le portrait inconscient

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« Je suis venu pour jouer, je suis venu pour aimer, secrètement pour danser »

29 jeudi Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in théâtre et cinéma

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« Je suis venu pour jouer, je suis venu pour aimer, secrètement pour danser… »
Une soirée avec Paolo Conte
 

Le soir de mardi 27 janvier, contre mon habitude sédentaire et paresseuse, j’avais accepté l’invitation de mon fils Paolo et m’étais rendu avec lui au Grand Rex.
Rien de plus confortable que de se glisser vers la Mairie du Xe, emprunter la rue du Château d’Eau, traverser le boulevard de Strasbourg, atteindre le coin de la rue du faubourg Saint-Denis avant de nous lancer sur la gauche vers la porte homonyme, dans ce quartier encore fort animé dans ce début de soirée. Avant de toucher de nos mains l’Arc de triomphe qui bouche la rue, nous nous sommes carrément faufilés dans la rue de l’Échiquier… entamant une promenade à zigzag parmi les gens, arrêtés devant les bars, qui s’est bientôt terminée au croisement avec la rue du faubourg Poissonnière. Voilà, sur la gauche s’imposait avec sa tour à la Tatline ce théâtre fantasmagorique dont je n’avais jamais franchi la porte, tout en imaginant la richesse des espaces à l’intérieur, ainsi que la grandeur de la salle des spectacles.
Le nom Paolo Conte court sur la façade de façon discrète, tandis qu’une petite file s’est déjà formée. Comme conseillés par le vendeur des billets nous sommes là avec une heure d’avance. Tout le monde est calme, souriant. Un rendez-vous qui se répète désormais assez fréquemment à Paris : Paolo Conte, chansonnier et poète très aimé en Italie, est connu et aimé en France aussi. Étant parmi les premiers, nous occupons une des meilleures places dans le « balcon haut ». Nous sommes au centre. Juste une file de fauteuils rouges devant nous, rentrant dans le « balcon bas ». Sinon, en dehors de ces deux têtes prévues en dessous de nos genoux, la ligne des yeux va courir tout droit jusqu’au piano, placé au centre du plateau, où Paolo Conte chantera en jouant du piano.
Les deux balcons — haut et bas — précipitent, avec la galerie en forte pente, sur le parterre complètement caché, qu’on peut imaginer gigantesque. Au-dessus des places qui se remplissent doucement et silencieusement, on peu admirer une véritable coupole, un peu kitch, où se projette un ciel étoilé. Le plateau, encadré par un grand cercle rouge shocking, illuminé à point, héberge autour du grand piano un orchestre muet, en attente. Je me souviens alors du mot « golfo mistico » figurant dans une des chansons de Paolo Conte : « Il n’y a rien de plus séduisant qu’un orchestre excité et nymphomane, renfermé dans la fosse (golfo mistico) qui bouillonne de tempête et liberté » (1)
J’avoue que je suis calme, assez détaché et encore préoccupé pour mes articulations supérieures et inférieures que l’étroitesse de ma place empêche tout à fait de mouvoir. Heureusement, mon fils peut encore se plier sur sa gauche vers la place encore vide, me donnant ainsi la chance d’allonger les jambes de temps en temps.
Je ne connais pas les derniers albums de ce créateur unique, dont mon fils est intime connaisseur depuis toujours. Une fois, dans les années quatre-vingt-dix, dans un moment de découragement, mon Paolo avait même appelé Paolo Conte au téléphone. Celui-ci avait été très indulgent avec ce jeune inconnu et l’avait brièvement rassuré…
Ce mardi je n’étais pas là, au Grand Rex, pour découvrir encore mieux les raisons de l’attachement de mon fils à la chanson de Paolo Conte. Je suis moi aussi un sincère admirateur de cet homme doux et amer, triste et pourtant riche d’une vitalité débordante. Faisant partie de la génération qui a connu surtout ses premières chansons, mon souci de spectateur dans un théâtre français, c’était de voir comment Paolo Conte avait su garder la cohérence de son monde poétique en transmettant au public parisien son extraordinaire ironie toujours remplie d’humanité. Car en fait le contexte où ses histoires sont nées et ont grandi a été tout à fait différent.
Mais je n’ai pas eu le temps de me souvenir de tous les titres que j’aurais aimé entendre de nouveau, ici à Paris. Car l’heure était arrivée. Paolo Conte était là.

