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Tout près… au loin

Tout près
une branche nue se détache
avec son nid
d’oiseaux misérables.

Tout près
la charmille s’offre au regard
verte de vie.

Tout près
je demeure silencieux,
enthousiaste.

Personne ne me cherche,
ni elle ni d’autres.

Au loin
le monde est tout près de l’Histoire.

002_eve 180

Sur le bord du fossé

Sur le bord du fossé
j’observe la paix flottante
des feuilles desséchées
la joie insignifiante
des êtres invisibles.

Glace fondue, tu trembles
dès qu’un caillou t’effleure.

Morne étendue du fossé,
manège étincelant
de ma faiblesse
miroir obscur
de ma tristesse.

003_eve 180

J’ai marché

À l’aube
j’ai vu la mer se briser
contre le ciel,
des murs d’eau se flanquer
contre les écueils artificiels.

À midi
j’ai entendu l’odeur des poissons
jetés sans façon au fond des barques.

Au couchant
j’ai scruté les gueules des pêcheurs
jouant aux cartes au fond du bar.

Du soir au matin j’ai marché
dilapidant des heures inutiles
pour ne pas m’occuper
de la mort ni de toi.

Giovanni Merloni

Merci à Ève de Laudec pour la sympathie et l’ironie lors de notre rencontre pour un échange autour de mon travail de réécriture de ce texte.

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