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Le nombril d’une planète infinie

I.
Son appart se découvre à nouveau
le nombril d’une planète infinie
le berceau où se sauve, ravi
le vrai sens de ma vie.

Traîné par une fleur rebelle
d’un élan j’ai couru vers elle
lui apportant en cadeau
le cœur chaud d’un chiot.

Et déjà la farouche déchirure
de son âme meurtrie
s’estompait dans le petit désespoir
d’une égratignure jolie
dont on ne voit pas grand-chose :
le rouge se mariant au rose
le céleste au noir.

Traîné par une peine
que j’avais refoulée,
je courais chez elle, dérangé
par des mots désordonnés
me jurant qu’elle comprendrait
qu’elle négligerait mes états…

II.
Derrière la porte fermée,
dans sa douceur exquise
elle s’abandonne, sourit et rit
et mêle son regard
à la poussière blanche du soleil
traversée par l’ombre
toute-puissante d’un autre.

Jusque là a couru mon enthousiasme
jusqu’à sa porte fermée, aux glycines fanées
écroulées sur le gravier de l’allée
sous la pluie.

Giovanni Merloni

la sua casa_bozzetto

Précédente version (Sa maison redevient centre, Ossidiana n. 13) publiée sur ce blog le 2 février 2013 :
Sa maison redevient centre/le centre du monde. Un lieu/où l’on peut dire : celle-ci est ma vie.//Entraîné par une fleur, j’ai couru/lui donner un joli chiot chaud.//La déchirure de son cœur/devait s’être étendue/en une longue blessure grise/(mais, on ne se voit pas tellement :/le rose se marie au rouge/le céleste au noir).//Emporté par de mots/désorganisés, par une furie/que je ne savais pas refouler,/j’allais chez elle/(pourtant elle me comprendra,/même dans ma pagaille)./Dans sa douceur exquise/elle s’abandonne/sourit et rit, et mêle son regard/à la poussière blanche du soleil/à l’ombre envahissante/d’un autre.//Jusqu’à sa porte a couru mon enthousiasme/à sa porte fermée, aux glycines fanés/écroulés sur le gravier de l’allée de pluie.
Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN 

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