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001_schiele-bacio Egon Schiele (1890-1918), image emprunté sur Twitter

Éloge de la paresse

D’abord, je dois prévenir les lecteurs les plus sceptiques qu’il ne s’agit pas de mensonges. En un moment précis et circonscrit de sa vie, Giuseppe Strano s’est rendu responsable de bêtises qui en ont déterminé fatalement le déroulement. Elles sont liées à des circonstances réelles dont j’ai été moi aussi le témoin. Mais ses « fautes » ou « erreurs » — beaucoup moins graves que leurs conséquences — viennent surtout de sa paresse mentale. D’ailleurs, on ne peut pas passer à côté des circonstances où Giuseppe a glissé farouchement dans son propre piège.

Ce qui força Giuseppe à changer de fond en comble le sens de sa vie ce fut un incident de voiture presque insignifiant, l’un de ces faits mineurs que nos quotidiens cyniques et grossiers ne prennent pas en charge. Tout arriva en conséquence d’un banal manque d’attention. Ou, peut-être, du fait que Giuseppe, au moment de la collision, avait sa tête ailleurs. En général, lorsqu’on a à faire avec le violent arrêt d’une course comme en ce cas, on se demande ce qu’était en train de penser cet homme au volant lorsqu’il se rendait de l’endroit « A » à l’endroit « B ». Est-ce qu’il était encore imprégné du monde qu’il venait de laisser ? Ou alors, était-il de quelque façon absorbé par quelques soucis liés à ce qui l’attendait dans un endroit mystérieux ou bien connu où il était en train de se rendre ? Est-ce qu’il errait, au contraire, sans aucun but, abandonnant sa voiture au gré de tours et détours complètement insensés ?
Suivre une telle logique pour mieux comprendre aurait été utile, aidant Giuseppe à conjurer le pire. Mais personne n’avait songé de poser la question cruciale : « Où est-ce qu’allait Giuseppe, au juste ? »
D’emblée, sous l’effet du choc, sa reconstruction des faits avait suivi toute autre piste. Au lieu de se demander où était-il en train de se rendre et pour quel but, il s’était brusquement souvenu qu’en « ce moment-là » il était profondément absorbé en des pensées assez compliquées, s’échouant par vagues régulières sur un écueil pointu et noir, toujours le même. Il s’en prenait à sa vie « d’aliéné ». Une vie scandée par mille rituels et devoirs. Et — juste à l’instant où sa voiture « de famille » se lançait à la vitesse de soixante kilomètres l’heure vers le quartier de piazza Verbano —, il se demandait : « Serai-je enfin capable de récupérer un jour l’ingénuité et l’allégresse de l’enfance lointaine ? Pourrai-je revenir, avec mes quatre frères et mes cinq sœurs, dans notre ancienne chambre des jeux, si petite et pourtant si immense dans ma mémoire ? »
S’approchant du carrefour, Giuseppe parlait tout seul, mais, d’instinct, il avait mis le pied sur le frein. Sa voiture avançait au trot, comme si dans son rêve un carrefour entre deux rues l’attendait, identique à celui de l’incident… Il s’était donc presque arrêté — les yeux bien ouverts sur le rêve et bien fermés sur la réalité —, quand un fourgon à l’air terriblement robuste, venant de sa gauche, lui avait coupé soudainement la route.
Sans savoir comment ni pourquoi, il s’était retrouvé, tout de suite après, dans une chambre d’hôpital avec une gêne étrange au nez et le regard idiot dévisageant sa mère et ses neuf frères qui lui demandaient en chœur : — comment vas-tu ?
Pendant des jours Giuseppe songea à ce moment critique, presque gai pour avoir esquivé le danger ou, si l’on veut tout dire, pour avoir eu la vie sauvée. Il se souvenait de ce vacarme de voix, plus aiguës que d’habitude, et de cet air de désapprobation unanime qui l’entourait, sans pourtant lui enlever le souffle. Et, même si la voiture « à tout le monde » avait été désormais détruite, et qu’elle était prête à être mise à la casse, il y avait dans l’attitude unanime des membres de sa famille une pointe inédite de respect ! Il avait fallu d’un incident presque mortel pour qu’on lui reconnaisse sa primogéniture ! En fait, il n’était que le premier de cinq mâles, le cadet après Giulia… Mais pourquoi toute la famille au complet — son père seul était absent, qui sait où — lui avait-elle adressé la parole pour lui demander comment il allait ?
— Mais, n’avez-vous pas lu le compte-rendu médical ou comme diable s’appelle ? Peut-être voulez-vous savoir comment je me sens… Eh bien, je me sens mal, très mal !

