Même pas une caresse, 1963 (Ambra n. 19)

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Même pas une caresse

Quand on aime
on obéit sans penser.
On se laisse insulter
frapper, reprocher, commander.

Quand on aime
et qu’on est aimé
on peut très bien mentir,
tromper, anéantir, négliger,
éviter, éloigner,
accepter que l’on nous tolère.

Quand on aime
on est bien, quoi qu’il arrive,
partout,
avec toi, sans toi,
jusqu’à découvrir
le miracle de la solitude
la magie de se retrouver
ensemble.

Quand on aime
on supporte tout.
On aime même
les airs brusques,
les défauts, les fautes graves,
la gueule bronzée,
l’haleine enfumée,
la bénéfique destinée.

Quand tout finit,
on ne peut rien supporter,
même pas une caresse.

Giovanni Merloni

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Ma guitare a mille voix, 1963 (Ambra n. 18)

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Mes chers lecteurs,
En vous proposant encore une fois, aujourd’hui, une poésie d’il y a cinquante ans, je ressens fort la nécessité de fixer sur la page virtuelle quelques mots.
En 1963, Rome était une ville encore aux exordes de la spéculation immobilière, touchée indirectement par le boom économique (plus évident dans les régions du nord). Dans une réalité où le niveau moyen des foyers était assez modeste, c’était paradoxalement très rare de rencontrer dans les rues centrales des gens sans abris et sans moyens qu’on avait « exilés » surtout dans les « borgate » de l’extrême périphérie.
C’est dans une célèbre chanson d’Enzo Jannacci (El portava i scarp de tennis) qu’un clochard milanais (en italien « barbone ») devint un personnage fort expressif des contradictions d’un système industriel et immobilier impitoyable et aveugle vis-à-vis des « immigrés » du sud de l’Italie ainsi que des « perdants », des fichus « de leur faute ».
En 1963, la possibilité de « glisser un jour dans la rue » — suivant la même parabole tragique qu’à présent on nous raconte tous les jours dans le métro et que nous constatons partout —, c’était pour moi un épouvantail, que mes parents me montraient sous forme de chantage. Leur but constant c’était celui de me convaincre à abandonner mes rêves d’expression artistique.
« Apprends l’art et mets-le de côté » ! C’était le refrain de leur rengaine quotidienne.
Comme vous pouvez voir, je ne me rebellais qu’à moitié. Mon idée de justice et d’injustice se nourrissait de sentimentalisme.
Mais, quand je me rends place des Vosges et que je vois de véritables artistes chanter en échange d’une reconnaissance symbolique, ne trouvé-je pas en eux (ou elles) le même personnage que j’avais envisagé depuis ma chambre comblée de fumée et de chansonnettes ?

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Ma guitare a mille voix

Ma guitare a mille voix.
La rue où je marche est glissante,
je boite avec mon bâton,
je chante sans grâce
ayant le catarrhe et la toux

mais ma guitare a mille voix
et mille fois elle chante
dans le chœur de la rue.
Au-dessus de ses cordes

mille sons angéliques,
se mêlant, indifférents
à mille voix fausses
grossières,
phtisiques,
épuisées
comme la mienne.

J’ai un cercle
autour de la tête, je suis
malade, abruti,
je crache partout,
les gens ne me donnent plus
leurs sous
me voyant laid,
désagréable

et pourtant ma guitare
a mille voix qui chantent !

Giovanni Merloni

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Enzo Jannacci : El purtava i scarp del tennis (1964)

Enzo Jannacci : Il portait aux pieds des tennis (traduction de l’italien)

Excusez, je voudrais vous conter
d’un ami qui partait se baigner
sur la rue à côté de l’Idroscalo
il traînait et l’amour le saisit.

Il portait aux pieds des tennis, il disait des trucs à lui
poursuivait depuis longtemps un beau rêve d’amour
Il portait aux pieds des tennis, il avait des yeux de bon
toujours seul dans la rue car c’était un barbon.

Un beau jour, qu’il est seul à parler
dans le noir, la voit virevolter
blanche et rouge, habillée en tricolore
pourtant lui n’est pas bon de l’attraper.

Il portait aux pieds des tennis, il disait des trucs à lui
poursuivait depuis longtemps un beau rêve d’amour
Il portait aux pieds des tennis, il avait des yeux de bon
toujours seul dans la rue car c’était un barbon.

