le portrait inconscient

~ portraits de gens et paysages du monde

le portrait inconscient

Archives de Catégorie: impressions et récits

Passent la mort et la nuit, sa sœur jumelle

22 mardi Avr 2014

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits, mes poèmes

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Tes cils clairs font des tours d’une absurde lenteur, sans pouvoir s’élancer dans un geste imprudent. (Il est tard sur les bancs et dans les terrasses.) Et j’observe les contours à tes cheveux de velours, voltigeant sans caresse, telles des ombres, au-dessus de tes dents souriantes, de ta bouche haletante.
(Sur les murs, des signes indéchiffrables, ainsi qu’au long des ombres se hissant vers les toits ; derrière les vitres, si t’arrêtes, tu découvres la lenteur de nos pas ; tu devines une à une les lumières scintillantes par le sang des blessures, ces lumières assombries par la peine ; te souviens du chagrin éparpillé et bizarre touche-à-tout, qui peut-être n’en voulait de personne.)
Le regard sur le trottoir, tu te mêles au bleu du soir, gigantesque miroir pour les yeux gris de cendre de la lune. Il est trop tard sur les clochers, sur le pavé, sur les toits des baraques. Les yeux de la mort s’accoudent, invincibles (d’ailleurs, la guerre est voisine, elle se mêle aux passants.) Une grimace enveloppe les petites ombres. Des chiens hululant en troupeau font la ronde. Tu es là, blonde, ondoyant dans les bras de mon pâle souvenir. (Devant les murs et les vitrines, devant nous, raids vifs regardants, passe la mort comme en rêve, en nous caressant les paumes en soufflant légèrement sur nos fronts détendus.)
Je crois qu’on se quittera ici, au milieu de cette poussière, de cette fumée… Adieu, je sais déjà que c’est cela que je dirai… aucun mot sur mes états, sur cette exaspération me donnant l’envie d’en finir…
J’y ai beaucoup réfléchi, tu comprends ? comme d’autres fois, par cette phrase je réussirai à atteindre ma nausée. Et je gâcherai nos souvenirs, je le sais.
Mais toi, tu ne me manqueras pas. Je te garde à jamais, au fond de l’âme, même si tu t’éloignes de moi tout au long de la vie. Tes cils clairs feront alors des tours et des détours d’une absurde lenteur sans pouvoir s’élancer (même en cas de guerre) dans un geste imprudent.
(Passent à présent la mort et la nuit, sa sœur jumelle, tout en dispersant les cendres et la fumée.)

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 22 avril 2014

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Un étrange jugement (dernier)

27 vendredi Déc 2013

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits, mes poèmes

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Giovanni Merloni, 2013

Je bâtirai un palais tout en or, dit la Bonté. J’y installerai mille chaises de la même taille et mille personnes pour qu’elles s’aiment éperdument. Une fois par jour, l’on organisera de grandes fêtes en honneur de Moi.
Je creuserai un antre au-dessous de la terre, dit la Méchanceté. Au bout, dans la strate la plus profonde, je placerai, ensemble, une vierge et un impuissant. Partout, il n’y aura que des rochers à grignoter.Personne n’aura envie de pleurer ni de protester non plus. D’ailleurs, les hommes et les femmes n’auront jamais le droit de s’aimer nulle part, chez Moi. Enfin, vous verrez, tout le monde s’en passera de la Bonté.
Je creuserai mille antres au-dessous du dessous de la terre, qu’un ange et un diable garderont diligemment, dit Dieu. Chacun devra se battre la poitrine, tout en vaguant parmi les sourires et les révérences, sans jamais ne rien comprendre, sans jamais ne rien savoir. Enfin, pour que chacun s’en souvienne, lorsqu’il Me fait trop de mal ou trop de bien, je lierai ensemble la Bonté et la Méchanceté avec une lourde chaîne. À personne, je ne dirai où chercher une méchanceté sans bonté, une bonté sans méchanceté. Ainsi tout le monde comprendra où est le commencement, où est la fin, où est le plein, où est le vide. Et finalement (avec tout le respect possible),
ils cesseront de chercher Moi-même.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 25 décembre 2013

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Pour ne pas penser ni à la mort ni à toi.

