le portrait inconscient

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La liberté en auto-stop : Maria Napoli

11 dimanche Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits

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Maria Napoli

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Je connaissais Maria Napoli depuis quelques années. Elle était une dame très sympathique, gentille, généreuse, ouverte. Il ne me semple pas possible qu’elle ne soit pas là. Je la considérais comme une membre de ma famille, même si malheureuse-ment nos rencontres ont été rares. Je n’oublierai jamais sa voix et son sourire. Adieu Maria !

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Giovanni Merloni, La liberté en auto-stop, janvier 2015

La liberté en auto-stop : Maria Napoli

Merci je dois dire à la bureaucratie,

Aux difficultés de compréhension, d’une langue à l’autre, des documents nécessaires. Dans le hall du consulat, près d’une colonne, sur un bout de papier je fis mon choix : traductrice habilitée, onzième arrondissement,

Rue des Boulets (une latérale). L’entente fut immédiate, entre deux

Italiens sensibles et quelque peu souffrants de l’excès de bureaucratie, et pourtant réactifs.

Avait-elle de réserves ou de doutes ? Pas du tout, elle aimait déguiser son âme généreuse derrière de petites questions : « pourquoi vous vous consacrez tellement à vos enfants ? Pourquoi ne pensez-vous pas à vous-même ? »

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Giovanni Merloni, La liberté en auto-stop, janvier 2015 part.

Noyée dans les tampons et les photocopies, elle me racontait  des épisodes imaginaires de familles contrariées, de frères et de sœurs qu’elle avait vus se pousser les uns les autres au bord d’un gouffre…

Avant de venir en France, en auto-stop, rêveuse de liberté. Dans cette France bien aimée devenue joliment sa patrie, celle de ses enfants. Avant d’accepter, il y a trois ans, mon invitation au spectacle…

Premier rang de la salle, je la vois toujours là, apparition bénie, assister avec ardeur au monologue touchant d’une « femme seule » débordée des souffrances d’un amour disgracieux. Je n’oublierai jamais ses yeux rêveurs dans le plateau, son attention irréductible, le charme de sa solidarité.

Ou alors elle attendait la sortie de l’actrice qui redevenait personne pour plaisanter avec elle, élégamment, tout en flottant dans son ironie douloureuse.

L‘Italie restait quelque part, dans les coulisses de sa grande figure. Un amour refoulé, peut-être, ou alors un endroit chéri pour de merveilleux épisodes

Imaginaires, dont personne ne pourra pas se passer. Le souvenir de l’Italie ne faisant qu’un avec le respect de la mort annoncée, une mort trop soudaine et radicale pour cette plante légère, une mort dont elle a peut-être essayé, souriant, de se passer.

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Giovanni Merloni, La liberté en auto-stop, janvier 2015 part.

À présent je m’interroge au sujet de ce verbe ambigu, « disparaître ». Un verbe qui raconte si bien l’affreuse déchirure qui enlève à jamais une personne, une rue, une porte, une réponse, un geste unique, une affinité élective…

À présent je ne peux pas me pardonner de n’être pas allé la chercher, avant qu’elle passe de l’autre côté. Mais je sais qu’elle n’a cessé de sourire même devant cette énième, colossale absurdité de la mort. Un sourire de défi résigné, pour ne pas dire vraiment adieu à la vie.

Giovanni Merloni

P.-S.
Depuis Facebook, j’extrais ci-dessous quelques traces de la nouvelle de la disparition de Maria Napoli (juin 2014) et des réactions de quelques amis à elle. Même si Facebook est public et tout le monde peut lire tout cela, j’ai préféré omettre les noms des personnes concernées.

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Maria et Francesca Napoli avec deux autres personnes 

12 juin 2014
Un ami espagnol :
Une très belle famille avec de très jolis souvenirs. Je vous embrasse fort, avec beaucoup de caresses

10 juillet 2014
Une première amie française : Chère Maria, nous nous sommes connues le 5 avril 1980. C’était notre cinquième anniversaire de Mariage. Voilà comment tu es entrée dans notre vie et dans nos cœurs. Tu faisais du stop pour aller à Biarritz (via Bordeaux). Nos amis t’ont proposé de venir déjeuner avec nous. Tu est restée parce que tu es tombée amoureuse de l’un d’entre eux. Tu portais une salopette blanche comme c’était la mode à cette époque. Tu avais une coupe de cheveux à la Angela Davis. Notre amitié a été instantanée et a duré 34 ans sans faillir. J’avais tant d’admiration pour toi.
Tu travaillais la nuit dans un centre d’hébergement d’urgence du Nid. (L’Amicale du Nid considère la prostitution comme une violence et une atteinte à la dignité des personnes ; elle refuse de l’assimiler à une profession. Elle propose aux femmes et aux hommes en danger, ayant connu ou en situation de prostitution, un accompagnement vers des alternatives…)
Pour moi qui avais travaillé très tôt manuellement, tu venais d’une autre planète. Vénus sûrement ! Amoureuse de Saturne qui repartit très vite sur sa lointaine orbite. Francesca est née le 16 janvier… Un amour de petite fille !
Ta passion pour la langue française était stimulante et tes engagements vivifiants. Nous étions nées la même année mais combien ton parcours, si différent du mien, m’a enrichie et soutenue. Ta philosophie me soutient encore mais ta présence, ton art de vivre et ton rire me manquent.

Une deuxième amie française : Une tata avec un cœur aussi grand repose en paix c’est certain !

Une troisième amie française : je suis bouleversée

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Maria Napoli à Pienza avec une amie française

3 août 2014
Troisième amie française : Chère Maria, se perdre de vue pendant 32 ans, se revoir , rire, pleurer ensemble, se regarder dans les yeux en se promettant peut etre de se revoir. tes derniers mots ont été :je t’attends à Paris,et puis d’un coup apprendre que tu es partie cette fois pour toujours. Nous n’avons même pas fait une dernière photo ensemble c’est mieux ainsi, moi et toi a Pienza, notre jeunesse, notre insouciance,nos projets…

Une amie italienne : Elle avait fui…

Troisième amie française : Les deux filles des fleurs se sont rencontrées à nouveau 32 ans depuis. Deux jours magnifiques, beaucoup de souvenirs, Merci Maria ! ! !

