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M.C. Escher (1898-1972), Het Palais, La Haye, Hollande

Idole de la nuit 

Idole de la nuit
ton rite à toi
c’est le vent soufflant
parmi les cannes.

Mon amour, quand je partirai
le temps se repliera sur soi-même.
et je laisserai
cette lettre sculptée
libre de siffler derrière le train.

J’étais avec une femme,
je dessinais son visage
péniblement
(toujours elle m’interrompait)
je lui parlais des étoiles de l’Ourse
du train sifflant sur les champs
labourés par des hommes bons
(elle me voulait fort
plus costaud d’un soldat).

Un jour justement il pleuvait
et je pleurais, à verse.

J’aurais été heureux
si je n’avais pas eu le souci
de la songer sereine
tandis qu’un sillon gris
(au contraire)
brisait le front de mon idole.

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Île de Procida (Naples)

Au loin, un nid insaisissable d’aigles
ici, des pas de plomb.
Parmi la paille et le foin
de mes ancêtres
je t’ai cherché, en vain, sans te trouver
Ambra, idole de la nuit.

Giovanni Merloni

De « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome, 2000 2000 — ISBN 88-86600-77-1

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

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