le portrait inconscient

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Testament immoral

L’amour toujours, toujours l’amour…

16 vendredi Oct 2015

Posted by biscarrosse2012 in les échanges, mes poèmes

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Zazie

001_lectrice 3 180Lectrice de Michael Peter Ancher,
image empruntée à Laurence  (@f_lebel)

L’amour toujours, toujours l’amour…

A — L’amour toujours ?
B — Toujours l’amour.

A — Donc, cela remplit vos jours !
B — C’était, au contraire, des accidents de parcours
Des moments impromptus venant à mon secours.

A — Je croyais que pour vous ce n’était que velours…
B — Vous me reprochez toujours ma chère Pompadour !
Mais c’est vous qui m’avez appris l’amour !

A — Alors, dites, sincère, c’est quoi, pour vous, l’amour ?
B — S’éclipser au sommet de la tour…
Faufiler la tête dans le four…
Entendre nuit et jour un orchestre de tambours
Se brûler la cervelle au milieu du carrefour
Chanter des mots idiots, déguisés en troubadour
Sachant bien que l’amour ce n’est pas un calembour…

A — Croyez-vous vraiment qu’il existe, l’amour ?
B — Je crois bien sûr qu’il a existé, et j’attends son retour.

A — Mais si vous êtes seul, malheureux tous les jours
Pourquoi sourire au monde, avec des mots d’amour ?
B — Si je voyage souriant dans ce monde sans contours
C’est pour guetter de près la mort, ennemie de l’amour.

A — Ne voyez-vous pas qu’on s’en fiche de votre cour ?
B — Je ne cesse d’expliquer à qui esquive l’amour
Qu’il ne faut pas prétendre des plaisirs sans amour
Ni profiter de la gloire, sans amour
Ou aussi d’une couronne d’épines, sans amour.

A — Que pensez-vous d’obtenir, avec « votre » amour ?
B — Rien. Juste une tasse de thé et des petits-fours !

Giovanni Merloni

002_lectrice 1 - copie

Lectrice de Pierre Bonnard,
image empruntée à Laurence  (@f_lebel)