26 jeudi Déc 2013

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits, mes poèmes

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J’ai vu la mer se briser contre des écueils artificiels, avant de flanquer des murs d’eau contre le ciel. J’ai entendu l’odeur des poissons, j’ai vu des filets et des barques à l’aube, vides de pêcheurs. J’ai marché, dissipant des heures et des heures inutiles, pour ne pas penser ni à la mort ni à toi.

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Avec ma sœur Barbara, 1959

Tout près, une branche nue se détache, avec son nid d’oiseaux misérables. Tout près, la charmille s’offre au regard, verte de vie. Tout près, je traîne silencieux, enthousiaste. Mais ni elle ni d’autres ne me cherchent pas. Au loin, le monde est tout près de l’Histoire.

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Avec ma sœur Barbara, 1959

Sur le bord du fossé je m’efforçais vers la paix de feuilles sèches, flottantes vers cette joie faite de presque rien. Glace fondu qui tremble dès qu’un caillou l’effleure. Glace fondu du fossé, miroir de ma tristesse.

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Mes parents, 1959

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 26 décembre 2013

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Une vie inconnue

25 mercredi Déc 2013

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits, mes poèmes

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Le bruit doux de la pluie s’effondre tristement dans la nuit froide. À travers les vitres embuées ma vie se révèle : je découvre dans l’insistance de l’eau qui coule le danger du monde, dans la faible défense du verre ondulé je m’attends à sa tromperie.
Je ne crois pas au péché. Les gens croient de pécher et de s’en délivrer pourtant, tout en demeurant ignorants de ce que cela veut dire. Je ne crois pas à la tromperie parce que — hélas ! — très souvent, même qui trahit sa compagnie agit pourtant sans le savoir vraiment. Je ne crois pas à la mort injuste parce que l’homme l’attend.
(Je sais d’ailleurs — hélas ! — combien d’assassins, de voleurs, d’escrocs trouvent leur soutien assez facilement.)
(Cela me révolte, m’anéantit, car je ne peux pas accepter comme si m’était égal tout pouvoir de faire du mal qui s’installe impunément.)
Je ne crois pas ni n’espère. Je ne fais qu’exister. Dans ce monde vide, sans bout ni but, je vis à jamais une vie inconnue.

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Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 25 décembre 2013

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Un quartier, toujours le même

24 mardi Déc 2013

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits, mes poèmes

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Il pleut depuis longtemps sur la ville endormie. Un feu rouge arrête les voitures silencieuses dans la nuit
(un moineau tombe mort dans une flaque). Il tonne, dans le ciel impérieux. Passe dans la rue une femme au regard éteint.

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Un quartier, toujours le même, une vie sans histoire, une mort qui ne brise pas la monotonie. Rien que des silences obstinés, toujours le même train train, les mêmes joies immédiates, le même chagrin, une vie dans le ciment gris, une mort parmi des fausses larmes. Rien que des silences obstinés.

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Des maisons. d’escaliers et d’escaliers jusqu’au toit, où la tête se cogne. Du marbre, du linge accroché, des amours, même là-haut, dans les sous-pentes, où d’entières familles camouflent en vain leur destin inhumain.
Des maisons empilées et des courses affolées en bas de l’escalier jusqu’au bout des caves. Un enfant vient de naître à même le palier, tandis qu’un chat d’égout meurt sans funérailles. Le monde meurt et renaît a chaque coin dans des maisons en gris et blanc.