2 novembre 2014
Troisième amie française : Aujourd’hui ma pensée va à toi, je pense à ton regard , à ton etreinte quand nous nous sommes quittées, tu savais tout, tu n’as rien dit, tu as voulu me dire adieu comme tu l’as toujours fait, grande Maria — triste.

11 novembre 2014
Une quatrième amie française : Un rire, un sourire, une philosophie de vie, de nombreux bons moments partagés, et le souvenir d’une grande Dame aussi généreuse que pleine de Vies. Encore une t’attend peut-être? Toujours là dans nos coeurs et ta voix dans nos mémoires. Bon anniversaire !

G.M.

La supériorité du sujet : Gérard D’Hondt

08 jeudi Jan 2015

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Gérard D'Hondt

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Portraits d’ami(e)s disparu(e)s n. 2

J’ai hésité, avant de me décider à publier aujourd’hui ce deuxième hommage à un ami disparu. Ce qui s’est passé hier, à Paris, dans un quartier qu’on ne pouvait imaginer plus tranquille, cette tuerie absurde et même incroyable m’a tellement bouleversé que je voulais m’arrêter pour pleurer.
Plus tard, dans le métro qui me menait à la station Richard Lenoir où ma fille habite — pas loin de « Charlie Hebdo » —, j’ai été réconforté en écoutant cette voix féminine qui disait, solennellement : « à la demande de la Préfecture de police, la station Richard Lenoir est fermée… »
Ensuite, en revenant, nous avons participé à la manifestation place de la République. Dans cet espace immense, comblé de citoyens bouleversés et profondément attristés, j’ai ressenti jusqu’au bout l’empathie avec ce peuple effrayé qui ne se laisse pas abattre, affichant au contraire sa présence combative et tranquille :

ENSEMBLE, UNIS POUR LA DÉMOCRATIE !

criait quelqu’un depuis le piédestal de la statue de la République.

LIBERTÉ D’INFORMATION !

hurlaient d’autres dans la foule.
Une fois rentré chez moi, j’ai pensé que cet homme unique dont je voulais vous parler, monsieur Gérard D’Hondt, aurait partagé lui aussi jusqu’au bout tous les sentiments que je lisais dans les yeux autour de moi. Tout en songeant aux dix journalistes et aux deux policiers tués hier, j’essayerai donc d’esquisser le portrait d’un homme incroyablement généreux et solidaire ayant en commun avec ces journalistes et artistes merveilleux un profond amour pour la Liberté.

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Gérard D’Hondt, hommage è Joseph Bernard (recto)

« Je crois à la supériorité du sujet dans l’œuvre d’art… et que celle qui ne le possède pas, fut-elle un chef d’œuvre de conscience et d’exécution… est à mon avis froide et sans but. »
Joseph Bernard (1866-1931)

La supériorité du sujet : Gérard D’Hondt

Généreux et hyperactif, venant de terres joviales

Était une présence, ce monsieur souriant en bas de la

Rue Varlin. Malgré la faible trace de ses cheveux blancs,

Avait, celui-ci, la force intacte d’un forgeron qui rame dans une galère. Ancien haltérophile, capable même de soulever deux femmes à la fois,

Rendre service aux gens aimables ainsi que donner l’âme pour eux

Devait le rendre heureux. D’ailleurs, entre les privilèges de la copropriété et les joies de la rue, il choisissait toujours ces dernières.

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Gérard D’Hondt, hommage è Joseph Bernard (verso)

Dessinant et sculptant, jeune élève talentueux de Paul Belmondo (1)

´(apostrophe)

Habillait par d’époustouflants décors les médailles dorées de la Monnaie du Pont Neuf. Dans son nid, par petits croquis, il ne cessait d’étudier les nuances d’expression jaillissant du sourire et des yeux de sa belle Danielle.

Omnivore de tout jeu, même âgé, il se débrouillait bien aux claquettes ainsi que dans la valse musette.

Négligeant délibérément de raconter les horreurs vues en guerre, notre ami gaillard

Défendait, acharnement, les valeurs les plus nobles de la société. Jusqu’au jour

Terne et froid de décembre, où la force de sourire a d’un coup disparu.

À présent, son courage solidaire et son choix d’être ami me reviennent à l’esprit par des foudres piquantes.

À présent, essayant de l’étreindre, dans le vide je ne trouve que chagrin. Je m’efforce pourtant de revivre quelques histoires que j’imagine de lui dans ses plaques dorées, dans ces traces de danses invisibles qui ont gravé le trottoir.

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Gérard D’Hondt est mort le 21 décembre 2013, à l’âge de soixante-dix-neuf ans. Il était un véritable « ch’ti », installé à Paris depuis longtemps. Un vrai personnage, ayant laissé des traces d’admiration et d’amitié partout à son passage. Il a été parmi les premiers qui m’ont accueilli, de façon chaleureuse et immédiate, lors du début de mon installation en France. Avec Gérard, sa femme Danielle, madame Marie Josè Martins, Guy et Renée Houset, j’ai eu depuis le premier instant une véritable famille à Paris.

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Giovanni Merloni

(1) Paul Belmondo (1898-1982), père de Jean-Paul, était un grand sculpteur français.

Quand je venais vous voir : Laura Venturi

06 mardi Jan 2015

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Portraits d’ami(e)s disparu(e)s :
Laura Venturi

