanique aux ultimes feux », notre écrivain a voulu surtout signaler un aspect de sa parabole littéraire et existentielle, que ses mots toujours passionnés contredisent. Est-ce qu’il a peur que son monde fictif et tout à fait fantaisiste soit pris un jour au sérieux ?
Ariane

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Image empruntée à un tweet de Laurence L. (@f_lebel) : Sous le soleil exactement… « Reading » Les ambiances intemporelles de Daniel Mosulet (@DanielMosulet)

Sur le Zinc de ton bar au Zoo

…d’Abord, Avant que tu montes sur l’Acropole, à l’Abri de tout Amertume, j’Aimerais m’Accrocher au fil de ton Amitié, à cette Agréable Acclimatation à l’Amour…

Bien que ce Bouleversement ait Brisé ma sotte Béatitude me faisant Basculer du Bien-être au Besoin de Baisers Beaucoup plus Bruyants que les Bombes…

Console-moi, Charmante Camarade de mon Cœur Criblé de Coups Cruels, élégante Copine de Carambolages Colorés, ô Combien Chaotiques !

…avant ton Départ, Donne-moi la Douceur de ta Danse Désenchantée et Digne, Délivre-moi des Dommages d’un Désir Déçu !

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Odilon Redon, image empruntée à un tweet de Laurence L. (@f_lebel)

Écoute l’Écho de cette Éruption d’Enthousiasme, Entends-moi si j’Évoque Encore l’Époque des Émeutes de mon Être Épanoui…

Forteresse ou Falaise sans Faille, Formidable coffre-Fort où se Flanque la Fanfare de mon Fabuleux Fleuve en crue,

Généreuse Gardienne de Gestes Gracieux, Galaxie de Gazouillis de tout Genre, Gitane au Galop vers la Gloire sans Gêne…

…n’Hésite pas à te Hisser Habilement sur un Hamac avec cet Hâbleur Haletant et Halluciné, Habille-toi d’une Haie de Haillons et d’Herbe…

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Pablo Picasso, image empruntée à un tweet de Laurence L. (@f_lebel)

…cet Idylle Intense d’Insouciantes Impulsions Iconoclastes s’en Ira Imperceptiblement, à l’Instar des Images Illusoires de nos Immersions Impeccables…

…dans la Joie Jacobine du Jeu d’un seul Jour qui nous Jette dans la Jungle-Jardin — toi en Jupe, moi en Jeans — tels de Jeunes Jongleurs de Jadis…

…ce fut un Krach, une course Kleptomane — toi en Kimono, moi avec le Képi —, une Kaléidoscopique Kermesse de Kilomètres en Kayak jusqu’à la Kitchenette Kitsch…

je ne Lâche prise, ô Lectrice Lumineuse ! je ne me Laisse pas Leurrer par les Lauriers de ton Labyrinthe ou la Lenteur de tes Larmes… Je vais me Libérer des Lacis et du Lest de ma Langue en Lambeaux !

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Juan Gris, image empruntée à un tweet de Laurence L. (@f_lebel)

…gardant les Mains libres, je vais Maîtriser Ma Maladresse ainsi que le Merveilleux Marasme de notre Manège : je serai Magnanime avec ton Magnolia et Machiavélique dans le Magma de nos Malentendus !

Naguère, une Navrante Nostalgie Nous Nouait par un Nœud coulant qui voulait Nous Noyer dans le Néant… Néanmoins, la Nature Nonchalante de Nos Nez Noctambules a su Niveler la Narration de Nos Noces…

Or, c’est l’Odeur de nos Ombres, l’Obsession de nos Obstacles, l’Occurrence de nos Occasions, l’Océan de nos Œuvres Obsolètes, l’Odyssée de nos Omissions…

Pourtant, en Parade sur le Pont-Passerelle, la Pagaille de nos Pas de Panthère Parsème une Palpable Panique Parmi les Pantins de Paille du Palier…

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Image empruntée à un tweet de Laurence L. (@f_lebel)

Quotidiennement sur le Qui vive dans un Quartier en Quête de Quiproquos, nous ne Quémandons, Quant à nous, Qu’une Quiétude Qui n’a pas de Queue ni de Quilles…

En cette Rue Ruineuse, sans Raccourcis, Ratatiné sous les Rafales des Rabats-joie, je Raffole de ton Rire Radieux et Rajeunis au Rythme Rebelle de ta Robe Rose Roulant au Ralenti…

Sachant qu’un Soir, par la Saveur Samaritaine de nos Salutations Solennelles, nous Saurons, bien Sûr, Sauver notre Solitude Solidaire des Soucis Sordides d’une Séparation Soudaine…

Tandis que des Trains Truculents, Traînant Tristement nos Têtes Taciturnes, Toucheront les Tours et les Terres en Traçant sur nos Tailles Trébuchantes et Tristes des Tableaux sans Tabous ni Tatouages…

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Image empruntée à un tweet de Laurence L. (@f_lebel)

Universelles Ulcère et Urticaire lors de nos feux Ultimes : Un Ultimatum Ultramoderne Ulule Uniformément aux Ultrasons, Urgent, contre l’Utopie de cette Ubiquité Usée…

…quel Vacarme, ce Va-et-Vient de Vautours Voltigeant tout autour du Vertige de mon Volcan éteint !
…quelle Véhémence, ces Vedettes de Vaudeville Va-nu-pieds aux Vestes Vaporeuses de Velours !
…essayant de Valoriser, par une Valse Vagabonde, le Verbiage ou la Verve de mes Veines Vacillantes…

Whatever, during the next long Week-end of Winter
When I Write my last « don’t Worry »
While I Wait at my Window, With my bottle of Whisky…
I Will Watch my Wild Wonderful Woman
Walking on the Ways of the World in her Warm Wave White…

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Image empruntée à un tweet de Laurence L. (@f_lebel)

Les jambes en X, avant de soumettre nos vies aux regards X, mon esprit Xénophile peut bien boire du Xérès, tout en jouant du Xylophone…

…sous tes Yeux, une chanson Yé-Yé
ou alors Yesterday & Yellow submarine…

Zigzaguant comme un Zombi au-dessous de ton Zénith, je vais Zapper au milieu des Zèbres et des Zébus, abandonnant tout mon Zèle Zodiacal…
Puis, au souffle du Zéphir, je repartirai à Zéro, m’appuyant, comme un Zingaro, sur le Zinc de ton bar au Zoo…
et… Zut !

Nino Le Galerien

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Image empruntée à un tweet de @f_lebel (photo de Laurence L.)

Giovanni Merloni