Lors d’une récente publication concernant une poésie d’amour, j’ai reçu un tout bref commentaire qui m’a intrigué : « Votre prédisposition à l’amour toujours, toujours l’amour, est une belle ouverture sur votre altérité. (1) »
Tout en admettant qu’il y a peut-être dans mon blog un « excès d’amour », surtout pour ce qui concerne mes textes poétiques, j’ai profité de cette suggestion pour me poser une question, qualitative et quantitative à la fois.
J’ai d’abord réfléchi à l’extrême difficulté, dans un blog, de fournir une image cohérente de soi, ayant pour conséquence une distribution équilibrée des différents propositions et thèmes. La nature même des blogs, tout en nous poussant à « montrer » des textes sous l’emprise de l’urgence, n’aide pas trop à organiser, sélectionner, en un mot administrer ce qu’on est en train d’écrire au fur et à mesure.
Lorsqu’on publie un livre sur papier, par exemple — du roman au recueil de poèmes ; de la récolte de contes aux récits autobiographiques — on est forcés à sélectionner en fonction d’un thème, d’un but narratif ou alors, tout simplement, d’une longueur de pages fixées par l’éditeur après un examen sévère des textes manuscrits.
Dans mon cas, à part les quatre romans publiés en Italie (dont le dernier en vers), avant de m’installer à Paris, je n’avais publié qu’un livre de poésie (« Il treno della mente ») qu’on trouve ici en version française sous le titre « Le train de l’esprit ».
Mon éditeur italien, Gaetana Pace, précocement disparue, en 2010 — une femme charismatique, énergique et sensible à la fois, poète elle-même —, avait insisté pendant des années pour que je réorganise mes poésies en vue d’ultérieures publications. Malheureusement, les pièges de mon travail se soudèrent alors à d’autres circonstances de la vie, interrompant ce circuit vertueux…
Or, en publiant dans mon blog les poésies dont j’avais raté la publication sur papier, je ne me suis pas trop investi d’une véritable sélection ni d’un travail éditorial accompli. En fait, le caractère de « work in progress » du blog m’a déconseillé de le faire et, d’un coup, la paresse d’avant le blog, qui rimait bien avec sagesse, a été remplacée par l’urgence du web, synonyme d’auto-indulgence…
D’ailleurs, en publiant, jour après jour, les poésies que j’avais écrites pour Ambra, Nuvola, Stella et Ossidiana, par exemple, je ne me suis pas chargé d’accrocher à mon mur un placard adapté, pour y expliquer qu’il ne s’agissait pas de recueils poétiques achevés, mais plutôt d’évocations symboliques de contextes poétiques et d’endroits de la mémoire où mes poésies — ou billets ou lettres — ont déroulé plusieurs fonctions. Ces récoltes évoquaient en définitive moins les vraies histoires que la façon de se produire de chaque rencontre, de chaque adieu. Ou alors, tout simplement, on y repérait les traces d’un travail intérieur incessant pour essayer d’entraver le chagrin, la douleur pour l’absence, le désespoir, la déception…
D’ailleurs, ces encadrements dans de différents contextes n’expliquent pas grand-chose au sujet des personnages à plusieurs facettes qui traversent ces endroits et ces histoires différents. Comment se peut-il qu’ils soient toujours joyeux ou souffrants et, en même temps, inexorablement fidèles à l’idée de l’amour comme but et moyen unique pour s’en sortir ? Est-ce que ces personnages évoluent vraiment, avec le temps ?
Ce n’est pas à moi de répondre, mais, si je n’abandonne pas les poèmes appartenants à des époques forcément révolues, je devrai bien sûr me poser la question de la distance à mon personnage, à celui qui écrivait au fur et à mesure ses textes, ayant pour la plupart, sinon la forme, la substance de missives directes, voire de lettres d’amour, dans le but de faire un choix : celui de décider si je vais être tout simplement le traducteur ou le passeur de ces émotions et états de l’esprit ; ou alors si je vais assumer jusqu’au bout ce que j’étais en stricte relation à celui que je suis maintenant.
G.M.

003_lectrice 4 (1) 180

Lectrice de Jan Mankes (1911),
image empruntée à Laurence  (@f_lebel)

(1) J’ai retrouvé par hasard une intéressante cotation du philosophe George Marinier à propos de l’altérité dans l’amour : « L’amour ne détruit pas l’altérité, il l’intensifie au contraire, mais en la transformant (…) L’amour implique une certaine altérité, non pas une altérité de l’ordre du lui, qui est exclusion, mais une altérité de l’ordre de toi, qui est réciprocité de présence. » G. Madinier, Conscience et amour, pp. 96-97 (Foulq.-St-Jean 1962)

Sur ta robe rouge et grise, 1975 (Ossidiana n. 63)

10 samedi Oct 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_scottex nuova serie 001 180

Sur ta robe rouge et grise

Me frayer un passage
dans les coudes d’acier
de ton regard.

Afficher l’air hagard
me glissant dans le cloître ébloui
de ton sourire.

M’adresser sans rien dire
à ta peau lumineuse
qui explose.

Esquiver l’onde rose
retombant sur ton cou
par à-coup.

Me dégager de mon trou
plein d’écume, m’agrippant
à tes mains.

Rencontrer sur mon chemin
l’ombre effarée, empressée
de tes pas.

M’effondrer sans fracas
dans ton lit de serpents
et de mouches.

Écouter de ta bouche
la dernière édition
de mes fautes.

Tel un hôte,
savourer ta surprise,
tes frissons, en voyant
mon costume galant
voltiger sans maîtrise
sur ta robe rouge et grise.

