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La vie est blonde (Luna, 1977)

25 lundi Fév 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

la vie est blonde 740 def

Giovanni Merloni, 1998-2013

La vie est blonde (1977)

Le geste d’un soleil épuisé
a brûlé l’air d’épaves
a vomi des fleurs violettes
de caresses bleutées
de longs cheveux d’herbe
a défait comme un drap
le lierre vigoureux
de nos étreintes.

Le geste d’une pluie de fête foraine
se faufile, maladroit
dans l’armoire où, renfermé
je t’imagine et t’attends,
où je caresse
la musique muette de tes sourires.

C’est un supplice la vie
quand un beau jour
la paix, la confiance te surprennent
dans le coin sombre de ta peine.

La vie est blonde
quand le merveilleux silence
d’un baiser déchire
doucement
le rideau de papier vélin
d’un monde qui cesse de regarder
et qu’on s’effondre
dans le bercement immobile
d’une balançoire suspendue
sur l’écorce jaune de la mer.

La vie est un geste à contre-courant
est le courage de laisser se désarmer
par le frais soupir des jardins
par le lent chemin
(parmi les cailloux et le sable)
de nos souvenirs
d’abord cuisants puis doux
tandis qu’un bonheur hargneux
au centre du corps
s’assombrit et se dissipe
parmi les ombres nettes et les lumières
de la ville.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 25 février 2013

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Vol de jour (Luna, 1977)

22 vendredi Fév 2013

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Luna

001_cervo x volo di giorno_21.02.2013_prova part_740

Giovanni Merloni, 1994-2013

(revenir à la liste du « Train de l’esprit »)

Vol de jour (1977)

Un bras nu, blanchâtre, un peu gonflé
me retient la main et le corps
l’œil mouillé, surpris par le vent :
un essoufflement douloureux dans la poitrine
me prépare à la mort, aux éternels coussins
aux pas tristes des autres à l’ombre des châtaigniers.

Troublé, je poursuis  une fantaisie lugubre
de couleurs immobiles, de gestes de bois
de langues paralysées
d’automobiles en montée, de trains en descente
d’hommes automatiques, de femmes terrifiées.

À moitié dévêtu, chiffonné, abruti
j’ai toujours moins d’argent
toujours moins de forces
pour le long voyage.
Rome marche dans Rome
court précipitamment dans Rome
meurt dans Rome.

Méticuleux j’accroche ma chemise
à la fenêtre du verre bleu du jour,
tandis que sur mon corps passe
le désir avili, la joie inhibée
de rester longuement
parmi les autres, au milieu des sacs
à l’arrêt du bus,
tandis que sur mon ventre sans odeurs
passent des musiques sans programme,
des voix essoufflées.

J’atteins enfin le sommet
du mur de pierres et de brique,
de vomissures et d’épaves
que j’ai construit avec une violence irrésistible
et détruit avec une magique indifférence :
j’ai été vraiment tenace, aguerri
ennemi de moi-même
chaque jour de ces années
que j’ai consacrées
à la perfection inutile
de mots et dessins
sur des murs toujours peints en blanc
sur des sables toujours
effacés par la mer.

À présent je m’envole, nu
vers les petites feuilles et les branches
vers le soleil et les lagunes enflammées,
vers la nuit immobile des aigles.

Giovanni Merloni

002_cervo x volo di giorno 740

De « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome 2000 —  ISBN 88-86600-77-1

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 22  février 2013

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Ces gens, 1975 (Ossidiana n. 15)

21 jeudi Fév 2013

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Ossidiana

questa gente

Giovanni Merloni, 1989

Ces gens 

Ces gens
qui voltigent
assez confiants au milieu des choses
ne se laissent pas consumer
apparemment
par le ver lucide
de l’arithmétique indétermination,
de l’astronomique angoisse
ni par le sens qu’ont déjà les mots
ou par le sens même de la vie
de l’expérience au milieu des autres.