Dorénavant… Combien de fois ai-je dit « dorénavant » ? En fonction de quel accord implicite avec mes lecteurs ou interlocuteurs habituels ? Pourquoi promettre ? Je ne sais pas. Il est certainement vrai que je l’ai fait à plusieurs reprises dans ma vie, essayant toujours d’honorer mes engagements. Et j’ai eu aussi envie d’en parler, d’expliquer toujours mes projets et mes états d’avancement.
J’avais par exemple entamé une espèce de voyage à zigzag dans l’espace et dans le temps que j’appelais « le strapontin » et, plus récemment, j’avais solennellement déclaré mon intention de m’accrocher au présent. De réfléchir à l’avenir, ou aussi de rêver au sujet de ce qui se passe « à présent ».
Je me rends compte, aujourd’hui, à cause peut-être de cet état d’âme tout à fait particulier du passage de l’an, que dans les titres que je donnais à mes engagements il y avait une forte dose d’utopie. Cela ne faisait qu’un avec cette expression « dorénavant », dénonçant une attitude volontariste et peut-être enfantine.
D’ailleurs, il existe aussi une façon beaucoup plus réaliste de dire « dorénavant ». Car on peut bien se contenter d’un « désormais » qui restreint la perspective de notre engagement, nous proposant un parcours minimaliste ou, pour mieux dire, une voie de cohérence avec notre nature ainsi qu’avec nos capacités réelles d’exploiter jusqu’au bout les thèmes que nous proposons à nous-mêmes.
D’ailleurs, après réflexion, je comprends finalement l’absurdité d’imposer « a priori » des obligations ou des règles à des propositions artistiques ou littéraires qui nécessitent, au contraire, une certaine liberté ou, pour mieux dire, qui ont besoin d’un espace adéquat pour leur côté transgressif.
Suivant ce critère je vais donc essayer, avec la nouvelle année, de respecter une scansion plus simple pour mes publications :
— sous le titre « à présent » je continuerai à publier mes « nouvelles poésies » et quelques récits sous forme de « journal plus ou moins intime » ou alors de « réflexions sur l’actualité » autour de moi ;
— dans la catégorie des « contes et nouvelles », je continuerai à exploiter les textes que je considère comme les plus adaptés au blog, pour en faire dans le temps des écrits aboutis au point de vue littéraire.
Je continuerai enfin à développer mes « portraits ».

Et voilà ma première nouveauté pour l’année 2015 : les « portraits d’ami(e)s disparu(e)s ». Avec ces portraits, auxquels je songe depuis des années, j’essayerai deux épreuves assez engageantes :
— d’un côté, fixer sur la pellicule invisible de la page virtuelle les traits et les voix d’une cohue de personnages uniques que j’appelle « amis » ou « amies » en raison du sentiment qu’elles m’inspirent depuis toujours, même au-delà d’une effective amitié réciproque ;
— de l’autre côté, donner à ces portraits une taille assez courte, inaugurant ainsi, j’espère, une forme plus expéditive d’écriture et donc de lecture sur ce blog.

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Quand je venais vous voir

Lorgnant hors de la fenêtre d’un après-midi de soleil,
Agréablement assis dans le fauteuil blanc
Usé juste un peu par la file, je dessinais, en attendant vos
Remèdes précautionneux, vos propos
Adaptés à l’arrogance de mes faux malaises.

Voltigeant, blouse ouverte, vous exploitiez
Energiquement le contact nécessaire avec mes tripes
Nerveuses. « Arrêtez ! Calmez-vous ! » vous disiez,
Tranchant vos conseils telles de claires sanctions :
Une heure de piscine, pour vos pauvres épaules !
Ritournelle inécoutée. Ô combien vous me manquez,
Interlocutrice inspirée de mes faux surmenages !

À présent, vous flottez dans la mer de mes larmes, invoquant pour vous-même de remèdes bien connus, impossibles pourtant dans mon rêve éloigné.

À présent je me noie avec vous dans l’adieu.

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Giovanni Merloni

Disparue à l’improviste le 23 janvier 2013, Laura Venturi était mon médecin traitant à Rome. Une femme exceptionnelle, unissant la compétence en plusieurs spécialisations à une générosité non commune. Je pouvais lui confier n’importe quel souci ou secret, elle me transmettait toujours une merveilleuse joie de vivre. J’ai appris cette douloureuse nouvelle il y a une semaine, comme il m’arrive souvent, hélas, pour beaucoup de personnes en Italie, avec lesquelles j’avais perdus les contacts après mon départ à Paris et que pourtant j’aimais et ne cesse d’aimer vivement.

« Et maintenant ? »

25 mardi Nov 2014

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« Et maintenant ? » a écrit dans un tweet Serge Gabriel Roche depuis son observatoire éloigné et pourtant proche beaucoup plus que la fenêtre d’en face, au-delà du boulevard. « Chemin tournant », comme tous les vrais poètes, possède un sixième sens (et même un septième) pour le côté concret de l’aventure humaine.
Avec cette question synthétique, ce collègue que j’aimerais compter parmi mes amis m’interroge autour de ce texte « clair et calme avec balcon », dont je viens de mener à terme la publication en dix-neuf « épisodes ». Ou, plutôt que répondre à sa question, il m’invite, amicalement, à interroger moi-même, à profiter de la pause inévitable pour réfléchir.
Et voilà la réponse : « je ne sais pas ».
Ce qui me tient à cœur, aujourd’hui, c’est de comprendre le sens de ce que j’ai écrit, avant de m’en séparer. Je suis d’ailleurs convaincu que cela peut intéresser ceux qui m’ont suivi en m’encourageant à avancer jusqu’à la FIN.
Avec « Clair et calme avec balcon », conte-récit théâtral sur le thème du hasard réglant le bonheur ou le malheur des gens, se termine une petite « trilogie » de contes-récits marquant pour moi la période désormais révolue de l’installation à Paris.
Cette trilogie avait eu son exorde avec « La cloison et l’infini », conte théâtral en quatre épisodes. Ici l’esprit amer donne souvent le relais à l’esprit sombre, cela juste pour mettre en évidence le décalage des sentiments et des passions de deux hommes aux antipodes de la vie vis-à-vis d’une femme aussi extraordinaire que commune, assez simple dans ses attitudes « eau et savon ».
Le deuxième texte en ordre chronologique — « X, Y, Z, W » —, peut être enfin considéré comme un conte-récit picaresque (en six épisodes) où le paradoxe s’impose comme une contrainte que la catharsis finale rendra humain et tout à fait réel.