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Gouttes, gouttes froides, grêlons sur les canaux agités, sur les toits de plus en plus gris que l’hiver déshabille. Les gens traversent à la hâte la rue sombre, inondée. Même la pluie s’étonne me voyant, muet, piéton dans l’attente d’une fée.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 24 décembre 2013

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Il s’est plié dans la mort indolore, riant

23 lundi Déc 2013

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits, mes poèmes

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Il gît à même l’herbe, écrasé, encore riant. Pourtant, il ne rigole pas de la mort. Il sourit au ciel, aux étoiles qu’il ne possède plus. Ses cheveux lui caressent les dents. Il a eu juste le temps d’écouter les ritournelles du soir, les dernières fusillades.
Il s’est plié dans la mort indolore, riant. Maintenant, il ne raconte rien de la mort. Sur ses yeux la nuit a déposé la poussière et le vent, dans un tourbillon de feuilles mortes. Regardez comme il dort dans son lit d’herbe et de boue ! Suivez-le, tandis qu’il roule (lente avalanche sombre) vers le fond de la vallée et qu’il glisse, tout en dormant, les yeux écarquillés comme s’il fixait une maison, une fenêtre, une porte fermée. Voyez qu’il se penche encore, même dans son oubli
immobile. Regardez, sur ses lèvres la rosée traîne, ne faisant qu’un avec son dernier baiser et la saveur du dernier bout de pain ! Il a dans la bouche de lourdes balles, de longs fusils et ce vent de poussière qui l’effondre. Il n’y a que de la mort dans sa bouche.
Cesse de regarder, ô soldat, ces maisons, ces hommes, ces amas de choses inutiles, survivant autour de toi ! Oublie de regarder cette terre qu’on te jette dessus ! Ne juge pas ces êtres maigres priant sur ta pierre, ni cette guerre t’arrachant sans un mot. Il n’y a que de la vie dans ta mort.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 23 décembre 2013

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Rome au pas de la porte

24 dimanche Nov 2013

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits, mes poèmes

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Giovanni Merloni, Les chapeaux, gouache 1988

Je l’ai revue au couchant, rose, paresseuse, une grande statue, lumineuse dans le profil, une grande dame plantureuse, lourde, démesurée, infinie. Elle est longue des kilomètres d’hommes, de toits, de haillons, de monuments de marbre. Elle est solennelle, comme un essaim d’hirondelles noires voltigeant parmi des colonnes
blanches. Elle est sèche comme une feuille d’automne se dissolvant dans un vaste miroir gris, avant de s’allonger, immense dans la traînée jaune du fleuve. Je l’ai rencontrée, débonnaire, brune, les cheveux sur la poitrine, elle riait, essoufflée, chagrine comme une femme contrariée attendant son mari sur le pas de la porte. Je lui ai dit bonjour à chaque impasse, à chaque place, à chaque rambarde, comme un amant saluerait une belle bouche régulière, des longs cheveux noirs de jais, un sourire, un visage rose. Je l’ai traversée de nouveau : elle était détendue, ensanglantée, en train de mourir sous mes yeux. Il faisait bleu, les étoiles
jaillissaient partout. Rome était là, ou alors c’était toi qui m’attendais riante au pas de la porte, chagrine, contrariée, débonnaire, immense, prête à voltiger dans le fond de la nuit.

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Giovanni Merloni

(cliquez sur les images pour les agrandir)

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 24 novembre 2013

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Un fort Bastiani parmi les toits de La Haye

20 mardi Août 2013

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits, les échanges

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Étiquettes

Jan Doets

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Depuis la terrasse de Jan Doets, en plein centre de La Haye, j’ai vu des ballons voltiger parmi les sombres clochers en brique. C’était au couchant de la mi-août et les deux ballons-montgolfières auraient bien pu arriver de la France, cette patrie littéraire qui avait comblé nos étranges discours de passionnés incertains. Alors, j’ai formulé l’hypothèse selon laquelle Dominique H. était accroché au ballon qui occupait le quartier du ciel plus en haut, devenu pâle et transparent, tandis que le deuxième ballon, aussi agréable que l’autre mais plus hésitant — apparemment dégonflé et prêt à tomber parmi les toits — cachait, cela venait par conséquent, l’élégante silhouette de Brigitte C..

