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Aux frondaisons des saules

Comment pouvions-nous chanter,
le pied étranger nous écrasant le cœur,
parmi les morts abandonnés
sur la rue, sur l’herbe dure de gel,
aux larmes d’agneau des enfants,
au cri noir de la mère courant
à la rencontre du fils crucifié
sur le poteau télégraphique.

Aux frondaisons des saules
accrochées par un vœu, nos cithares mêmes
ondoyaient bien légères au triste vent.

Salvatore Quasimodo (1)
(Traduction de Giovanni Merloni)

Gabriel Garcia Marquez

Alle fronde dei salici

E come potevamo noi cantare
con il piede straniero sopra il cuore,
tra i morti abbandonati nelle piazze
sull’erba dura di ghiaccio, al lamento
d’agnello dei fanciulli, all’urlo nero
della madre che andava incontro al figlio
crocifisso sul palo del telegrafo.

Alle fronde dei salici, per voto,
anche le nostre cetre erano appese,
oscillavano lievi al triste vento.

Salvatore Quasimodo

Honfleur, dimanche 6 août 2017

Dans les vers ci-dessus Salvatore Quasimodo, l’un de plus grands poètes italiens du siècle dernier, prix Nobel de la Littérature en 1959, exprime d’une façon on ne pourrait plus évidente sa profonde angoisse devant les horreurs d’une guerre subie. Une angoisse empêchant tout à fait le Poète de chanter comme si de rien n’était !
Je vous ai partagé ces vers immortels pour exprimer mon état d’esprit actuel et pour vous communiquer aussi qu’à présent je n’ai plus le souffle ni l’insouciance nécessaires pour continuer mes récits de vacances…
G.M..