(parlé) Un beau jour, contre ce pauvre diable arrive une voiture, un type descend et demande : « Ohè ! » « À qui, à moi ? » « Oui, à lui, savez-vous, ne savez-vous pas s’il vous plaît la rue pour aller à l’aéroport Forlanini ? » « Non, monsieur, je ne suis jamais allé moi à l’aéroport Forlanini, je ne sais pas où qu’il est. » « La route pour aller à l’Idroscalo, de toute façon, la connaissez-vous ? » « Oui, l’Idroscalo je sais où qu’il est, je vous emmène moi à l’Idroscalo, je viens moi aussi dans la voiture, elle est forte, forte cette voiture. » « Ne touche pas à la voiture, barbon. » « Non, monsieur, je viens moi aussi dans la voiture, je ne suis jamais monté sur une voiture moi. Belle, cette voiture… Arrêtez monsieur, qu’on me laisse, que vous me laissez ici bas, car je suis arrivé. S’il vous plaît, qu’on s’arrête juste ici.
(chanté) S’il vous plaît, qu’on me laisse ici bas
car moi aussi j’avais eu mon grand amour
petite chose, oui, bien sûr, petite chose de barbon.

Il portait aux pieds des tennis, il disait des choses à lui
poursuivait depuis longtemps un beau rêve d’amour
Il portait aux pieds des tennis, il avait des yeux de bon
toujours seul dans la rue car c’était un barbon.

Je l’ai trouvé, sous un tas de carton
à le voir je dirais quel bouffon
au toucher, je vous jure qu’il somnole
Laisse là, cette histoire de barbon !

Il portait aux pieds des tennis, il disait des choses à lui
poursuivait depuis longtemps un beau rêve d’amour
Il portait aux pieds des tennis, il avait des yeux de bon
toujours seul dans la rue car c’était un barbon.

Enzo Jannacci (traduction : Giovanni Merloni)

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Nous partirons un jour, 1963 (Ambra n. 17)

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Giovanni Merloni, 2013

Nous partirons un jour

Nous partirons un jour
depuis cent banlieues différentes
sur autant de brouettes à moteur
comme des fourmis
vers l’unique nourriture
que quelques-uns appellent civilisation
d’autres appellent progrès
et nous nous rencontrerons
dans nos visages
essayant d’y deviner
un seul espoir
qui ne sera pas là.

Nous partirons un jour
depuis cent banlieues différentes
à cheval de la dernière découverte
de l’espoir
vers le gouffre
où nous tous, fascinés
nous atteindrons tous ensemble
la même mort.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

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Je ne cesse de t’aimer, 1963 (Ambra n. 16)

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Giovanni Merloni, 1992

Je ne cesse de t’aimer

Je ne cesse de t’aimer
étoile fixe de ma vie
m’attendant aujourd’hui
dans le miroir brisé
de ma mort.

Je ne saurais pas vivre
à défaut de cet amour pour toi
que j’emprunte à la terre
à la boue, au pré vert
d’où surgit mon arbre ivre.

Je succomberais
à défaut de cet amour fragile
comme ses feuilles, parfumé
comme sa résine, tenace
comme son écorce.

Toujours j’aimerai
la compagnie de l’amour
pour toi

elle sera moins trompeuse
de l’attente insupportable

de ton sourire insaisissable
(qui serait rameau pour mes yeux)

de ta voix inimitable
(qui serait tronc pour mon esprit)

de ton regard inoubliable
(qui serait une racine
plantée dans mon cœur).

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

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Rome au pas de la porte

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Giovanni Merloni, Les chapeaux, gouache 1988