Mais, personne n’a frappé à la porte. Pour le moment, juste un lien virtuel s’était transformé en connaissance réelle, avec l’avantage, pour moi, non seulement de découvrir le « village » de La Haye et ses alentours ordonnés et insouciants, mais aussi, surtout, de connaître un personnage tout à fait hors du commun.

002_jan 2 part BN Voilà deux photos que j’ai prises de Jan Doets sans qu’il s’en aperçût. 003_jan tre quarti NB

Elles sont déjà expressives de la personnalité pleine d’énergie de ce vieux loup de mer dont l’air joyeux et discret semble inversement proportionnel à une vie que j’imagine intense et parfois difficile. Ce qui m’étonne le plus est son choix opiniâtre de vivre « en français » dans un monde, la Hollande d’aujourd’hui, qui ne reconnaît plus cette langue comme indispensable pour les échanges culturels et humains.

Cet homme qui a lu tous les livres de Camus et nous a raconté, dans son blog, l’histoire de la Russe Moussia, « Française de goût », se considère un cosaque de frontière, le Giovanni Drogo du Désert des Tartares de Dino Buzzati se trouvant relégué dans une forteresse très éloignée et sombre, isolée du reste du monde : « Quelle triste erreur, pensa Drogo, peut-être en est-il ainsi de tout, nous nous croyons entourés de créatures semblables à nous et, au lieu de cela, il n’y a que gel, pierres qui parlent une langue étrangère ; on est sur le point de saluer un ami, mais le bras retombe inerte, le sourire s’éteint, parce que l’on s’aperçoit que l’on est complètement seul. » (Dino Buzzati, Le Désert des Tartares, chapitre 10, Robert Laffont, 1949)

Pourtant cet homme plein d’enthousiasme et d’ironie ne se contente pas de la seule consolation des livres… Il lance des signaux de fumée auxquels j’ai eu la chance de répondre en premier et d’autres aussi y répondront bien sûr, s’accrochant à des ballons-montgolfières ou à des trains à grande vitesse.

Les Pays-Bas ne sont pas vraiment si éloignés que l’on peut imaginer. Mais les distances physiques sont toujours réelles. Et, si j’y pense, si je me vois assis ou pour mieux dire verrouillé à mon fauteuil au milieu du quartier parisien des deux gares, si je me souviens de l’interminable hiver dernier, qui ne devenait jamais printemps, je crois que Jan Doets a raison lorsqu’il dit que je suis, moi aussi, un des cosaques des frontières dont il veut causer dans son nouveau blog…

Giovanni Merloni écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 20 août 2013 CE BLOG EST SOUS LICENCE CREATIVE COMMONS Licence Creative Commons Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transposé.

L’installation II/II

03 lundi Juin 2013

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits

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Giovanni Merloni, Portrait de famille, huile sur toile 81 x 65, 2010

Pierre, Jacques, Tati et Tatiana

J’avais beaucoup de choses à dire, même trop, sur le thème de l’installation et tout ce que ce redoutable mot entraîne. Devant la montagne de souvenirs et d’anecdotes, en plus de réflexions profondes et intimes, j’avais fait une espèce de collage que la présence de JJR rendait précieuse et élevée.
Mais, d’un côté c’était trop long, de l’autre… Ce matin, le fait que Dominique Hasselmann dans son ‪Bottom_Sprayer ait cité Jean Doets pour son billet efficace et réussi, a suffi pour déclencher une opportune réflexion.