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Ces trois textes de « l’installation à Paris » n’ont pas en commun que cette circonstance cruciale.
Le premier lien évident est représenté par mon adoption idéale de la rue de la Lune comme endroit privilégié pour le déroulement des trois « actions » différentes. Une rue que j’ai découverte pendant mes premières promenades dans Paris. J’aime cette rue d’abord pour le nom, évidemment, ensuite parce qu’elle est montante, courbe et étroite, respectant apparemment un ancien parcours moyenâgeux à l’intérieur des anciens remparts parisiens. Enfin, je m’y suis affectionné en raison du livre de Queneau et du film homonyme de Louis Malle, de mon penchant pour Philippe Noiret et surtout de mon identification avec Zazie : si je creuse dans le fond de mon âme, je découvre que moi aussi, comme Zazie, je suis venu à Paris surtout pour « voir le métro ».
Présente de façon explicite dans « Clair et calme » et dans « La cloison », la rue de la Lune s’identifie, dans « X, Y, Z, W », avec le cours principal d’Âpreville. Cette localité est un pays installé au sommet d’une colline imaginaire, « copié-collé » à partir de mon modèle ancestral, c’est-à-dire Sogliano sur le Rubicone, le village de mon enfance en Romagne.
Le deuxième lien est celui de la frontière. « La cloison » est une frontière sans consistance séparant deux destins : celui d’un homme mourant, l’italien Trepaoli ; celui du jeune professeur Jérôme et de son amie italienne Antonia. Dans « X, Y, Z, W », le mur d’incompréhension entre X et Upsilon s’ajoute au mur du couvent des Carmélites en haut du village d’Àpreville ainsi qu’à de murs invisibles : entre Àpreville et Villedouce (une Bologne transfigurée) ; entre Âpreville et Villecalme (une Cesena transfigurée aussi). Dans « Clair et calme », une frontière invisible s’est installée sur le balcon de l’appartement de la rue de la Lune. Toujours, dans ces trois textes, un courant affectif brise ces frontières pour transporter l’Italie en France et la France en Italie.
Le troisième lien est celui de l’avalanche. Une avalanche de contradictions accélère la rupture entre Jerôme et Antonia dans « La cloison ». Une avalanche humaine marque la catharsis finale de « X, Y, Z, W ». Une avalanche de votes aux élections politiques italiennes de 2008 accélère ou précipite le dénouement des destins incertains d’Anna et Michele dans « Clair et calme ».
Évidemment, tous ces enchevêtrements de situations et de pulsions humaines ne sont pas nés qu’à Paris. Ils viennent de loin, depuis cette Italie qui reste au-delà du mur. Paris c’est le plateau de théâtre où les fantômes de l’imagination et de la mémoire se sont croisés et multipliés comme autant de lapins agiles.
Et maintenant, je crois que j’oublierai les avalanches, les volcans et les intempéries des pays du Sud. Je vais m’inscrire dans un paysage nouveau, dans une langue nouvelle.

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Giovanni Merloni

Portrait d’un roman scandaleux

05 dimanche Oct 2014

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« Chi si offende è fetente ». J’aimerais bien laisser dans sa langue originale, l’italien, cette expression « tranchante » et même vulgaire (qui représente d’ailleurs un « chef d’œuvre » parmi les nombreux dictons napolitains), avant d’essayer de la traduire et de l’expliquer dans mon nouveau contexte linguistique, humain et social.
Cependant, en m’appliquant à cette traduction, je me suis aperçu des risques à plusieurs facettes (et lames) que j’allais rencontrer. Car les nombreuses nuances qu’on doit forcément associer au mot « fetente » peuvent aboutir à des interprétations tout à fait contradictoires.
Si dans ce mot une quantité de significations sont correctes (homme malodorant ; personnage odieux ; quelqu’un qui révèle dans ses actes une évidente malhonnêteté intellectuelle ; quelqu’un qui est assez rusé, capable donc de réagir promptement, en plus habile dans l’exploitation des faiblesses des autres), dans le contexte de cette phrase spécifique (« chi si offende è fetente ») ce mot redoutable assume une signification plus stricte : « celui qui se sent vexé (quand évidemment ce n’est pas le cas), profite de son attitude à la susceptibilité pour flanquer de coups lâches et disproportionnés et même mortels ».
Puisqu’en général ce sont les Présidents ou les Papes et les Rois qui ont le droit de « se sentir vexés » (avec la cour et la cohue infinies des caporaux, rentrant dans une hiérarchie compliquée de puissants, visible ou invisible), les pauvres mortels — qui tombent éventuellement dans le cas de « lèse-majesté » ou de banale « irrévérence » (ou encore de « désacralisation ») envers le pouvoir — risquent d’être anéantis. « Celui qui se sent (même à tort) vexé a toujours envie de vous tuer ».

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En tout cas, dans les démocraties modernes, ceux qui ont la hardiesse de penser peuvent souvent se réjouir d’avoir la grâce de la survie.
Et pourtant… La réponse la plus typique (et en fin de compte logique) de la part du pouvoir vexé est le silence, la mise au ban ainsi que la destruction des œuvres iconoclastes ou désacralisantes.
L’effacement et le silence sont des punitions toujours dures à endurer : après ces mesures-là, personne n’aura la possibilité — vingt ou cinquante ou cent années depuis — de comprendre exactement ce qui s’est passé, quelles ont été les nuances précises ou les mots exacts qui ont troublé le sommeil de quelqu’un là-haut. Personne ne saura le nom ni l’histoire personnelle de celui qui s’est senti particulièrement concerné, voire touché par les considérations « arbitraires » qu’un homme maladroit et téméraire a osé prononcer.
Personne ne pourra connaître, dans la plupart des cas, les noms ni les histoires personnelles de tous ceux qui ont eu la hardiesse de dire une petite vérité, de la hurler ou, chose bien plus grave, de l’écrire sur un mur ou des feuilles virtuelles avec un ordinateur portable de la première génération.
Si la rare et périssable copie en papier, conservée dans quelques rares bibliothèques, reste placidement inconnue, personne ne pourra s’amuser pour un texte éventuellement original, ironique et au final débonnaire comme le sont la plupart des écrits qui touchent à la vérité.
Car ceux qui osent briser la glace opaque du conformisme et de l’abus de pouvoir tombent bientôt dans un état d’incrédulité et d’angoisse : « Est-il possible ? Est-ce incroyable, mais vrai, comme le dit la chanson ? » C’est pour cela qu’on s’arrête sur le bord du gouffre, qu’on s’appuie péniblement à une rambarde en train de s’écrouler… Et pourtant…

