le portrait inconscient

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La vie c’est un drôle de jeu, 1975 (Ossidiana n. 36)

23 vendredi Mai 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_1973 Gio_Merloni-Gen 180

La vie c’est un drôle de jeu (mai 1975)

La vie c’est un drôle de jeu
la vie c’est comme à l’école
il faut savoir rester
au premier
au deuxième, au troisième rang.

La vie est ta vie
ta taille
tes hanches
ton corps et le mien.

L’idéologie héroïque
c’est un jeu décadent,
le cynisme est spartiate,
le bonheur
c’est une peine à négocier
en échange d’une peine mineure.

Le bonheur
tombe à l’improviste
comme la douleur.

Il faut être bien prêts
à payer tout cela.

La vie est une prison
une enceinte, un huis clos
ou alors un horizon
changeant de couleur
de temps en temps.

Pour celui qui flâne
à l’aventure, s’exposant
au danger au dehors
de l’enceinte,
il n’y aura personne
protégeant ses arrières.

La vie n’accepte pas
des frères Bandiera
la vie accepte
ceux qui s’acceptent.

La vie c’est une révolution
mais chaque révolution
dans la vie
reproduit le pouvoir
l’hypocrisie
l’ambiguïté
la faiblesse
le vide.

La vie c’est une partie à poker
où va gagner celui qui vit le moins
sachant observer
les autres
ainsi qu’esquiver les avalanches
les idées reçues.

Il n’y a pas de place pour l’optimisme
ni pour le pessimisme non plus
il n’y a pas de place pour l’exagération :
chacun doit rester à sa place
dans son enceinte
dans son petit effort
quotidien
dans son petit Vietnam…

Giovanni Merloni

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Je vous raconte une histoire, 2005 (Solidea n. 19)

22 jeudi Mai 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Solidea

001_je vous raconte une his NB 180

Je vous raconte une histoire (2005)

Pour me faire pardonner,
je vous raconte une histoire.

Une histoire un peu gênante à débiter
par son parcours malchanceux
assiégé par les Hauts et les Bas
par ce petit Fracas
du va-et-vient de la vie.

C’est l’histoire d’un négoce nébuleux
enduré avec inconscience ou fatalisme
tout au long de la lame subtile
d’occasions médiocres
de reconnaissances rares
de prix inexistants.

C’est l’histoire haletante d’un corps
dérobé de ses rythmes naturels
avant d’être livré aux malaises
aux humeurs mauvaises
de journées mal à l’aise.

C’est l’histoire du rêve ou du mythe
d’une société unie et sereine
où pourtant tôt ou tard tout le monde
partira vivre ailleurs.

C’est l’histoire de personnes voisines
physiquement, éloignées dans l’esprit.

C’est l’histoire d’un homme désargenté,
obligé de devenir funambule
cheminant gaiement sur le fil
avec ses mille chèques à vide.

C’est l’histoire patiente
des hameçons lancés,
des filets et des pièges bien placés
d’une maladroite stratégie.

C’est l’histoire de quelqu’un qui se noie
dans la paresse et dans le désordre,
et pourtant ne peut pas
se conformer à l’ennui.

C’est l’histoire du rêve de mille raptus
de mille fuites hors de la tournure vicieuse
d’autant de responsabilités
qu’il n’a pas su soutenir
jusqu’au bout.

C’est l’histoire de siècles
de désespoir, qu’à l’improviste,
par une invisible rupture,
auraient pu se délivrer
et se perdre dans la redécouverte
d’attitudes amoureuses
refoulées.

002_richard lenoir soleil 180

Giovanni Merloni

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écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 22 mai 2014

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Épousailles (Luna, 1983)

21 mercredi Mai 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001_épousailles NB 180

199_Épousailles (1983)

Une fête c’est une fête
et chacun en avale la tête
le corps, l’élégant costume,
les bras, les jambes
et même l’invitation.

Et pourtant l’invité
ami ou parent
tout à fait retourné
voudrait se rebeller
à la suite endurée
assez rapide et rituelle
des épousailles fêtés.

Des commentaires imaginaires
sont gravés en bandes dessinées
sur les murs, sur les nombreuses
tables dressées
ainsi que dans le canapé
où demeurèrent longuement piégés
quelques invités dépaysés.