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Je regrette de n’avoir pas pensé aux jumelles, que ma femme a caché qui sait où. Car mes lunettes, de moins en moins bonnes, m’enlèvent le plaisir des détails. De si loin, par cette faible lumière, même les photos de mon iPhone résultent imprécises et incomplètes. Je vois quand même que Paolo Conte tient debout et garde son esprit brusque et envoûtant même avec les cheveux blancs de neige et l’allure d’homme un peu fatigué.
Le spectacle est merveilleux. S’alternant dans plusieurs formes d’expression — le chant ; la simple récitation ;  l’émission de sons ou de mots estropiés par le biais d’un presque invisible instrument qu’il appuie furtivement aux lèvres — sa voix rauque s’installe toujours au centre de cette « fosse » où les guitares fusionnent avec le saxophone, le violon et le xylophone. Il nous raconte. Ce sont des histoires presque incompréhensibles, pour les Français comme pour les Italiens massivement présents dans le théâtre. Avec mon fils, nous reconnaissons bien sûr la presque totalité des chansons proposées, nous en devinons des passages célèbres, en général incontournables et tellement connus qu’ils font partie désormais de notre langue ou de notre course nostalgique aux trésors persistants de notre extraordinaire culture. Et pourtant, on a ici affaire à de petits passages, à des évocations symboliques et même intimes. Car le primat a été volontairement donné à la musique, à l’orchestration sublime, à la bravoure des musiciens concernés. Car en fait Paolo Conte, en dirigeant l’orchestre derrière lui avec un élégant et souple ondoiement des bras et des épaules — souligné ou coupé par les gestes secs et amoureux des mains ainsi que par les indicibles attitudes de cette petite tête capable de se courber jusqu’à la dernière touche du clavier —, réalise un « pont ». Un pont physique et mental entre ses premières chansons, s’inscrivant parfaitement dans l’esprit rebelle, décalé et mélancolique de l’école de Gènes — très proche de la chanson française de son époque, de Brassens et de Brel en particulier — et la chanson populaire qui évolue avec la danse, la rencontre extra-muros, les endroits décadents et aventureux que l’imaginaire installe volontiers dans ces interminables voyages à travers l’Atlantique. Le Brésil ou l’Argentine de la « rumba » ou de la « verte milonga » (2) sont d’ailleurs un miroir complice où peuvent se refléter les passions sentimentales et érotiques des jeunes impatients de la « campagne » submergée par le brouillard au milieu de la plaine du Pô :

« Je suis venu pour jouer
je suis venu pour aimer
secrètement pour danser... »

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Un solide fil rouge relie entre eux les deux mondes du jeune Paolo Conte, timide auteur de chansons que d’autres ont lancées et de ce Paolo Conte qui vient d’accomplir ses soixante-dix-huit ans et reste pourtant au centre d’une vague dansante où la mémoire et l’histoire des hommes (et des femmes) sont ancrées à jamais.
Une fois réalisée cette liaison indispensable, chaque chanson que j’ai entendue au Grand Rex ne pouvait que confirmer cette émotion. Dans ce minuscule plateau, il y avait un monde énorme qui pulsait avec ces va-et-vient vers la splendide mer de Gènes, vers la sérieuse Turin, vers la vivante Milan qui fut elle aussi une patrie indispensable de la chanson italienne. Si maintenant Paolo Conte voyage avec ses chansons dans d’autres mondes, plus ou moins exotiques, le rythme de son crescendo mélancolique et déchirant est toujours le même qu’on pouvait savourer dans un bal de n’importe quel village de la province italienne des années soixante et soixante-dix.
C’est un monde perdu, désormais. Comme il arrive aussi en France, où la voix d’une Édith Piaf, par exemple, serait peut-être anachronique, aujourd’hui.
Mais la « come di » et la « journée à la mer » (3) resteront dans la tête de chacun, des incomparable berceuses pour les hommes mûrs et les femmes rêveuses.

