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001_rhapsodie 180

Banlieue, rhapsodie triste
Ça fait longtemps
qu’il pleut
sur la ville endormie.

Au milieu de la nuit,
le temps d’un instant
le feu rouge paralyse
les pare-brises embués
des voitures en fuite.

Le temps d’un éclair,
un moineau tombe mort
sur une flaque.

Là haut, dans le ciel impérieux,
la tonnerre résonne.

Au milieu de la rue,
elle a le regard fixe,
éteint, malheureux
cette femme qui passe
sombre et nue.

002_rhapsodie 180

Rien que des silences obstinés
Un quartier, toujours le même
une vie sans histoire
une mort qui ne brise pas la monotonie.

Rien que des silences obstinés,
avec la saveur de petites joies volées
avec l’odeur du chagrin.

Une vie dans le ciment gris
une mort comblée de fausses larmes.

Rien que des silences obstinés.

003_rhapsodie 180

Maisons
Maisons.
Des escaliers jusqu’au toit
où la tête se cogne.

Du marbre
du linge accroché
des amours
même là-haut,
dans les soupentes,
où d’entières familles
camouflent avec entrain
leur destin inhumain.

Des maisons empilées
pour des courses affolées
d’en haut de la mansarde
jusqu’en bas de l’escalier.

Un enfant vient de naître
à même le palier
tandis qu’un chat d’égout
s’éclipse sans funérailles.

On meurt, on renaît à chaque coin
enfermés sans aucun soin
par les cloisons étanches
de maisons grises et blanches.

004_rhapsodie 180

Gouttes, perles froides, grêlons
Gouttes, perles froides, grêlons
sur les canaux agités
sur les toits noirs et gris
que l’hiver déshabille.

Les gens traversent, affolés
la rue sombre, inondée.

Même la pluie s’étonne
me voyant seul, nu-pieds
dans l’attente d’une fée.

Giovanni Merloni

Merci à Nicole Peter, qui a suivi avec humour et équilibre mon travail de révision de ce texte.

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