« Depuis longtemps les deux
vivaient ensemble .
il a deux fils
le bon homme,
il a demandé pardon,
il s’est calé dans le fond
réparer l’égout et le pétrin ;
elle l’a toujours aidé
et peut-être elle l’a aimé. »

« Certes, la fête solennelle
ce n’est pas honnête
du tout, il y aurait fallu
une séquelle plus discrète
expliquant aux gens
les choses bien connues,
juste pour qu’on répète, enchantés
la fête qui s’est passée. »

« Quelle joyeuse banalité,
une fête que chacun s’attend
et prévoit… Oui, cela demande
du courage, l’esprit d’un sage
ainsi qu’un coup d’œil jeté
sur ce monde sans âge. »

Ô messieurs un peu ennuyés
ô très gentils invités
pour être arrivés
pour nous avoir aidés
pardonnés, enviés
ou soigneusement notés,
vous êtes tous dans nos cœurs
remerciés.

Mais nous deux
plus légers
pour autant de sourires sincères
pour des mots d’intelligence
parfois sous-entendus
pour cet événement encombrant
et titubant (qui pourtant,
par enchantement,
s’est dissout au soleil)
nous avons encore
une belle malle de secrets
à sauvegarder, ou révéler.

C’est quoi d’ailleurs une fête,
sans mystères ?

« Voyons, n’ayons pas peur
si la vie a été dure,
le mariage consommé en avance
et ce duo de jeunes époux
a été plusieurs fois rencontré
tandis qu’ils déjeunaient sur l’herbe
ou jouaient à quitte ou double
ou faisaient un carton
avec engagement
dans les prés de la fête. »

« Le mystère inconnu
c’est savoir comment
ait pu plaire
l’ordinaire brouillon
à la belle potelée. »

« Ni jamais l’on ne saura
si durera
l’amour à lui pour la musique
l’amour à elle pour les monstres
et l’amour des deux, un peu obsédé
pour l’écran du ciné… »

002_1983 matrimonio 180

Giovanni Merloni

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écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 21 mai 2014

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« 1978 » (Luna, 1978)

20 mardi Mai 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

tutti c'hanno da fare001

« Tutti c’hanno da fare ! » (1)

« 1978 »

Téléphoner à Nemi,
attendre le soixante-quatre,
imaginer le métro
dans le noir et le marbre
gravé d’inscriptions,
attendre l’entrée, attendre la sortie,
rire, plaisanter. Sourire,
imaginant comme nous serions
si nous n’avions que les gestes.

Téléphoner à côté, téléphoner loin,
voltigeant dans une chambre vide,
perdre le stylo
et imaginer les couleurs
où envelopper les statues mortes,
les mémoires abandonnées.
Monter les marches de chez toi,
léger, serein, juste un peu fatigué,
bien habillé, bien déshabillé.

Téléphoner depuis une cabine souillée
dans un dîner interrompu
dans un brouillard refoulé
imaginant les amours passés
qu’un corps nouveau traverse.

Téléphoner à la nuit
qui sonne toujours libre.
Se découvrir ou se couvrir
parce qu’il fait froid, même ici.

Marcher dans la ville nouvelle
sans atlas, sans le chuchotement des amis
imaginant d’être confus
imaginant d’être seul
imaginant d’être partout.

Giovanni Merloni

(1)
Tout le monde a quelques choses à faire ! On court ici et là. Des rendez-vous ratés, des sursis, des écroulements. Finalement, à la maison, on allume les télévisions et les ordinateurs (rarement les compact disc pour écouter de la musique) en se plongeant dans la routine autistique : scanner, envoyer les mails, décharger depuis internet, retoucher les photos ou les dessins avec des filtres colorés, jusqu’à la perfection. Le fragment est parfait. La femme dort — alléluia — et l’ami peintre… « Mais, que me veut-il ? Il ne lui suffit pas d’être peintre ? »

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écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 20 mai 2014

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Irène, 2005 (Solidea n. 18)

17 samedi Mai 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Solidea

001_irène 180

Irène
(paix après la défaite, ou à la veille d’une grandiose victoire ?)

Quelquefois,
je te vois arriver
ou plutôt pointer
parmi les ombres du boulevard

Je te vois pirouetter, surprise
par un son intérieur
par une sonnerie d’enfer.

Essoufflé, j’allonge le pas,
coupant l’asphalte
en diagonale.

