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Image empruntée à un tweet de Laurence @f_lebel

Wladyslawa, bonsoir,
Je suis italienne, originaire de Sanremo, la patrie des fleurs, du Casino et du fameux Festival de la chanson. Maintenant, j’habite Paris et je me demande comment aurait dû se dérouler l’adolescence de Nino si au lieu d’avoir traîné dans un sobre appartement de Marseille, ayant une seule porte, il avait habité au deuxième ou troisième étage d’un immeuble haussmannien ici à Paris, tandis que Beatriz, cette « femme interdite », avait eu une chambre pour elle au sixième étage… Je ne dis pas cela en raison de mes curiosités d’architecte manquée. C’est l’histoire un peu douloureuse qui m’est tombée dessus d’une façon tout à fait incroyable qui me suggère des sentiments contradictoires où le partage du point de vue des amants « qui n’ont pas pu l’être » prévaut enfin sur d’autres considérations plus honnêtes et correctes.
Sur mes sentiments, un rôle particulier a été joué peut-être par la surprise que j’ai éprouvée… Je rentrais chez moi avec mes sacs de Franprix, quand je me suis aperçue qu’à la caisse j’avais par hasard emprunté, sans le savoir, un sac gris qui ne m’appartenait pas. Quelqu’un l’avait correctement laissé près de la sortie, avant de se perdre dans le petit labyrinthe des achats quotidiens. Malheureusement, j’ai compris ma faute trop tard. J’ai couru, mais Franprix était fermé. Le jour après, ils m’ont dit que personne n’avait revendiqué ce sac en insistant pour que je le garde…
À la maison, quand je me suis décidée à examiner ces trois bananes et ces deux kiwis, j’ai découvert qu’il y avait au-dessous un opuscule plié en quatre. Là-dedans, par une calligraphie assez petite et fragmentaire, Le Galérien (!) venait d’écrire une lettre — dont je ne sais pas deviner si elle est vraie ou imaginaire — que son personnage-clé, Nino, aurait envoyée à son ancienne amie Beatriz.
Je suis en train de la recopier… mais cela m’a tellement pris que je ne pouvais pas aller vite… je me suis arrêtée au beau milieu du gué, crevée de fatigue. Cependant, pour vous faire plaisir, je vous envoie déjà cette première partie. Le reste sera pour l’un des prochains jours, j’espère !
Je sais déjà que, si un jour nous parlons de cette lettre, nous deviendrons amies.
Vanda 

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Matisse, image empruntée à un tweet de Laurence @f_lebel