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En nous éloignant du Grand Rex pour rentrer dans notre quartier — hanté à présent de pulsions et de voix où la rébellion et l’anticonformisme assument un sens tout à fait différent — je remercie vivement Paolo Conte, mon aîné de presque neuf ans, pour ce témoignage incontournable. La chanson italienne est très importante comme le cinéma, elle devrait être connue davantage à l’étranger et particulièrement en France. Il a eu la force et l’intelligence de faire le premier pas. Il a très bien représenté d’autres « frères » (Luigi Tenco, Gino Paoli, Fabrizio De André, Giorgio Gaber, Enzo Jannacci, Lucio Dalla, Francesco Guccini…), auxquels son œuvre n’a jamais été insensible.

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Sotto le stelle del jazz (Paolo Conte)

Sotto le stelle del jazz (Paolo Conte)

Giovanni Merloni

(1) de Il maestro è nell’anima :

Niente di piu’ seducente c’e’
di un’orchestra eccitata e ninfomane
chiusa nel golfo mistico
che ribolle di tempesta e liberta’

Paolo Conte

(2) Alle prese con una verde milonga (1981)

Alle prese con una verde milonga
il musicista si diverte e si estenua…
E mi avrai verde milonga che sei stata scritta per me
per la mia sensibilità per le mie scarpe lucidate
per il mio tempo  per il mio gusto
per tutta la mia stanchezza e la mia mia guittezza.
Mi avrai verde milonga inquieta che mi strappi un sorriso
di tregua ad ogni accordo mentre mentre fai dannare le mie dita…
Io sono qui sono venuto a suonare sono venuto ad amare
e di nascosto a danzare…
e ammesso che la milonga fosse una canzone,
ebbene io, io l’ho svegliata e l’ho guidata a un ritmo più lento
così la milonga rivelava di se molto più,
molto più di quanto apparisse la sua origine d’Africa,
la sua eleganza di zebra, il suo essere di frontiera,
una verde frontiera …
una verde frontiera tra il suonare e l’amare,
verde spettacolo in corsa da inseguire…
da inseguire sempre, da inseguire ancora,
fino ai laghi bianchi del silenzio fin che Athaualpa
o qualche altro Dio non ti dica descansate niño,
che continuo io… ah …io sono qui,
sono venuto a suonare, sono venuto a danzare,
e di nascosto ad amare …

Paolo Conte

(3) Una giornata al mare (1974)

Una giornata al mare
solo e con mille lire
sono venuto a guardare
questa acqua e la gente che c’e’
e il sole che splende piu’ forte
il frastuono del mondo cos’e.
cerco ragioni e motivi
di questa vita
ma l’epoca mia sembra fatta
di poche ore.
cadon sulla mia testa
le risate delle signore
guardo una cameriera
non parla e’ straniera
dico due balle ad un tizio
seduto su un’auto piu’ in la’
un’auto che sa di vernice
di donne e di velocita’.
laggiu’ sento bimbi gridare
nel sole o nel tempo chissa’
mi fermo a guardare
palloni danzare.
tu sei rimasta sola
dolce madonna sola
nelle ombre di un sogno
forse in una fotografia
lontani dal mare
con solo un geranio
e un balcone.
ti splende negli occhi
la notte
di tutta una vita
passata a guardare
le stelle lontane dal mare
e l’epoca mia e la tua
e quella dei nomi dei nonni
vissuta negli anni a pensare.
una giornata al mare
tanto per non morire
nelle ombre di un sogno
forse in una fotografia
lontano dal mare
con solo un geranio
e un balcone.

Paolo Conte

Je suis passé, personne ne m’a vu (Solidea n. 25)

27 mardi Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Solidea

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Je suis passé, personne ne m’a vu (1)

1. Depuis le pessimisme

Devant les gueules
que je n’avais pas défoulées
je suis passé,
pour voir, pour être vu.

Dans les lieux
que je ne pouvais pas oublier,
je n’ai fait qu’une descente
furtive.

Dans cette autre dimension
qui fut la mienne,
j’ai pourtant retissé,
de façon schizophrène,
les trames d’une affection
dont je craignais la vanité,
car le train allait bientôt
tout couper, tout écraser,
tout déchirer de nouveau.

J’ai seulement eu le temps
de me reconnaître dans le regard
de chacun d’eux : un revenant
dont chaque homme possédait
un échantillon privé
exclusif, primordial ;
un survivant dont chaque femme
gardait le secret.

Je ne serai jamais le seul homme
ni le même
pour ces gens trop aimés
dont pourtant aussi bien
je me souviens.