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Voilà, sans exagérer, un malentendu (ou quiproquo) a causé une petite conjuration du silence envers « Roma città persa » (« Rome cité perdue »), mon deuxième roman. Une « convention à exclure » qui a été néanmoins suffisante à le faire disparaître de la circulation en Italie. Cette « gaffe », ma gaffe, dérivait surtout du sujet que je touchais, et aussi du choix du roman pour traiter des questions que j’aurais pu bien sûr exploiter sous d’autres formes (par exemple dans des revues d’urbanisme, où j’aurais été bien accueilli) en disant les mêmes mots…
En traitant de l’urbanisme, une matière qui m’était familière et très chère, je m’engageais d’ailleurs dans un thème intime, profondément ressenti et personnel en définitive, tout comme une question d’amitié ou d’amour. Et voilà, comme vous le verrez peut-être un jour, mon amour pour le jouet me pousse toujours, comme le ferait un enfant curieux, à le rompre, à le casser avant de l’avoir longuement admiré comme un magnifique objet, sacré et incorruptible…
Ou alors, il n’y a même pas eu de vrais malentendus ni de gens vexés… On a été tout simplement victime d’un jeu (ou d’un enjeu) dans lequel l’homme simple et anxieux de connaissance n’aurait dû même pas faufiler sa tête ! Bien sûr, je refuse l’idée que l’expression libre soit a priori condamnée à l’échec et je n’accepte pas que la qualité des textes résulte, elle aussi, subjuguée au destin « politique » du thème choisi.
Heureusement, le temps est parfois galant homme. Et le fait de pouvoir en parler avec vous maintenant c’est déjà un cadeau pour moi. Cela me rappelle un autre proverbe basique : « Qui vivra verra… »

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Depuis quatorze ans d’hibernation, en sortant pour vous « Roma città persa » de sa couche de poussière physique et psychologique, j’en ai choisi et traduit ci-dessous un extrait, assez significatif quant au thème traité ainsi qu’à l’esprit du livre.

« Roma città persa » (« Rome, cité perdue »), extrait du chapitre II/5 (Fahrenheit 451)

« L’Urbanisme est gravement malade, en fin de vie. Chaque jour, une cohue de médecins et de stagiaires sont là, à son chevet. Mais on le soigne mal. Le primaire se défend : il n’y a pas les moyens pour une fouille appropriée. »
« L’Urbanisme est là-bas, dans le bloc de réanimation. S’en sortira-t-il ? Qui sait ? Il y a des cas de branches du savoir qui sortent du coma avant de guérir parfaitement. Heureusement, en Italie on est contre l’euthanasie ! […] Nous nous retroussons nos manches et nous avançons tout de même, même en nous passant de l’Urbanisme ! »
En reconnaissant l’écriture nerveuse de Garbuglia (1), Italo (2) sursauta, tout comme il lui arrivait lorsque l’un des chats noirs en dessous de chez lui décidait, l’ayant attentivement dévisagé, de lui couper la route (3).
Sabina lisait bien, avec de l’humour, mimant peut-être les cadences de ses collègues de bureau, fainéants et très experts en imitations, médisances et crocs-en-jambe…
« L’Administration publique est un organisme parfait, qui se comble de nourritures nuisibles et indigestes tout en demeurant fleurissante. Y a-t-il quelqu’un qui pourrait la tuer ? On parle beaucoup de méritocratie, de personnes adaptées à la bonne place. Est-ce que les gens savent comment se passent vraiment les choses ? Par exemple les gens qui attendent le bus comme des cormorans ou des pingouins sur l’île, le savent-ils ? Lorsque quelqu’un a envie de travailler, que le Ciel s’ouvre ! Celui-ci est regardé comme un ennemi. Tout le monde se coalise contre celui qui se dérobe à la platitude, aux rumeurs et aux médisances ! »
Italo s’affala dans le fauteuil tournant, tout en fixant l’envoûtante affiche…

LATIUM DES DÉLICES !

Une photo assez raffinée d’une balustrade baroque accoudée sur un beau jardin à l’italienne.
« Personne ne dit qu’il faudrait approuver une loi assez claire ainsi que des règles pour le montage et le démontage. On ne fait pas les lois, on les attend, comme la pluie. Cette petite pluie qu’on peut même boire, dont on peut se servir aussi pour se laver… Ce ne sont jamais ceux qui travaillent tous les jours dans la matière qui font les lois. Ce sont des autres qui les font, les lois : des gens incompétents, mais à la hauteur ! Cette dernière expression prime sur-le-champ l’attitude à l’improvisation qui dépanne, la créativité qui débureaucratise, accélère, fait des crocs-en-jambe, esquive… Les gens apeurés et gelés qui stationnent sur la rive désolée où le bus tarde à arriver se demandent pour quelle raison ce qui semble raisonnable à tout le monde n’arrive pas. »
« Quand nous sommes là, formant des troupeaux de plus en plus serrés, en attendant… — pensait Italo, absorbé — que nous voyons passer dix, quinze, vingt minutes tout en envisageant que peut-être le bus n’arrivera plus jamais… parmi tous les gens qui sont là plongés dans une attente en dehors du temps, une société désespérée s’installe… Mais le conducteur du bus pourrait devenir même plus méchant, jusqu’à nous écraser sur le grand trottoir et puis… nous y abandonner, morts ou blessés ! D’ailleurs, nous ne comptons rien ! Ou alors, peut-être, nous n’existons même pas ! »