002_scottex nuova serie 003 180

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

TEXTE EN ITALIEN

La meilleure école, 1975 (Ossidiana n. 62)

28 lundi Sep 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

« Il personale è politico »

Je suis le premier à m’étonner en découvrant, dans les plis de mes anciens poèmes d’amour, des traces, claires ou contradictoires, d’un discours politique.
Je demeure stupéfait aussi de ce malaise m’amenant à des analyses lucides, dans la réalité où je vivais, autour des signaux pourtant évidents d’involution, du manque de cohérence et de ténacité de la part de ceux qui avaient sincèrement voulu le changement et l’accomplissement de la démocratie en Italie.
Comment était-ce possible, en 1975-1976, à Bologne ? Dans le moment glorieux où le parti communiste italien touchait de formidables résultats aux élections régionales et politiques ? Voir le noir dans le rouge d’autant d’espérances réveillées ?
Était-ce l’amour, avec ses hauts et ses bas inévitables, qui me rendait particulièrement pessimiste ? De quels « étranges maîtres » parlais-je ?
Non certainement des gens que j’estimais et d’ailleurs fréquentais comme des pères et des frères. Mais je ressentais, même dans notre île heureuse, l’écho d’un monde qui tournait mal, d’une démocratie imparfaite et toujours menacée…
D’ailleurs, c’est en 1975 que nous avons dû pâtir la disparition, violente, de Pier Paolo Pasolini, un homme qui avait eu le courage de dire en contre-courant des choses très incommodes qui se sont révélées terriblement vraies…
J’avais déjà, il me semble, le pressentiment de ce qu’il allait bientôt arriver. À commencer par l’homicide d’Aldo Moro, la bombe à la gare de Bologne, la grave corruption qui aurait marqué l’épilogue d’une phase politique qui tournait autour de la Démocratie chrétienne et du parti socialiste, jusqu’à l’arrivée de Silvio Berlusconi et de ses partenaires de la Ligue du Nord…
On disait, dans cette époque révolue « il personale è politico » : tout ce qui touche la vie de chacun ne peut pas rester renfermé dans une chambre close, et vice versa. Car chacun de nous a toujours affaire avec la vie des autres, la collectivité, la politique.
On nous avait autorisés peut-être à aimer de façon plus libre qu’auparavant, mais par la suite on nous a enlevé, jour après jour, le droit de parler, de dialoguer, de participer à une discussion constructive. Dans le moment précis où l’Italie commençait à devenir un pays libre, elle en a été détournée en échange d’une fausse liberté basée sur l’argent et sur l’égoïsme institutionnalisé. Un pays « dérangé ».
G.M.

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Photo de Giorgio Muratore, depuis Archiwatch

La meilleure école

I
On nous a fait croire
que c’était la meilleure école
que vivre sans déboires
au milieu des lianes et des serpents
d’une jungle carnivore.

On nous a appris
à placer notre voix
sur des notes sauvages.
On nous a inculqué
une langue sans adjectif
un dialecte sans accents
pour que nous ne soyons pas exclus
de la luxuriante kermesse
peuplée de souriantes princesses
enrubannées.

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Photo de Giorgio Muratore, depuis Archiwatch

Bien tôt
ces étranges maîtres
réunis en aparté
se sont équipés
de miroirs et colliers
autour d’un feu
ou d’un gouffre improvisé.

Bien tôt
ils ont rassemblé
leurs instruments de torture
leurs informations d’occasion.

Maintenant, ils le savent bien
comment se défaire
de tous ceux qui préfèrent
l’anti-rhétorique
incommode et insouciante
des mots estropiés,
des histoires inventées,
des voix incontrôlées,
des silences éloquents,
des gestes irrévérencieux.

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Photo de Giorgio Muratore, depuis Archiwatch

II
Après la bataille,
l’abrupte colline
fut envahie par les boy-scouts
par les colonels à la retraite
par une pluie de billets
d’illusoires chasses
au trésor.

Après la défaite,
les femmes que nous avions aimées
firent semblant
qu’elles étaient des arbres
collés aux murs sans décors
d’appartements de banlieue.

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Photo de Giorgio Muratore, depuis Archiwatch

III
En cette société dépourvue de sens
ce sera inutile espérer
d’événements légendaires.
Le parking de notre jeunesse
ne se frayera pas de chemins
à soumettre demain
à la roue de nos pas.

Et pourtant, malgré tout
je veux avoir vécu, je veux avoir lutté.

