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Sans domicile fixe, juin 1975 (Ossidiana n. 26)

07 mardi Jan 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_sansdomicile def_modifié-1

Sans domicile fixe

Lorsqu’on n’a pas
de domicile fixe,
d’abri corporel
ou moral,
lorsqu’on traîne
à mi-chemin
dans la poursuite
pénible
de nous-mêmes,
faut-il mieux chercher
l’identité ou le bonheur ?
La normalité ou le doute ?

Prendre fait et cause,
du moins pendant quelques années,
c’est une bonne recette
peut-être
(puisqu’on donne
et l’on prend du parti,
et de la société,
tout comme l’on prend
et l’on donne
à une femme).

Mais ensuite, accueilli
par le rythme indolent
d’une ville nouvelle,
envoûté
par  l’étrange langage
d’une femme amoureuse
(sans qu’il n’y ait plus rien
à contester
ni à construire), la veine
poétique se tarit
(comme dans une prison)
dans le domicile fixe
de mots faciles
suggestifs
épiques
colorés,
et pour-
tant
vides.

002_domicile fixe NB

Et pourtant
un peu de moi
demeure bien ferme,
calé dans le fond boueux
d’une poche,
dans la courbe hirsute
d’une boucle,
dans le rare caprice
du cœur d’un autre,
ou d’une autre,
ou de toi.

Un peu de moi
résiste, je le jure, accroché
au cordon effiloché
qui voltige indulgent
dans le nonchalant souvenir
de ceux ou celles
qu’un jour j’ai effleuré
à chaque départ ou arrivée
dans chaque boisson gelée
dans l’herbe blonde ou irisée
de chaque pré.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

 

Mémoires de la plateforme (d’un bus), 1964 (Ambra n. 36)

07 mardi Jan 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_bus 000 180

Mémoires de la plateforme (d’un bus)

I
Je me souviens, elles me passionnaient
les lugubres routes de chaque jour
(dans les allers-retours des bus
bourrés de jeunes femmes
brunes aux étranges coiffures).

Elles m’étaient indispensables
comme de mauvais rêves
ces navigations interminables
d’où jaillissaient, inattendues,
des vies simples et sincères.

Étourdis par la lumière de métal,
agrippés à des gens
sans équilibre,
bouleversés par les arrêts brusques,
nous n’avions pas envie
de nous réveiller.

002_bus 002 480 NB

Dans cette boîte
de sardines verticales,
il y avait toujours quelqu’un
effeuillant patiemment
son énorme journal
prêchant à l’opposé de mon idéal.

Et pourtant,
c’était une consolation,
pour moi, ce moulin
quotidien, cet amas épais
de corps divers
me laissant ressentir
au fond de moi-même,
tel un plaisir suprême,
ma solitude extrême !

003_bus 003 480 NB

J’aimais vraiment,
au jour le jour, observer
les moindres soubresauts
de ces gueules disparates
qu’un hasard
de vent et de soleil
avait assorties.
J’adorais
les entendre discuter,
débiter, s’emporter
au sujet triste ou narquois
de n’importe quoi.

004_bus 004 480 NB

II
Lorsque, traînant ton haleine
de dentifrice, tu montais
toi aussi, petite,
sautillante,
sur la plateforme branlante,
il ne te suffisait pas
de t’accrocher à mes gestes,
car tu t’accaparais, indocile,
de tous les regards
sans d’ailleurs négliger
les plus reculés.

Quand tu étais là, mon cou
devenait un périscope,
mes bras n’étaient
qu’une triste rambarde,
tandis que mes mains tournaient
à vide, comme une matraque
rabougrie.

005_bus 005 480 NB

« Ne sommes-nous pas pareils,
nous aussi ? »
tu disais, agacée, en scrutant
mes doigts éperdus.
Tu ne me supportais pas
(dans les allers-retours des bus
bourrés de jeunes hommes
blonds aux étranges lunettes),
et pourtant, en causeur inlassable
j’espérais tout de même
de te vois ravisée
en reconnaissant (à peu près)
un petit progrès
dans mes cogitations :

« Je ne sais pas quoi
envisager
pour pouvoir rencontrer
tous les jours
ces mêmes personnes.
Je ne sais pas quoi donner
pour finir écrasé
dans l’étreinte mortelle
au milieu d’un gros lard
en train de lire son bouquin
et d’une sœur espagnole
en train de lécher une glace ».

À présent, je me souviens bien
de ton incrédulité.

006_bus 006 480 NB

Giovanni Merloni

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Toi qui passes toute seule, 1964 (Ambra n. 35)

07 mardi Jan 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_toi qui passes 180 bleu

Toi qui passes toute seule

Toi qui passes toute seule
à côté de ce mur…

« Juste pour toi
(t’en souviens-tu ?)
je volais les fleurs au vent,
les étoiles au ciel ;
pour toi j’arrachais
des poignées de mouches.
Ce petit rien je l’échangeais
avec ce grand rien
que c’est l’amour. »

Maintenant, tu passes
toute seule
à côté de ce mur
sans jamais te retourner
en arrière
ni en haut.