002_donghi-scale Antonio Donghi (1897-1963)

Quand il avait ouvert les yeux dans la chambre étrangère, Giuseppe avait saisi immédiatement qu’à commencer par l’incident et la course de l’ambulance, puis l’hospitalisation, enfin son évanouissement, tout s’était passé en très peu de temps.
— Quelle heure est-il ? avait-il demandé.
Il n’était qu’onze heures du matin, et la chambre d’hôpital était déjà comblée de personnes et de paletots. Au-dehors, dans le couloir inconnu, il régnait le même silence que dans les films sur les hôpitaux.
Prisonnier du plâtre, Giuseppe se sentait, qui sait pourquoi, un héros, rassuré par cette cuirasse blanche et bossue enveloppant son corps.. Mais il était très fatigué. Sous le plâtre, son réveil bruyant retentissait de la tête aux pieds. Avec le seul bras gauche et la seule jambe droite, il réussit à attirer l’attention de Giampiero, celui qui riait toujours, à la maison, mais devenait lugubre à l’extérieur :
— Je t’en prie, pousse-les, un à un, dans le couloir, je dois absolument me reposer. Dites à l’infirmière que je ne désire pas être dérangé !

003_donghi-portrait Antonio Donghi (1897-1963)

Resté seul, Giuseppe comprit qu’il était sauf, désormais, mais ce cilice du plâtre allait mettre à dure preuve sa patience et même sa paresse. Il comprit que la mort l’avait effleuré et qu’il n’aurait pas été là si l’angle de collision avait été 45 degrés au lieu que 33…
Ah, s’il ne s’était pas laissé capturer par la reconstruction de la chambre des jeux, trop petite pour dix enfants ! S’il ne s’était pas efforcé de se souvenir, par une subtile angoisse, de ces pénibles haltes en dehors de la porte, tous assis à terre dans l’obscurité du couloir en attendant chacun son tour… de cette affreuse contrainte… pas plus que quatre enfants à la fois, tout comme dans les tombeaux des Étrusques, par exemple deux frères et deux sœurs : « entrez, amusez-vous ! Mais dépêchez-vous ! » Donc, on devait se résigner à trois tours. Il finissait toujours pour rentrer en dernier, avec Gigliola, la sœur la plus taquine… Ah, s’il ne s’était pas laissé emporter par la vague des souvenirs, par toutes ces phrases qui jaillissaient telles des mouches !
« Quand on ne meurt pas, on se revoit… »
« Celui qui tout seul mange, tout seul s’étrangle »
« Ce qui ne vous étrangle pas vous engraisse »
« Prends, pèse, enveloppe et ramène tout chez toi »
« Tu profites du fait que je suis plus petit que toi… »
Le fait de se caler dans les tréfonds du rêve — là où sautaient à sa gorge les joies et les chagrins, ensemble, inséparables les uns des autres, dans un seul écheveau qui se dénouait péniblement —, tout ce travail mental ne servait qu’à éviter de penser à son rendez-vous imminent ! Mais était-il en train d’y aller, ou alors tournait-il à vide pour gaspiller du temps ?
Maintenant, il s’en souvenait, dans un soubresaut d’angoisse et de peur. « Qu’aura-t-elle pensé, cette étrange jolie fille qui m’attendait devant le magasin de chaussures à quelques pas de Santa Maria Maggiore ? Sera-t-elle fâchée ? Déjà, quel était son prénom ? Lorena ? Loretta ? Lorella ? »
S’il était mort, la fille brune habitant via Merulana lui aurait porté des fleurs. Mais elle se serait demandé, elle aussi, comme tant d’autres et peut-être tous les gens convenus, ce qu’avait pu faire de bon Giuseppe au bout d’une vie si brève. Une vie comme la plupart des autres, consacrée sans doute à quelque chose d’important pour lui… que pourtant personne ne saurait imaginer.
Voilà : une vie orientée exclusivement envers ce côté inquiet et troublant de l’existence que nous appelons « monde » ou « société » ou plus souvent « devoir » et « faire quelque chose pour les autres ».
« Une vie aliénée », disait Giuseppe intérieurement, agitant la main libre un peu engourdie par le froid de la chambre. « Si l’on n’est pas un peu rusé, on subit la vie que quelqu’un d’autre nous impose : mon père, ma mère, mes frères plus agressifs, le chef de mon bureau lorsque j’y travaillerai, mon professeur de philosophie, mes anciens camarades de l’école, pour ne pas parler des “amies du cœur” de Giulia. C’est ça le monde ? C’est un monde très exigu, comme ma vieille chambre des jeux. Là-dedans, ça devrait y être tout tandis qu’au contraire il n’y a rien d’utile et de bon pour moi ! »
Heureusement, il n’était pas mort. Il aurait alors peut-être le temps pour renverser la table avec toutes ces cartes malchanceuses. Qui sait ? Peut-être, cette chambre simple — ayant une fenêtre sur le parc du Gianicolo, d’où il avait finalement appris à reconnaître le profil, parmi les arbres, d’une bien triste église à la couleur ocre — serait enfin le berceau de sa nouvelle vie « sans idoles ni maîtres ». Et, sans doute, dans les bras affectueux de ces murs verdâtres que la lumière artificielle rendait encore plus médiocres, il aurait pu se retrouver lui-même, avec une bonne raison pour avancer dans la vie. Il lui aurait suffi de l’amour de l’infirmière brune, ou alors des mots enfiévrés de la fille blonde… « Pourvu que je ne tombe pas de la poêle dans les braises ! »