Personne me garantit, me suis-je dit d’abord, qu’en écrivant sans le souci de se lasser de la beauté des mots, je serai plus sincère. Et j’avais toujours cru, solidement aussi, qu’il faut toujours se donner le temps, qu’il ne faut pas se laisser impressionner par tous ceux qui voudraient nous ralentir ou nous distraire. « Ne parlez pas au conducteur » y avait-t-il écrit dans les bus. « Ne me parle pas dans la main », disait mon grand-père maternel, Alfredo. Il donnait une extrême importance à la main, c’est-à-dire à toute action nécessaire qu’on ait entamée, dont il ne fallait pas se détourner.
Mais, parfois ce sont justement les beaux ou merveilleux exemples qui nous détournent. En particulier, si vraiment j’ai souffert quelque part dans ma vie, si jamais mon déplacement de Rome à Paris peut être regardé comme une sous-espèce d’exil, il n’est pas possible que le sentiment de détresse et d’incompréhension, que j’ai parfois éprouvé vis-à-vis de quelques-uns de mes compatriotes indifférents ou hostiles, soit aucunement comparable à ce que JJR a vécu et souffert.
Donc, grâce aux mots simples et tout à fait partageables de l’éditeur Bernard de Fallois (« La première qualité d’un romancier est de savoir captiver le public. C’est un don rare… le style doit s’effacer derrière l’histoire… dans le roman, le style n’est pas une fin en soi. Ce qu’il faut c’est être vivant. Par le style bien entendu. Mais pas ce qu’on entend par là en général, pas par le côté “bien écrit”) que Jan Doets citait et Dominique Hasselmann aussi considérait comme intéressants, j’ai plongé dans un gouffre où les mots précieux dont j’avais farci mon billet presque achevé retentissaient comme autant de serpents assassins s’élançant l’un contre l’autre.

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J’avais tout de suite après décidé de renoncer à écrire à mes lecteurs : Voyez, il se peut quelques fois que le deuxième volet se soit refermé avant de s’ouvrir !
D’ailleurs, le temps va tellement vite. Une cascade, une avalanche, je suis au fond de l’abîme. Tout abîmé. Et je ne me souviens plus de rien. Je ne serais pas capable de m’en sortir, ni n’aurais non plus la patience de remettre les briques l’une sur l’autre pour en faire un joli mur sincère et sans le moindre souci de préciosité verbale.

Je regardais alors ces initiales même trop connues, JJR, même si elles sont moins connues, aujourd’hui que celles de DSK, par exemple. Je me suis dit que je pouvais les garder pour une revanche personnelle…
Je Jette Rien… Non. Cela ne va pas, il faudrait dire Je ne jette rien et mon association idéale perdrait son sens. Jolie Journée Ruineuse ? C’est peut-être mieux, mais cela ne m’aide pas…
Disons que ce nom Jacques… Je devrais remonter à l’histoire des frères Lumière, que j’avais vu avec mon frère dans un film plein de charme et d’enthousiasme qu’on avait considéré — étant nous aussi presque jumeaux en raison de l’âge et des pulls bleu qu’on nous collait — comme un modèle de créativité heureuse. Dans ce film la symétrie prenait vivement le dessus, donc l’image des deux frères habitant avec leurs jolies femmes paresseuses dans un même immeuble au somptueux escalier central nous avait touchés. Une fois grands, nous aurions bien sûr épousé deux amies-amies, ou deux cousines, sinon deux sœurs…
(En ce temps- là, un film musical américain se chargeait de redonner confiance dans le mariage, valeur évidemment en bas de consensus. Ce film avait pour titre : « Sept épouses pour sept frères »…)

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Photo : Collection Frères Merloni. Reproduction interdite

A l’époque béate de ma première adolescence, où l’on ne songeait qu’au ballon ou au vélo ou alors aux bouchons des bouteilles de Coca-Cola qu’on faisait glisser sur des pistes évocatrices du Giro d’Italie ou du Tour de France, dans notre famille entra un chien.
Ce chien malchanceux et anormalement silencieux fut appelé Pierre. En honneur de la France, bien sûr, mais aussi de cet incontournable vrai protagoniste de Guerre et Paix, incarnant probablement Tolstoï lui-même, qui s’appelait Pierre Bézoukhov. Pierre, qui avait enfin croisé le destin et les joues de pèche de Natasha alias Audrey Hepburn et qui, dans l’esprit souterrain de ma famille et surtout de mon père aurait dû être le partenaire idéal de ma malchanceuse sœur aînée.
Pierre nous accompagna dans de mémorables vacances à Cortina, à Venise, à la mer. Il se logeait au milieu des pieds de mon père. Quand mon père mourut, encore jeune si l’on considère l’âge moyen d’aujourd’hui, Pierre encore vivant avait vieilli et perdu son charme. Nous trois orphelins, déjà sur la vingtaine, l’abandonnâmes presque à son destin en ne nous occupant que très distraitement de lui au milieu de nos sorties et rentrées hâtives.
La mort de mon père avait d’ailleurs accéléré nos vies, dans l’inconscience du bien et dans celle du mal (un bien plein de volonté, un mal assez petit et innocent, du moins dans les intentions). Le vrai commencement de la vie adulte fut marqué par le mariage de deux frères avec deux sœurs. La gentille malédiction des frères Lumière nous était tombée dessus. Après ce fut pour chacun des frères la vie, le partage des émotions ou des douleurs et parfois, au contraire, l’éloignement et la séparation.

