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Le printemps est ta main

Le printemps est une mer grise.

Le printemps est ta voix
ton cou, tes lèvres, ton corps
à même le sable.

Le printemps n’est qu’un soupir.

Le printemps est une faible lumière
qui serpente dans la chambre
un disque obsédant
une obscurité pleine d’odeurs.

Le printemps est un vin nouveau
un adieu sur le pas de la porte
une promenade solitaire
un tas d’os et de pierres blanches
au milieu d’une clairière
un monologue étendu sous le soleil.

Le printemps est un interminable baiser.

Le printemps est une feuille rouge
en train de mourir sur une plaque de glace.

Le printemps est un pont branlant
un bouquin sans dédicace.

Le printemps ce sont les vestes volés
les préparatifs des fêtes
les terrains vagues et sans âme
les ruisseaux d’eau jaune
les ampoules dans les bars
battues par un vent jaloux
les cahiers cornés
les téléphones accrochés
les cœurs désemparés.

Le printemps est la tâche difficile
de la vie avec les autres
le train train d’un bureau
le labyrinthe obsédant
des rythmes quotidiens.

Le printemps
est une violette sur ta robe grise
une randonnée dans la broussaille
de tes cheveux frisés.

Le printemps est ta main.

Giovanni Merloni

primavera 1976 x blog

Giovanni Merloni, Printemps, 1976

Le printemps est ta main (version précédente)

Le printemps est une mer grise. Le printemps est ton corps sur le sable, il est ta voix, ton cou, tes lèvres. Le printemps n’est qu’un soupir.

Le printemps est la faible lumière serpentant dans une chambre. Le printemps est un vin nouveau, une promenade tout seuls, un adieu sur la porte, un disque obsédant, une broussaille de cheveux, un tas d’os et de pierres blanches, un monologue étendu sous le soleil, une obscurité pleine d’odeurs. Le printemps est un interminable baiser.

Le printemps est une feuille rouge, morte sur une plaque de glace. Le printemps est un petit livre. Le printemps ce sont les vestes volés, les préparatifs des fêtes ruisselantes d’eau jaune, les ampoules dans les bars, battues par un vent incertain, les terrains vagues et sans bruit, les cahiers cornés, les téléphones accrochés, les cœurs encombrés, désespérés, solitaires.

Le printemps est l’angoisse de la vie parmi les autres, la vie au travail, dans les bureaux, dans les labyrinthes obsédants des rythmes quotidiens. Le printemps est une violette sur une robe grise, un parcours tortueux dans tes cheveux frisés.

Le printemps est ta main.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

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