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le mie cose colorato_96

Sans aucune intention rhétorique, je dédie avec amour la poésie ci-dessous à tous ceux qui sont partis d’ici le 13 novembre dernier, sans penser nullement à la mort, n’ayant peut-être pas le temps de convier dans l’esprit leurs amis, leurs amours, leurs petites choses…

Tandis qu’un homme à l’usée salopette

Je m’attends à une danse sournoise
légère, angélique, en revanche visqueuse
des odeurs plus intimes.

Par courtoisie, mes dames, mes amis disparates
se rendraient sur les lieux de ma convocation
s’interrogeant douteux sur mes justes intentions :
est-ce qu’il entend nos pas en bas de sa maison ?

Si ce fait dont je rêve ne sera pas l’ultime,
le jour fatal de ma mort même, si tout s’écoulera
lors d’une après-midi violette et d’une brise sublime
et qu’un joli dessin de labyrinthes sans mystères
accueillera l’assaut de mes fertiles colères

si je pourrai encore aimer sans avarice
sans ambiguïté mes pauvres petites choses
cette fringale de la vie, en haut du précipice
grimpera, conquérant les châteaux, leurs délices,
s’effondrant dans la paix d’oasis silencieuses.

Lors d’un jour comme cela je me vois cultiver
attentif le jardin d’un amour vraisemblable
observant sans angoisse tous mes gestes affolés
mes fatigues, mes ardeurs

tandis qu’un homme à l’usée salopette
descendant du camion par un saut de jongleur
brisera la stupeur et le vide de la rue
déchargeant sur l’asphalte,
lentement, toutes mes choses.

Giovanni Merloni

De « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome 2000 —  ISBN 88-86600-77-1

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TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN (« Le mie cose »)