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Giovanni Merloni, 1991-2013

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Mon amie emmitouflée (2004)

Sur le fil de la mer
traînaient les phares
les éclairs et les vagues des moteurs.

Mon amie emmitouflée
demeurait affligée
froissée, désaxée
tandis que l’obscurité
descendait parmi ses cheveux ondulés
et son pardessus sans couleur.

Une lueur tiède
s’étendait sur ses yeux d’émeraude,
tandis qu’un confortable évanouissement
traînait sur son regard de velours
sur ses petites mains anxieuses.

Ma voiture trop lourde
soudain éteinte, désaxée, affligée
s’égarait dans une île perdue
rejointe inexplicablement
(après des périples et des labyrinthes)
par des planches incertaines
et de ponts désaxés.

Mes yeux caressés,
mes pantalons chiffonnés
mon visage lisse assistaient
au déploiement des mots
tels des billes d’émeraude
roulantes sur la surface grise de l’eau
illuminée abandonnée désarmée.

Notre amour emmitouflé
(poussé parmi les dunes et les ronces),
se froissait, se désaxait,
s’allumait et s’éteignait
héroïquement
tandis que nos corps en accord
embrassés, en sueur
s’abandonnaient à la douceur
d’une intimité profonde
totale ancestrale ;
alors qu’au fil de la mer
traînaient les phares,
les éclairs et les vagues des moteurs.

Giovanni Merloni

De « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome 2000 —  ISBN 88-86600-77-1

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 16  février 2013

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN : http://wp.me/p343bA-9t

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