Mots-clefs

L’œil immobile de la canicule

Avançant dans la rue
Virevoltent tes robes légères
Éteignant pour l’instant ma colère
Contre cette chaleur qui tue.

L’asphalte s’évapore pourtant
Asphyxiant par rafales nos corps chuchotants.

Combien de fois, incrédule
Ai-je frôlé la syncope
Négligeant les vagues funambules
Installant dans cette ville d’Europe
Cosmopolite et hivernale
Une véritable canicule,
Luxuriante et interlope
Extravagance équatoriale !

Je dois pourtant sortir de mon ermitage
Essayant d’attraper l’ombre de ton visage.

Devant mes pas collés au sol
Élégante tu t’enfuis, sans proférer parole
Voltigeant élastique
Indifférente aux intempéries
Éblouissante de ton élan spasmodique
Nonchalante mule d’écurie
Se rendant dans une grotte nordique.

Rêvant peut-être de notre intimité
Inutilement tu m’as cherché
Dans le sombre lit d’un joli cagibi..
Inutilement, de tout je me suis dévêtu :
Cela ne change rien à ce soleil têtu
Uniforme et obsédant tel un tyran tordu,
Les foudres incandescentes de cet œil immobile
Écraseront, hélas, d’autres journées inutiles…

Giovanni Merloni