Chère Beatriz,
Je ne sais pas où tu es, maintenant, mais il est sûr et certain qu’en ce même moment où tu vagues ailleurs, inquiète, en quête de tranquillité, tu es aussi dans la poche de ma chemise, cachée derrière un regard qui te ressemble, concentrée dans une lecture qui ne fait qu’augmenter ton anxiété et ta contrariété. Tu voudrais me dire peut-être quelque chose d’extraordinaire, inattendu, qui changerait sans doute toute la perspective de mon regard en arrière et aussi, bien sûr, le sens ultime de ma recherche autour du temps où nous nous sommes perdus.
Je le sais, et sais aussi que tu me laisseras le répéter mille fois, sans dire « mais non, mais non ». Tu n’es pas Manon, heureusement.
Je ne sais plus situer la date précise de notre dernière conversation au téléphone. Il me semble hier. Pourtant des années se sont écoulées — dix ? quinze ? — , en alourdissant la patine qui se posait sur ta bouche avant que tu ne cesses de parler tout à fait. Combien de remords se sont-ils accumulés sur mon cœur, de plus en plus oppressé, égaré ? Je pouvais, je devais te chercher. Je n’ai pas fait cela, comme si ma vieille habitude de compter les jours depuis quand j’ai réussi à t’écarter, à éviter de te penser, s’était enfin transformée en inexorable déni de ton existence ! Je me suis tout simplement accoutumé à une idée reçue, assez idiote et banale : qu’il faut tourner la page, oublier le passé ! D’ailleurs, « un amour qui s’épuise jusqu’à s’effondrer volontairement dans l’oubli, ce n’était pas un véritable amour ! »
Patience pour cette voix intime qui ne cesse de me rappeler des instants de joie qu’on aurait pu interpréter de façon opposée. Pourquoi ai-je hésité à te chercher, à révéler à d’éventuels inconnus mon affection sincère pour toi, voire la honte de regretter de n’avoir pas vécu avec toi ce que notre échange postulait tout à fait naturellement ?
Toujours est-il que depuis cette longue conversation tu ne m’as plus cherché. Que s’est-il passé ? Tu m’avais raconté que tu avais vécu, quelques mois avant, un moment critique, que tu avais subi un ictus cérébral même. Était-ce possible ? Je me souviens très bien de ton récit : tu étais en train d’essayer de faire le numéro pour avoir ta sœur au téléphone, mais la main ne te suivait pas… ensuite, tu avais eu un vide de mémoire… Tout cela, on t’avait dit, c’était la conséquence d’une pneumonie dont tu ne t’étais pas aperçue… Ta petite voix me disait cela avec stupeur et simplicité, comme si nous échangions continûment, tous les jours…
Avant cette dernière rencontre à distance — ô combien affectueuse et vivante ! — tu m’avais cherché régulièrement, de temps en temps. Toujours en faisant déclencher, entre nous, cette incroyable complicité, qui n’a jamais disparu ! On se souvenait chaque fois de cette époque heureuse où nous vîmes sous le même plafond… Tu me rassurais au sujet de tes sentiments, qui n’avaient pas changé, ainsi que tes bienveillants jugements à propos du caractère de mon frère, par exemple, qui devait avoir toujours raison, même si au fond il était bon, lui aussi… Tu avais une véritable « faim » de me voir, de me revoir après des années… Mais cela ne s’est pas concrétisé !
Dans notre dernière conversation, tu étais très inquiète pour le travail de tes enfants, devenus deux hommes désormais, dont l’un te ressemblait et te donnait, si je me souviens bien, quelques satisfactions, tandis que l’autre ressemblait à ton mari, ce fameux Robert dont tu n’avais mis en valeur que des défauts… ou si tu veux des problèmes ! Toujours est-il, si je reviens en arrière dans ces mondes refoulés — l’appartement très spartiate où ma famille d’origine habitait, situé d’ailleurs dans un quartier tranquille ; ton appartement très joli, situé pourtant dans un quartier presque abandonné de la banlieue — je te vois infatigablement projetée en avant, dans une course tendue et spasmodique.

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Corot, image empruntée à un tweet de Laurence @f_lebel

