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La vie n’a pas d’yeux

Ce que j’avais vu
de ce monde insaisissable,
ce que tu avais lu
de mes découvertes,
ce que j’avais moi-même lu
dans ce que tu avais vu
a déclenché entre nous
un sombre malentendu.

« Que sais-tu de la vie,
de l’amour, de la mort ? »
Tes paroles se sont envolées,
mes réponses sont restées
telles des armées féroces
enfermées depuis hier
dans un étui de fer.

Peut-être, m’étais-je donné
des airs d’importance
ou bien tu avais jugé
mon esprit déplacé.
Je ne saurai jamais
ce que vraiment tu penses,
sombré par la terreur
de ton indifférence,
car tu n’afficheras
la moindre stupeur
ni la moindre jouissance
en arrêtant ton pas
pour lire, sans prudence,
le décevant feuilleton
de notre désunion.

La vie n’a pas d’yeux
elle ne se promène pas
le long d’une balustrade.
La vie ne contemple pas
les paysages.

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Ce que j’ai vu
ne sera nulle part retenu,
au fond de mes yeux non plus.
Et pourtant j’écrirai
que ce ne fut pas en octobre
lors d’une triste soirée
mais plutôt en juillet
lors d’une grasse matinée,
qu’il n’y avait
ni plume ni cahier
dans les tréfonds de nos yeux
orphelins de toute envie
de toute clairvoyance démunis…

Giovanni Merloni

Merci à Claudine Sales, qui a participé avec un esprit tout à fait amical n’empêchant pas la sévérité et la rigueur là où cela était nécessaire au cours de la révision de ce texte.

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