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On ne peut pas se faire des illusions, imaginant qu’un siège précaire et tout à fait incommode comme mon Strapontin peut me transporter en voyage de noces avec la Mémoire pour réaliser, sous le regard bienveillant du Progrès et de la Fantaisie, une mosaïque complète, sinon une fresque, de ce passé riche et lumineux et pourtant plein de trous et de gouffres inquiétants.
Donc, je serai obligé, de temps en temps, de descendre du Strapontin et d’explorer tout seul les endroits les plus inaccessibles.
En général, dans une époque où les ruptures sont plus fréquentes que les fusions heureuses, je devrai franchement m’adresser à mes lecteurs pour leur avouer que j’ai parfois dû profiter de quelques escamotages pour avancer dans ma recherche ou, si l’on veut, dans ma fuite. Cela toutes les fois qu’une telle nécessité s’affichera sur l’écran de la gare…

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Naples, 1912, la famille de mes grands-parents maternels Agata et Alfredo avec la fille aînée, Maria

Je profiterai donc par la suite de toutes sortes de strapontins, à partir de le triste plateforme de fer qu’on voit accroché à la main courante de certains escaliers pour aider les cardiaques à monter chez eux jusqu’au siège de la carrosse à porteurs utilisée dans le XVIIIe comme si de rien n’était pour des déplacements brefs où l’unique moteur c’étaient des bras humains, costauds ou bien affaiblis par l’âge.
Disons que mon strapontin assume à chaque fois une apparence ainsi qu’une consistance très réelle.
D’ailleurs, je ne peux pas me passer de l’utilisation, dans des cas exceptionnels, de strapontins figurés. Par exemple, certaines phrases sorties de façon providentielle de la bouche de gens qui me sont chers, ou alors certains récits, fidèles ou transfigurés, que j’avais écrit moi même dans le temps réel où les faits de la vie se sont effectivement déroulés.

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Ma grand mère Agata, encore célibataire, en vacances à Giulianova (Teramo, Italie)

En 2006, juste avant de déménager de Rome à Paris, j’avais publié un « roman en vers », un testament immoral tout à fait particulier, dont j’ai récemment extrait — et traduit pour ce blog en langue française — quelques passages concernant les récurrents voyages à Venise de mon personnage, Alfredo B..
Puisque la vie de joie et chagrins de celui-ci semble parfois parcourir certains lieux et souvenirs qui sont aussi les miens, j’ai décidé, après réflexion, de vous en offrir la lecture, en parallèle et presque en contemporain avec les étapes tout à fait imprévisibles du strapontin.

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Aujourd’hui, tout de suite après le Strapontin, vous trouverez, en publication séparée, le premier chapitre du voyage d’Alfredo B., ayant curieusement le même prénom que mon grand-père maternel, celui qui disait parfois : « ne me parle pas… dans la main ! »
Je ne comprenais pas cette expression, apparemment dépourvue de toute logique. Avec le temps, j’ai compris que finalement la main, pour mon grand-père, comme pour moi d’ailleurs, représentait l’action. La main est d’ailleurs la partie du corps humain où se concentre au plus haut degré la réflexion indispensable pour que l’action soit valide et adaptée à la nécessité du moment.

« Ne me parle pas… dans la main ! » aurais-je pu dire à mon ami Alfredo B.. Cependant, comme vous verrez, même si de façon très différente vis-à-vis du Strapontin, ce Napolitain atypique est en train de dire des choses qui peuvent convenir à la double lecture — et vision — d’un monde qui ressuscite et salue depuis la fenêtre en course, avant de disparaître à nouveau.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 9 janvier 2014

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