Aucun souvenir
de ma silhouette passagère
(trop rapide, trop intense)
ne se figera, hélas ! solitaire,
identique, dans l’esprit
de tous ceux qui m’ont vu m’éclipser
comme une ombre.

À présent, je me découvre changé
et je voudrais que la ville le sût.

Elle ne le saura pas, peut-être.
Je suis passé, personne ne m’a vu.

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2. Depuis l’optimisme

Je suis traîné, ici à Bologne,
par un courant fiable
par l’enthousiasme illimité
de mon amour filial.

Elle est une mère brusque
malgré tout affectueuse,
où sont nées
autant de pièces
de mon corps et de mon être
importantes sinon indispensables.

C’est ici qu’elles prenaient
leur nourriture, loin d’ici
elles n’ont eu d’autre perspective
que mourir.

C’est ici que j’aurais dû vivre
quitte à me soumettre
à des escarmouches quotidiennes
avec des frères jaloux.

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3. Depuis le voyage

Je voudrais rester à Bologne.
Je voudrais rester sinon à Rimini,
à Imola, à Casalecchio
ou alors à Terra del Sole
dans une maison comme celle-ci
dans une rue comme via dell’Unione.

Je voudrais me caler
dans la mélancolique incertitude
d’un monde de correspondances
à renouer, de vides inattendus
à remplir.

Dans la certitude ébahie
d’obligations nouvelles
plus circonscrites, plus régulières
moins démesurées et aventureuses,
ô combien volontiers
je resterais ici !

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Giovanni Merloni

(1) Réécriture de ces jours, en français, d’une poésie écrite (en italien) en 1989 lors d’un voyage à Bologne

Texte d’origine EN ITALIEN

Les signaux évidents que notre douleur renvoie (Zazie n. 25)

25 dimanche Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

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Giovanni Merloni, Couple rouge et bleu, janvier 2015

Depuis ce glorieux dimanche 11 janvier 2015 où les Français de tous les crédos sont descendus dans la rue, deux semaines se sont écoulées.
Spontanément, ils avaient proclamé leur attachement à la liberté républicaine et en même temps ils avaient voulu manifester : leur volonté de travailler pour que l’amour prévale sur la méfiance et la haine ; leur engagement individuel à exercer dorénavant, plus que jamais, l’attention ainsi que la tolérance. Toujours, même dans les situations les plus difficiles.
D’en haut de mon observatoire privilégié — l’un des boulevards qui portent à place de la République, à Paris, en provenance des deux gares du Nord et de l’Est —, j’avais pu observer la façon des gens de participer à cet événement unique.
Tout le monde « courait », glissant sur le goudron au milieu des platanes avec une légèreté qui n’avait qu’un sens, celui de la confiance dans l’intelligence et la sagesse des êtres humains. Dans cette course il y avait aussi une force, l’unique possible contre le vent froid et impitoyable de la Mort : la force de l’Amour.
Pendant cette manifestation de chagrin et de joie, je me suis souvenu plusieurs fois de la journée du 23 mars 2002, à Rome, où une foule pareille, avec les mêmes sentiments, s’était donné rendez-vous près du Circo Massimo, autour de Sergio Cofferati. Nous y accourions pour défendre un primordial principe du droit du travail et, en même temps, hélas, pour manifester contre le énième acte de terrorisme aussi violent qu’ambigu qui avait tué, le 19 mars, à Bologne Marco Biagi, un juriste en train de travailler autour de cette loi controversée.
Je vois des points en commun dans ces deux journées. Elles ne sont pas les seules, en France, en Italie et en Europe, à exprimer une condamnation unanime du terrorisme. Ce dernier n’a aucune justification religieuse ou idéologique que l’on puisse accepter. Ce n’est qu’une forme lâche, tout à fait insupportable, de toucher la volonté de paix et de démocratie dans les pays libres ainsi que dans les libres consciences de tous les êtres humains de la planète.

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Boulevard Richard Lenoir, Paris, 21 janvier 2015

Les signaux évidents que notre douleur renvoie 

Je suis ici, comme vous,
comme toi, comme elle,
un corps encore en vie,
une voix
au milieu d’autres voix.

Une voix qui n’a qu’un seul pouvoir :
celui d’exister,
de crier au secours,
de courir au secours.

Une voix encore libre,
heureusement,
de rester debout.

