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Mes chers lecteurs,
Cela peut être amusant de frôler une  lettre sans la nommer, pourtant cet engagement solennel, cet hommage fort dévoué à George Perec peut se révéler assez lourd, surtout lorsqu’on entre en contact avec la seule voyelle restante, qu’on a pu garder à l’écart de la présente grâce à deux consonnes concurrentes, le y et le j…
Pourtant, en restant bloqué au-dedans de ces bornes on est empêchés de conjuguer les verbes et en même temps on a du mal à achever des phrases sensées.
Vous me pardonnerez alors, j’espère ! Car, devant les graves pertes ou les enjambements hasardeux que mon parcours tortueux ne peut pas cacher, ne trouvant en plus d’autres escamotages à vous proposer, je me résous à renoncer.
Ne pouvant même pas mettre mon nom et prénom au fond de ce texte juré, je vous avoue tout l’égarement de mon être et je vous demande humblement pardon.
Salut à la France, à l’Europe et au reste de la planète… on ne peut plus avancer sur cette route déformée et hantée de fantômes sans admettre et déclarer aux quatre bouts du monde qu’une lettre nous manque. Elle est une voyelle étrange, ressemblante à un pauvre homme en marche avec une ombrelle au-dessus de la tête. Une ombrelle ou, pour tout dire, une tête grande comme une puce suspendue dans l’atmosphère au-dessus de son corps.
Vous le voyez, mes chers lecteurs, le « i » éventant le drapeau blanc et vous saluant avec le bonjour ?
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Je ne suis pas un éditeur. Je ne suis pas non plus le patron d’un magazine excessivement suivi. Je pourrais donc me passer de trop expliquer mes propos ou mes changements de rythme dans la publication de mes textes.
Pourtant je ressent une sorte de responsabilité qui devient de plus en plus grave au fur et à mesure que j’avance dans mon alphabet renversé, espèce de cheval fou qui rebondit joyeusement dans mon crâne, refusant de m’amener sain et sauf jusqu’à la fin.  Pour amadouer mon alphabet sauvage et passionné de la digression oisive j’ai essayé, comme vous avez peut-être remarqué, de me montrer plus fou et moins fiable que mon cheval même…
Lorsque sur le museau de mon dada paré à fête s’est affiché le panache de la lettre « i », j’ai dû feindre d’être calme et patient et je lui ai promis, cette fois, de marquer le coup. Donc, on profitera de la semaine qui va s’écouler pour donner à César ce qui lui touche.

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D’ailleurs la I n’est pas que l’initiale de l’Italie. Il y a Irma la douce, qui voltige encore parmi les toits des Halles. Il y a bien sûr Ivan le terrible de Eisenstein et l’Idiot de Dostojevski, avec Italo Svevo, Italo Calvino, Eugène Ionesco et l’Immortel dont nous parle Louis Borges, avec lequel nous essayons toujours de parler.
J’ai fait donc une sévère profession de patience. Ce que je demande aussi à vous, mes chers lecteurs.

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Et pourtant ce I blanc d’aujourd’hui, suggestif et prodigue, ne va pas disparaître sans vous promettre un I rouge pour le prochain mardi 17 septembre et un I vert pour vendredi 20 septembre…

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 15 septembre 2013

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