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Rome, photo de Giorgio Muratore, da Archiwatch

« Marchez, mes braves soldats » (Vers un atelier de réécriture poétique n. 16)

152_« Marchez, mes braves soldats ! » (Avant l’amour n. 16)

Cher Giovanni,
C’est un exercice bien compliqué que tu m’as demandé !
Car chacun, évidement, écrit avec ce qu’il est ;
et qui suis-je, pour pouvoir dire qu’un texte devrait être autre que ce qu’il est ?
Première chose, à mon humble avis : ton texte est très bon. Tu peux le présenter sans rougir.
J’ai décidé de le lire, puis de le relire, comme si il s’agissait de l’un de mes textes : aurais-je gardé exactement le même rythme ? Exactement les mêmes vers ?
Je t’envoie en pièce jointe ton texte, avec ce que j’aurais changé (écrit en gras) si ça avait été le mien.
Il est question de détails, de propositions.
Je te le redis : tel que tu me l’as envoyé, je le trouve bon.
N’hésite pas à en discuter, à me dire ce que tu en penses.
Cher François
Merci du cœur ! Tes mots clairs et sincères me font vraiment plaisir. Mercredi je publierai cette poésie. Plus tard je regarderai attentivement tes propositions. L’unique chose qu’il me semble difficile à résoudre, c’est dans le passage : « d’idéaux fossoyeur ».
Je me demande si l’on peut dire « fossoyeur d’idéaux », pour désigner quelqu’un qui ensevelit les idéaux sans aucun scrupule…
Par conséquent, je me demande si l’on peut dire, poétiquement, « d’idéaux fossoyeur »…
Sinon je trouverai une autre solution.
Merci de ton aide vraiment amical !
…demain je publierai cette poésie.
Comme tu peux le voir, j’ai retenu quelques-uns de tes conseils et suggestions.
Merci pour les « sirènes » !
Cher Giovanni,
Je suis très heureux d’avoir pu t’apporter un regard extérieur sur ton texte.
(Et, oui, « fossoyeur d’idéaux » est une image poétique à la fois forte et très compréhensible !)
J’attends avec impatience la publication…
Je n’ai pas encore rencontré François Bonneau, ni à Paris ni à Poitiers, où il vit. Cependant, je l’ai eu une fois au téléphone et je crois avoir pu deviner un jour sa physionomie grâce à une photo qu’un miroir déformé avait drôlement transformée… Cela arriva lors de notre deuxième « vase communicant » (sur un total de trois), consacré à une histoire farfelue que chacun de nous avait proposée à partir des images que nous nous étions adressées réciproquement. Nous avons ensuite réalisé un « vase » plus poétique. En cette dernière occasion, nous nous imposâmes des contraintes plus strictes que dans le passé. Je ne sais pas si nos échanges ont été appréciés par les lecteurs. Ce qui est sûr et certain, je me suis toujours amusé dans ces échanges tout à fait anticonformistes avec François. Au-delà de l’estime pour son travail littéraire, dont je perçois quelques bribes significatives et poignantes à travers son blog « irrégulier », je ressens une incroyable affinité avec François pour ce qui concerne le rôle primordial que nous attribuons, tous les deux, à une vision décalée, voire ironique, de « l’action littéraire ». Oui, j’ai parlé d’action, de communication, de littérature qui s’ouvre de plus en plus à la société, le sourire sur les lèvres. À condition qu’il s’agisse d’une société libre, humaine, créative, républicaine… sans dictateurs ou fossoyeurs d’idéaux comme le « méchant » du poème-cauchemar d’aujourd’hui.
Merci à François Bonneau, qui a participé avec un esprit vraiment amical et solidaire au travail de révision de ce texte.

Giovanni Merloni