005_casorati-1 Felice Casorati (1883-1963) image empruntée sur Twitter

Le destin avait choisi le visage d’une fille que, sur le coup, étrangement, Giuseppe n’avait pas su fixer dans son esprit, malgré son œil enquêteur. Il faut dire que ce visage paraissait et disparaissait trop à la hâte. Ou alors s’agissait-il de différentes coiffures, de chapeaux, d’imperméables, de parapluies… et de ce je-ne-sais-quoi d’énergique que celle-ci ajoutait à ses pas sautillants sur le couloir.
« Gymnique, sportive, élégante, mystérieuse et — pourquoi pas ? — un peu ridicule aussi ! » Celui-ci était le portrait-robot de la femme idéale selon Giacomo, le benjamin. Pour Giuseppe, au contraire, il y aurait fallu une Madone de Piero della Francesca, ou alors la Laura de Petrarca, ou enfin, pour venir à nos jours, une jolie personne en retrait, taciturne, énigmatique et douce empruntée aux tableaux de Donghi ou Casorati, célèbres représentants du « réalisme magique » italien.
Mais puisque cette « femme étrange » passait et repassait devant sa porte, Giuseppe s’était engagé à lui trouver quelques défauts physiques, pour pouvoir s’en souvenir mieux. Ce fut ainsi qu’il découvrit qu’en ce visage « changeant », illuminé de façon stable par deux yeux bleu très clair, il y avait, à peine perceptible, une charmante irrégularité, une étrange asymétrie du nez et des sourcils.
« Tiens ! Celle-ci a le strabisme de Vénus ! »
De « mademoiselle Serena » la sœur infirmière lui avait parlé dès son réveil de la commotion cérébrale… cette étrange défaillance qui était survenue quelques heures après son hospitalisation et qu’il avait prise pour un coup de sommeil.
— Je ne l’avais pas remarquée ! avait-il dit à la religieuse.
« Comment est-il possible que je ne me sois pas aperçu du fait que “celle-ci” passe toutes les minutes sa tête sur le pas de ma porte ? »
Plus tard, en entendant parler d’elle comme d’une petite philanthrope, étant la fille unique d’un richissime patron du pétrole hospitalisé lui aussi à l’Enfant Jésus, il avait tranché qu’il s’agissait forcément d’une célibataire nerveuse et acide comme on en voit partout à Rome.
Deux jours depuis, intrigué par les échos retentissant dans le couloir, parmi lesquels il entendait souvent voltiger ce prénom — « Serena », « Serenella », « Serenissima » —, Giuseppe avait timidement demandé à la sœur infirmière :
— Mais, cette Milanaise, est-ce qu’elle s’attend quelque de moi ? Est-ce qu’elle m’a sauvé la vie ?
Pourquoi Milanaise ? Parce que cette fille, si différente de lui, avec son activisme effréné, lui attirant jalousies et soupçons, ne pouvait pas être née à Rome :
— Il s’agit d’une typique enfant unique, répondit la religieuse. Mais elle n’est pas originaire de Milan ! C’est plutôt le contraire, elle vient de Sicile ! C’est elle qui vous a vu sortir, étourdi et mourant, de votre voiture tout de suite après la collision… au croisement entre la via Salaria et la via Panama. C’est encore elle qui vous a prêté les premiers secours et, selon ce que l’on dit, vous a pratiqué la respiration bouche à bouche. Enfin, c’est elle qui vous a accompagné à l’hôpital…