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— Pourquoi es-tu agité ainsi ? lui dit Sabina, en lui prenant la main.
Italo demeurait debout, à côté de la grande baie vitrée du douzième étage. Une véritable boîte de bonbons pour toutes les âmes perdues de ce Palais labyrinthique qui envisageaient vraiment de se suicider.
Par-delà les premières maisons à trois ou quatre étages, on reconnaissait parfaitement le grand fleuve d’asphalte et de pins de la rue consacrée à Christophe Colomb. Au bout, les blanches statues au bord de la façade de la basilique de San Giovanni ressemblaient à des oiseaux de plâtre.
« Parler, écrire, jetant au milieu des images la poussière de la rue frottée par les chaussures, toujours les mêmes Clarks que j’insiste à nettoyer, à laver parfois… Parler, raconter, comme si tout ce qui nous entoure c’était de l’utopie ou alors un rêve, essayant toujours de sortir des parenthèses rondes, carrées et circonflexes où je me cache moi-même au bout de mes nonchalantes pérégrinations… »
Italo et Sabina, tels deux lièvres siamois, sautillaient d’une page à l’autre.
— C’est quoi, ça ? demanda Sabina, fermant le cahier, le regard concentré sur les mains osseuses et assez peu expansives d’Italo.
— C’est un roman inachevé !
Au milieu du cahier, il y avait cette phrase :
« Il faudrait enseigner dans les écoles, sérieusement, pour de bon, notre Risorgimento, la République Romaine et la Résistance… ainsi que toutes les occasions ratées de libérer Rome des chaînes ! »
Il y avait depuis une rature.
« Pour moi, la Résistance et le Risorgimento ne sont pas compatibles avec Rome ! »
C’étaient les derniers mots de Garbuglia.
— Même la place du Risorgimento n’est pas compatible avec les remparts du Vatican, alors, si j’ose dire ! observa Italo, en tirant la langue à l’adresse de Sabina.
— Continuons ! dit la jeune collègue. De son visage avait disparu la patine qui enlaidit les employés de la Région, les rendant inexorablement lâches, gris et sans vie.
« Surtout ceux du siège central ! » constata Italo Cottanello. Ses narines, fines comme celles de Cyrano, saisirent l’agréable odeur jaillissant de son pull bleu. Sabina lui souriait, hochant la tête telle une poupée.

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Italo se tourna à nouveau vers la fenêtre. Malgré tous ses efforts de s’interdire la vie, cette fois-ci une forte excitation s’était emparée de lui qui n’avait aucune intention de s’éclipser.

MORS TUA VITA MEA ?

Peut-être, la mort de Tito Garbuglia lui donnait, elle-même, la vie ?
Italo était encore emprisonné par millions de fils invisibles. Et pourtant une mutation millénaire était en train de se produire en lui, qu’on aurait dit inconcevable avant la disgrâce.
Sabina s’en était aperçue. Mais elle préférait attendre… Ou, pour mieux le dire, continuer à attendre. Elle reprit la lecture :
« D’ailleurs, Rome, toujours gravide et surchargée d’enfants, ne sera jamais une ville moderne à parcourir en long et en large avec un simple mode d’emploi. »
De ses deux mains, Italo souleva son fauteuil tournant avant de le poser à côté de celui de Sabina.
« Devant cette mère étouffante… cette gardienne de prison… combien d’avant-postes de la liberté civile sont passés, fiers et hagards, éventant la chemise rouge de Garibaldi ou le drapeau – rouge aussi – de Gramsci… Mais tous ces braves gens n’ont pas pu s’arrêter pour s’y enraciner ! »
Italo scrutait les doigts sans bagues de Sabina, tout en lisant à haute voix, avec le maximum d’engagement dont il était capable, le texte de Garbuglia. Au-delà de la porte vitrée, on voyait glisser de plus en plus rarement les ombres de collègues âgés en quête de mystérieux repères de protocoles et disquettes sans le virus où transcrire de relations écrites avec d’horribles calligraphies, pleines de ratures et notes. Au-delà de la porte… fermée. Est-ce que quelqu’un avait tourné le poignet ?
« Même le soixante-huit a défilé… Il s’agit juste de quelques forcenés, évaporés tout de suite après, dans l’air empuanti et dans la lumière splendide. Rome est réfractaire et hostile à toute révolution ! »
Sabina mit les deux mains sur la feuille avant de poser sur elles son visage heureux.
Italo faufila sa main droite entre son cou et ses cheveux châtains. Une force étrangère – peut-être un dieu de l’Olympe ? – rapprocha la tête de pantin de Sabina de la bouche ainsi que des moustaches d’Italo.
— Viens ici, Sabina Montasola, dorénavant tu ne seras plus seule !
Ils s’embrassèrent, oubliant tout à fait qu’ils étaient dans un lieu public.
— Qu’est-ce qu’il t’arrive ? demanda allègre Sabina, dès qu’elle eut repris le contrôle de la situation.
Ils remirent à sa place le deuxième fauteuil. Mais, même si un gros bureau les séparait l’effet Garbuglia ne diminuait pas. Au contraire !
« Rien à voir avec Voltaire et Rousseau ! À Rome fait fureur une lumière magnifique qui cache d’immenses sanctuaires – pas des ossuaires bien sûr – de mensonges. »
S’écriait, dans son noble texte, l’urbaniste malchanceux, à présent disparu…
Tandis qu’Italo lisait, Sabina écoutait. À présent, elle n’était plus l’obscure secrétaire du Bureau des Imprévus, mais une des actrices préférées de Truffaut. Ah oui, il n’y a que Truffaut !
Et lui, nouvel Antoine Doinel aux exordes, serait-il à la hauteur de son Maître ? Réussirait-il à surmonter sa gêne pour les mots difficiles et en latin ? Garderait-il la vertu calme des forts devant de nouvelles folies subies ?
« Et même Marta, la partie de moi la plus délirante et audace, elle-même n’est pas du tout compatible avec Rome ! »
Avait ajouté Tito Garbuglia avec son stylo rouge, donc avec son sang…
Avant de sortir du bureau, où miraculeusement personne n’était entré, Italo avait serré Sabina dans ses bras, en éprouvant un frisson violent, de la tête jusqu’aux pieds. C’était la première fois qu’il embrassait celle qu’il considérait, selon ses paramètres, une vraie femme.
Juste à ce moment-là devait-il se réveiller de sa léthargie amoureuse ? Juste au moment où la vie le flanquait en avant, aux premiers rangs d’une tranchée où ne peut-on pas poser des questions tandis que l’on est obligés, au contraire, de donner des réponses ?

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Giovanni Merloni

(1) Tito Garbuglia, chef du Service d’urbanisme de la Région Latium, est le personnage principal du roman. Son nom, Garbuglia, évoque, immédiatement, dans la langue italienne, l’activité obscure et frustrante de la plupart des employés et dirigeants de l’administration publique ayant un rapport d’amour-haine avec les paperasses bureaucratiques.

(2) Italo Cottanello, jeune collaborateur de Garbuglia, se trouve obligé, au lendemain de sa mystérieuse disparition, de se débrouiller dans le travail très délicat qu’avant son maître exploitait de A à Z. Le nom Cottanello est celui d’une commune du Latium. Comme lui, tous les nombreux personnages du livre, dont Sabina Montasola, auront aussi de noms empruntés aux localités du Latium ou alors de différents quartiers de Rome. 

