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Les pleurs côtoient la mort (1967)

I
Les pleurs arrosent les fleurs des morts.

La blessure envahissant ce corps blême
c’est le nid d’une mort qui s’affiche
blanche, encore plus que ce mur
de chaux.

Oh, combien de souvenirs
d’un passé partagé !
Et pourtant notre mémoire s’enfonce
dans des plages plus tristes,
plus obscures,
plus nettes
et profondes,
dans des vicissitudes
tout à fait étrangères.

Déjà ses souvenirs à lui
ne nous appartiennent plus.

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II
Les pleurs brisent le silence des morts.

Elle est proche, la mort
elle avance vers le lit,
de son pas lent
à coups de griffe
confondus dans l’herbe.

C’est à cause de l’amour
qu’il s’en va
cet homme silencieux.

Il nous dit par les yeux
qu’il va mourir seul
tandis que le sang
lui semble noir,
le ciel juste un nuage
et l’amour
(son amour prodigieux)
juste un reflet
flou.

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III
Les pleurs côtoient la mort.

Le dernier soir approche
au milieu de l’herbe
et des orties
de son pas scandé
presqu’imperceptible.

Il vient à notre rencontre
ce soir indicible,
fredonnant, juste pour nous,
des mots tellement beaux
qu’il nous faudra
les oublier.

Il rit comme une jeune fille
il nous embrasse
comme une femme mûre,
il nous emporte
comme un fantôme gentil
dans l’étreinte la plus forte
la plus douce.

Giovanni Merloni

1960-1965 ambra 1966-1971 nuvola 1972-1974 stella 1975-1976 ossidiana 1977-1991 luna 1992-2005 roma2006-2014 paris

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 11 juillet 2014

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