Et pourtant, nonobstant
mon esprit meurtri,
mon âme fichue,
mon corps blessé
je veux avoir aimé.

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

TEXTE EN ITALIEN

Pour le reste de ma vie, 1975 (Ossidiana n. 61)

22 mardi Sep 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

002_recollets 02 180

Bar d’été en plein air dans l’enclos des Recollets (Paris Xe)
siège de l’Ordre des Architectes français

Pour le reste de ma vie

I
Je voudrais prendre un bain
dans une cascade,
qui gratte les cendres
de cette guerre,
qui dissolve
l’embarras de tes mots
la boue des marais
les excréments
des pigeons morts,
qui lave enfin
le vomissement et le sang
de ma peur de pâtir.

J’aimerais bien m’emparer
à nouveau
de mon corps sans poids
de ma peau sans couleur
de ma tête sans nuages.

Car je désire t’étreindre
au milieu d’arbres légendaires
dans un tableau de Léonard.

Je suis prêt désormais
à jouer avec ce feu
qui nous avait attiré
autant de risques,
qui nous avait incrusté
autant de blessures.

Encore une fois,
je me décide à me perdre
dans le rocher solide
de ton regard
dans la pagaille avide
de ton souffle
dans les ellipses brûlantes
de tes bras.

003_recollets 03 180

Bar d’été en plein air dans l’enclos des Recollets (Paris Xe)
siège de l’Ordre des Architectes français

Pour le reste de ma vie
je garderai ce sourire
qui me rend compréhensif
et même complice
des événements imprévisibles
qu’une existence nouvelle
ouvrira brusquement
telle une porte inhabituelle
où s’invitera la tempête
de soleil et de vent.

À l’orée de cette vie, j’aspire
à l’ordre de cristal d’une maison liquide
transpercée par un soleil vert.

Je n’attendrai que toi,
fleur jaillissante
au milieu d’un bouquet
d’intentions sauvages,
unique lectrice sage,
capable de retrouver
dans mon livre tristounet
ce que tu y avais
farouchement emprunté,
ce que tu y avais
distraitement glissé.

004_recollets 04 180

Bar d’été en plein air dans l’enclos des Recollets (Paris Xe)
siège de l’Ordre des Architectes français

II
Il faudrait se tenir à l’écart
de tous ceux qui théorisent
leurs provisoires équilibres
de tout ceux qui sans freins
font rebondir leur angoisse.

Il faudrait se tenir à l’écart
de tous ceux qui font arme de tout
pour nous traîner,
inévitablement, ailleurs.

Il faudrait se tenir à l’écart
de tous ceux qui sans bornes
aiment la vie.

Il faudrait se tenir à l’écart
de personnes comme moi
et comme toi.

005_recollets 05 180

Bar en plein air dans l’enclos des Recollets (Paris Xe)
siège de l’Ordre des Architectes français

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

TEXTE EN ITALIEN

Des mots abrupts, 1975 (Ossidiana n. 60)

16 mercredi Sep 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_cappelli dodo 180

Moi aussi

Moi aussi je peux avoir mon sens,
mon profil rapide
avec
une tête et une queue.

Amertume ce n’est pas mélancolie

Amertume ce n’est pas mélancolie.

Amertume c’est la blague insensée
qui nous tombe dessus
le jour où notre passion, obtuse,
roule à terre.

Amertume c’est la force
de se regarder dans une glace.

Amertume c’est la hardiesse
inébranlable
de scruter l’inutilité retrouvée
et le vase, jamais comblé,
de notre soif d’amour.

002_danzatori scoloriti

Chaque jour est le premier et le dernier

C’est quoi la beauté ?
C’est quoi la douleur?
Chaque jour est le plus beau,
mais aussi le plus triste.

C’est quoi la jeunesse ?
C’est quoi la vieillesse ?
Chaque jour est le premier
et aussi le dernier.

Giovanni Merloni

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TEXTE EN ITALIEN

Nous habitons dans un hôtel, 1975 (Ossidiana n. 59)

13 dimanche Sep 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_photo cèze più gérard 180 Nous habitons dans un hôtel

Nous habitons dans un hôtel.

