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001_des ombres 180

Giovanni Merloni, 2014

Des ombres roses et célestes

Des ombres roses et célestes
abîment les contours
de la ville. Les maisons
hurlantes s’abandonnent
aux voiles violettes de la nuit.

Dans la pièce blanche
une poussière étouffante
sèche les yeux.

Les gens, suspendus
aux bords brillants du soir
voudraient déchiffrer
ce mot englouti
resté dans le cachot
de ses lèvres.

Personne ne s’en aperçoit
et pourtant ce corps déjà gris,
engagé dans son gauche mariage
avec la mort, a endossé
un costume élégant
pour traverser sans contrainte
la ville mourante.

Comme une marionnette,
(au-delà du mur
qu’il a su si bien dépasser)
(pour la première fois seul)
il s’éloigne solennel
à pas de danse
(sans mots ni craintes)
parmi les lustres
d’une longue route
abîmée.

Giovanni Merloni

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