Qui sait si tu te rappelles
que je peux te voir
passer
depuis la sombre fente
de la tour croulante.

« Juste pour toi,
moi je marchais
ou alors je courais,
en te poursuivant
avec le cadeau intéressé
d’un baiser. »

« Je n’avais pas peur
de ton refus éreinté,
pour toi je m’astreignais
à ressembler
comme une goutte d’eau
à ton ombre. »

002_toi qui passes

Tu marches toute seule
mais je sais qu’un beau jour
il y aura quelqu’un d’autre,
empressé à ton flanc,
encombrant
comme une ombrelle,
fastidieux
comme une ombre.

Je ne pourrai plus t’espionner
au passage.
La brique démontée
devra retourner
à sa place. Je serai seul.

Mais qu’importe,
je t’ai eu
par ce peu
par ce petit rien volé
à la fleuriste
au forgeron
au vase de nuit
au talent d’un baiser,
ce baiser
que tu as donné
juste à moi,
juste une fois.

003_toi qui passes 180 rouge

Toi qui passes toute seule
à côté de ce mur,
ne tourne pas ton visage
volage, ton regard
myope, dans la quête
inutile
d’un baiser d’amour
désormais reclus
au milieu d’un cœur
perdu.

Giovanni Merloni

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Non, 1964 (Ambra n. 34)

07 mardi Jan 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_invece di correre a casa 180

Giovanni Merloni, 2013

Non

I.
Un bouquet de fleurs,
une violette au milieu
de fleurs de pêcher,
un adieu fleuri,
un geste violet.

Un douloureux NON
et deux yeux langoureux
verts, bleus
impitoyables, humides, las
puisque nous avons cru
nous dire tout
une vérité vraie et une fausse.

Des yeux verts, des yeux bleus
voudraient encore
me ramener
à nos corps repliés
enchevêtrés
à nos réalités
quotidiennes.

II.
Des yeux verts, des yeux bleus
se laissent dire NON

tandis qu’une énorme bouche
avale de milliers
de bouquets de violettes
dans une nuit-NON

et que je préfère
me combler d’infâmes pensées
plutôt que rentrer
à la maison.

occhi verdi occhi azzurri 62055 - copie

III.
Au commencement, à la fin
il n’y aura que tes yeux
même dans le NON
d’une immense solitude.

Des yeux verts, des yeux bleus
cacheront ton étoile
brillante
voltigeant sur ma mort.

Ton regard vert et bleu
descendra sur mon corps
désolé

tandis que
le dernier soleil blanc
descendra dans tes yeux.

IV.
Un bouquet de fleurs,
une violette au milieu
de fleurs de pêcher,
un adieu fleuri
un geste violet
vert et bleu
dans une nuit-NON

tandis que moi
je vais me combler
d’infâmes pensées
plutôt que rentrer
à la maison.

Giovanni Merloni

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Dans le château de tes oreilles, 1974 (Stella n. 30)

03 vendredi Jan 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Stella

001_rêve 1974 180Giovanni Merloni, Rêve avec arbre et luminaires, 1973

Dans le château de tes oreilles

I.
Mystérieuse
aimable
gymnique
ironique sardonique satanique
filmique
oui, bien sûr, filmique.
Figurante, vedette
chemisette
roquette
raquette
guinguette
drôle
(ayant le)
physique du rôle

tu es
mon étui, mon tiroir
ma commode, ma boîte
mon fauteuil qui boite
et pourtant tu n’es pas
pas du tout maladroite.

II.
L’amour fait parler.
Un chuchotement pourtant
peut désintégrer
le château de tes oreilles.

Il suffit de deux cent mille
mots déplacés, jetés
par avarice, par exagération
pour qu’on se retrouve reclus
dans une toile d’araignée
dans une impasse
dans un cagibi détruit.

On n’a jamais été libres
ni riches ni indestructibles,
on n’a jamais été
superficiels
ni profonds non plus.

L’amour fait taire.
Un chuchotement pourtant
peut fomenter une danse
(effrénée)
dans le château de tes oreilles.

Giovanni Merloni

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Idole de la nuit, 1964 (Ambra n. 33)

02 jeudi Jan 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_idolo della notte 180

M.C. Escher (1898-1972), Het Palais, La Haye, Hollande

Idole de la nuit 

Idole de la nuit
ton rite à toi
c’est le vent soufflant
parmi les cannes.

Mon amour, quand je partirai
le temps se repliera sur soi-même.
et je laisserai
cette lettre sculptée
libre de siffler derrière le train.