En vérité, Giuseppe n’aurait pas fait de telles bêtises s’il n’avait pas rencontré — et aimé de façon si opiniâtre — cette femme bizarre qui avait laissé couler autant de temps avant de s’ouvrir à lui, ce qu’elle faisait, il faut le dire, au compte-gouttes. Cette fille d’abord évanescente avait successivement pris corps, devenant une femme à part entière. En fait, après avoir durement résisté, elle s’était finalement abandonnée dans ses bras… Cela arriva après une longue attente, presque à l’improviste, le jour où Serena avait permis à son corps rond, flexueux et parfumé d’essences hospitalières de s’encastrer parfaitement dans les vides de son étrange partenaire tout en s’interpénétrant heureusement avec ses pleins…
Comme il arrive très souvent, voire toujours, en croyant de la connaître désormais comme sa poche, Giuseppe s’était finalement laissé conquérir. Non seulement par les qualités physiques et sensorielles de leurs rencontres rapprochées, mais encore plus par ses extraordinaires attitudes à se déguiser en écouteuse docile et attentive. Serena s’accordait d’ailleurs cette étrange habitude de revenir toujours à l’épisode de l’incident, à ce fameux baiser… Comme s’il s’agissait du canevas pour un spectacle inspiré aux tourments identitaires de Luigi Pirandello : « C’est ainsi, si vous voulez ! » En somme, mademoiselle Serena adorait mettre les petits points sur les deux « i » du mot « incident », comme si elle voulait établir pour elle-même et pour la victime de son amour un acte de naissance qui effaçait tout ce qui était arrivé avant. Elle était donc devenue pour lui la sage-femme qui l’avait mis au monde une deuxième fois. À force de recréer cette scène, comme dans un psychodrame, à force d’évoquer cette respiration bouche à bouche — qui ne pouvait pas être comparée à un baiser librement accepté ni partagé — Giuseppe ne considérait plus comme angoissant et gênant ce souvenir.
Certes, c’était étrange et tordu, cette façon d’aimer et de se faire aimer que Serena lui avait enfin imposée comme la chose la plus naturelle au monde. Mais il était désormais suspendu à cette bouche élégante et subtile d’où germaient des histoires fabuleuses, qui devenaient peut-être, avec le temps, analytiques et longues… mais Giuseppe ne s’en inquiétait pas… Il s’était même convaincu qu’elle faisait exprès pour lui d’allonger ses histoires, pour l’aider à assimiler ce qu’elle voulait dire.
Cette façon à elle de raconter, sans interruption comme un fleuve en crue, exerçait une telle attraction sur Giuseppe qu’il fut bientôt en mesure de se dérober et même de devenir indifférent aux incursions de ses rêves abstrus ainsi que des souvenirs des odeurs de l’enfance…
Il était donc en train de s’affranchir de son passé et de cet état d’aliénation qui lui avait enlevé tant de forces. Et cela semblait lui donner l’élan pour faire quelque chose de positif dans la vie.

