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Giovanni Merloni, 1993-2013

L’attente 

Cet adieu mal placé
ce fut une tragédie sans appel,
un examen pénible, affolant
d’infinis couchants en séquence
sur la mer en diapositive.

Cet adieu déplacé
ce fut le dernier soupir de l’aigle,
l’inéluctable agonie
de petits êtres sans griffes
que le silence engloutit
dans la montagne grise.

Cet après-midi
je l’avais consacré
aux affaires de cœur
au va-et-vient des barques
en espérant te voir rentrer
tandis que le soir tombait.

Cet après-midi
de plus en plus sombre,
je ne m’apercevais
que des silhouettes trompeuses,
de longs cheveux blonds
de traîtresses étrangères.

Cet après-midi, ce fut trop vaste
pour héberger ma gueule mouillée,
cet instant dernier ce fut
trop étroit pour mes larmes.

C’est encore chaud le goudron
où la voiture de mon père
semble se dissoudre et dire :
« À cette heure, on s’en va, bel ami !
Toute attente a une limite ! »

C’est ça la catharsis ?
Un froid nouveau glisse,
presque heureux, sous ma peau
avec l’envie de rentrer
l’envie que rien ne fonctionne
l’envie que rien ne marche,
que personne n’appelle plus,
que personne n’arrive.
Toi non plus.

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Adieu, je te glisse
un petit baiser,
une fugitive caresse
sur une carte postale.

Et alors ? Ce ne fut
qu’un adieu mal placé ?

Maman, j’arrive.

Giovanni Merloni

Texte en ITALIEN

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