J’étais avec une femme,
je dessinais son visage
péniblement
(toujours elle m’interrompait)
je lui parlais des étoiles de l’Ourse
du train sifflant sur les champs
labourés par des hommes bons
(elle me voulait fort
plus costaud d’un soldat).

Un jour justement il pleuvait
et je pleurais, à verse.

J’aurais été heureux
si je n’avais pas eu le souci
de la songer sereine
tandis qu’un sillon gris
(au contraire)
brisait le front de mon idole.

002_procida005 180

Île de Procida (Naples)

Au loin, un nid insaisissable d’aigles
ici, des pas de plomb.
Parmi la paille et le foin
de mes ancêtres
je t’ai cherché, en vain, sans te trouver
Ambra, idole de la nuit.

Giovanni Merloni

De « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome, 2000 2000 — ISBN 88-86600-77-1

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Ma famille est un archipel (Luna, 1978)

01 mercredi Jan 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001_archipel_tagliato_def 180

Giovanni Merloni, Tityre à chapeau sous l’arbre tutélaire

Ma famille est un archipel (1978)

Ma famille est un archipel.
Mon père s’appelait Jaufré,
sa femme arborait des yeux noirs,
tristes et gais. Sa maison, bien
riante, se comblait d’amitié.

Parmi les pierres d’en dehors
le soleil s’endormait
laissant libre le vent
de valser longuement
avec l’herbe.

000a matrimonio 180 chiara

Jaufré, mon grand-père,
était frêle et bon, toujours
prêt à jeter les mots avec
fougue. Sur les trains
de l’exil, il avait brisé
les lacs et les bois
de tristes filles brunes.

Adversaire à jamais des patrons,
il arborait une mine sévère,
attentive. Entre les lunettes
et le chapeau mou, la mer
imperceptiblement soufflait.

Légendaire, son île de cyprès
accueillait au couchant
près d’un sombre embarcadère
les barques silencieuses
d’hommes tristes
enveloppés dans leurs écharpes.

000b_matrimonio 180

Ce fut toujours
ce même destin de fuir,
poursuivant
l’obsession de la vie
et son centre.

Avec ce penchant
pour les rêves de paix
et d’îles immobiles
se forgea le destin
de nous tous,
dans notre famille.

000c_1954_009 180

Même le petit enfant
filant en strapontin
dans son voyage de naissance
entre Rome et Turin
Il s’appellera Jaufré.

Déjà je lui adresse
une gauche ritournelle
essayant de lui cacher
mon esprit perturbé.
000c_1954_009 part 180

Tu vivras seul sur terre.
dans une île de pierres
écaillées de sel
t’arrangeant mal au vent,
au soleil obstiné
aux ombres du passé.

Heureusement
tu connaîtras bien la peur,
confusément
tu aimeras bien de femmes.

D’abord, tu deviendras
l’ombre de ta mère.
Tu la poursuivras partout
cette sorcière bronzée
aux jambes sèches
(ta première porte
vers le matin).

Ensuite, mon petit ruban d’air
(qui n’existes pas vraiment)
au bout d’un instant
ton ile se couvrira de barbe
rousse. Abrupt et piquant
comme un petit géant
tu seras nu, farouche
intolérant.

000d_1954_018 180

Très vite, la mer
se changera en étang
noir de boue. Autour de toi
une enceinte de visages
t’examinera.
(La plupart des gamins
mon cher Jaufré
apprennent vite la règle
du jeu.
Ce n’est pas, à dire vrai
une loi si terrible).

Mais, toi, nouveau né
pas encore né
(je le sais déjà)
tu t’en iras. Sans argent
et sans larmes
au milieu d’un vacarme
qui bientôt t’oubliera.

Tu auras même la force
d’avancer nonchalant,
cachant le petit sourire
d’être sûr, jusqu’au bout
que tu ne seras jamais
mesquin ni prêt à tout.

Finalement, la belle Hodierne
un jour d’été
te fera trébucher
dans sa tresse blonde
à la taille moderne.

Entouré des soupirs
d’énormes coquillages
heureux et confus, ô Jaufré
(en lui promettant un anneau
doré)
tu retiendras la nuit
et tes mains plongeront
comme de molles racines
au-dessous de sa jupe légère,
au milieu de ses cuisses
humides.

004_1960cortina_001 180

Et pourtant, effrayé
par le sombre souvenir
de ton ancestral destin
(arrivant au rendez-vous
dans cet instant précis)
tu reculeras sans préavis
loin de cet amour de loin
envisageant dans cette bûche
(capable de brûler ses jambes
et ta main)
le bruit sombre d’un foyer
éventé par la main égale
(fermée à clé)
d’une Vestale.

Je devine enfin le propre
de ta peur,
la raison que tu hérites
te rendant fugitif
pourtant prêt
à t’exiler en vain
dans des nouvels enclos
de plus en plus lointains.

