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Ma famille est un archipel (Luna, 1978)

01 mercredi Jan 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001_archipel_tagliato_def 180

Giovanni Merloni, Tityre à chapeau sous l’arbre tutélaire

Ma famille est un archipel (1978)

Ma famille est un archipel.
Mon père s’appelait Jaufré,
sa femme arborait des yeux noirs,
tristes et gais. Sa maison, bien
riante, se comblait d’amitié.

Parmi les pierres d’en dehors
le soleil s’endormait
laissant libre le vent
de valser longuement
avec l’herbe.

000a matrimonio 180 chiara

Jaufré, mon grand-père,
était frêle et bon, toujours
prêt à jeter les mots avec
fougue. Sur les trains
de l’exil, il avait brisé
les lacs et les bois
de tristes filles brunes.

Adversaire à jamais des patrons,
il arborait une mine sévère,
attentive. Entre les lunettes
et le chapeau mou, la mer
imperceptiblement soufflait.

Légendaire, son île de cyprès
accueillait au couchant
près d’un sombre embarcadère
les barques silencieuses
d’hommes tristes
enveloppés dans leurs écharpes.

000b_matrimonio 180

Ce fut toujours
ce même destin de fuir,
poursuivant
l’obsession de la vie
et son centre.

Avec ce penchant
pour les rêves de paix
et d’îles immobiles
se forgea le destin
de nous tous,
dans notre famille.

000c_1954_009 180

Même le petit enfant
filant en strapontin
dans son voyage de naissance
entre Rome et Turin
Il s’appellera Jaufré.

Déjà je lui adresse
une gauche ritournelle
essayant de lui cacher
mon esprit perturbé.
000c_1954_009 part 180

Tu vivras seul sur terre.
dans une île de pierres
écaillées de sel
t’arrangeant mal au vent,
au soleil obstiné
aux ombres du passé.

Heureusement
tu connaîtras bien la peur,
confusément
tu aimeras bien de femmes.

D’abord, tu deviendras
l’ombre de ta mère.
Tu la poursuivras partout
cette sorcière bronzée
aux jambes sèches
(ta première porte
vers le matin).

Ensuite, mon petit ruban d’air
(qui n’existes pas vraiment)
au bout d’un instant
ton ile se couvrira de barbe
rousse. Abrupt et piquant
comme un petit géant
tu seras nu, farouche
intolérant.

000d_1954_018 180

Très vite, la mer
se changera en étang
noir de boue. Autour de toi
une enceinte de visages
t’examinera.
(La plupart des gamins
mon cher Jaufré
apprennent vite la règle
du jeu.
Ce n’est pas, à dire vrai
une loi si terrible).

Mais, toi, nouveau né
pas encore né
(je le sais déjà)
tu t’en iras. Sans argent
et sans larmes
au milieu d’un vacarme
qui bientôt t’oubliera.

Tu auras même la force
d’avancer nonchalant,
cachant le petit sourire
d’être sûr, jusqu’au bout
que tu ne seras jamais
mesquin ni prêt à tout.

Finalement, la belle Hodierne
un jour d’été
te fera trébucher
dans sa tresse blonde
à la taille moderne.

Entouré des soupirs
d’énormes coquillages
heureux et confus, ô Jaufré
(en lui promettant un anneau
doré)
tu retiendras la nuit
et tes mains plongeront
comme de molles racines
au-dessous de sa jupe légère,
au milieu de ses cuisses
humides.

004_1960cortina_001 180

Et pourtant, effrayé
par le sombre souvenir
de ton ancestral destin
(arrivant au rendez-vous
dans cet instant précis)
tu reculeras sans préavis
loin de cet amour de loin
envisageant dans cette bûche
(capable de brûler ses jambes
et ta main)
le bruit sombre d’un foyer
éventé par la main égale
(fermée à clé)
d’une Vestale.

Je devine enfin le propre
de ta peur,
la raison que tu hérites
te rendant fugitif
pourtant prêt
à t’exiler en vain
dans des nouvels enclos
de plus en plus lointains.

000e_nuovi disegni007 180

Giovanni Merloni, Tityre à chapeau sous l’arbre tutélaire (publié déjà dans les vases communicants d’octobre 2013 – avec Danielle Carlès)

Mon destin à moi,
c’est l’attente d’un nom
différent

Et pourtant mon train train
m’emmènera toujours
à fuir loin de moi-même
en cherchant l’âme sœur
(et le véritable amour )
n’importe où.

