le portrait inconscient

~ portraits de gens et paysages du monde

le portrait inconscient

Archives Mensuelles: décembre 2014

Comme une bombe à retardement (#vasescommunicants décembre 2014)

05 vendredi Déc 2014

Posted by biscarrosse2012 in les échanges

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vases communicants

Aujourd’hui, dans l’esprit et dans le style des vases communicants, j’ai le plaisir de publier une nouvelle fois sur le portrait inconscient un texte de Dominique Hasselmann, tandis qu’il accueille le mien sur son blog Métronomiques. 
Le tiers livre et Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de « vases communicants » : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement. Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.
La liste des participants est établie par Angèle Casanova, à laquelle Brigitte Célérier a désormais passé le flambeau (voir sa précieuse anthologie).

________________

Ta bouche est un losange style « Libération »

elle n’est ni de papier ni numérique

je la goûte et la chiffonne

je lis sur tes lèvres purpurines des mystères à la page

tandis que tes yeux m’interrogent

avec leurs sourcils et soucis parallèles

les murs verts scandent l’unisson de leur rayon

une sorte de corne d’abondance t’entoure le visage

un joueur trimégiste t’aura sans doute fait un cadeau

en mon absence car je voyage beaucoup

des figures géométriques pointent vers tes seins

il suffirait de suivre la flèche

l’architecture se marie avec la peinture

le cubisme est triangulé tel le GPS des beaux-arts

le pinceau se règle comme une bombe à retardement

l’idée devient matière sauf qu’il est interdit de toucher

les pâtes (italiennes) se dégustent moderato cantabile

l’ail de tes dents appelle un nouveau coup de langue

mais ton créateur m’a dérobé de manière sadique

la suite de ton corps céleste et inaccessible

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Giovanni Merloni, Une Jeanne M. italienne, 2008

Texte : Dominique Hasselmann

Tableau : Giovanni Merloni

 

Cette petite joie fuyante (Zazie n. 17)

04 jeudi Déc 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

≈ 2 Commentaires

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Zazie

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Giovanni Merloni, La poupée, décembre 2014

Cette petite joie fuyante

Je m’évertue
(puisqu’il n’y a pas d’issue)
à capturer les souvenirs du monde
de ce monde inconnu
dont je peux juste attraper des rayons invisibles
de klaxons inaudibles
hors du mur d’une prison
horrible.

J’aime bien amalgamer
ces images disproportionnées
de personnes saines ou malades
ou mortes
au-delà de ma porte.
C’est bien sûr mon pari,
c’est la fresque d’une vie
qui pourtant s’évanouit
au milieu de mon lit.

Il me faut pour cela
une fatigue immense.
Juste un mot chaque jour
du calendrier
juste une tache sur ce mur
meurtrier.

J’aime bien imaginer
(quand je me raccourcis)
de minuscules abris,
de cabanes sans-souci,
de soupentes secrètes
(interdites aux geôliers),
au milieu de ce bruit
que fait l’olivier
emporté par la nuit.

J’aime enfin me leurrer
à l’idée d’une fenêtre
d’où la lumière pénètre
juste une fois,
au couchant d’une journée.
Avant de m’endormir,
j’observerais peut-être
au-delà de la nuit barrée,
un manège de gens
se dévisageant, se hurlant
réciproquement,
au milieu d’un vacarme accablant, retentissant.

Ce ne sera qu’une fois
qu’une semblable merveille
se produira,
par enchantement.
Ce sera d’un dimanche, l’on verra ma chemise blanche,
ma cravate de vent
mon élégant costume
gris. Mon histoire
ressuscitera, sans amertume,
allègre, en sautillant.
Oui, l’histoire d’avant,
elle revivra sans pudeur
comme une ombre étrangère
et pourtant légère
constellée du bonheur
que je brûlais naguère
avant que j’entre, rêveur,
dans ce cachot
horrible.

Ça ne durera qu’un coup
de toux, le temps
d’un crachement
contre ce mur qui ment :
juste les derniers gestes
d’une folie et d’un drame
qui avaient ravi mon âme.

Il suffira d’un soubresaut
de cet arbre lointain
que je grimpais en vain,
juste le temps d’une rafraîchie,
d’une tempête de vie.
Soudain, ta bouche amoureuse
me dira : « je te comprends,
ce n’est pas à toi
la faute de tout ça. »

Quand on est désormais
bien au-delà d’une renonciation
et qu’on est en prison,
j’ai, tu vois, tout le temps
pour comprendre
ce qui était bien facile
à comprendre : voilà,
je ne me suis pas précipité
tout de suite
à ta poursuite ;
voilà, je n’ai pas lutté
contre la violence du monde.

Pourquoi ne t’ai-je pas volée
(négligeant mes scrupules) ?
Pourquoi n’ai-je pas attrapé
(mettant de côté
mes sentiments de culpabilité)
cette petite joie fuyante
s’éloignant doucement
au-delà de ce mur
horrible ?

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

Tu es près de moi (Zazie n. 16)

02 mardi Déc 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

≈ 3 Commentaires

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Zazie

Mes chers lecteurs,
Je monte, aujourd’hui, à califourchon d’une nouvelle chimère. Est-il possible de raconter le présent ? Est-il correct de le faire, quand on sait bien qu’il n’y a rien de plus mensonger que le présent ? Oui, les questions sont nombreuses. Et pourtant, je me suis dit que ma vie tant bien que mal conduite ou subie m’autorise à le faire.
Je suis libre. Libre de vivre et de revivre, tantôt en vers tantôt en prose.
Au nom de ce « présent » toujours inconnu — que j’aime pourtant comme une belle femme en retrait se promenant dans une allée discrète —, j’entame aujourd’hui une nouvelle aventure avec vous !

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Giovanni Merloni, À présent, décembre 2014

Tu es près de moi

Un son de téléphone,
puis, des mots bien prévus :
mes sorties audacieuses
en rase campagne
tes silences courus.

Si j’insiste, accablant,
par mes vaines tentatives
à te prendre au filet,
tu te tais, maladive.

Si c’est toi qui me parles
ou plutôt tu m’évalues
encombrant,
je désire m’effondrer
comme un vieil éléphant
accablé.

Et pourtant tu es près de moi.

Je n’oublie pas ta bouche
engloutie dans le fil,
ni ta voix cadencée :
« Parle alors ! Je t’écoute »
« Non, pas de toi… ni de moi ! »
« Ça suffit, je n’ai plus envie
de parler ».

Tu es près de moi
une grande ou petite
île flamboyante
flottante, légère
dans mes baisers
que tu juges modestes
dans mes gestes
sans métier.

Je le sais,
si tu partais triste,
sombre, désemparée,
tu rentrerais riante
dans cette piste.

Même si tu t’éloignes de moi
tu es près de moi.

Regarde, il n’y a
même plus une miette
d’orgueil, ici-bas. Au lieu
de te tuer dans mon cœur,
au lieu de te tromper,
je te poursuis.

Regarde, tu es ici, sculptée
au milieu de mon front,
à l’unique endroit
où la lumière arrive.

Tu es près de moi.

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Paolo Merloni, Le chômeur, céramique, 1998

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

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