Notre terrasse
est la terre lisse
d’un désert qui brûle.

Notre jardin sans mur d’enceinte
est l’herbe piétinée
d’un particulier débonnaire
qui nous hébergera
jusqu’à l’aube.

Nos habits décousus
glissent sur l’asphalte
tandis que nous courons,
bras dessus bras dessous,
tels deux étranges clowns,
tout en disant adieu
à ce bringuebalant foyer
désormais lointain.

002_ossi_nuova 180

Peut-être, un jour

Peut-être, un jour,
un chevalier inexistant
tout à fait indifférent
te ravira
par un galop désinvolte
et des fumées de poussière
autour de tes portes de pierre.
Au milieu de la cendre rouge,
sa plume pervenche
traînera à terre la statue de chaux
de nos déchirants monologues.

En l’attendant,
ton corps nu,
coupant le nœud qui nous liait
bousculera la dune
révélant, entre nous
cet étrange désert
de solitude
où se cache la force oubliée
de nos élans d’amour.

Et pourtant,
juste hier, tes mots assiégés
couraient autour de mes yeux
dans la chambre ensoleillée
d’un ring sous les projecteurs.
Dans cet enclos jamais conquis,
nus, nous nous caressions,
sans jamais penser
sans jamais gravir la tour jusqu’en haut.

Et pourtant
par un geste élégant
ce galant chevalier inexistant
m’a rendu son costume,
son heaume ensanglanté,
ses gants poussiéreux. D’ici peu,
la fissure de ton regard
va traverser l’enclos d’ombre
de mon envie de combattre
ressuscitée
prête à hurler.

Giovanni Merloni

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Le même enthousiasme distrait, 1975 (Ossidiana n. 58)

07 lundi Sep 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

003_ossidiana doppia 180

Le même enthousiasme distrait

Bien entendu, les lieux sont là
soumis à la même ombre sournoise
avec leurs images officielles,
leurs sourires hébétés
indélébiles
sous les éclairs d’une presse distraite
qui sait tout, avant d’arriver.

Bien sûr, d’autres fées
joyeuses manipulatrices
aux silhouettes charismatiques
briseront ce même air vieillot
cette même ombre courtoise.

Bien évidemment, les lieux mêmes
même s’il auront changé
même si abimés ou embellis
ils auront inscrite quelque part
notre voix chancelante
en train de vivre ou prête à mourir
au passage.

Bien volontiers j’y reviens
même si tu ne le fais pas.
Bien allègrement tu y raviras le vent
même si je ne serai pas là.

Chacune de ces pierres
et de ces plaques souillées
se souviendra de moi et de toi
imprégnés jusqu’à la moelle
du même enthousiasme distrait.

001_ossidiana 003 180

Tu as rendez-vous au centre-ville

Tu as rendez-vous au centre-ville
au bout d’une rue de boutiques allumées.

Au demeurant,
sous le soleil,
le feu dans l’estomac,
nos mains traînent
sur le bord flou
d’une étrange liberté.

Avant le couchant
les couleurs dessinent
tes formes somnolentes
s’emparant
comme autant de nébuleuses
de ton pas rapide
vers un point lointain
où je t’attends.

002_ossidiana 004 180

Petite fleur accrochée à mon costume

Petite fleur accrochée
à mon costume
coquille rose
pour mes cailloux blancs
abeille souveraine
abeille travailleuse
cigale vagabonde,
elle est ma caresse «liberty»
au milieu des bruits sourds
d’une vie
de plus en plus violente,
Ossidiana.

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright

TEXTE EN ITALIEN

Rêveries corsaires, 2015 (Zazie n. 33)

04 vendredi Sep 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_A 180

002_B 180

003_C 180

Éventail de circonstances
Devant le rectangle lumineux :
Wagon-lit arrêté juste avant qu’on entre en gare ?
Avez-vous une cigarette ?
Rêveries d’impatience ?
Danses invisibles ?