Je l’ai revue au couchant, rose, paresseuse, une grande statue, lumineuse dans le profil, une grande dame plantureuse, lourde, démesurée, infinie. Elle est longue des kilomètres d’hommes, de toits, de haillons, de monuments de marbre. Elle est solennelle, comme un essaim d’hirondelles noires voltigeant parmi des colonnes
blanches. Elle est sèche comme une feuille d’automne se dissolvant dans un vaste miroir gris, avant de s’allonger, immense dans la traînée jaune du fleuve. Je l’ai rencontrée, débonnaire, brune, les cheveux sur la poitrine, elle riait, essoufflée, chagrine comme une femme contrariée attendant son mari sur le pas de la porte. Je lui ai dit bonjour à chaque impasse, à chaque place, à chaque rambarde, comme un amant saluerait une belle bouche régulière, des longs cheveux noirs de jais, un sourire, un visage rose. Je l’ai traversée de nouveau : elle était détendue, ensanglantée, en train de mourir sous mes yeux. Il faisait bleu, les étoiles
jaillissaient partout. Rome était là, ou alors c’était toi qui m’attendais riante au pas de la porte, chagrine, contrariée, débonnaire, immense, prête à voltiger dans le fond de la nuit.

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Giovanni Merloni

(cliquez sur les images pour les agrandir)

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 24 novembre 2013

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Au musée, 1963 (Ambra n. 15)

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Giovanni Merloni, 2013

Au musée

Une robe en soie vient de m’étreindre
et les anges marmoréens du musée
viennent de m’embrasser
eux aussi

et pendant que cet air envoûtant me serre les tempes
j’essaie  de penser
de me souvenir si jamais de ma vie
une chose pareille ait vraiment pu m’arriver

car je ne suis jamais rentré là-dedans
et par sûr je n’en suis pas sorti
ni avec toi ni sans toi

d’ailleurs, je ne te connais pas
je ne possède rien de toi
petite gazelle blonde
rien que ce foulard minuscule
parfumé déchiré oublié…

J’ai vécu dans un rêve improbable
et pourtant tu existes, bien charnelle
ravie bruyamment par un bois d’arbres tendres
ou alors tu es seule, lointaine ou voisine
et ne sais plus retourner.

Giovanni Merloni

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Rideau noir, 1963 (Ambra n. 14)

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Giovanni Merloni, 2013

Rideau noir

J’ai enlevé tous les fils, toutes les antennes
et le ciel est tombé

(tristement notre amour lui aussi
s’est écrasé au sol)

entre-temps
le vent sèche mes lèvres
et les hommes se piétinent
réciproquement
et le train siffle sur le goudron
et les voitures crissent sur les rails

entre temps
je cherche une main courante dans la nuit
et, pour te faire plaisir
je souffre les vertiges
pour toi qui d’un coup
d’emblée, de but en blanc
tu ne prouves aucun plaisir
à me toucher voire à me voir

entre temps
le soir secoue de nids d’oranges
et toi tu embrasses ce front
dont tu ne veux plus

entre temps
le vent frappe à la porte
et cette montagne tombe sous nos pieds
cette montagne de chiffons
de papiers, de poupées et de fils
subtils épais embrouillés
cette montagne brumeuse
avec son ciel noir

entre temps
tu me dis Bonjour,
ne t’inquiète pas :
finalement, il fait beau !

Giovanni Merloni

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La missive

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Giovanni Merloni, 2013

La missive 

Tu ressembles à ce ruban
refermant mes lettres d’amour
au demain attendu
au présent supporté.

Tu ressembles aux glycines aux palmiers
à l’herbe dans le vent
au couchant main dans la main
aux dessins sombres se cachant
derrière des lignes très serrées.

Tu ressembles à une jeune fille
qui me parle un jour dans le noir :
à ses récits confus de craintes, d’amours
d’odeurs de vies lasses.

Tu ressembles à la saveur
d’une bise gelée
d’une gorgée d’angoisse
d’un retour à la maison
lent, répétitif, désolé.

Tu ressembles aux soirs du mois d’août
aux mots voltigeant au milieu des grillons
aux rêves dans le foin
aux contes des fêtes.

Tu ressembles à des attentes
calmes, palpitantes, brûlées
épuisées par une lourde fatigue.

Tu ressembles à une plume noire
qui vole parmi les livres
et caresse les objets
avant de descendre assurée
dense et pleine comme un nuage
mais gentille, sans menaces
comme le soupir d’un dieu.

Tout comme cette plume fertile
tu envahis les choses, en es éprise
jusqu’à te confondre avec elles.

Et tu n’es qu’un seul mot
dans le chuchotement incessant
une voix muette dans le silence
une heure de paix dans le temps.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

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Ne cogite pas ! 1974 (Stella n. 29)

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Ne cogite pas ! 