Giovanni Merloni

De « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome, 2000 2000 — ISBN 88-86600-77-1

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1960-1962 avant l’amour 1960-1965 ambra 1966-1971 nuvola 1972-1974 stella 1975-1976 ossidiana 1977-1991 luna 1992-2005 roma2006-2013 paris

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 1 janvier 2014

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Combien de temps (Luna, 1991)

22 mercredi Mai 2013

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Luna

bruttina 2004 740

Giovanni Merloni, 2004-2010

Combien de temps (1991)

Combien de temps
au milieu de nos ruines,
plus experts, pourtant
vulnérables, ingénus
encore fascinés par le grand rêve
du monde qui change,
plus vieux, désormais,
contraints à mille subterfuges
pour expédier
notre véhicule abîmé
parmi les mille obstacles
pour le persuader de se cogner
(avec une fausse  courtoisie)
contre le mur jaune et gris
d’une obtuse et maléfique
absence de pensée et d’action.

Combien de temps
prisonniers en ces quartiers
de carton et crachat
(en souhaitant vivement
qu’ils ne s’écroulent pas)
sans que nous puissions
nous prodiguer des amabilités
de confortables conversations
des adieux, des caresses…

Combien de temps dans de rigides formalismes
dans le feint professionnalisme
de dignes costumes gris
d’articles longs et alambiqués
de journaux à la mode.

Combien de temps va se passer
entre un beau souvenir
un regret impossible
un espoir médiocre, résigné…

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 22 mai 2013

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Je voudrais t’emporter (Luna, 1977)

06 samedi Avr 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001_vorrei portarti 740

Giovanni Merloni, 1987

Je voudrais t’emporter (1977)

Je voudrais t’emporter
ou que tu m’emportes
ne cesser de jouer à cache-cache
faisant semblant
que je ne te vois pas
que je ne te cherche pas.

Je voudrais un après-midi
dans une bicoque envahie par le soleil
une histoire pour chaque pièce
mille pièces que pour nous
pour nous regarder et entendre
tout près l’un de l’autre
en silence.

Je voudrais un lent et sûr
voyage à travers un monde varié
en regardant distraitement
ou attentivement
les couleurs, les histoires
des fresques s’affichant
abîmées sur les murs.
002_praga  008_740Je voudrais enchevêtrer
mes doigts avec les tiens
tes baisers avec les miens
tombant  dans l’amour
comme au bout d’un rêve
ivres et sereins
de cette vitalité qui rebondit
mille fois multipliée
par tout ce qui nous entoure.

Je voudrais t’emporter
ou que tu m’emportes
ne cesser de jouer à cache-cache
faisant semblant
que je ne te vois pas
que je ne te cherche pas.
003_praga 022_740

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 6  avril 2013

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Spolète, Todi, Cortone… (Luna, 1978)

25 lundi Mar 2013

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Luna

001_spoleto todi_740

Giovanni Merloni, 1973-2013

(revenir à la liste du « Train de l’esprit »)

Spolète, Todi, Cortone… (1978)

(Cette poésie a été écrite en 1978, à la suite d’une « descente sur les lieux » pour le plan d’aménagement du petit village de Cottanello, glorieuse commune de la « Haute Sabine » en province de Rieti (Latium) : un des innombrables endroits de l’Italie centrale où le paysage doux et riche de suggestions est souvent marqué par la forte personnalité d’un château, d’une église ou d’un centre historique classé et riche en trésors d’art. Néanmoins, Cottanello est un nom méconnu, un site plutôt égaré vis-à-vis de centres plus nobles et recherchés comme Todi, Spolète, Cortone…)

Spolète, Todi, Cortone, Gubbio, Assise
Assise dans Pérouse
Giotto dans Giorgione
Piero de la Francesca
dans une boule de verre.

Un péplum blanc, des épaules ternes
et au fond la campagne
les feuilles jaunes et rouges
la voiture percée par le crépuscule
le vent sur le rien de Cottanello
de Pienza, de Lucques, de Volterra, de Sienne
des pigeons et des nuages noirs.

Le ciel s’est envolé
dans un film azur
et je n’ai pas eu le temps
d’ouvrir grand les yeux
ni d’amadouer le corps bouleversé
par notre réveil trahi.

Pourtant, elle est douce
rassurante la caresse du soleil
sur les cils qui deviennent
blonds. La voiture se gare.
Je m’élance par ici, par là.

Parmi des ternes compagnons
je m’égare, découvrant les pierres
les escaliers les portes les roses
que quelqu’un époussette et embellit.

002_spoleto todi_740_rosaÀ l’unisson, avec ce bourg méconnu
d’autres villes se sont réveillées
avant de se replier, lointaines
dans un coussin d’air bleu.

Et je deviens encore plus seul et vivant
quand l’espoir et l’amour, alliés du soleil
rassurent mon corps essoufflé et tendu :
assis lourdement sur ces escaliers
auprès de ces abris solitaires
où chacun  retrouve son centre
je me coalise à tous les gens
qui vivent d’éloignements
de connu et d’inconnu
de présences assiégeantes
de photographies jaunies.