Ces gens
qui se laissent utiliser
par une quotidienne révolution
par une nouvelle perpétuation
de l’ordre établi
de l’équilibre
entre la naissance et la mort des choses ;
ces gens
à présent luttent pour bâtir
demain pour détruire
pour se bâtir et se détruire
pour se rendre heureux et malheureux.

Ces gens
qui grandissent ou vieillissent déjà
dans une infinité de nouvelles identités
ne semblent pas avoir envie
de commencer à penser
de viser plus  haut
en acceptant
de vivre à côté de la mort
de se positionner jusqu’au bout
d’oser la critique
en cultivant
une intelligence
capable de vaincre le inhibitions
les complexes les bégaiements
le silence désespéré.

Ces gens
qui semblent harcelés
par une peine ou un mirage
— après l’étincelant illusoire
accaparement de quelques bribes
d’une compliquée et totalitaire globalité —
ils rentrent pourtant le soir
dans leurs étroits abris de chiens
en acceptant le piège
des petits soulagements
des petites libertés.

Ces gens
qui semblent satisfaits
doux, alignés
au pire conscients
de cette logique désespérée de la consommation
ils ont peut-être renoncé
à toute diversité
au poids des mots
ils deviennent un mur inerte
des masses de manœuvre
les proies privilégiées
de fausses attitudes
bon chic bon genre,
les victimes les plus coopératives
d’un altruisme hypocrite
se bornant
à des buts faciles et tragiques
à des mariages inutiles et névrotiques
à des accords qui coupent les ailes
dressant, au fond
un gigantesque mur de haine.

Ces gens
passent d’une prison à l’autre
tout en couvant de petites envies de revanche
et chaque jour se tuant
petit à petit.

Ces gens
dont je fais partie
qui bougent silencieusement
s’arrêtant devant les vitrines
avec ma même attitude
mon même pas
ces gens dans lesquels je me réfléchis
comme dans une immense glace invisible,
ces gens égarés
exclus, condamnés, programmés
quotidiennement fourvoyés
réussiront-ils à ouvrir les yeux ?

Giovanni Merloni

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Le labyrinthe de l’absence, 2004 (Solidea n. 5)

20 mercredi Fév 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Solidea

047_labirinto assenza antique

Giovanni Merloni, 1979-2013

Le labyrinthe de l’absence (2004)

1.
[L’année suivante]

Je n’arrive pas à savoir
si pour moi tu es un écueil
ou bien un robinet.
Je ne sais pas si je m’échoue
contre toi
ou alors je me lance
vers toi.
Je ne sais pas si mon navire noie
par hasard ou fatale
distraction.
Je ne sais pas si mon tronc
d’arbre finlandais s’arrêtera
pour toujours à ton écluse.
J’ignore ce que tu feras
immobile devant le labyrinthe
étranglé et insensé
de mes débâcles.
Riras-tu ou alors tu pleureras ?

2.
[Deux ans depuis]

Je ne sais plus qui es tu vraiment
Je t’aime et je te crains
te cherche et t’esquive
et pourtant
(t’ayant vue
ayant renoncé à te voir)
mon cœur, agitant
la terre douteuse,
glisse par terre, à plat ventre
au milieu des ruines.
Je ne sais pas. Jamais je ne comprends
ce qu’il m’arrive
si je cogne contre toi
si je ne te rencontre pas.
S’il y aura une collision
et se cassera
désastreusement ma quille
je ne sais pas si ton écueil
invisible sera teinté
par le violet de mon sang.
Lorsque tu tourneras
le dernier robinet
par l’invisible tenaille
du silence et
horriblement
je serai étranglé
je ne sais pas si
(rapide et compatissante)
tu fermeras même ma bouche
mes yeux mon nez.
Je ne se pas si tu te sauveras
ou alors toi aussi
tu seras étouffée
par l’excès
de robinetterie.