« Ne cogite pas ! »

Et pourtant
(me bouchant les oreilles)
je m’adonnais aux délibérations hardies
pour combattre le désordre,
pour lancer des actions immédiates,
pour offrir une voie souple et adaptée
à chacun des efforts qui se somment.

« Ne cogite pas, arrête !
Cela tue, il y a là pis
que les cigarettes ! »

Néanmoins j’ai de la nostalgie
pour mes méditations farfelues
m’aidant à me libérer
d’une mélancolie sans nom
me suggérant un autre titre
à la douleur, aux causes
véritables, me trouvant
– ô libre arbitre ! –
des fausses jolies réponses.
Oui, c’est vrai,
c’étaient des solutions
presque toujours trompeuses ;
quant à moi, indispensables
pour ruminer encore.

« Ne cogite pas !
Laisse tomber les cercles oisifs
les fausses idoles, le rythme vain
de longues heures solitaires. »

Cela dit, je ne me repens pas
de toutes ces divagations solennelles
qui cultivaient le rêve
d’une journée géniale ou folle
où le monde changeait
de mes propres mains ;
je ne me dérobe pas non plus
au compte-rendu vaniteux
de mes rares instants raisonnables
de mes petits bonds d’intelligence,
d’indulgence, d’abrupte vitalité.

« Arrête ces examens répétitifs,
obsessionnels, ces paperasses
toujours inachevées, imprécises !
Renonce au lyrisme exagéré
de situations qui sont toujours
trop particulières. Efface
tes maladroites admissions
de faiblesse !
Ne cogite pas ! »

Et pourtant je reviens en arrière
(en quête du bonheur perdu)
à ces rares sorties dans la nuit
au courage, à l’insouciance
de ces feuillets de paroles
explosives, aux dénonciations
des comportements ambigus
des desseins scandaleux
qui démasquaient la ruse
d’un système touche-à-tout
invisible, inouï
qui enregistre, photocopie
vire, embauche,
affichant de la tolérance
même pour la débauche…
(pourquoi m’arrêtais-je
à la débauche ?)

« Ne cogite plus ! »

Oui, d’accord, je me sauve
vais survivre dans ce monde
qui cogite à vide…

[Il se tut.]

Giovanni Merloni

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On démarre par de gestes sombres, 1974 (Stella n. 28)

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Michelangelo Antonioni, La Nuit (1961)

On démarre par de gestes sombres 

On démarre par de gestes sombres
se prenant pour d’élans intimes.

Tout de suite après
on glisse dans la complicité,
dans l’échange continu de paroles :
d’abord déjà beaucoup, ensuite même trop.

Dans le temps d’un oui ou d’un non,
l’on passe aux sourires, aux caresses
aux rêves hors des lignes
d’un discours long et large
ne concernant plus déjà
ni moi ni toi.

Des épisodes comme celui-ci
tout en mangeant leur queue
nous surprennent
par cette leçon amère
de la précarité de l’amour
par ce doux ingrédient
de l’incertitude
(joker irremplaçable)
nous attirant nous-mêmes
vers ce gouffre de joie,
nous obligeant à pâtir,
à comprendre, tout en songeant fuir
seuls, ensemble, éloignés le plus possible
des autres.

« Maintenant, je ne peux pas être heureux
parce que je n’en sais rien de toi.
Et pourtant, je ne pense qu’à toi ! »

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Michelangelo Antonioni, La Nuit (1961)

On va se voir tout de même, aussitôt :
je deviens l’épisode
que tu vois guindé
entre deux broches ;
je ne suis qu’un souffle
écrasé par le bruit de la foule,
la voix d’une Skoda rouge
perdue dans le trafic des boulevards.

Rendez-vous ce soir,
devant la grande affiche
en bas de l’échafaudage :
est-ce toi celle qui traîne là-bas,
ainsi sérieuse ?
Non, tu es l’autre ne faisant que sourire !

Tu m’as fait presque peur :
cela fut le moteur
de mon long détour à l’orée des surprises,
cela fut le souffleur de mon « toi » de gamin
agressant tes épaules très exquises.

« Maintenant, je ne peux pas être heureux
parce que je n’en sais rien de toi.
Et pourtant, je ne pense qu’à toi ! »

Giovanni Merloni

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