006_cpioggia-180 Oscar Poss, Germany 1950, image empruntée à un tweet de Laurence (@f_lebel) et de FiloLife (@FilofLif) via Franck Vergh (fb)

Mais un jour, depuis sa position horizontale, Giuseppe s’aperçut que les va-et-vient désinvoltes de Serena dans sa chambre révélaient — tout comme sa tendance à s’emparer de ses pulsions vitales, même les plus secrètes — un état psychique et mental tout à fait particulier. Jamais de sa vie il n’avait rencontré une femme comme ça et peut-être il n’avait pas voulu la rencontrer non plus. Elle était sans doute une espèce d’extraterrestre, menant une existence assez chaotique. Emprisonnée dans une espèce de girouette automatique bloquée, elle n’avait jamais trouvé le temps de s’occuper de l’amour. Sans compter la confusion mentale que trahissait la plus inquiétante de ses phrases célèbres, dont Giuseppe n’était plus en mesure de préciser combien de fois elle l’avait répétée : « Je dois t’avouer, en passant, que l’exploitation d’un tel “devoir de pitié” — la respiration bouche à bouche — me paraissait, par à-coups, même agréable ! »

verdier-nb-180 « Et là derrière le portail rouillé qui séparait, noir sur noir, les eaux mortes des eaux vives, j’ai cru voir les cheveux verts des fées – barques au mouillage sous le chant déplacé des oiseaux… » Textes et images empruntés à une publication d’Hélène Verdier (@h_verdier) sur Facebook

Giuseppe ne réussissait pas à comprendre si Serena attendait de leur union une existence forcément menacée par les dangers et les morts annoncées… ou alors si cette collision violente et libératrice aurait été suffisante, une fois pour toutes.
Lui aussi, dans son état psychique si fortement marqué par cette inertie dense et incorruptible qu’il appelait « paresse » ou « amour de soi-même », il n’avait jamais su saisir au passage, jusque-là, le moment propice pour céder à l’amour. Car Giuseppe, épris comme il l’était par ses rêveries et ses peurs solitaires, n’avait pas vraiment voulu partir chercher, avec l’amour, quelque chose de vif et de brûlant en dehors de lui-même.

Ce fut tout à fait naturel, pour Giuseppe et Serena, de mettre la miraculeuse « virginité » qu’ils avaient conquise ensemble à la base de tout ce qui s’ensuit pour eux dans les siècles des siècles : des moments beaux et douloureux qui causèrent pourtant une infinité de bêtises et fautes et dommages ainsi que de lourds contrecoups, dont tout le monde à l’unanimité s’obstina à accuser Giuseppe jusqu’à la fin de ses jours.
Comme si Serena n’eût été qu’une figurante dans leur pièce sans titre ; comme si elle n’avait jamais existé. Et comme s’il n’y avait pas eu au beau milieu du quartier « Salario » ce croisement routier mal fichu, ni cette longue hospitalisation qui aurait été, à défaut de ce baiser mortel, horriblement ennuyeuse.

Giovanni Merloni (1967)