le portrait inconscient

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Hier, c’était la Malacappa, 1973 (Stella n.11)

06 mercredi Mar 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Stella

001_la malacappa 740

Hier, c’était la Malacappa

Hier, c’était la Malacappa [1]
l’hiver, la sueur dans la voiture
ton capuchon blanc
ma barbe gelée
les pas dans le cagibi
c’était flâner dans la ville
sûrs de ne rencontrer personne
c’était le soir au téléphone
ta voix lointaine
petite, comme toi.
003_malacappa 740Aujourd’hui, l’été se comble
d’un voisinage qui nous convient
du jeu d’amour comme d’un sursaut
de vêtements minuscules
de mots débordants
de sons sournois.
002_malacappa 3Hier, c’était une danse
de cheveux dans le vent
les yeux dans le dessin blanc
de l’horizon
un soupir de baisers embarrassés
timides, silencieux
en deçà et au-delà
d’un mur d’herbe brûlée
se mêlant aux restes
aux vomissements.

La joie porte sur elle
des pressentiments, des soucis
combien tu es sérieuse
combien je suis compliqué.

Aujourd’hui, tu es près de moi
lunatique exotique frénétique
orgueilleuse
pourtant nous évitons d’éclaircir
de nous sauver
accrochés aux colonnes d’albâtre
d’un labyrinthe fermé
de réflexions solitaires
de désirs cachés
d’insécurités déguisées

Hier, c’était Venise
plus libres, mais méfiants aussi
amoureux de la fuite
mais toujours prisonniers
diligents et fatigués
vivants et mous.

Hier, c’était l’envie
de longues disparitions extatiques,
mystérieuses, chanteuses, secrètes,
aujourd’hui, c’est la certitude
de nous être trouvés
de devoir déjà nous perdre
inéluctablement
dans une mer assez morale
peu profonde
dans de l’eau stagnante
aberrante, qu’on appelle
mari femme maison enfants famille.
004_malacappa 2 740Aujourd’hui, il est évident,
la faute ce n’est plus au jeu
à notre jeu à nous que nous avions inventé
si quelque chose s’est cassé
tandis que nous nous découvrions
moins étrangers qu’avant
tandis que nous nous serrions
comme deux frères longuement séparés
obligés de grandir ailleurs,
tandis que nous nous arrêtions
à cette bienveillance affectueuse
qu’à chaque baiser
me rappelait le départ proche du train
sans m’habituer ni m’adapter
à l’adieu.

Giovanni Merloni


[1] Localité en commune d’Argelato (Bologne) auprès des digues du fleuve Reno.

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

La déchirure, 1973 (Stella n. 10)

06 mercredi Mar 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Stella

la déchirure 740 antique

La déchirure

Je commis cet héroïsme d’abandonner Rome
ma constellation de prouesses
d’amitiés épuisantes
de projets souillés, mal collés.
À vingt-sept ans on peut être vieux
crevés, paresseux
sûrement aliénés ;
l’ascenseur dans un mur
de plus en plus étroit ;
la maison ce n’était pas un carillon
elle n’était pas non plus envahie par les lianes
et moi je n’étais pas Tarzan
tandis que les tableaux et les poésies
et les contes
devenaient des plumes brisées ;
le parti communiste me semblait
le courage digne et solidaire des funérailles
des camarades morts
la loquacité des fonctionnaires romains ;
c’était comme une nouvelle adolescence
d’appels téléphoniques continus
de journées interminables
ne saisissant pas le sens
des renonciations, des misères
des tragédies.

Le travail, cette chose si sérieuse
si importante
tu t’aperçois que si l’on veut voler
il faut être aimables
prêts à parler de tout
car l’habit, certes, l’habit
le physique du rôle…

Que c’est drôle que de vouloir
se garder cohérents
parmi tant de fils,
neveux, cousins, parents
de bourgeois, de maisons de tapis
et d’autres maisons
dans l’Italie des autoroutes
(et après le péage et les flèches
moins dix moins cinq kilomètres
Naples ; puis la bruyante
rocambolesque route d’Amalfi :
un beignet remplit ta bouche
une fausse charrette peinte
bourrée de pamplemousses
entraîne les escaliers
de la petite casbah
jusqu’à l’hôtel lugubre).