3.
[Trois ans depuis]

J’ai essayé de nouveau
(téméraire, suicide)
de voir ce qu’il arrive.
Si devant moi tu te places
par sûr tu m’écrases.
Si tu glisses, rapide
dans un nuage d’acier bleu
je le sais déjà
celle-là c’est toi.

Encore toi, tu va remplir
d’une douloureuse espérance
le labyrinthe de l’absence.
Moi, j’ai apporté
mes pensées confuses, enveloppées
dans les jardins excités
où tu m’avais promis
ne plus venir.
Là, je me suis transformé
en un pré mouillé
qui gît inaperçu
pourtant, seule seulette
j’y ai vu tourner ta bicyclette
dans la roue parfaite.
Voilà, même si l’on ne veut pas
on se rencontre,
même si on nous sépare
par un viaduc
par un passage souterrain
par un fil barbelé
ou alors par un fossé.
D’ailleurs, je fais semblant
de devenir absent
si je pince en flagrant
tes yeux sur le volant.

4.
[Dix ans depuis]

Si je finis en galère
(dépourvu de tes soins)
dans le quart d’heure d’air
je ne saurai pas trouver
une raison à tes tortures.
Nuitamment
je poursuivras les voix
les cris la joie
rebondissant sur les murs
la défunte fringale
désormais pâle
qui frappera à la porte
du pensionnat guindé
où tu m’auras envoyé.
Alors, on réussira bien
à ne pas s’étreindre
physiquement
à ne pas s’entendre
poétiquement.
Tu lèveras ta main pour dire
« Absente »
je me sauverai
parmi les cintres
du placard,
éteindrai la radio
et ne dirai plus rien.

Je n’arrive pas à savoir
si pour moi tu es un écueil
ou bien un robinet.
Si devant moi tu te places
par sûr tu m’écrases.
Si tu glisses, rapide
dans un nuage d’acier bleu
je le sais déjà
celle-là c’est toi.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 20  février 2013

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Mon amie emmitouflée (Solidea n. 4)

18 lundi Fév 2013

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Solidea

044_amica infagottata_panoramique

Giovanni Merloni, 1991-2013

(revenir à la liste du « Train de l’esprit »)

Mon amie emmitouflée (2004)

Sur le fil de la mer
traînaient les phares
les éclairs et les vagues des moteurs.

Mon amie emmitouflée
demeurait affligée
froissée, désaxée
tandis que l’obscurité
descendait parmi ses cheveux ondulés
et son pardessus sans couleur.

Une lueur tiède
s’étendait sur ses yeux d’émeraude,
tandis qu’un confortable évanouissement
traînait sur son regard de velours
sur ses petites mains anxieuses.

Ma voiture trop lourde
soudain éteinte, désaxée, affligée
s’égarait dans une île perdue
rejointe inexplicablement
(après des périples et des labyrinthes)
par des planches incertaines
et de ponts désaxés.

Mes yeux caressés,
mes pantalons chiffonnés
mon visage lisse assistaient
au déploiement des mots
tels des billes d’émeraude
roulantes sur la surface grise de l’eau
illuminée abandonnée désarmée.

Notre amour emmitouflé
(poussé parmi les dunes et les ronces),
se froissait, se désaxait,
s’allumait et s’éteignait
héroïquement
tandis que nos corps en accord
embrassés, en sueur
s’abandonnaient à la douceur
d’une intimité profonde
totale ancestrale ;
alors qu’au fil de la mer
traînaient les phares,
les éclairs et les vagues des moteurs.