Hors d’ici :
Ombres blanches d’opaline,
Prairies sans éclat,
Paroles enchevêtrées
Et lointaines,
Rêveries corsaires.

004_D 180

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

J’ai décidé de t’écrire, 1975 (Ossidiana n. 57)

01 mardi Sep 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_j'ai décidé 003 180 J’ai décidé de t’écrire

J’ai décidé
que je ne ferai rien
pour me souvenir de toi
(car cela est inévitable)
que je ne ferai rien non plus
pour t’oublier
(car cela est impossible).

J’ai décidé
que je fermerai avec soin
la porte définitive
du silence,
laissant au dehors
les bilans inutiles
les vaines élucubrations
à propos
de ce qui nous est arrivé
ou alors
de tout ce qui aurait pu
nous arriver
si nous étions blonds,
comme tu dis,
et plus intelligents,
et pourvus d’un esprit libre,
plus aigu, civilisé.

J’ai décidé
que je serai costaud
que je ne me ferai pas
écraser ni meurtrir
que je lutterai encore
pour être moi même.
Je le ferai pour toi
je le ferai contre toi.

J’ai décidé
que je ne cesserai
de regarder dans ta chambre
au milieu du couloir.

Oui, mon regard sera oblique
et mon cœur éclatera
en te voyant de profil,
intense, prête à exploser,
mais
j’ai décidé
que je ramasserai
quelque part la force
de t’adresser un jour
la parole
laissant mes mots abrupts
se mêler
à tes mots poignants
toutes les fois
que nous aurons envie
de parler de tout ce qui nous reste
en commun
de l’étrange destin de l’amour
de tout ce qui ne cesse de vivre
dans nos corps rejetés.

J’ai décidé
que j’arroserai au jour le jour
le fleur impétueux
de ton absence.

J’ai décidé de t’écrire
télégraphiquement
que je vivrai seul
volontiers
que je ne serai plus pressé
ni précipiteux
ou, comme tu dis,
lourd et maladroit,
que je ne me jetterai pas
à la poubelle
que je ne te maltraiterai
surtout pas.

J’ai décidé
que je ne croirai pas
à tes retours de flamme
ni à ta nostalgie tardive
mais ce sera toujours
trop fort et injuste
pour moi
décider d’un seul trait
d’effacer ton prénom
je ne le ferai jamais
même le jour
fabuleux et lointain
où je t’aurai oubliée.

Giovanni Merloni

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TEXTE EN ITALIEN

Tu es toutes les femmes, 8 mars 1975 (Ossidiana n. 56)

24 lundi Août 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_toutes les femmes 180

Sauve (Gard), été 2015 (1)

Tu es toutes les femmes

Tu es toutes les femmes
qui serrent les mimosas dans la neige
courant à la rencontre de la vitre gelée
d’une démocratie boiteuse,
prêtes à briser le mur
du consentement préfabriqué.

002_toutes les femmes 180

Sauve (Gard), été 2015

Tu es la femme nouvelle
qui a vomi le conformisme
au milieu des chiffons usés
d’une rhétorique pourrie.

003_toutes les femmes 180

Sauve (Gard), été 2015

Tu es la quintessence
de la sagesse indienne,
tu es une sorcière
majestueuse et légère.

004_toutes les femmes 180

Sauve (Gard), été 2015

Partisane non-violente
de la destruction de l’enceinte
tu es prête à l’attaque
contre les habitudes
nous empêchant de grandir.
 

005_sauve 05 180

Sauve (Gard), été 2015

Tu es une égratignure
sur la peau bronzée, un sourire
au milieu de transparences colorées.

006_sauve 06 180

Sauve (Gard), été 2015

Tu es l’enivrement
la passion étrangère
la forme nette
et le son résolu
d’un nouveau rite
ou d’un monde
d’étranges paroles
qu’un jour j’arriverai,
peut-être, à comprendre.

Giovanni Merloni

(1) Juste à la fin de mes vacances, j’ai pu connaître ce pays magnifique grâce au conseil amical du poète Marcel Taude que je remercie du cœur.

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