(3) Italo Cottanello, très superstitieux, est très méfiant vis-à-vis des chats noirs.

Une promenade à Villa Borghese

28 lundi Juil 2014

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits, mes poèmes

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Ma ville à moi est une femme débraillée, malicieuse, s’allongeant dans une étreinte sauvage. Elle est une sorcière hypocrite, qui dort avec nous. Elle n’a pas vu le couchant, ni les premières étoiles, ni la mort rentrée dans les boulevards. Elle est rose, sereine, invitante. Même si elle n’a pas vu la mort, elle dort avec nous.
Hier, ignares de l’enchantement que nous allions violer, nous avons frôlé les statues de marbre et les haies touffues de Villa Borghese. Contre les pins — de grandes girafes aux écorces luisantes — les lauriers agitent leurs feuilles odorantes, tandis que nous retenons le souffle en nous effondrant dans les prés trempés par mille rosées. Étonné, je ne comprends pas le sens de cette lumière blanche. Dans cet étrange silence, je ne réussis même pas à t’effleurer la manche. En marchant sans émoi à côté de moi, tu fredonnes la sérénité, tu prêches la liberté, mais je ne vois pas de la fierté dans tes yeux, de la pitié dans tes vœux. Tu n’es que l’ombre mensongère de cette paix sincère. Je ne te crois pas, mais quand tu m’appelles depuis le bord de la fontaine, cachée derrière une colonne de lierre, quand tu me caresses par le vent de ton parfum (imprégné de pluie et de musc), ça coule, derrière toi, un irrésistible sillage : un soupir dans le gravier de l’allée, un salut bref dans une feuille morte, un baiser léger sur ta bouche fermée.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 28 juillet 2014

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(Je croyais que c’était) facile de le dire

18 mercredi Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits, mes poèmes

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Londres, 1978

(Je croyais que c’était) facile de le dire, de m’adonner à la légèreté du souvenir, suivant tes pupilles qui s’envolent avant de se perdre dans la brise. Mais c’est bien triste cette course vaine de l’esprit car tu ne t’en soucies pas, car tu ignores mes cailloux blancs. Pâle, noble lune qui vas mourir te perdant dans ses yeux, tes heures sont trop absurdes, tes lueurs sont bien tristes… » Et pourtant, sa distraite blancheur a ouvert une brèche dans ton cœur. Petit à petit, le sourire de la lune te rassure par sa longue conversation mélancolique. Petit à petit (ne vois-tu pas que je t’appelle déjà « amour » ?) la lune te dissout en te regardant dans les yeux. Tandis que la mer, petit à petit, se réchauffe, dans ton regard la pluie tôt, comme une vague, s’avance.

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Londres, 1978

Giovanni Merloni

Credevo che fosse facile (1961)
Credevo che fosse facile dirtelo, affidandomi alla leggerezza del ricordo delle tue pupille che volano e nella brezza chiamano. Ma è triste questa corsa vana della mente se tu non te ne curi, se tu ignori, i miei sassi bianchi. « Pallida nobile luna che muori, che ti sperdi nei suoi occhi troppo assurde sono le ore tue, troppo mesti i tuoi chiarori. » Eppure, il suo distratto chiarore ha aperto un varco nel tuo cuore. Mano mano ti riscalda il sorriso complice della luna col suo lungo malinconico lamento. Eppure la luna (vedi, ti chiamo già « amore ») mano mano la luna ti scioglie
se ti guarda negli occhi. Mano mano che il mare si scalda nei tuoi sguardi la pioggia, presto, come onda, si allarga.

Giovanni Merloni

La gloire éphémère d’un blog

09 lundi Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits

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Ceux qui lisent plus fréquemment mes textes, savent bien que rarement je suis un parcours linéaire ou, pour mieux dire, une piste décidée avant. Je préfère monter sur le strapontin d’un train ou, parfois, sur le redoutable support aérien du télésiège, en me laissant transporter par le vent, par une émotion tourbillonnante ou par un mot. Je fais cela même si je dois affronter un sujet sérieux ou inquiétant ou aussi dramatique. Car pour avancer j’ai absolument besoin d’un guide, d’une musique intérieure ainsi que de la sensation profonde de savoir où je veux arriver. Au sommet d’une montagne ? Dans une île cachée par les tempêtes ? Dans une ville triste et méconnue qui pourtant recèle d’incroyables trésors ? Je veux arriver là où tout le monde veut arriver. À une simple petite vérité capable de nous faire avancer, nous rendant provisoirement heureux. Parfois, la vérité est évidente. Mais pas tout le monde la voit. Certains ne sont pas en condition de la voir, d’autres s’y refusent. Même si parfois cette vérité est gentille, honnête, incapable de faire du mal à une mouche. Je me demande souvent pourquoi la plupart des hommes et des femmes n’ont pas envie d’exercer à fond leur naturelle curiosité, en dépassant les préjugés, les tabous et les idées reçues… Y a-t-il vraiment, dans cette attitude, une dose de masochisme, indispensable comme une drogue ou comme l’air, qui pousse les êtres humains à creuser des trous dans le sable (pour en faire des châteaux éphémères), avant de se consommer dans le besoin acharné et désespéré de montrer leurs chefs d’oeuvres à tout le monde ? Où est-il d’ailleurs le masochisme ? Dans la fabrique de châteaux que la déferlante effacera en un seul instant ? Dans la petite vanité de se mettre en compétition pour avoir la meilleure place au passage de la lumière ? Je ne vois aucun masochisme là-dedans. Mais je vois qu’il est bien stérile tout travail qui se répète chaque jour avec les mêmes rythmes et rituels. Ou, plus exactement, puisqu’aucune action humaine n’est en elle-même vraiment inutile… Mais de quoi parlé-je, au juste ?

