Merci, Élisabeth, d’avoir accepté de partager avec moi cette aventure des « vases communicants », ce vendredi 6 septembre 2013, merci d’avoir accueilli mon billet jumeau d’aujourd’hui dans ton blog, Cela a été un grand plaisir pour moi. D’abord parce que j’estime beaucoup ton travail de journaliste-poète dans ton Quatrain quotidien et j’apprécie vivement tes textes littéraires dont quelques-uns paraissent sur ton deuxième atelier ouvert, le BLOG O’TOBO. Ensuite pour le climat très amical qui a accompagné notre rencontre. Enfin pour le thème « d’après vacances » que nous avons essayé d’exploiter sous forme de récit rythmé (en vers dans ton cas), selon un esprit de réflexion et de joie de vivre aussi tout à fait partagé.
Mon billet d’aujourd’hui — titré « Aller-retour » — est publié donc sur BLOG O’TOBO  tandis que sur ce Portrait inconscient les lecteurs trouveront trois textes d’Élisabeth Chamontin : « Camargue», « J’ai vu » et « Ô mur ».
En quoi consiste le projet de « Vases Communicants », lancé par Le tiers livre (François Bon) et Scriptopolis (Jérôme Denis) ? Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. La liste complète des participants est établie justement grâce à Brigitte Célérier.

G.M.

Camargue

flamants

De pétrole un marais s’irise

Sous l’horizon voilé de gaze

Un bateau monte dans l’écluse

Deux flamants tirant sur le rose

Pied dans l’eau cultivent leur blues

Ce n’est pas comme ça qu’on bronze

La Camargue met mal à l’aise

soleil

J’AI VU

J’ai vu les sources de la Seine :

C’est un filet d’eau rikiki

Qu’on voit progresser à grand peine

Dans la direction de Paris.

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J’ai vu la nymphe de la Seine :

Elle écoute  le clapotis

Du bassin dont elle est la reine,

Et dans sa grotte se blottit.

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J’ai vu le premier pont de Seine :

C’est un pont  en pierres construit

D’une taille lilliputienne.

Mon Dieu mon Dieu qu’il est petit !

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Ô mur

Ô mur ! l’année à peine avait fini son cours,

Que je t’abandonnai pour partir en vadrouille.

Regarde ! je reviens, ayant bouclé mon tour,

Et ne suis pas bredouille.

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En Bourgogne les murs ont des cadrans solaires,

Des fresques colorées qui semblent des BD,

Des colombages qui les raient dans la lumière,

Ils sont comme fardés

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Sous le soleil j’ai vu comme Marseille est belle

Et comme sont brillants ses murs de diamant

Du Mucem j’ai vu l’ombre des murs de dentelle

Avec ravissement.

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J’ai vu se refléter dans les eaux de Martigues

Des murs au crépi rouge ou jaune ou même bleu

Car les murs de Provence en couleurs sont prodigues

Pas comme toi, morbleu !

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Le plus majestueux des murs, le Mont Aiguille

Écaillé comme toi culmine bien plus haut

Sa dent  inaccessible était une bastille

Toi tu n’es qu’un chicot.

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Tu m’attendais ainsi dans l’ombre parisienne

Pendant que je collectionnais les autres murs

Pourquoi donc aura-t-il fallu que je revienne ?

Oh que ce sera dur !

Élisabeth Chamontin