Voilà mes avant-derniers souvenirs, lorsque la rupture désormais lointaine entre nous avait cédé à un état d’affection tranquille, du moins de ma part.. Oui, bien sûr, dans nos colloques téléphoniques, nous n’avons jamais évoqué ce passage historique, ni le mot même, « rupture ». Un mot qu’on aurait pu considérer, à l’époque des faits, comme tout à fait exagéré, déplacé même…
Ceux qui nous ont divisés jureront bien sûr qu’il n’y a jamais eu de rupture entre toi, Beatriz, et moi, Nino, parce qu’il n’y avait pas eu, avant, une « soudure » quelconque. Ni même un véritable lien ou quelque chose entre nous qui pouvait nous faire assimiler à un couple, même hypothétique…
Quand j’ai insisté avec eux, Beatriz, en évoquant une attraction sentimentale et physique profonde et sincère, réciproque entre nous, ceux qui nous ont séparés ont toujours tranché que notre rupture a été tout simplement dictée par des circonstances qu’on ne pouvait pas contourner : il n’y avait pas de choix ! C’est facile à dire !
Bien sûr, tu travaillais chez nous ; tu étais la cuisinière déjà renommée venant du même pays de mon père ; tu faisais partie d’une famille très liée à ma grand-mère paternelle, habitant encore au village ; tu vivais dans une petite chambre au milieu du couloir, en face de la cuisine, pouvant bénéficier d’une minuscule salle de bains avec w.c. Je savais tellement bien que cette « dépendance » t’appartenait que je l’appelais — te souviens-tu ? – la Principauté de Monaco… tandis que le reste de l’appartement était la France… D’ailleurs, je n’osais pas dire à voix haute que tu vivais « cloîtrée », comme une religieuse, mais, bien sûr confusément, je le pensais. D’ailleurs, tu avais aussi le statut typique d’une bonne travaillant auprès de gens « bien ». Chaque semaine, tous les jeudis et les dimanches, tu bénéficiais de ta journée de liberté et demie. Cela me semblait très peu de temps pour récupérer toute ta dignité et te reconstituer un univers d’émotions qui n’eût pas de pièges ni d’interférences. Peut-être me trompais-je, c’étaient au contraire des moments bénis, que tu avais gagnés avec la sueur du front et des bras, que tu t’emparais avec une formidable énergie ! Tu étais pourtant une idéaliste, très ou trop affectionnée au monde de tes rêves et besoins intimes… quand tu rentrais le soir, en silence, sans rien dire, tu gagnais ta chambrette, tu ajoutais quelque chose à la valise installée tant bien que mal au-dessus du placard et tu t’endormais, crevée de fatigue, comme si tu avais travaillé une semaine entière en un seul jour.
Oui, tu ressemblais à la Gervaise de Zola. Une femme pleine de qualités, volontaire, généreuse, cachant en elle, comme toi, une promesse de beauté dont un amant sincère aurait pu remplir ses souvenirs enchantés tout au long de sa vie… Ton handicap à toi n’était pas visible. Tu ne boitais pas, comme la pauvre Gervaise. Toi, Beatriz, tu marchais droite comme une fusée, hagarde et assurée. Rien ne t’échappait et rien n’était difficile ou compliqué pour toi. Tu chantais aussi, lançant ta petite voix aiguë au milieu de la cour, fredonnant sérieusement, dans ton typique dialecte de montagnarde, les chansons belles et fantasques des Pays basques… Mais tu avais toi aussi un point faible. Devant les hommes, tout comme Gervaise, tu renonçais de but en blanc à tes prérogatives, à l’autorité de ton savoir-faire, à la force de ton expérience. Devant un amoureux, un fiancé, un homme désinvolte… laisse-moi te le dire, tu t’effaçais ou pour mieux dire tu te soumettais délibérément à la plus ancienne des règles : cette espèce de loi inébranlable qui oblige la plupart des humains à renoncer aux exigences les plus intimes en échange du statut social de mariés, voire de membres d’une communauté ressemblant moins à une république d’hommes libres qu’à un troupeau de loups.
Je me souviens bien de tous les lundis où tu attendais ma mère de retour de l’école pour t’épancher avec elle, pour faire le bilan de tes dimanches contrariés, pour examiner, en vain, cette situation décevante… quitte à l’accepter enfin, parce que c’était toi en fin de compte qui l’avais fabriquée.
Qui sait, si dans une autre vie j’avais endossé un costume gris pour te ravir en t’invitant à monter sur ma décapotable bleue, comme ce gars de la chanson… En ce cas là peut-être je n’aurais pas vécu à côté de toi comme un parasite, comme tous les autres, je t’aurais aidée à t’affranchir des pièges de cette mentalité du Pays basque qu’on t’avait inculquée contre toi-même. Et toi, tu m’aurais appris, j’en suis sûr, la vie de sueur et de sang, la vie violente et douceâtre que tu connaissais instinctivement en profondeur. J’aimais en toi cette force et peut-être toi aussi tu voyais en moi quelque chose de caché qui aurait pu briser tes résistances, tes tabous et ta volonté même.
Sinon pourquoi mon père aurait-il dit cette phrase : « mets-toi avec les jeunes femmes de ton âge ? »
Je ne connaissais pas mes forces, je ne voyais que mes faiblesses. C’est pour cela que j’ai obéi à mes parents jusqu’à anéantir tout ce qui m’amenait vers toi, jusqu’à nier qu’une énorme cicatrice serait demeurée ouverte en moi pendant longtemps. Mon corps écrasé devait attendre, tandis que ma tête égarée devait forcément s’éloigner de toi, comme Abélard d’Héloïse, avec une petite différence, bien sûr.
Nous n’avons jamais parlé de ça, librement et franchement je veux dire, entre nous. Nous nous sommes soumis tous les deux à la règle opportuniste du bon sens : il ne faut pas !

