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J’y reviendrai les yeux clos

Essayant de ne pas réveiller
les silhouettes et les pièges
qu’un jardin jaloux protège,
tel un démiurge à la mine absente,
je traverserai l’échiquier
de la ville indifférente
endossant le costume froissé
d’un insouciant employé
avant de m’étendre
dans les bras forts et tendres
d’une statue mensongère…

De mon pas haletant
j’atteindrai le réverbère
à la faible lumière, la porte cochère,
les petites marches de l’étroit escalier
amenant au palier
au lit défait de cette nuit blanche
à la cloison étanche, à son trou familier…

J’y reviendrai les yeux clos
frôlant les murs abîmés
essayant de débiter par cœur
les noms des rues et des fossés
qui marquaient mon bonheur :
je sais déjà
qu’elle ne sera pas là
et que je n’aurai d’autre affaire
qu’à éteindre les lumières
avant de me tracasser la tête
dans de vains désirs
dans de vagues souvenirs,
dans d’impossibles oublis.

Giovanni Merloni

001_tristina di trieste 740

Essayant d’oublier (version précédente)

Avec l’insouciance d’un démiurge, ayant le soin de ne pas déranger les formes de chair-plastique rangées dans le jardin, marcher endossant le costume maladroit d’un employé, se caler dans une statue aux bras solides, chanceler solennel et pervers vers un réverbère allumé, entrer dans un lit défait et, fixant un point noir sur le mur, se tracasser la tête dans de vains désirs dans de vagues souvenirs, essayant d’oublier.

Giovanni Merloni

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