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Très tôt, je partis à Bologne et quand je rentrai à Rome j’eus le tort de revenir sur le lieu du délit, ou pour mieux dire d’un bonheur, personnel et familial, qui ne peut plus se produire de la même façon.
Entre-temps, des années plus tard, mon frère avait pris avec sa nouvelle femme un chien, considéré comme un troisième enfant pour lui et un deuxième pour elle.
Ce chien petit et affectueux auquel, comme à Pierre du reste, ne manquait que la parole, fut appelé Jacques. Je n’avais pas trop interrogé mon frère sur les raisons de ce nom. Il avait parlé de Pierre et Jacques, cela sonnait comme Pierre et Jean. Il y avait eu bien sûr une évolution dans notre amour commun pour une certaine littérature et notamment pour la France. C’était un hommage à Flaubert, bien sûr, mais aussi à Jacques Prévert et Jacques Tati, deux personnes-personnages qui avaient fait partie de notre famille, de nos déclamations à haute voix et de nos rires.
Moi, en particulier — en raison d’une évidente maladresse qui se déclenchait en certaines circonstances où la timidité ou l’embarras prenaient le dessus sur ma nature qui était au contraire aussi gaie et insouciante que débordante — j’avais été rebaptisé, par mon père, Jacques Tati. Alors, il se peut que mon frère ait voulu donner ce nom Jacques à ce chien insouciant et bavard parce que sa naïveté — très proche d’une forme de maladresse connue parmi les chiens — lui rappelait la mienne.
L’éventuelle présence, dans ce nom, de la figure encombrante et légère à la fois de « mon » promeneur solitaire reste un mystère. Il est tristement vrai que ce pauvre chien Jacques a été agressé un sombre jour par un chien méchant qui l’a littéralement dévoré sous les yeux impuissants de mon frère. Et cela fait penser au curieux incident arrivé à JJR alors qu’il se promenait en haut de Ménilmontant et qu’il lui tomba dessus un chien gigantesque plus lourd qu’un tramway…
Le jour où nous allâmes voir mon frère et sa femme près de Pérouge, ma troisième était assez petite et le petit Jacques encore jeune. Elle aima tellement ce chien vraiment affectueux et joyeux qu’elle aurait voulu absolument, elle aussi, un chien identique à Jacques.
On l’appellera Tati, dis-je alors, en me bornant au jeu de mots et à l’évocation de la redoutable symétrie des frères Lumière.