« Je suis ce que je suis
et n’y puis rien changer. » (1)
Et pourtant j’essaierai
de me garder, dorénavant,
attentif et honnête,
courageux et prudent.
Dans l’espoir
qu’ils se gardent, eux aussi
attentifs et honnêtes,
courageux et prudents,
mes voisins et mes proches
et les jeunes
et les moins jeunes
et tous les artistes
et tous les touristes
et tous les représentants
des autres listes.

Sans rien faire d’autre
parce que nous ne pouvons
rien faire de plus

quitte à respecter la liberté
que nous avons le bonheur
de respirer,

quitte à espérer
qu’on ait des égards
pour cette constellation
de signaux évidents
que notre douleur renvoie,

quitte à prétendre
qu’elle soit réalisée
jusqu’au bout
une poignée indispensable
de choix résolus
que notre civilisation
égalitaire et fraternelle
demande.

Giovanni Merloni

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Place de la République, Paris, 11 janvier 2015

(1) Célèbre chanson de Juliette Gréco.

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

Avant j’étais un œuf frais (Zazie n. 24)

22 jeudi Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

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Avant j’étais un œuf frais

Avant j’étais un œuf frais
où les nébuleuses rouges
voltigeaient sans les toucher
avec les traînées blanches et jaunes
tout en frôlant le firmament noir
de l’enclos verrouillé
comme des lèvres
comme des joues
comme autant d’attestations
de sympathie et
(pourquoi pas ?)
de confiance.

Pendant longtemps,
j’ai été à demi solide,
à demi liquide,
à la coque,
voilà pourquoi
on m’a avalé
(plusieurs fois)
en me laissant installer
dans les pénibles intestins
de demoiselles incertaines
au milieu de vicissitudes obscures
de travail ou de lutte.

À présent, je suis bien rude,
arc-bouté comme un œuf dur
survolté comme un voyageur clandestin
en train de lorgner son destin
en deçà d’un mur
douloureux et moqueur.

Maintenant, il existe
mille façons
de sortir de cette coquille :
elle n’est qu’un frein usé
désormais
rien qu’un transparent
costume estival.

Et pourtant mille bouches
sont prêtes déjà
à mordre et mâcher
cette silhouette parfumée
qui vient juste de naître
à l’aventure de la vie.

Mille estomacs,
mille bras, mille oreilles, mille cheveux,
mille mains faméliques
vont me mettre en bouillie,
m’éructer,
me cracher,
me vomir….

Enfin libre,
mon corps sans corps
profitera de mille cuisines
et de mille chambres
et de mille cimetières
pour s’asseoir à mille tables
sans manger
pour reposer dans mille lits
sans dormir
pour se retourner dans mille fosses
sans mourir.

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

La poésie déchirée, 1976 (Ossidiana n. 43)

20 mardi Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

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La poésie déchirée (1)

La poésie déchirée
était belle,
la poésie déchirée était sincère,
un cul-de-sac ombrageux
où la lumière avait pénétré,
un coin de poussière
où l’écheveau s’était dévidé
de la douleur et du bonheur.

La poésie déchirée
était ma vérité
la plus cruelle
déguisée en fleur,
mon extrême effort
pour te comprendre
pour me libérer
de mes « idées reçues ».

La poésie déchirée
m’avait anéanti
ressuscitant aux narines
le parfum tiéde
de ton corps.

À présent,
la poésie déchirée
est retournée tout entière
dans mes mains
dans mes jambes
dans l’estomac souffrant
de la vie.

Giovanni Merloni

(1) Réécriture de ces jours, en français, d’une poésie en italien de novembre 1975 (Bologne)

TEXTE D’ORIGINE EN ITALIEN

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

Le projet d’une poésie, 1975 (Ossidiana n. 42)

18 dimanche Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

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Giovanni Merloni, J’espère que tu…, janvier 2015

Le projet d’une poésie (1)

Dans la fragile géographie
des souvenirs
des attentes
des gestes cachés,
le projet d’une poésie
s’étend
comme une langue de papier
au milieu des vêtements
et des masques
d’un amour tombé
en désuétude
jusqu’au moment où la rage
d’une vitalité nouvelle
desserre les jalousies
de la relique sacrée.