Giovanni Merloni

De « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome 2000 —  ISBN 88-86600-77-1

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 16  février 2013

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Je ne sais pas du tout, 1973 (Stella n. 8)

17 dimanche Fév 2013

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Stella

non so proprio 740

Je ne sais pas du tout

Tout comme d’autres jours
qui s’enroulent dans le sable
la gueule basanée
les dents lumineuses
les cheveux collés
même aujourd’hui je ne bouge pas
et je me retourne, effrayé
comme dans la vomissure
étendu à même la terre
et la boue et les sillons
tracés par des roues claudicantes.
Même aujourd’hui
je connais la stupeur
face au silence dehors
face à la chaleur dedans
des paroles à la chaleur enflammée
des vers ou aussi des signes
maladroits, des invitations
à la complaisance
à la fameuse paix humaine.
Je me trouve encore plus seul
et courbé, plus beau et lucide
plus souffrant et mouillé
d’eau et de larmes.
Mon mal est la mort
celui d’être prisonnier
honnête, moral, travailleur
et d’avoir toujours envie de voler
de m’étendre à terre
riche d’un rien
celui d’être pensif et surexcité
fatigué et pourtant attentif
névrotique et pourtant somnolent
c’est la furie soudaine
de nouvelles choses
de nouvelles terres
de nouvelles femmes.
C’est mon intimité extravertie
ma souffrance
transformée en joie
ma peine guettée
et copiée sur une petite feuille
ou sculptée sur un ruban de mots.
Et je sais tant de choses
même belles
tant d’histoires et films inventés
et l’envie de nous asseoir
autour d’un disque
en silence comme les indiens.
Et je sais aussi tant de croix
de pas qu’on écoute
revenir en arrière
tant de cauchemars
qui sont nés là,
dans des terres révolues
parmi les maisons
au-delà du vent.
Ma ville m’emprisonne
pourtant les gens me regardent
sans me voir :
quelle chance cette solitude
au milieu des autres
je suis seul
parce que je ne sais pas voler
ni trahir ou m’éclipser
je ne sais pas être
un charlatan.
Je ne sais vendre
que mon ingénuité
ma fantaisie hors du temps
mon penchant pour une vie
de quatre sous
je n’ai que ça
ces énergies de vie
peut-être du passé
d’un passé provincial.
Je ne sais pas exister
ni avoir une gueule de personnage
Je ne sais pas non plus
être vraiment maladroit.
Je ne sais pas du tout.

Giovanni Merloni

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Guérir, 1997 (Solidea n. 3)

15 vendredi Fév 2013

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Solidea

041_guérir_740

Giovanni Merloni, 1991-2013

(revenir à la liste du « Train de l’esprit »)

Guérir (1997)

Un.
Lézarder, boire, vous reposer
cesser de vagabonder, laisser le corps
s’endormir parmi des voix aimées
manger, attendre
essayer de comprendre
essayer de guérir;
entrouvrir les yeux, vers le soleil
déverrouiller
la porte secrète du cœur:
sortir sans attendre
voyager sans traîner
aller sans revenir
rencontrer de baraques de chaux et de bois
de prés à dessiner
d’albums que vous remplirez d’histoires
et garderez
pour vous-même.

Deux.
Cacher votre sourire,
briser l’enclos
des murs assiégés
par une sortie élégante et sournoise
feignant une grimace de douleur.

Trois.
Briser le petit nuage sombre.
La tête soulevée
(en larges brassées)
sortir dans la mer
en quête d’une plage verte
où le corps se perd
où l’esprit se retrouve
et petit à petit
l’écheveau se dévide.
Envoyer des cartes postales
depuis votre île secrète :
« Bonjour à tous. Je vais bien.»

Giovanni Merloni

De « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome 2000 —  ISBN 88-86600-77-1

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 15  février 2013

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Quel est le sens, 1973 (Stella n. 7)

14 jeudi Fév 2013

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Stella

quel est le sens

Quel est le sens 

Quel est le sens
de ce non sens
qu’est une vie,
quel est le sens
de ce creusement
en profondeur
pour toujours
de sillons invisibles
entre les cailloux et le sable
juste là où la pluie crache
là où le vent s’enroule ?

Quel est le sens
le véritable sens
de nos étreintes
spasmodiques et romantiques
tout en nous parlant
de rêves de signes
de lumières de pas
de voix ?
Même ton regard
je l’avais inventé
dessiné sculpté
j’en étais tombé amoureux
ou alors je m’en étais épris
juste un peu.