Ainsi je te dépiste, ou alors
c’est toi qui me dépasses.

Je m’enfonce dans le bar du décaféiné
tandis que toi, Irène, tu poursuis, élégante,
interrogative, hésitante
jusqu’à la porte insignifiante.

Angoissant, l’ascenseur me hisse
dans le court couloir. Devant les toilettes
une barbare négligence a supporté
que toi, la brune Irène aux mains blanches,
élégante comme une vedette,
tu t’assisses juste là, suspendue
sur un tréteau d’air.

Presque une demi-heure
s’est écoulée
(Elena n’est pas arrivée).
(Il y a toujours une pause)
(un échange de rumeurs)
(peut-être, j’épie tes « Ciao »,
tes soupirs)
(peut-être, tu écoutes
à contrecœur mes répétitifs discours ;
peut-être, de façon audible,
j’engloutis le crapaud
en m’apercevant que toi,
innocente et hardie,
tu lâches, gémissant,
parmi les bruits sourds de l’esprit,
de souffles de jeune vie ;
peut-être, tu soupires
silencieusement, si j’écrie,
tout en réprimandant quelqu’un
ou l’air, ou que je dis en grésillant
plusieurs fois « Zut ! »)

(entre-temps, Elena est arrivée).

002_terminal ostiense quadro 180

Presque cinq mois
se sont écoulés
et nous parlons encore de travail
juste dans les pauses de travail.

Parfois, imprudent ou superficiel
(quand Elena n’est pas là),
sans prétextes
(de loi ou délibération)
je débarque dans ta chambre au-delà
sans les excuses de l’âge
(je n’ai plus cet âge-là).

Coincée aux cordes du ring
en tournant l’œil égaré
(tout de même gentille),
tu subis mes mots brouillons :

PLUS DE TRANSPARENCE
MOINS D’ABSOLUTISME !
MOINS DE BUREAUCRATIE
PLUS DE VIE !

Entrant et sortant, la lumière
envahit la petite chambre au grand
bureau (ou alors s’enfuit
par la fenêtre, tandis qu’Elena,
imperceptiblement, enregistre et signale
toute variation climatique).

Caressée par le soleil
ou chérie par la lune,
tu hoches tes cheveux
tout en approuvant l’onde
de la fin heureuse. Ratatinée
et photogénique, tu glisses
volontiers sur la barque
ayant échoué
de l’AUTORITÉ (1).

Ou alors, obscurcie,
tu te sauves
dans l’angle le plus sombre
ou tu serres dans tes bras
la plante grasse
et tu deviens la figure de proue
du Titanic-ÉTIROTUA
qui s’effondre déjà.

Je t’attends, Irène
pacificatrice belliqueuse,
obligée de pratiquer l’escrime
pour esquiver la caserne
indisciplinée et rassise
comme du pain peuplé
de mouches.

003_fontanella 180 antique

Il nous faudrait, à nous tous,
une différente tranchée,
un plateau lumineux,
un placard garde-robe,
des toilettes éloignées et discrètes,
un téléphone secret
ainsi qu’un monde renversé
où l’on puisse dire sans timidité
AUTORITÉ
un petit mot qui porte bien
dont la signification convienne
demander à Irène.

Giovanni Merloni

(1) Dans ce mot AUTORITÉ se condense et se résume le travail de sept ans, de 1999 à 2006, que j’ai exploité dans un rôle de responsabilité. Ce n’est pas la peine ici d’entamer un récit qui demanderait un petit survol historique. Laissons cette « poésie d’un jour » libre de s’exprimer.

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écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 17 mai 2014

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San Marco à l’aube, 1975 (Ossidiana n. 35)

16 vendredi Mai 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_1955 Venezia negativi (26) 180 San Marco à l’aube

I
Ciao, Venise,
adieu à la fruste rhétorique
d’un homme et d’une femme
otages béats et obéissants
des idées reçues.

Ciao, je te laisse
mon corps encombrant
ma patience inutile
(car rien n’est vraiment facile),
mon animalité en cage,
mon ombre.

Dix fois, j’ai accompli
les rituels du départ,
obsédé par l’idée
de plonger brusquement
dans un tunnel noir.

Dix fois j’ai pleuré,
déchiré par la promesse
d’un voyage sans retour
vers de lieux laids et lointains,
où personne ne saurait
qui tu es, qui est Venise.