Depuis le fond d’une crypte
sentant l’oignon et le vin
mon cri a grimpé
au-delà de la trappe d’herbe
frôlant ta robe
jusque dans ton giron blanc
aux dentelles fleuries
et nous avons pris à rouler
dans la spirale infinie
d’un parchemin en colimaçon
transparent.

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Giovanni Merloni, J’espère que tu…, part. janvier 2015

Oui, tu me rends conscient
finalement
de ma naissance
de mes premiers pas
de ma courbe gaucherie d’écolier.

Oui, tu m’acceptes
finalement
au milieu d’un dessin plus vaste,
plus riche
avec des excès,
avec du gaspillage d’humeurs
et de couleurs exubérantes
et foncées.

Oui, tu me donnes,
finalement, la certitude
qu’elle nous appartient
cette vie à nous.

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Giovanni Merloni

(1) Réécriture de ces jours, en français, d’une poésie en italien de juillet 1975 (Bologne)

TEXTE D’ORIGINE EN ITALIEN

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

À présent dans l’île il n’y a qu’une barque (Solidea n. 24)

15 jeudi Jan 2015

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Solidea

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Giovanni Merloni, Amour et géometrie, janvier 2015

À présent dans l’île il n’y a qu’une barque

L’île enlève les filets
sous un ciel s’ouvrant blanc
à sa première lumière.

Je m’effondre dans tes yeux
tels de grottes verdoyantes
envahies par la mer. Tenacement,
j’essaie de m’y noyer,
dans l’espoir de me perdre
ou de guérir.

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Giovanni Merloni, Amour et géometrie, janvier 2015 (hypothèse en N&B)

À présent, dans l’île
il n’y a qu’une barque,
il fait mauvais et toi
tu ne vas pas sauter
sur le sable mouillé
en y laissant
les reflets de tes pas.

Moi, je ne serai pas là
et pourtant jusqu’aux détails
je peux me figurer
ta descente sur les lieux
désœuvrée et coupable.

Tu trouveras ce soleil
toujours prêt à élargir
les gouttes de mer sur la peau ;
tu trouveras, dans mon ombre
collée aux cailloux,
« ton problème » ;
tu trouveras, sous un arbre,
nos regards mélancoliques
ou alors l’écho impitoyable
de nos voix hystériques.

Tu te souviendras
de cet embarras
qui n’a pas su
se convertir en joie,
au bout languissant
de soirées magnifiques,
dans ce divan flottant
au milieu des étoiles.

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Je te vois bien, apeurée,
en train d’effleurer
tout ce qu’on a raté,
touchant de tes yeux
la triste vanité
du petit espoir vertueux
de nous revoir unis
dans le lit somptueux
et interminable
de cette île inexplicable.

Moi, je vois tout perdu :
l’île, le soleil, les étoiles,
l’eau sur la peau.
Et même toi, gamine
tu as déchiré tes voiles
au bout de la séance divine
qui fut ton seul cadeau.

Tu deviens blanche, ta gueule
ne me semble pas chagrine
tandis que sur une barque
sous une pluie taquine
tu t’en vas loin, toute seule…

Giovanni Merloni

Je te suis redevable, 1965 Ambra n. 62)

13 mardi Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

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Giovanni Merloni, Une rencontre ratée, janvier 2015

Je te suis redevable

À présent, je sais bien
ce que j’aurais dû faire
ce que je n’ai pas fait
m’en dérobant, au contraire,
sous le prétexte de tes fautes
de tes silences
de tes grimaces.

Si je fouille là-dedans
dans nos rencontres dissymétriques
dans nos souffles biais
je vois ce que j’aurais pu donner
en échange de ton manque
de force et de courage.

Et pourtant
je te suis redevable
d’un après-midi
où j’ai ri, j’ai pleuré,
de ce jour de souffrance absolue
où j’ai sculpté
jusqu’au bout silencieux
de mon cœur,
pour y laisser ce que je ne savais pas
ce que je n’avais pas compris.

Je te suis redevable
de longs jours de silence
et de foudroyant bonheur.

Je te suis redevable
de cet étrange cynisme
qui m’a fait rouler en arrière
dans le néant et le vide.

Je te suis redevable
d’un « non » sec
que j’ai tranché de but en blanc,
sans hésiter,
de cette force absurde
de refuser l’amour
— pourquoi pas ? —
à jamais.

