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Rome, photo de Giorgio Muratore, da Archiwatch

Banlieue, rhapsodie triste (Vers un atelier de réécriture poétique n. 12)

148_Banlieue, rhapsodie triste (Avant l’amour n. 12)

Trop blanc !
Je fréquente toujours avec plaisir le blog de Nicole Peter, Passages, déjà en raison de son nom séduisant et accueillant aussi. Nicole Peter, à son tour, m’honore de ses visites régulières et pleines d’humour… Pourquoi utilisé-je ce terme « humour », avec ce peu d’éléments que notre « société d’inconnus fraternels » nous offre ? Je ne sais pas. C’est une intuition. Elle aime le paradoxe, tout comme moi aussi je l’aime. Elle démystifie même les colonnes portantes voire les clichés les plus enracinés dans nos esprits obéissants, par exemple Le Corbusier. Oui, elle a le courage — que j’admire, bouche bée — de dire qu’à la fameuse Ville Savoie il y a « trop blanc ». Si je pense combien d’années de timidité et de résignation avons-nous vécues dans la stricte observance de cette « clarté » qu’on ne pouvait pas mettre en discussion… devant cette « rationalité » légèrement abstraite ayant la présomption de tout maîtriser ! C’est grâce à Nicole que je me suis rendu dans le blog-encyclopédie de Giorgio Muratore, où j’ai trouvé, entre autres, un intéressant reportage sur les « larmes de Le Corbusier ». Je ne peux pas le traduire ici, mais là aussi on respire un air salutaire de désacralisation, comme dans l’article de Nicole Peter.
Je crois que ce même esprit l’a guidée lorsqu’elle a dû se confronter avec les poésies un peu naïves de mes 15-16 ans… Elle est bien sûr une sévère et brillante professeure de lettres. Mais…
…Je suis désolée d’avoir mis du temps à vous répondre, mais cette mauvaise grippe a du mal à passer… J’ai mis quelques suggestions dont vous pouvez tenir compte ou non… sinon les points ? correspondent à ce qui ne me semble pas très clair en français et comme je ne connais pas l’italien je ne vois pas à quoi cela correspond.
J’ai mis des majuscules à chaque début de vers, je trouve que c’est plus esthétique pour un poème.
Voilà ce ne sont que quelques remarques sinon le texte passe bien.
Nicole Peter
(Pour l’intérêt des lecteurs, je fais aujourd’hui une exception vis-à-vis des précédentes poésies « retravaillées ». Cette « rhapsodie » étant très simple et même élémentaire à l’origine, les observations de Nicole Peter ont été ciblées et discrètes. Elle a marqué juste quatre passages :
1) Il pleut depuis longtemps…
« J’aurais tendance à supprimer « depuis longtemps »»
2) Arrête les voitures silencieuses.
« Les voitures sont-elles silencieuses ? »
3) Dans les quatre vers suivants il y avait effectivement une descente dans les caves pas trop claire, que Nicole Peter a mis en évidence par un point interrogatif.
«Maisons empilées
Pour des courses affolées
Jusqu’au bout
Des caves. ( ?) »
4) Le monde meurt et renaît
« Le monde disparaît puis renaît »
Ces remarques ponctuelles ont suffi a déclencher une réécriture de ma part, qui est allée même aux delà de ces passages.)
Chère Nicole,
merci d’avoir réveillé la belle au bois dormant…
Le premier fragment surtout (très dépouillé dans la langue d’origine), ne se prêtait pas au rythme de la poésie française.
Voilà. Tout en revenant aux initiales minuscules (cohérentes vis-à-vis des autres poèmes ainsi que de cette mesure particulièrement étroite et simple que j’ai adoptée dans ce cas-ci), j’ai pris en charge vos suggestions pour donner à cette « rhapsodie triste » une nouvelle vigueur ainsi qu’un esprit d’actualité.
…J’aime beaucoup votre nouvelle rhapsodie triste. Elle est beaucoup plus imagée et en effet le rythme du premier fragment est bien meilleur. Félicitations !
Nicole Peter

Giovanni Merloni