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Giovanni Merloni, 1979-2013

Le corps renversé dans la nuit 

Le corps renversé
dans la nuit
je m’endormais,
au fond d’un lac
bandé de collines.

Dans les ombres du ciel
je scrutais le zig zag
des montagnes
le reflet de tes yeux,
ton sourire lointain.

Dans ce rêve, je songeais
à l’instant magnifique :
encadré par la porte,
ton sourire voulait m’emporter,
me traîner qui sait où.

Le corps renversé
dans les ombres de miel,
l’obscurité  des couleurs
l’euphorie de la térébenthine
m’apportaient ton sourire.

Sans souci, accoudée
juste au pas de la porte,
tu scrutais dans ma mort,
dans le fond silencieux
de mes larmes insensées.

J’admirais ton allure
hésitante, enfantine
à l’orée d’une rencontre
qu’attendais anonyme
sans éclats ni larmes.

Sans entrer dans ma vie
tu dansais dans le vide,
obsédante et naïve
jusqu’à ce que le porte
derrière toi s’est fermée.

Un vent géant l’a claquée :
ton sourire a parlé.
Dans le noir, je t’ai vue
j’ai cessé de me plaindre,
de vouloir tout comprendre.

Ce jour-là, pour toi seule
je demeurais seul. Ce fut alors
que tu m’as vu, ce que je suis,
sans compter mon semblant
ce profil de tristesse et de peur.

Le corps renversé dans la nuit
au fond d’un lac de montagne
je retrouve dans les plis
de ton corps de cocagne
le reflet d’un sourire lointain

qui brisait le silence de mes larmes.

Giovanni Merloni

Texte en ITALIEN

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