002_1955 Venezia negativi (5) 180

II
Ciao, vieille pudeur,
adieu présomption vaine de t’avoir
facilement, à ma façon
à la vitesse de l’éclair.

Ciao, drôle d’insistance
qui remet en piste
l’athlète battu. Viens ici,
jouons à cache-cache
parmi les écoutilles du bus marin ;
amusons-nous, en nous caressant
dans le fleurage des tapisseries ;
roulons sous l’eau,
tels des poissons embarrassés,
incertains s’ils doivent partir
ou se dévorer l’un l’autre
sans pudeur.

003_Venezia (10) 180

III
Ciao, sottises
inventées par un irrésolu
pris au dépourvu.

Ciao, mon amie-ennemie,
je devrais faire mine de me rebeller
à ta magnanimité ;
pendant longtemps,
je devrais te provoquer,
t’esquiver, m’oublier de toi.
Tu n’attendrais
même pas le temps d’un souffle
avant de me proposer l’armistice
ou carrément la reddition.

004_Venezia (5) - Version 2 180

Une heureuse réconciliation
nous attend, dès que nous quitterons
Venise. Et pourtant,
j’aurais presque envie
de grimper le clocher,
d’éventer ton foulard bleu violet,
juste pour voir Venise
à travers la transparence
de tes paroles.

De là-haut, je voudrais
m’envoler, dépliant mes bras
comme des ailes de mouettes
faisant la cour à la mer.

En planant au milieu de tes gestes
d’abord rapides, puis lents,
j’atteindrais ton écueil
de moules et madrépores
où l’eau transparente
polirait ta peau.
Dans mes bras, tes narines roses
s’ouvriraient dans un soupir
douloureux et subtil,
dans tes bras je mourrais
volontiers.

005_Venezia (11) 180

IV
Ciao, héroïsme maladroit
qui refuse silencieusement
la fatigue dans l’amour.
Adieu, illusion opiniâtre
de pouvoir nous soustraire
aux rapports de force
jaillissants de l’amour.
Adieu jeux de mots farfelus
incapables d’esquiver
les mots désespérés
des chansons d’amour.

Les pigeons frottent leurs ailes
amidonnées contre les cornichons
blancs et noirs.
Les architectures affleurent
depuis l’aube sans feux.
Je veille, engourdi
entre l’enrouement et le sommeil
d’un nouveau jour.

006_Venezia (12) 180

San Marco, à l’aube,
est une grande cour
pour les chats et les oiseaux,
pour les tables désertes,
pour les premiers bruits,
les premières éclaboussures,
les premières boîtes,
les premiers amoureux
qui n’ont pas eu
un lit pour eux.
Bonjour, fée.

007_Venezia 1969 (36) 180

Giovanni Merloni

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Où est-tu, Bologne ? (Luna, 1989)

15 jeudi Mai 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001_abbraccio 180

Où est-tu, Bologne ? (1989-2014)

Glisse sur mon front épuisé
le train émilien, creusant
de nouvelles rides de sable, suffoquant
les sons et les gestes
dans un volumineux souffle
d’air jaune, pénétrant
dans les labyrinthes coincés
de mon esprit courbé.

Glisse dans mes mains tendues
une sueur subtile et légère
ainsi que l ‘émotion rapide
qu’un seul mot évoque.

« Où es-tu Bologne ? Où es-tu,
lumière coupée dans la pierre ?
Gribouillis d’ombres et de voix
que deviens-tu ? Et moi, où suis-je ?
Où vais-je enfoncer mes yeux,
mes dents, mes moustaches ?
Où sont-elles les arcades et les ruines ?
Les bancs publics et les gestes brusques ?
Où sommes-nous, maintenant ? »

002_bologna 001 180

Bologne est ci-devant,
dans le livre universitaire
d’une jeune fille silencieuse ;
ses maisons sont là
derrière cette remise en briques
au-delà de cette rue anodine
de périphérie voisine.