000e_nuovi disegni007 180

Giovanni Merloni, Tityre à chapeau sous l’arbre tutélaire (publié déjà dans les vases communicants d’octobre 2013 – avec Danielle Carlès)

Mon destin à moi,
c’est l’attente d’un nom
différent

Et pourtant mon train train
m’emmènera toujours
à fuir loin de moi-même
en cherchant l’âme sœur
(et le véritable amour )
n’importe où.

Giovanni Merloni

De « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome, 2000 2000 — ISBN 88-86600-77-1

  • Liste des poèmes de Giovanni Merloni, groupés par Mots-Clés

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écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 1 janvier 2014

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Un étrange jugement (dernier)

27 vendredi Déc 2013

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits, mes poèmes

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005_coppia con lampadina 180

Giovanni Merloni, 2013

Je bâtirai un palais tout en or, dit la Bonté. J’y installerai mille chaises de la même taille et mille personnes pour qu’elles s’aiment éperdument. Une fois par jour, l’on organisera de grandes fêtes en honneur de Moi.
Je creuserai un antre au-dessous de la terre, dit la Méchanceté. Au bout, dans la strate la plus profonde, je placerai, ensemble, une vierge et un impuissant. Partout, il n’y aura que des rochers à grignoter.Personne n’aura envie de pleurer ni de protester non plus. D’ailleurs, les hommes et les femmes n’auront jamais le droit de s’aimer nulle part, chez Moi. Enfin, vous verrez, tout le monde s’en passera de la Bonté.
Je creuserai mille antres au-dessous du dessous de la terre, qu’un ange et un diable garderont diligemment, dit Dieu. Chacun devra se battre la poitrine, tout en vaguant parmi les sourires et les révérences, sans jamais ne rien comprendre, sans jamais ne rien savoir. Enfin, pour que chacun s’en souvienne, lorsqu’il Me fait trop de mal ou trop de bien, je lierai ensemble la Bonté et la Méchanceté avec une lourde chaîne. À personne, je ne dirai où chercher une méchanceté sans bonté, une bonté sans méchanceté. Ainsi tout le monde comprendra où est le commencement, où est la fin, où est le plein, où est le vide. Et finalement (avec tout le respect possible),
ils cesseront de chercher Moi-même.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 25 décembre 2013

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Pour ne pas penser ni à la mort ni à toi.

26 jeudi Déc 2013

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits, mes poèmes

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000c_la strega 63 180

J’ai vu la mer se briser contre des écueils artificiels, avant de flanquer des murs d’eau contre le ciel. J’ai entendu l’odeur des poissons, j’ai vu des filets et des barques à l’aube, vides de pêcheurs. J’ai marché, dissipant des heures et des heures inutiles, pour ne pas penser ni à la mort ni à toi.

001_1959c_010 180

Avec ma sœur Barbara, 1959

Tout près, une branche nue se détache, avec son nid d’oiseaux misérables. Tout près, la charmille s’offre au regard, verte de vie. Tout près, je traîne silencieux, enthousiaste. Mais ni elle ni d’autres ne me cherchent pas. Au loin, le monde est tout près de l’Histoire.

002_1959c_012 180

Avec ma sœur Barbara, 1959

Sur le bord du fossé je m’efforçais vers la paix de feuilles sèches, flottantes vers cette joie faite de presque rien. Glace fondu qui tremble dès qu’un caillou l’effleure. Glace fondu du fossé, miroir de ma tristesse.

005_1960ravello_004 180

Mes parents, 1959

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 26 décembre 2013

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Une vie inconnue

25 mercredi Déc 2013

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits, mes poèmes

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000b_i re magi 63 180

Le bruit doux de la pluie s’effondre tristement dans la nuit froide. À travers les vitres embuées ma vie se révèle : je découvre dans l’insistance de l’eau qui coule le danger du monde, dans la faible défense du verre ondulé je m’attends à sa tromperie.
Je ne crois pas au péché. Les gens croient de pécher et de s’en délivrer pourtant, tout en demeurant ignorants de ce que cela veut dire. Je ne crois pas à la tromperie parce que — hélas ! — très souvent, même qui trahit sa compagnie agit pourtant sans le savoir vraiment. Je ne crois pas à la mort injuste parce que l’homme l’attend.
(Je sais d’ailleurs — hélas ! — combien d’assassins, de voleurs, d’escrocs trouvent leur soutien assez facilement.)
(Cela me révolte, m’anéantit, car je ne peux pas accepter comme si m’était égal tout pouvoir de faire du mal qui s’installe impunément.)
Je ne crois pas ni n’espère. Je ne fais qu’exister. Dans ce monde vide, sans bout ni but, je vis à jamais une vie inconnue.

007_provino_012 180

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 25 décembre 2013

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