Si tu venais me chercher
dans la rue sombre,
tu ne m’aurais pas reconnu.
Ou alors, me voyant rire
et pleurer, indifférent
à la pluie battante,
tu n’aurais rien compris,
peut-être.

Giovanni Merloni

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TEXTE EN ITALIEN

La liberté en auto-stop : Maria Napoli

11 dimanche Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits

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Maria Napoli

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Je connaissais Maria Napoli depuis quelques années. Elle était une dame très sympathique, gentille, généreuse, ouverte. Il ne me semple pas possible qu’elle ne soit pas là. Je la considérais comme une membre de ma famille, même si malheureuse-ment nos rencontres ont été rares. Je n’oublierai jamais sa voix et son sourire. Adieu Maria !

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Giovanni Merloni, La liberté en auto-stop, janvier 2015

La liberté en auto-stop : Maria Napoli

Merci je dois dire à la bureaucratie,

Aux difficultés de compréhension, d’une langue à l’autre, des documents nécessaires. Dans le hall du consulat, près d’une colonne, sur un bout de papier je fis mon choix : traductrice habilitée, onzième arrondissement,

Rue des Boulets (une latérale). L’entente fut immédiate, entre deux

Italiens sensibles et quelque peu souffrants de l’excès de bureaucratie, et pourtant réactifs.

Avait-elle de réserves ou de doutes ? Pas du tout, elle aimait déguiser son âme généreuse derrière de petites questions : « pourquoi vous vous consacrez tellement à vos enfants ? Pourquoi ne pensez-vous pas à vous-même ? »

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Giovanni Merloni, La liberté en auto-stop, janvier 2015 part.

Noyée dans les tampons et les photocopies, elle me racontait  des épisodes imaginaires de familles contrariées, de frères et de sœurs qu’elle avait vus se pousser les uns les autres au bord d’un gouffre…

Avant de venir en France, en auto-stop, rêveuse de liberté. Dans cette France bien aimée devenue joliment sa patrie, celle de ses enfants. Avant d’accepter, il y a trois ans, mon invitation au spectacle…

Premier rang de la salle, je la vois toujours là, apparition bénie, assister avec ardeur au monologue touchant d’une « femme seule » débordée des souffrances d’un amour disgracieux. Je n’oublierai jamais ses yeux rêveurs dans le plateau, son attention irréductible, le charme de sa solidarité.

Ou alors elle attendait la sortie de l’actrice qui redevenait personne pour plaisanter avec elle, élégamment, tout en flottant dans son ironie douloureuse.

L‘Italie restait quelque part, dans les coulisses de sa grande figure. Un amour refoulé, peut-être, ou alors un endroit chéri pour de merveilleux épisodes

Imaginaires, dont personne ne pourra pas se passer. Le souvenir de l’Italie ne faisant qu’un avec le respect de la mort annoncée, une mort trop soudaine et radicale pour cette plante légère, une mort dont elle a peut-être essayé, souriant, de se passer.

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Giovanni Merloni, La liberté en auto-stop, janvier 2015 part.

À présent je m’interroge au sujet de ce verbe ambigu, « disparaître ». Un verbe qui raconte si bien l’affreuse déchirure qui enlève à jamais une personne, une rue, une porte, une réponse, un geste unique, une affinité élective…

À présent je ne peux pas me pardonner de n’être pas allé la chercher, avant qu’elle passe de l’autre côté. Mais je sais qu’elle n’a cessé de sourire même devant cette énième, colossale absurdité de la mort. Un sourire de défi résigné, pour ne pas dire vraiment adieu à la vie.

Giovanni Merloni

P.-S.
Depuis Facebook, j’extrais ci-dessous quelques traces de la nouvelle de la disparition de Maria Napoli (juin 2014) et des réactions de quelques amis à elle. Même si Facebook est public et tout le monde peut lire tout cela, j’ai préféré omettre les noms des personnes concernées.