Que c’est difficile que repousser
l’assurance rieuse
des gens aisés
et rester là, hors-jeu
avec cette envie
de faire rayonner clarté et rage
apprenant, entre-temps
à les connaître à te connaître
ce qu’on veut que tu penses
ce qu’on veut que tu sois.

Et ces temps du lycée
le rythme répressif
des horaires des heures gâchées
de la page à la page
des exercices de pénibles paroles
comme j’étais doué pour la géographie
pour le français
et la tête m’éclatait
et la bitte-machin
se cabrait comme une grue non huilée
spectateur exclu et effaré
d’Alibech et du moine croît-en-main
fruste, rupestre, sale
envie de violence
de robes déchirées sur les cuisses
de femmes rouges
de fêtes sanglantes sous le rideau du lit.

foro romano migliore 740

De Rome je ne songe pas aux jardins
aux escaliers de Valle Giulia
aux pas circonspects
des camarades rivaux ;
sur un grand papier céleste
on voit dessiné-écrit un soliloque
(des créations inutiles
adressées à de petits hommes
essoufflés, déjà chauves).

Pour moi Rome est le milieu complexe
vieillot, les strates
le chemin de chez soi
le téléphone léché
les ruines modernes
les gravats noirs
les gouffres de ciel rouge
dans le plomb violet des immeubles
mort-nés, tragiques.
Rome est un labyrinthe, une mère
ce qu’il y avait avant de naître.
Les prés et les pins
qui étaient là avant moi.

Je commis cet héroïsme d’abandonner Rome
ma constellation de prouesses
d’amitiés épuisantes
de projets souillés, mal collés.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

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Je ne sais pas du tout, 1973 (Stella n. 8)

17 dimanche Fév 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Stella

non so proprio 740

Je ne sais pas du tout

Tout comme d’autres jours
qui s’enroulent dans le sable
la gueule basanée
les dents lumineuses
les cheveux collés
même aujourd’hui je ne bouge pas
et je me retourne, effrayé
comme dans la vomissure
étendu à même la terre
et la boue et les sillons
tracés par des roues claudicantes.
Même aujourd’hui
je connais la stupeur
face au silence dehors
face à la chaleur dedans
des paroles à la chaleur enflammée
des vers ou aussi des signes
maladroits, des invitations
à la complaisance
à la fameuse paix humaine.
Je me trouve encore plus seul
et courbé, plus beau et lucide
plus souffrant et mouillé
d’eau et de larmes.
Mon mal est la mort
celui d’être prisonnier
honnête, moral, travailleur
et d’avoir toujours envie de voler
de m’étendre à terre
riche d’un rien
celui d’être pensif et surexcité
fatigué et pourtant attentif
névrotique et pourtant somnolent
c’est la furie soudaine
de nouvelles choses
de nouvelles terres
de nouvelles femmes.
C’est mon intimité extravertie
ma souffrance
transformée en joie
ma peine guettée
et copiée sur une petite feuille
ou sculptée sur un ruban de mots.
Et je sais tant de choses
même belles
tant d’histoires et films inventés
et l’envie de nous asseoir
autour d’un disque
en silence comme les indiens.
Et je sais aussi tant de croix
de pas qu’on écoute
revenir en arrière
tant de cauchemars
qui sont nés là,
dans des terres révolues
parmi les maisons
au-delà du vent.
Ma ville m’emprisonne
pourtant les gens me regardent
sans me voir :
quelle chance cette solitude
au milieu des autres
je suis seul
parce que je ne sais pas voler
ni trahir ou m’éclipser
je ne sais pas être
un charlatan.
Je ne sais vendre
que mon ingénuité
ma fantaisie hors du temps
mon penchant pour une vie
de quatre sous
je n’ai que ça
ces énergies de vie
peut-être du passé
d’un passé provincial.
Je ne sais pas exister
ni avoir une gueule de personnage
Je ne sais pas non plus
être vraiment maladroit.
Je ne sais pas du tout.