Aujourd’hui
je suis un personnage
ou seulement sa voix
(une voix écho)
je ne suis qu’un pas dispersé
dérangé désuni
un pas fatigué.

Demain je suis neuf
comme un œuf
dénudé lavé habillé,
demain je me trouve
un sens, ou du moins un prétexte
pour traverser l’air
ébahi et insensé.
Demain je suis vieux
ou seulement pensif
ennuyeux gâteux en retrait
solitaire
bibliothécaire questionnaire.

Quel est le sens de ces mots
tous ces mots qui s’affolent
pour donner du sens
à des choses qui n’en ont pas ?
Quel sens ont-elles ces voix
toutes ces voix différentes
et ces bruits recroquevillés dans l’ouate
pour répondre au reflet
d’une seule voix, d’un seul bruit ?

Je ne suis pas nihiliste
au contraire, je m’engage
je partage
je m’unis en mariage
avec toi, puis toi
brune blonde claire noire
douce méchante
jolie froide
lointaine voisine
timide effrontée
brouillonne
organisée.
Toi aussi, tu n’as pas de sens
ou bien tu en as
évidemment
si je t’aime.
Et tôt ou tard
de cette absence de sens
jaillira bien le sens
de ce que je pense
sans aucun sens.

Giovanni Merloni

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Gloire (Zazie n. 1)

13 mercredi Fév 2013

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Zazie

agora couverture 2012001

Giovanni Merloni, 1992

Gloire

Que dois-je t’avouer ?
J’ai essayé de me sauver
me réjouissant de la fortune
d’être par là passé
sans t’avoir rencontrée.

Mais ce soir
juste après avoir déjeuné
la tête dans la lune j’ai faufilé
et me suis de-ci de-là balancé
avec toi
mimosa du huit mars
avec toi
tache d’huile
sur la succincte robe rouge
avec toi
pêcheuse attentive
(le nez dans mon aquarium).

Avec toi j’ai ondoyé
en méprisant la fortune
de ne pas t’avoir rencontrée.

Giovanni Merloni

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LA GLOIRE D’UN CHEF INDIEN

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Faux nom, doux nom, sauvage nom, 2004 (Solidea n. 2)

11 lundi Fév 2013

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Solidea

isola verde_verde-def_740

Giovanni Merloni, 2004-2013

(revenir à la liste du « Train de l’esprit »)

Faux nom, doux nom, sauvage nom (2004)

Fée, je ne me souviens pas
comment tu t’appelles
où tu habites, quel est ton prénom.
Je n’avais appris que ton faux nom
doux nom, sauvage nom
que je confondais
avec des mots et des gestes sans nom.

De travers, je marchais,
toujours fatigué, jamais fatigué,
ton corps blanc à mes côtés.
Je cherchais tes yeux, tes doux yeux
dans une excellente pénombre
dans un matin sans encombre.

Brusquement, tu as fait le slalom
me fuyant dans la rue sans nom
ne me laissant qu’un adieu sans sortie
un village silencieux et sans vie.

Pourtant, je garde ton faux nom
doux nom, sauvage nom
douloureux nom, silencieux nom
abordage de mes bras et mes jambes sans nom.

J’embrasse ton mon, je lèche ton nom,
je pénètre ton nom
j’engloutis ton nom, je vomis ton nom
j’aime ton nom, je célèbre ton nom
j’enterre ton nom, j’exhume ton nom
j’oublie ton nom, je rappelle ton nom
j’enlace ton nom, je caresse ton nom
je dévêts ton nom, je mordille ton nom
je maltraite ton nom, j’enveloppe ton nom
je défais comme un paquet ton nom
je serre entre mes bras et mes jambes ton nom.

Je confonds ton nom
faux comme le mien
avec des mots sans nom, avec des gestes sans nom.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 11  février 2013

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