« Je relis sur ta bouche
un soupir que juste un peu
(pendant un moment interminable)
j’ai emprunté, saisi, savouré,
englouti, avant de le ségréger
dans mes jambes, dans mes bras
dans mes mains. »

003_piazza santo stefano NB

Oui, je m’en souviens, de là
serpentent les rues et les places
de mes promenades solitaires
de mes attitudes étrangères…
lorsque je fixais, à la hâte
au-delà des vitrines,
juste les robustes mollets
de la belle boulangère…

« Je relis et je réécris.
Incertain si je dois regretter
un long instant sensuel, ou alors l’une
de tes piquantes paroles.
Où es-tu Bologne ? »

004_1979 bologna (103) 180

Giovanni Merloni

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Encore une fois (Luna, 1980)

14 mercredi Mai 2014

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Luna

001_primo maggio 2009 001 180

Encore une fois (Bologne, 13.6.1980)

1
Encore une fois, je me penche,
imitant la courbe violette
du petit partisan de bois
et, la tête en bas, perçant
la faible écorce de la vitre,
j’entre dans le ciel d’une ville
où des hommes pensifs
sautillants (un peu suffisants)
piétinent les toits.

Encore une fois,
étonné que cela existe encore,
je referme la longue fenêtre
porteuse d’un matin de soleil
dans la chambre assez vieillotte
qu’on m’a prêtée.

« Madame gentille, comment pourrais-je
vous expliquer cela ?
Je ne suis plus ce chandail rouge
Cette paresse exterminée, imperméable,
cette éruption gutturale
d’embuscades héroïques
et de tactiques d’amour ;
je ne suis plus, désormais
le scrutateur alangui
s’attendant la vie et la mort
depuis l’image craquelée,
à peine réfléchie, de fées adoucies
par mon chuchotement
désarmé et fraternel ».

(Ici nous jouions aux étoiles ;
ici, angoissés, nous trahissions la révolution
de plus en plus glissant
au fond de couvertures odorantes ;
ici nous montions, à rebours,
dans l’âpre et délirant non-sens
de jours inattendus ;
ici ça tournait au jeu de massacre).

002_primo maggio 2009 003 180

2
Tout est perdu, sans remèdes.
Certes, si j’avais été une fourmi
j’aurai tout rappelé,
catalogué, exposé,
même les petites nuances
de ce qui reste non dit, non vécu,
perdu qui sait où.

(Ce qu’on peut très bien inventer
en obtenant le prix
d’un buste foscolien (1)
ou d’une rambarde pour s’y accouder,
le soupir inexpert, vers les pigeons).

Pourtant la cigale a craché du sang
en riant et pleurant,
elle a brulé ses notes
et ne sait pas raconter.

003_primo maggio 2009 002 180

3
Encore une fois, ce retour
me traîne à penser, à scander
le conflit, à explorer
la sourde incommunicabilité
entre fourmi et cigale.

« Que va-t-elle m’apprendre
ma fougue inconstante
de leader perdant ?
Je n’en sais rien ! »

Encore une fois,
j’ai trop d’envie
de retourner danser,
j’ai trop de peur
de souffrir derrière une vitre
essayant de déchiffrer
le mystère d’une touffe de cheveux
émergeant de la foule
de Bologne.

Encore une fois, loin d’ici,
je regagnerai l’autre moitié de la vie
en soufflant encore
dans une flûte pleine de sable
la nonchalance d’une samba
ou alors d’une révolution.

Giovanni Merloni

(1) Le buste de l’un de mes poètes les plus aimés : Ugo Foscolo (1778-1827)

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écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 14 mai 2014

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Voie de garage (Luna, 1989)

13 mardi Mai 2014

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Luna

001_voie de garage 01 180

Turin, 29 décembre 2011

Voie de garage (1989)

Une locomotive, les phares éteints,
continûment se tourne, telle une mère poule
apeurée, pour compter les wagons.

« Sept wagons ils étaient,
et l’un d’eux disparut, déraillant dans la nuit.
Par ses ravisseurs complices, il est bloqué
dans une étendue herbeuse
en attendant un signal. »

En grand secret, sur ce wagon égaré
une Idée s’était imposée.

Dans les compartiments-lits,
ceux qui avaient envie d’autre chose
ne s’étaient pas aperçus
de l’étrange noir autour du train
arrêté ; ceux qui en avaient la chance
avaient aimé, baisé, léché, griffé
avant de fumer.

L’Idée remplit le compartiment.
Elle sortit, dans le couloir plié sur le côté,
essayant de passer inaperçue
parmi ces autres qui, malades
ou indifférents, n’aimaient pas
ni ne forniquaient ou jouaient aux cartes.