Giovanni Merloni

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Quel est le sens, 1973 (Stella n. 7)

14 jeudi Fév 2013

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quel est le sens

Quel est le sens 

Quel est le sens
de ce non sens
qu’est une vie,
quel est le sens
de ce creusement
en profondeur
pour toujours
de sillons invisibles
entre les cailloux et le sable
juste là où la pluie crache
là où le vent s’enroule ?

Quel est le sens
le véritable sens
de nos étreintes
spasmodiques et romantiques
tout en nous parlant
de rêves de signes
de lumières de pas
de voix ?
Même ton regard
je l’avais inventé
dessiné sculpté
j’en étais tombé amoureux
ou alors je m’en étais épris
juste un peu.

Aujourd’hui
je suis un personnage
ou seulement sa voix
(une voix écho)
je ne suis qu’un pas dispersé
dérangé désuni
un pas fatigué.

Demain je suis neuf
comme un œuf
dénudé lavé habillé,
demain je me trouve
un sens, ou du moins un prétexte
pour traverser l’air
ébahi et insensé.
Demain je suis vieux
ou seulement pensif
ennuyeux gâteux en retrait
solitaire
bibliothécaire questionnaire.

Quel est le sens de ces mots
tous ces mots qui s’affolent
pour donner du sens
à des choses qui n’en ont pas ?
Quel sens ont-elles ces voix
toutes ces voix différentes
et ces bruits recroquevillés dans l’ouate
pour répondre au reflet
d’une seule voix, d’un seul bruit ?

Je ne suis pas nihiliste
au contraire, je m’engage
je partage
je m’unis en mariage
avec toi, puis toi
brune blonde claire noire
douce méchante
jolie froide
lointaine voisine
timide effrontée
brouillonne
organisée.
Toi aussi, tu n’as pas de sens
ou bien tu en as
évidemment
si je t’aime.
Et tôt ou tard
de cette absence de sens
jaillira bien le sens
de ce que je pense
sans aucun sens.

Giovanni Merloni

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Chère amie, 1973 (Stella n. 6)

06 mercredi Fév 2013

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chère amie

Chère amie

Chère amie
virgule
je voudrais commencer
et finir un discours
ni trop envahissant
ni évasif
virgule
parce que
virgule
je pense souvent à toi
ou plutôt toujours
point.
Et même si je sais
n’avoir pas été
à la hauteur
ni metteur en scène
ni comédien ou figurant
et même pas souffleur
virgule
sincèrement
et profondément
virgule
même si avec un sourire
un peu idiot
sur les lèvres
virgule
je t’ai aimée
point.
Mais l’amour est comme une tête
virgule
qu’il faut entretenir
sinon
ouvre une parenthèse
je me souviens mais
je n’aime pas les souvenirs
car les choses belles
font peut-être
plus mal que les mauvaises
ferme la parenthèse
sinon
disais-je
comme les fleurs d’un puzzle
ma tête déborde
comme de la vomissure
dans l’évier
ou se perd
comme un stylo Omas
qui sait où
point.
Et alors
point d’interrogation
je me demande
si déverser dehors
comme un cancer
mon angoisse
est utile
à quelqu’un
plus utile
qu’un silence définitif
et  sombre
sur ton image chérie
point.
Je me demande
virgule
passionné par ces heures
insupportables
virgule
qui m’autorise
la stupidité d’être sot
niais ridicule
un peu fou
point d’interrogation
car en vérité
je ne suis pas fou
mais amoureux
points de suspension.
Mais au final
c’est une affaire à moi
qui n’appartiendra jamais
à d’autres
point.
Voilà ma réponse
deux points
j’espère
qu’on m’accepte comme ça
comme un hôte hâtif
aussitôt oublié
ou alors comme une affreuse
histoire zodiacale
point.
Maintenant
virgule
épuisé
virgule
enchanté je t’admire
derrière cette feuille
mais sérieux
sérieusement
virgule
je te consacre ce que
dès aujourd’hui
je saurai faire
de mon mieux
point d’exclamation.

Giovanni Merloni

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