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Rome, photo de Giorgio Muratore, da Archiwatch

Pour ne pas penser (Vers un atelier de réécriture poétique n. 14)

150_Pour ne pas penser (Avant l’amour n. 14)

Je suis désormais dans une phase avancée de cette relecture et réécriture du recueil « Avant l’amour », en collaboration avec quelques-uns de mes correspondants de Twitter, choisis pour la plupart sur la base de leurs attitudes connues de bienveillance et patience envers moi… D’ailleurs, je l’avoue, je n’aurais jamais eu le courage de soumettre la « chair de ma chair » à des gens pressés ou trop éloignés de mon univers.
J’attends maintenant la réponse de juste trois correspondants pour atteindre le numéro 18. Je vous épargnerai donc les 9 poésies restantes, que j’essayerai moi-même de retravailler. Renforcé, j’espère, par cet important travail d’échange et acquisition d’instruments nouveaux qui devraient m’aider à avancer dans cette quête infinie d’une poésie plus… poétique en français.
La quatorzième personne que j’ai rencontrée est Ève de Laudec, une amie. On s’était connus juste le temps de s’adresser un sourire, lors d’une intéressante rencontre de blogueurs engagés dans les Vases communicants près d’une Médiathèque de Paris. Ensuite, on s’était réciproquement suivis. J’avais découvert avec admiration L’emplume et l’écrié, son blog, où j’avais trouvé de très belles et fortes poésies ainsi que des chansons tirées des vers d’Ève de Laudec. Pourquoi a-t-elle choisi ce nom d’art, « de Laudec », évoquant Toulouse Lautrec, la Gascogne et mon adorée Aquitaine ? Je ne le sais pas. Cette « invention » fait partie intégrante, je crois, de ce personnage, Ève, toujours riche d’enthousiasme et de joie de vivre qui traverse pourtant, de temps en temps, de moments de peine en raison de sa sensibilité extrême. Heureusement, pour elle et pour nous, elle a cette nature communicante, ouverte et franche qui l’aide à élaborer ses deuils avec les autres, qui deviennent spontanément ses amis… Je ne connaissais pas vraiment cette Ève-ci avant de la rencontrer « en vrai ». Cela a été déclenché par l’idée fulgurante d’exploiter ensemble, en occasion des « vases » de septembre 2014, une petite pièce à deux voix et quatre mains : « Hier est un autre demain ».
Moi, j’avais donné la voix et l’âme à Henri, un metteur en scène au seuil de la retraite… Elle, Ève, avait donné toute sa verve dynamique et son intelligence à Jeanne, une comédienne encore intentionnée à faire parler d’elle… Ce texte, peut-être trop long vis-à-vis de la taille des autres « vases », a été cependant une expérience très agréable pour nous deux. Bientôt, Henri et Jeanne se sont rencontrés, en se racontant leurs vies… Ensuite, Ève a connu les autres membres de ma famille et on a donc partagé nos réciproques joies et tourments. Car la vie n’arrête pas de bousculer et bouleverser les chemins de nous tous…
Lorsqu’on s’est rencontrés à La Marquise  de Tolbiac, près du métro Olympiades, pour travailler ensemble au texte de ces trois fragments ci-dessous, nous étions donc déjà dans la familiarité.
Juste après avoir publié une poésie consacrée aux bistrots — les seuls endroits, comme le dit bien José Defrançois, où l’on peut encore partager le simple et innocent plaisir de la rencontre entre êtres humains —, je suis particulièrement heureux, aujourd’hui, de constater combien a été productive et stimulante ma rencontre « de travail » avec Ève, dans le coin reculé d’un bistrot ordinaire… Il est vrai que durant trois heures de colloque elle m’a signalé, à l’intérieur de ces trois fragments poétiques, une série d’éléments qu’on n’aurait pas pu affronter par lettre. En dépassant les éventuels tabous liés à l’expression poétique, avec son attitude nette et bienveillante à la fois, Ève n’a fait que toucher des éléments que moi-même connaissais déjà — sans l’admettre — comme défaillants, ou lourds, ou inappropriés. En même temps, elle a été totalement respectueuse de mon parcours. C’était à moi de traverser le petit désert ou la grande flaque ! Et je l’ai fait, le soir même, obtenant le prix presque immédiat de son approbation :
« wouahhhh! C’est la même mais c’est une autre! J’aime beaucoup cette nouvelle version, bravo, poésie personnelle et musicale !… »
Vous verrez, en vous rendant aussi sur la version précédente, qu’il s’agit de petits éléments, pourtant décisifs dans de courts poèmes marquants le passage de l’adolescence à l’âge adulte.
Merci du cœur, Ève !

Giovanni Merloni