L’Idée dut pourtant venir au compromis :
une caravane tout de suite se forma
derrière elle, prête à la suivre,
coûte que coûte, n’importe où.

002_voie de garage 02 180

Turin, 29 décembre 2011

Maman locomotive, père train,
avaient pour enfants sept wagons
coquilles d’acier qui déchirent l’air
enjambant les distances et les voix.

Chaque wagon a sa tête et son cul
des bras pour étendre des couvertures
et poinçonner des billets, des jambes
en forme de roues pour courir
toujours courir, quitte à frotter,
de temps en temps, fer contre fer
– et ce sont des sifflements très aigus –,
quitte à sauter mollement,
de temps en temps, comme des tonneaux
de vin sur l’herbe.

Cependant, par un contrôle méticuleux
et impromptu, ils sont pris au dépourvu :
« qui a-t-il autorisé l’arrêt débile
du wagon porte-automobiles ? »

« Pourquoi voyager toujours ? »
la plupart se demandèrent;
« N’est-ce pas une obsession ? Pourquoi
voyager pour de bon, au sérieux
en courant d’ici là ? »

003_voie de garage 03 180

Turin, 29 décembre 2011

Amenée en balade
par une adhérente chemisette blanche
(un sein magnifique poussait,
par sa grande envie de vivre,
contre un petit bouton de nacre),
voilà l’Idée :
« Restons ici ! L’aube approche.
Pendant des kilomètres et des kilomètres autour
on ne voit personne. De terres inhabitées
où l’on trouve ce qu’il faut. D’ailleurs,
elle ne marchera pas, ici, la télévision… »

004_voie de garage 04 180

Turin, 29 décembre 2011

Mais qui était-ce le wagon numéro sept ?
Joyeux ? Timide ? On dit
l’un des deux. Le wagon Prof est plein
d’enseignants et managers écrivant
sur des ordinateurs portables
d’horribles exposés que personne ne lira.
Le wagon Dormeur est plein de jeunes
de trente ans, nés en 1968, autorisés
à faire tard le soir, à dormir en train,
quitte à rentrer, quand ils voudront, chez eux.
Le wagon Atchoum héberge des chanteurs,
des comédiens, de musiciens du dimanche
ainsi que des harpes éoliennes.
Le wagon Simplet cache son doigt.
Le wagon Grincheux jamais ne se détacherait
de sa locomotive italienne
publique et privée, sans laquelle
il ne saurait pas pour quoi grognonner.

005_voie de garage 05 180

Turin, 29 décembre 2011

On ne saura jamais
qui est parti, qui est resté, paresseux
et béate sur la voie de garage.

On connait juste le sort des vieux clous,
descendus tristement sur le quai,
qui demeurent debout
dans leur geste figé du salut, les parents
des trentenaires et des nains
seuls à bosser pour tous ceux-là
seuls à mourir, sans jamais se souvenir
d’un temps ou d’un lieu où qu’ils aient voyagé.

Giovanni Merloni

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écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 13 mai 2014

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J’ai cessé d’attendre

01 jeudi Mai 2014

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits, mes poèmes

≈ 1 Commentaire

001_canal 180

Au soir, les vases se fanent des chrysanthèmes, tandis que tu observes ton ombre muette frôler le mur. Trois minutes à genoux, devant cette étrange lumière colorant ton regard incertain. Un reflet du couchant glisse sur les cahiers humides où s’appuie en dormant un rêve évanoui. Passent à deux à deux les bonnes femmes devant le confessionnel : une course inexorable qui s’en va et s’arrête à deux à deux pour se sauver qui sait où, de qui sait quoi.

002_canal 180

Le chapelain du couvent a juste effleuré un sein mouillé en caressant une joue charnue : la page du bréviaire. Il fait nuit pour les sans-but se promenant en long et en large sur les quais glacés ; le nez s’empourpre d’une mère en trois instants qui se poursuivent : l’hiver dans les yeux paraissait, disparaissait, et de foules silencieuses avançaient sous ses lèvres tandis que ses oreilles entendaient retentir l’ennui sourd du monde.

003_anal 180

J’ai cessé d’attendre dans mon fauteuil croulant à l’instant que la glace a envahi ma fenêtre. Jamais plus ne viendra le moment attendu, ils ne viendront non plus tes yeux gris, me consoler dans les heures de silence.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 1 mai 2014

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