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Des années après, on nous proposa de « sauver » une chatte abandonnée. Une bâtarde, bien sûr, elle aussi réduite au silence et aux glissements craintifs le long des murs, comme le pauvre Pierre.
Avec le souvenir, encore vif, de la vie pénible de ce pauvre chien égaré après la mort de son patron, je m’opposai vivement à l’introduction d’une « bête » dans notre famille…
En fait je parle de Tatiana, tout en sachant que ce qui concerne Tatiana ne devrait pas m’appartenir. Car Tatiana — qui d’abord s’appelait Tati, assumant avec emportement et enthousiasme le nom destiné â un hypothétique chien jumeau et symétrique de Jacques, le chien de mon frère — a été la chatte voulue et sans cesse aimée par les deux femmes de ma famille.
Mais, c’est un souvenir que je ne pourrais pas confondre parmi d’autres images qui envahissent par millions mes nuits insomniaques.
J’avoue que j’ai vécu les cent ans de vie de Tatiana en la chérissant que très rarement, presque sans jamais m’occuper d’elle et sans avoir de remords pour cette grave forme d’indifférence. Mais probablement, au-delà de ma préférence pour les humains, qui ne me faisait accepter les animaux, surtout les oiseaux et les serpents, que « dans leur milieu », un attachement inavoué pour Tatiana s’était installé en moi. Surtout quand j’ai été malade, par exemple la fois où j’ai souffert de coliques rénales, heureusement passagères, Tatiana vint me réchauffer les pieds, en signe d’encouragement. Et c’était beaucoup plus confortable que le petit cochon en peluche — Serafina Schifosetti, personnage qui d’ailleurs avait l’habitude de s’animer au cours de longues et répétitives pantomimes nocturnes — que ma fille m’avait confié dans cette même impasse.
Mon souvenir de Tatiana est lié surtout à la maison de Rome, où elle avait donné un sens et même un but à certains petits endroits, à certains meubles et, surtout, au balcon où elle passait la nuit, quelles que fussent les saisons et les degrés au thermomètre… Je me rappelle de son penchant, les matins d’été, pour le frais sur le sol en marbre rouge ou, en hiver, pour le grand tapis rouge et noir hérité de ma mère. A part cela, je ne vois Tatiana qu’en train de dormir, ou plutôt de jouir indéfiniment de cette position horizontale, de l’abandon d’une patte ou de la queue par-dessus le rebord d’une chaise ou d’un fauteuil. Lorsqu’elle était jeune, et ma fille, de son côté, encore une gosse, Tatiana nous étonnait avec ses comportements de chien. Elle courait à la porte à l’arrivée de ma femme en la fêtant avec des bonds acrobatiques et elle mangeait les os de bœuf sans en laisser un seul morceau. Elle avait été bien sûr châtrée, pour lui garantir la paix des sens avec une longue vie. Elle devint grosse, tout en restant agile. Elle était en fait la statue vivante qui mieux que tout autre être vivant pouvait représenter l’écoulement immobile du temps. Le temps duquel on s’éloigne, le temps qu’on retrouve. Le temps et le rythme d’une vie sans chimères, d’une vie régulière, propre, élégante, même parfumée.
En été on partait en vacances. Elle dut s’habituer au jardin pas loin de la mer, aux passages soudains de chats agressifs, à la nuit sourde avec les oiseaux et les insectes, aux voix d’une famille plus nombreuse que d’habitude, à une vie plus spartiate et solitaire. En sortant de cette ambiance rude et privilégiée, en revenant à Rome, Tatiana rattrapait chaque fois une année de vie. C’est peut-être grâce à cela qu’elle avait si bien vieilli, toujours saine et avide, toujours fascinante — même si de plus en plus obèse — avec son poil de velours et son regard hypnotisant.
Jusqu’à notre dernière aventure. En septembre 2006 nous sommes venus — ma fille et moi — à Paris, le reste de la famille restant avec Tatiana-Tati à Rome. Dès lors toutes les habitudes ont été bouleversées, et pour Tatiana aussi, il n’y a plus eu de vacances à la mer et la grosse chatte n’a plus pu y récupérer les années perdues.

