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Siena, 1966

Amour amer d’Ulysse

Amour amer, ne me quitte pas !
Bruit sourd de la solitude,
arrête d’écraser mon esprit.
Cœur étranglé par le souvenir
de ses jambes en feu,
ne te flétris pas.

002_siena campo 180

Siena, 1966

Amour douloureux, refuse-toi
à la poursuite impossible
de la réminiscence de nos corps
lancés dans d’étreintes vaines,
perdus dans de baisers disparus.

Amour en forme de fleur
offerte en cadeau
par des nouveaux soupirants,
console la femme qui reste seule.
Mais je t’en prie,
arrête de parfumer son corps
engourdi, t’enchevêtrant
aux feuilles d’or du collier
qui flotte sur son sein.

Ô rose
de la couleur du coquelicot
cesse de te faufiler
parmi les dentelles brodées
au-dessous de sa robe.

003_siena campo 180

Siena, 1966

Jupe ouverte jadis
à mon corps tyrannique,
ne t’éclipse pas !
N’aime pas d’autres maris.

Amour que je garde pourtant
verrouillé dans mon cœur,
ne t’avilis pas, ne me trahis pas.

Amour violent, n’oublie pas
cette main que tu as caressée
ni cette bouche que tu as respirée
ou cet oiseau qui t’a appris
à voler.

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San Biagio à Montepulciano, 1966

Amour égaré dans ta douleur sauvage,
attends que je revienne
de mon pèlerinage,
accueille enfin mon retour
par un geste d’amour.

On peut souffrir même plus que mourir
quand on part vers des terres lointaines
et qu’on ne sait pas comment
en revenir.

Amour, amour, pourvu que ce soit
amour, il est doux, et digne aussi,
trouver la force d’attendre.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

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