003_spoleto todi_740_violaEt Claudia a décousu la toile.
Elle avance en dessinant l’air gelé
avec son parfum déchirant.
En courant elle regarde fixement la rue :
elle croit être un totem de perles.
Et Raffaele balance la tête
sur un livre d’oiseaux.
Et Francesco écoute et sourit :
toujours vif, toujours pensif
il est sur le point de parler ou de partir.
Et Nicoletta recopie sur un livre
la petite frange bleue de Renoir
la blanche peau de farine d’un clown
la grise peau de mort de la maison vide.
Et Paolo court dans la maison
trébuchant dans les matinées joyeuses
de jouets à peine caressés par le soleil.
Et Pia, et Barberina, et Augusta, et Dodo
et Anna, et Giuseppe, et Nemi, et Andrea
et Marina, et Saveria, et Patrizia
et Ravaldini, et Curtarello, et Ferniani,
et la Cantelli, et Franco Cazzola
et Somogyi, et Bodo, et Ascani
et Spolète, Todi, Cortona, Gubbio, Assise
Cottanello…

Giovanni Merloni

De « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome 2000 —  ISBN 88-86600-77-1

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 25  mars 2013

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Cet homme (Luna, 1977)

17 dimanche Mar 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

quest'uomo def_740

Giovanni Merloni, 1991

Cet homme (1977)

Cet homme
lisse, sans orties
cet homme évaporé
d’une bouteille de doux venin

cet homme biais
enchevêtré, inerte, transparent
et même inexistant

cet homme qui semble vide
maladroit, fané
égaré et même aliéné

cet homme le long de la dérive
d’objets désormais inutiles

cet homme aux mouchoirs sales
aux mots fades

cet homme qui ressemble à un homme

cet homme passionné
dévasté par le chagrin
d’amour
endurci par les peines
d’amour

cet homme dans le calvaire
de baisers ruineux
de lits odorants,
de caresses brûlantes

cet homme
anxieux de déchiffrer
derrière tes yeux
sa vie
derrière tes pas
sa vie
derrière tes présences
tes absences
sa vie.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 17  mars 2013

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN : http://wp.me/p343bA-d8

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S’il restait du temps (Luna, 1991)

04 lundi Mar 2013

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Luna

s'il restait du temps 740

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S’il restait du temps (1991)

S’il restait du temps
avant d’accueillir la mort
avant de m’étendre résigné
me confiant au terrible dialogue
pour me consoler ou me tromper.

Ce temps-là n’existera jamais.
Et j’aurai été un artiste raté
un orateur ému, un journaliste éclectique
un poète inconnu.

La vie m’a déporté
dans des endroits reculés, étroits, enfumés
où je m’acharnais
en perfectionnismes rituels.
C’était la vie d’un isolé
qui revenait toujours, infatigable
au même artificiel congrès idéal.

Depuis toujours inscrit pour prendre la parole
j’observais effrayé une tribune
où m’attendait ma catharsis quotidienne.
J’étais un fabriquant de propositions
obstinées, orgueilleuses
fantasmagoriques et vaines
un vétéran d’art provisoire.

Je n’ai jamais parlé, depuis cette tribune.
Au contraire, je me suis verrouillé
au petit fauteuil tournant
à l’inexorable  routine
de prouesses invisibles.
Et mes fragments
confiés au hasard
destructeur ou philologue
n’étaient que de petits fœtus
(le projet formidable
n’a pas vu le jour).

S’il restait du temps
avant de me plier dans la mort indolore
et de m’abandonner confiant
à son récit aveugle
sourd et muet
avant de plonger dans le terrible dialogue
pour me consoler ou me tromper.

Giovanni Merloni

De « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome 2000 —  ISBN 88-86600-77-1

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 4  mars 2013

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Muse, musique, museau, minois (Luna, 1977)

27 mercredi Fév 2013

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Luna

001_musa_musetto antique 740

Giovanni Merloni, 2004-2013

Muse, musique, museau, minois (1977)

Muse, musique, museau, minois
on se promène dans Prague
toi, tes coudes blancs, ronds
moi, mes mollets gelés
le nez ensommeillé
les yeux presque fermés
fixant des coins de neige
de lacs de châteaux de cathédrales.

J’ai creusé un tunnel
dans ton corps. Depuis  l’enfance
je fus ton amant
ton accompagnateur
jouant des mots de l’amour
tandis que tes cuisses
frôlaient la rosée du pré
la somnolence des arbres
au raz du sol.

