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Va commencer l’escarmouche

Va commencer l’escarmouche
de tes mots tranchants
de tes analyses lucides
de tes appels à la cohérence.

Tandis que je me sauve
dans le silence étrange et connu
d’un miroir en pénombre

et que je me remémore
de la vieille commode
des portraits jaunis
des cheveux blancs
collés à la brosse noire

et que je sursaute
aux échos dans ma tête
des hurlements du rémouleur
parmi les éclaboussures irisées
sur la route bouillonnante

je me souviens en bloc
de toute ma vie

(je devrais te la raconter
pour qu’elle se revête de son sens,
pour qu’elle se débarrasse de ta mesure).

Va continuer la bagarre
de ta jeunesse
de mon velléitaire cynisme
de la fausse gloire
de cet homme prétentieux
assistant en spectateur
détaché et bouleversé
d’une illusion cachée.

Désormais, je ne t’attendais plus !
Rentre, que vais tu faire
sur le pas de la porte ?

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

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