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Tu avais juste quatre ans plus que moi, Beatriz ! À présent, figurons-nous, il y a des femmes qui « adoptent » des compagnons ayant quinze ou vingt ans moins qu’elles… Alors, cette différence devait paraître énorme, à mes parents surtout. D’ailleurs, d’une certaine façon, toi aussi tu pourrais dire que tu m’as vu naître ! C’est toi la première qui m’as vu sortir du cocon pour exploser à la vie. Donc, si l’on considère les choses sous ce point de vue, cela aurait été incestueuse, une liaison quelconque entre nous ! Alors, quand je m’approchais de toi pour apprendre ce qu’est une femme, pour en assimiler et goûter au fur et à mesure toutes les nuances et les vibrations, cette distance n’avait aucune importance. Bien sûr, le conformisme familial, si possible plus fort dans une famille de gens de gauche que dans une famille bourgeoise classique, ne faisait qu’augmenter, au lieu de la faire disparaître, une distance, beaucoup plus importante. La société nous plaçait objectivement en deçà et au-delà d’un gouffre.
Dieu sait combien, Beatriz, tu dois avoir souffert de cette séparation invisible qui te condamnait en avance à une vie désavantagée, qui t’empêchait de saisir au passage des occasions que tu aurais méritées, dont tu aurais pu bien profiter. Si je représentais la décadence ou l’involution à l’intérieur d’une famille qui avait eu plusieurs membres investis de responsabilités et de reconnaissances importantes, tu étais bien sûr une jeune fille prodigieuse, justement ambitieuse de progrès et de culture. Des choses que tu as à peine effleurées, qui se sont volatilisées du jour au lendemain quand tu as laissé notre maison. Dois-je exulter maintenant si ce n’est pas de ma faute, ni de mes comportements si tout cela est enfin arrivé ? Est-ce que cela m’exempte de toute responsabilité ?

