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Mes chers lecteurs, je suis vraiment heureux de partager avec vous cette très stimulante expérience des « Vases communicants », à laquelle je participe, vendredi 1 mars 2013, pour la deuxième fois. 
Cela est aussi un grand plaisir pour moi, parce qu’aujourd’hui j’ai l’occasion d’échanger avec Élisabeth Chamontin, dont j’admire le talent poétique et littéraire tout à fait original.

Nous avons visité déjà plusieurs fois nos blogs respectifs et partagé aussi nos récentes initiatives. Je suis avec intérêt et appréhension le Quatrain quotidien (http://lequatrainquotidien.blogspot.fr) et je me réjouis beaucoup de la lecture de BLOG O’TOBO (http://blogotobo.blogspot.com), qu’Élisabeth Chamontin fait vivre avec succès depuis 2002.

En quoi consiste le projet de « Vases Communicants », lancé par Le tiers livre (François Bon) et Scriptopolis (Jérôme Denis) ? Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. La liste complète des participants est établie grâce à Brigitte Célérier, une autre blogueuse.

Dans l’esprit des « Vases », Élisabeth et moi, nous avons choisi un thème commun, celui du « mur » et aussi de la « frontière », particulièrement intéressant entre la France et l’Italie.
Nous nous sommes aussi donnés l’input (et la contrainte), de nous adresser/dédicacer réciproquement un « billet » où notre prénom-et-nom (et/ou notre « nom de bataille » sur Twitter) figure en forme d’acrostiche.
Mon billet d’aujourd’hui (« À quoi ça sert le mur ? Petit spleen en prose sur le thème de la frontière »), est publié donc sur BLOG O’TOBO (http://blogotobo.blogspot.com), tandis que sur ce blog (Le Portrait inconscient, http://leportraitinconscient.com),  vous pouvez trouver deux textes d’Élisabeth Chamontin« Le mur est une frontière» et « La langue italienne est musique ».

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                  I – LE MUR EST UNE FRONTIÉRE

Tu pédales toujours : ça porte à réfléchir.
Ce mur beige et crasseux dont la surface gerce,
Ce mur est la frontière et ton regard le perce,
Comme si tu sentais le soleil resplendir

Derrière sa paroi. Soudain tu vois surgir
— Tandis qu’à la radio un Scarlatti te berce —
La vision d’un pays si beau qu’il bouleverse :
Voilà qu’il t’envahit, mieux qu’en ton souvenir !

Les vignes et les pins des collines toscanes,
La Sicile, Palerme et le temple de Diane,
Les statues, les musées, le baroque, les ors,

La campagne d’Assise et le musée de Sienne,
Les citrons d’Amalfi, de Rome les trésors,
Et la musique au cœur de la langue italienne.

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II – LA LANGUE ITALIENNE EST MUSIQUE

Glissando : doucement, monte sur ton vélo.

Imperioso : c’est ton allure sur la selle.

Ostinato : il t’en faut du courage ma belle !

Vivace : tu vois fondre à vue d’œil les kilos.

Adagio : ralentis pour reprendre ton souffle.

Nobile : c’est très dur, tu sens la sueur couler.

Note : cette sonate t’aide à pédaler.

Intermezzo : voilà, c’est le sport en pantoufle !

Ma non troppo : mais ne nous fait pas d’infarctus…

Espressivo : l’écran dit cent-vingt par minute,

Rubato : c’est ton cœur, là, que tu persécutes.

Larghetto : tu te dis, bientôt le terminus !

Opera : ton travail (tri-pa-li-um !) s’achève :

Nasardo : un dernier gémissement plaintif,

Istesso tempo : tu descends du vélo.

003_veloamalfi Amalfi / Vélo