Ton cou de cygne
pardonne-moi
sortait interrogatif
de ce foulard
qui résumait
tel un ancien parchemin
l’arc-en-ciel d’une cascade
de frais baisers
de jambes miennes et tiennes
enchevêtrées endormies
chaudes et mouillées
pédalant vers le drap
des chevaliers en marche
collé au plafond

C’était la bataille
de lances et massues
et carapaces de cuir
de dentelles et de vieux habits
à plusieurs couches
j’avais des mains de glace
livides, blessées
la bouche brûlée
les yeux noircis.

J’étais  comme un automate
qui dort, effondré
dans un rêve enrhumé
soumis à la fatigue
la plus sombre
pourtant anxieux
de te chercher à la nage
au milieu de poissons bleus
dans le calme bizarre
d’un fleuve vert marin
m’imaginant
poursuivant acharné
de tes cheveux humides
de ton corps rose.

002_musa_musetto 740

Et c’était le déjeuner sur l’herbe
les beignets sur le cou
la fougue Rubens
qui m’assaillaient
comme une sentinelle
Isabelle
qui me brûlaient
comme une torche olympique
Angélique
qui me durcissaient
comme un diamant
Bradamant
et me gonflaient
comme une montgolfière
Élisabeth Première.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 27 février 2013

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La vie est blonde (Luna, 1977)

25 lundi Fév 2013

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Luna

la vie est blonde 740 def

Giovanni Merloni, 1998-2013

La vie est blonde (1977)

Le geste d’un soleil épuisé
a brûlé l’air d’épaves
a vomi des fleurs violettes
de caresses bleutées
de longs cheveux d’herbe
a défait comme un drap
le lierre vigoureux
de nos étreintes.

Le geste d’une pluie de fête foraine
se faufile, maladroit
dans l’armoire où, renfermé
je t’imagine et t’attends,
où je caresse
la musique muette de tes sourires.

C’est un supplice la vie
quand un beau jour
la paix, la confiance te surprennent
dans le coin sombre de ta peine.

La vie est blonde
quand le merveilleux silence
d’un baiser déchire
doucement
le rideau de papier vélin
d’un monde qui cesse de regarder
et qu’on s’effondre
dans le bercement immobile
d’une balançoire suspendue
sur l’écorce jaune de la mer.

La vie est un geste à contre-courant
est le courage de laisser se désarmer
par le frais soupir des jardins
par le lent chemin
(parmi les cailloux et le sable)
de nos souvenirs
d’abord cuisants puis doux
tandis qu’un bonheur hargneux
au centre du corps
s’assombrit et se dissipe
parmi les ombres nettes et les lumières
de la ville.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 25 février 2013

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Vol de jour (Luna, 1977)

22 vendredi Fév 2013

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Luna

001_cervo x volo di giorno_21.02.2013_prova part_740

Giovanni Merloni, 1994-2013

(revenir à la liste du « Train de l’esprit »)

Vol de jour (1977)

Un bras nu, blanchâtre, un peu gonflé
me retient la main et le corps
l’œil mouillé, surpris par le vent :
un essoufflement douloureux dans la poitrine
me prépare à la mort, aux éternels coussins
aux pas tristes des autres à l’ombre des châtaigniers.

Troublé, je poursuis  une fantaisie lugubre
de couleurs immobiles, de gestes de bois
de langues paralysées
d’automobiles en montée, de trains en descente
d’hommes automatiques, de femmes terrifiées.

À moitié dévêtu, chiffonné, abruti
j’ai toujours moins d’argent
toujours moins de forces
pour le long voyage.
Rome marche dans Rome
court précipitamment dans Rome
meurt dans Rome.

Méticuleux j’accroche ma chemise
à la fenêtre du verre bleu du jour,
tandis que sur mon corps passe
le désir avili, la joie inhibée
de rester longuement
parmi les autres, au milieu des sacs
à l’arrêt du bus,
tandis que sur mon ventre sans odeurs
passent des musiques sans programme,
des voix essoufflées.

J’atteins enfin le sommet
du mur de pierres et de brique,
de vomissures et d’épaves
que j’ai construit avec une violence irrésistible
et détruit avec une magique indifférence :
j’ai été vraiment tenace, aguerri
ennemi de moi-même
chaque jour de ces années
que j’ai consacrées
à la perfection inutile
de mots et dessins
sur des murs toujours peints en blanc
sur des sables toujours
effacés par la mer.

À présent je m’envole, nu
vers les petites feuilles et les branches
vers le soleil et les lagunes enflammées,
vers la nuit immobile des aigles.

Giovanni Merloni

002_cervo x volo di giorno 740

De « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome 2000 —  ISBN 88-86600-77-1

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 22  février 2013

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