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Quand tu es arrivée chez nous, en 1957 je crois, tu avais la queue de cheval comme une des femmes de Renoir. Ton regard intense et fier, que je découvris ensuite en une inoubliable Madone d’Antonello da Messina, me fit l’effet immédiat d’un coup de fouet : une chose que je n’avais jamais connue avant. Alors, même si j’étais encore un enfant qui avait grandi en peu de temps, je n’avais pas encore le soupçon de ce que l’amour peut nous faire faire… Mais j’avais déjà envie de te suivre. Depuis le premier instant, quand tu es entrée dans la chambre où j’étais, convalescent, au lit, et que tu m’as adressé la parole, tu as signé un pacte d’amitié avec moi. Ma première relation « au pair » avec un représentant du sexe opposé au mien…
Je crois que pendant longtemps tes sentiments envers moi ont été inspirés à la protection, à la curiosité et certes à l’échange avec quelqu’un qui n’avait pas dû interrompre les études pour aller travailler. Mettant de côté ton intelligence extraordinaire, tu m’admirais même, et cela me faisait du bien, parce que si tout le monde m’aimait pour ma façon nonchalante de me faire accepter, dans ma famille on ne me faisait que très rarement des compliments. Tu le savais, tu n’étais pas d’accord et me défendais aussi… Quant à moi, je te voyais établir avec ma mère un rapport de confiance absolue. Elle était un phare à plusieurs égards pour toi, parce qu’elle savait très bien transmettre son savoir et son amour pour le beau.
Sinon, tu étais une autorité dans la famille. Tu t’imposais en dehors de ma mère ! Pendant les six ou sept années que tu as vécues chez nous, tu étais la seule qui savait tout « trouver ». C’est toi qui m’as appris à me servir des mains pour dénicher n’importe quoi, même en gardant les yeux fermés. Tu étais la patronne en cuisine et la rigueur en personne. Cependant, ton accent si drôle de ton village dans les Pyrénées, ton charme sauvage et pour ainsi dire pointu… tout cela ouvrait en moi une brèche de plus en plus vaste et profonde. Je dis cela, chère Beatriz, d’une façon très calme et fataliste, parce que je comprends aujourd’hui que cet attachement, cette pulsion animale qui finalement explosa me jetant dans un état terrible étaient montés petit à petit, invisiblement, au cours des années.
En 1959, par exemple, lors de ces vacances d’été à Cambo-les-Bains, où nous fûmes souvent seuls, tu n’étais que l’amie ou la sœur aînée qui se forçait à me distraire de mon étrange mélancolie m’encourageant pour que je rejoigne mon frère se réunissant avec un groupe d’amis, tous les après-midi, devant le grand mur blanc pour jouer à la pelote. Oui, peut-être l’amour me manquait déjà. Je croyais avoir besoin de l’insouciance de la famille ou alors, plus probablement, je jugeais que j’aurais dû me débarrasser de tout cela, mais je ne savais pas donner un nom à mon mal-être… Ensuite, je m’adaptai à la pelote basque, jusqu’à m’en faire une véritable obsession…

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Antonello da Messina, Image empruntée à un tweet de Laurence @f_lebel

Le printemps suivant, il y eut en moi une métamorphose à laquelle je ne me serais jamais attendu. En juin, loin de toi, tout de suite après la fin de l’école, je fus renvoyé chez des cousins de ma mère dans le Jura. Des gens que j’aimais. Mais c’était plonger dans un pays où tout le monde ne fait que parler des disgrâces et des maladies. Là-bas, je n’avais aucun « objet humain » sur lequel détourner ma mélancolie qui aurait pu facilement se transformer, d’un instant à l’autre, en anxiété sinon en frénésie de faire, de vivre, de voir. Je tombais dans une sorte d’hypocondrie compulsive que je ne savais pas maîtriser… J’avais toujours eu peur du tétanos, t’en souviens-tu ? Là, c’était la peur de mourir à l’improviste, très jeune, trop jeune, sans avoir vécu… Chez les cousins, le moteur de mon effroi ce fut l’évocation de la leucémie dont je ne pouvais avoir aucun symptôme, bien sûr… mais on en avait parlé longuement, examinant le sort malheureux d’une très jeune fille… Cette pensée s’insinua petit à petit dans ces journées de paresse et d’ennui jusqu’à devenir une véritable fixation qui m’agressa violemment pendant une entière nuit. Malgré la chaleur de mes parents, malgré les promenades dans des lieux extraordinaires, j’étais plongé dans une espèce de maladie.
Je me rappelle encore le voyage de retour à Marseille. J’étais tellement pâle que je me pinçais les joues en me flanquant même de gifles, pour récupérer un peu de couleurs, avant de rencontrer mes parents et mon frère sur le quai de la gare… Tout cela disparut en te voyant, en écoutant tes bienveillants reproches…
Pendant l’été, qui nous convoqua de nouveau à Cambo-les-Bains, il y eut plusieurs occasions de rester seuls, t’en souviens-tu ? Voilà qu’alors, sans rien te dire, je commençai à te regarder d’un œil différent. Je n’avais plus peur de rien : je ne pensais qu’à toi !
Nino

Giovanni Merloni

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