002_maria napoli dernière 2014

Maria et Francesca Napoli avec deux autres personnes 

12 juin 2014
Un ami espagnol :
Une très belle famille avec de très jolis souvenirs. Je vous embrasse fort, avec beaucoup de caresses

10 juillet 2014
Une première amie française : Chère Maria, nous nous sommes connues le 5 avril 1980. C’était notre cinquième anniversaire de Mariage. Voilà comment tu es entrée dans notre vie et dans nos cœurs. Tu faisais du stop pour aller à Biarritz (via Bordeaux). Nos amis t’ont proposé de venir déjeuner avec nous. Tu est restée parce que tu es tombée amoureuse de l’un d’entre eux. Tu portais une salopette blanche comme c’était la mode à cette époque. Tu avais une coupe de cheveux à la Angela Davis. Notre amitié a été instantanée et a duré 34 ans sans faillir. J’avais tant d’admiration pour toi.
Tu travaillais la nuit dans un centre d’hébergement d’urgence du Nid. (L’Amicale du Nid considère la prostitution comme une violence et une atteinte à la dignité des personnes ; elle refuse de l’assimiler à une profession. Elle propose aux femmes et aux hommes en danger, ayant connu ou en situation de prostitution, un accompagnement vers des alternatives…)
Pour moi qui avais travaillé très tôt manuellement, tu venais d’une autre planète. Vénus sûrement ! Amoureuse de Saturne qui repartit très vite sur sa lointaine orbite. Francesca est née le 16 janvier… Un amour de petite fille !
Ta passion pour la langue française était stimulante et tes engagements vivifiants. Nous étions nées la même année mais combien ton parcours, si différent du mien, m’a enrichie et soutenue. Ta philosophie me soutient encore mais ta présence, ton art de vivre et ton rire me manquent.

Une deuxième amie française : Une tata avec un cœur aussi grand repose en paix c’est certain !

Une troisième amie française : je suis bouleversée

005_maria napoli pienza 1972 - copie

Maria Napoli à Pienza avec une amie française

3 août 2014
Troisième amie française : Chère Maria, se perdre de vue pendant 32 ans, se revoir , rire, pleurer ensemble, se regarder dans les yeux en se promettant peut etre de se revoir. tes derniers mots ont été :je t’attends à Paris,et puis d’un coup apprendre que tu es partie cette fois pour toujours. Nous n’avons même pas fait une dernière photo ensemble c’est mieux ainsi, moi et toi a Pienza, notre jeunesse, notre insouciance,nos projets…

Une amie italienne : Elle avait fui…

Troisième amie française : Les deux filles des fleurs se sont rencontrées à nouveau 32 ans depuis. Deux jours magnifiques, beaucoup de souvenirs, Merci Maria ! ! !

2 novembre 2014
Troisième amie française : Aujourd’hui ma pensée va à toi, je pense à ton regard , à ton etreinte quand nous nous sommes quittées, tu savais tout, tu n’as rien dit, tu as voulu me dire adieu comme tu l’as toujours fait, grande Maria — triste.

11 novembre 2014
Une quatrième amie française : Un rire, un sourire, une philosophie de vie, de nombreux bons moments partagés, et le souvenir d’une grande Dame aussi généreuse que pleine de Vies. Encore une t’attend peut-être? Toujours là dans nos coeurs et ta voix dans nos mémoires. Bon anniversaire !

G.M.

Charlie Hebdo et nous (À présent n. 15)

09 vendredi Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in les unes du portrait inconscient, mes poèmes

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Zazie

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Giovanni Merloni, 7 janvier 2015, technique mixte, 2015

Charlie Hebdo et nous (À présent n. 15)

C haque jour qui me reste

H onteux de vivre dans un monde impuissant

A vançant avec mes petites certitudes, je

R egretterai une époque qui a quand même existé, où

L iberté était pour tous le bien suprême à défendre. C’est au nom de la Liberté qu’il faut

I nformer tout le monde sur les risques totalitaires de plus en plus menaçants

E nseigner aux jeunes les vertus de l’échange, de la participation, de la solidarité.

 

H aine ? Je ne veux pas croire à la haine

E ngendrée par le fanatisme, ni aux

B ombes à retardement de nos fautes, de nos ingénuités.

D evant ces actes de guerre

O n doit faire valoir les droits et les devoirs de la Liberté.

 

E vidence primordiale : ce n’est pas une question de religion !

T olérance et intelligence sont les uniques moyens pour qu’on n’effleure plus les voix indispensables des innocents.

 

N égligeant toute réthorique,

O n a le droit, à présent, de pleurer. Mais demain,

U nissons-nous avec les armes gentilles de la connaissance !

S oulagés par l’art cosmopolite et la culture fraternelle, c’est à nous de garder dans nos mains la liberté et la paix !

Giovanni Merloni

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