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Giovanni Merloni, 2009

Ragazzo_padre (1) d’Enzo Jannacci (texte de Bruno Lauzi)

Ma semaine à moi. Dimanche (1975)

Ta semaine hors de toi
ma semaine hors de moi
notre semaine hors de nous
Mes jours hors de toi tes jours hors de moi
nos jours hors de moi et toi
ton temps hors de moi mon temps hors de toi
notre temps hors de nous deux.

Dimanche un jour fermé
les mains dans les poches.

Dimanche s’il y a la lumière tu es là.

Dimanche si tu es là c’est un jour de fête.

Dimanche si je pars en voyage avec toi
je voudrais hurler. Si je suis serein,
le dimanche, c’est parce que je suis avec toi.
Sans toi, dimanche n’est pas dimanche.

Pourtant, le dimanche, la douce ville s’en va
toute entière elle te suit quelque part
où je ne saurais pas poursuivre tes pas.

Dimanche si tu es loin je t’écris
une poésie sans paroles.

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Dimanche, à pied, je respire les arcades
hautes basses, larges étroites, nobles ignobles
bruyantes angoissantes
comme mes gestes en morceaux dans l’air.

Dimanche je m’achète
une fleur violette et ton parfum.

Dimanche, au lieu de rentrer dans mes murs
je m’éloigne tout au long des rails
en mimant ton pas
ton regard surpris.

Dimanche c’est déjà lundi.

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Giovanni Merloni

(1) Garçon-père (« Ragazzo padre ») de Jannacci-Lauzi,

Elle est arrivée un jour, un matin d’été
et s’est installée au salon, me demandant de fumer
Je vous laisse imaginer comment ça s’est passé :
avec un enfant à entretenir, je me suis retrouvé !

Je suis un garçon-père, qui demande la charité
car je suis un pécheur, pour cette société.
Je suis un garçon-père qui ne sait plus où aller
J’ai demandé à la Mairie, ils ne m’ont pas laissé entrer.

Il y a vingt ans que je traîne, mon fils est presque adulte
et vu la saison il faut bien qu’on y pourvoit
au fait hier soir au parc, il faisait sacrément  froid
on s’est serré fort, fort… l’on a fini là-dedans.

Je suis un garçon-père qui demande la charité
car je suis un pécheur pour cette société.
Je suis un garçon-père qui ne sait plus où aller
J’ai demandé à la Mairie, ils ne m’ont pas laissé entrer.
J’ai demandé aux gendarmes, ils ne m’ont pas laissé entrer.
J’ai demandé aux sœurs, elles ne m’ont pas laissé entrer.
J’ai demandé à mon fils, il m’a dit : « Allons…
Tu es un garçon-père,  demande la charité
tous les garçons-pères demandent la charité
non, ce n’est pas péché de demander la charité… »

(traduction par Giovanni Merloni et Catherine Develotte)

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN 

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