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En 2010, Tatiana et moi, tous les deux confortablement installés à Paris, nous avons compris en un éclair combien il est bien triste de disparaître de la face du monde. Elle l’a fait à ma place. Ou bien elle m’a précédé. Elle en a fait en tout cas  l’expérience, dans ces inoubliables jours de juillet de cette année, que je ne saurais pas raconter.
Je me borne au souvenir de cette expédition concernant toute la famille, de ce cortège démarrant du boulevard bruyant, tournant au coin de l’Office-Dépôt avant d’entamer le trottoir de droite en montant vers la Gare de l’Est tout au long de la rue du faubourg Saint-Martin. C’est moi qui « tenais » à la main le truc en plastique qui ressemble moins à un abri de petit mammifère qu’à une cage d’oiseau. Qu’aurait dit Prévert de cette procession ? La journée s’affichait grise et je ne voyais que la couleur luisante d’opaline des poils de Tatiana la belle. On essayait de se convaincre que c’était mieux comme ça. En fait, elle était bien vieille. Moi, par mes soucis de santé personnels, je ne me voyais pas capable de nous adonner à cette espèce d’acharnement thérapeutique qui aurait été inconcevable pour cet animal-humain qui avait toujours été le miroir de la parfaite santé. Nous lançâmes un coup d’œil rapide aux ardoises de Saint-Laurent, au redoutable magasin d’armes (et peut-être aussi d’instruments de torture). Nous fîmes une pause sur le trottoir plus large qui côtoie l’ancien orphelinat des Récollets, hébergeant maintenant le siège de l’Ordre des Architectes, (ayant, quant à moi, une pensée rapide pour l’ordre de Rome ou celui de Bologne). La vue de la Gare de l’Est ne nous donna aucun sursaut de courage, ainsi que notre cheminement vers la rue du Château-Landon et ce quartier méconnu qui se trouve au-delà des rails. On arriva finalement au rendez-vous avec ce vétérinaire qu’on ne pouvait trouver plus humain et gentil.
« Elle est au bout du rouleau », dit ce Monsieur. Tatiana était tranquille, silencieuse, prête à se soumettre à la nuit, à se caler dans ce sommeil où, comme le médecin vétérinaire nous l’a assuré, on ne ressent absolument rien.

007_profughi 2 740

Giovanni Merloni, Train de vie, technique mixte sur carton 65 x 50, 2012

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 3 juin 2013

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L’installation I/II

02 dimanche Juin 2013

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits

≈ 1 Commentaire

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Giovanni Merloni, La parisienne, acrylique sur toile 50 x 65 cm, 2009

J’estime à présent que le moment est venu d’ouvrir une petite parenthèse sur le thème de l’installation à Paris, à partir de deux tableaux sur le même sujet (des gens d’origine gitane ou occitane, italienne ou péruvienne, qui débarquent à Paris). Avant d’exploiter ce thème par quelques souvenirs et curiosités qui sont remontés tout à fait spontanément à mon esprit et que j’ai enregistrés sur mon bloc-notes secret, je me dois d’une petite digression poétique.
Avec une chère amie venant d’un lointain village de la Calabre et installée à Paris depuis une dizaine d’années, on avait essayé de réaliser une chanson. Elle me dictait les mots et j’essayais de leur trouver un rythme. Cependant, puisque les mots s’étalaient comme autant d’ombres devant un miroir (chaque installation comportant un effort d’assimilation et d’imitation qui empêche toute originalité) et que moi-même j’étais fort conditionné par les chansons connues et leurs rythmes assez classiques, le résultat ressemble moins à une œuvre poétique qu’à une parodie ou un calque. Mon amie a pourtant insisté pour que je publie ce « rendez-vous avec l’installation » en carte postale et vers injustifiés.

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Eugène Delacroix

Les nouveaux mots que tu m’apprends

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Boulevard Richard-Lenoir, Bastille

En fin de lecture (et des comptes) mon amie avait raison d’insister. Et je me réjouis encore de cette ritournelle aussi amusante que provisoire. D’un coup, lorsque cette jeune femme de Joppolo (un pittoresque village sur la côte ouest de la pointe de la Botte) est partie, je me suis retrouvé dans les mains le reçu du bistrot de l’Atmosphère. Sur le revers elle avait gravé ces vers assez poignants, qui n’étaient bien sûr pas adressés à moi :

Les nouveaux mots que tu m’apprends
je te les rends ;
les mots que pour toi j’oublie
c’étaient ma vie.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 2 juin 2013

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