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Je parle du travail culturel des blogs, de leur pulsion créatrice, de leurs créatures, ayant souvent de l’originalité, sinon de la vitalité expressive à part entière. On pourrait comparer les blogs aux anciennes boutiques des artisans d’une rue de Rome ou de Paris jusqu’aux années soixante et soixante-dix du siècle passé. Évidemment, les artisans de certains quartiers du centre avaient des chances majeures de voir rentrer dans leur boutique de bons clients. Mais, les rumeurs circulaient et tout le monde savait que quelque part (dans les faubourgs ou dans la banlieue) il y avait des artisans aussi capables que ceux-ci… Par conséquent, si les clients se déplaçaient volontiers, les artisans se rencontraient ou se faisaient la guerre sous les yeux de tout le monde. Le côté physique du déplacement des humains ne faisait qu’un avec celui du territoire… Tandis que maintenant rien n’est physique, au-delà des images renvoyées par les photos. Il n’existe plus un territoire unique pour l’échange réel des expériences ni vraiment un territoire tout court. En plus, les blogueurs ne sont pas de vrais travailleurs. Ils ne font que des démonstrations de leur talent, ou alors des exploitations gratuites de tout ce qu’ils ont à donner de mieux… D’un côté, pour les boutiques artisanales d’antan, on pourrait voir dans le marché — un marché bien sûr assez artisanal — le deus ex machina de la situation… de l’autre, pour notre constellation de blogs plongée dans un monde sans usines et même sans bureaux… il est presque impossible d’envisager une règle, des paramètres de jugement, un système de valeurs capables de donner à chacun ce qu’il s’attend et qu’il mérite. D’ailleurs, je crois que personne parmi ceux qui consacrent leur temps à la publication « par blog » n’accepterait l’idée qu’il le fait pour soi-même, pour se faire plaisir, pour remplir les vides d’une vie de plus en plus sombre et solitaire.

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Depuis une année et demie, par le biais du redoutable réseau social nommé Twitter, je fais partie d’une petite communauté francophone où beaucoup de personnages que j’estime vivement font leur apparition de temps en temps. C’est un petit village, qui reproduit, et cela est inévitable, tous les vices et toutes les vertus de tout village ou communauté au monde, et pourtant manifeste, dans le fond, une grande vitalité positive, une grande envie de sortir de l’anonymat. Ici, une des inventions le plus originales est représentée par les « vases communicants » fondés par François Bon, auxquels n’importe qui peut participer à condition de trouver un partenaire avec qui travailler, le premier vendredi de chaque mois, sur un sujet commun. On assiste d’ailleurs à plusieurs expériences « associatives » comme « les cosaques des frontières » guidés par Jan Doets ; la « dissémination » de la « web association » guidée par Laurent Margantin ; le « contrepoint » de Francis Royo et Claudine Sales et cætera. Les blogueurs se chargent souvent d’un temps d’écoute vraiment admirable si l’on considère le temps de plus en plus réduit que chacun a à disposition pour réaliser matériellement son propre blog. La lecture réciproque rapproche ces nouveaux artisans entre eux. Donc ils s’entraident, par petits groupes, dans le but de rompre l’isolement de l’un et de l’autre. Un petit radeau avance joyeusement à la dérive, grâce à l’enthousiasme de plusieurs volontaires ainsi qu’à la présence constante de témoins et guides comme le Quatrain quotidien d’Élisabeth Chamontin et Paumée de Brigitte Célérier. Ici et là, la qualité des publications — articles-reportages, textes littéraires, poésies ou œuvres graphiques — est vraiment remarquable. Je voudrais citer le SILO de Lucien Suel, ainsi que les textes de Claude Meunier et les articles métronomiques de Dominique Hasselmann. Mais le travail des blogueurs — quotidien, arythmique ou carrément irrégulier — produit beaucoup d’autres « belles choses », faisant entrevoir une possibilité… une nouvelle façon de s’exprimer à côté de tout ce qui existe et en même temps une nouvelle façon de s’exprimer tout court. Cela arrive spontanément, grâce à l’initiative de chacun ainsi qu’à ces formes embryonnaires d’échange et de partage dont j’ai parlé. Et cette activité crée des contextes, des lieux d’échange virtuels… Pourtant le caractère éphémère qui caractérise cette activité même — avec les soudaines disparitions de blogueurs qui avaient donné le sang pour cet échange aussi nécessaire à la créativité comme à la langue et à la culture francophone — nous révèle aussi l’absence dramatique d’un véritable contexte. Ainsi que le manque de toute possibilité de mettre en relation les blogs avec les produits artistiques et littéraires reconnus, en établissant évidemment des critères de choix et de sélection aussi… On dirait que la solution de cette fracture est dans le numérique, c’est à dire dans une différente forme de publication virtuelle. Je ne crois pas que ce soit là le centre du problème.

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Une première génération de blogueurs s’est déjà sacrifiée devant un mur de sous-évaluation ou d’indifférence de la part des milieux culturels et artistiques crédités. On est maintenant à la deuxième génération et l’on souffre encore le même problème, tandis que l’évolution qualitative dans ce domaine demanderait, je crois, la présence active et constante de nouveaux Zola — ou Breton, ou Elio Vittorini — désintéressés, se chargeant de suivre de près le travail de tous ceux qui apportent quelque chose d’intéressant et de sincère, en brisant le cercle vicieux de la compétition individualiste de quelqu’un ainsi que la générosité naïve de quelqu’un d’autre. D’ailleurs, il ne faudrait pas permettre que certains patrimoines d’énergies et d’idées — par exemple le travail généreux que nous avons aimé dans le Tourne-à-gauche ainsi que dans Métronomiques — se dispersent tout à fait, pour rester juste dans la mémoire éphémère d’une dizaine de suiveurs attentifs.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni.  Première publication et Dernière modification 9 juin 2014

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Le premier horizon

26 lundi Mai 2014

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits, mes poèmes

≈ 2 Commentaires

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J’approche d’un mur de plâtre et me sens un homme, rien qu’à penser le silence, rien qu’à franchir l’horizon de mes pas. Je tombe par hasard sur une voix retentissant harmonieusement dans l’air, sur une bouche souriante, sur des cheveux blonds, sur des yeux profonds se perdant au loin dans le fond
de l’horizon. Je m’assois sur un mur poussiéreux, détruit, tu t’assois sur deux coussin d’herbe. Et pourtant l’amour n’est pas là, cet amour qui nous sert, nous échappe à la prise, il se perd qui sait où au-delà du premier horizon. Je me lève et me tourne vers la lumière ; toi, derrière, péniblement tu te dissous. À présent c’est à moi de franchir, en silence le premier horizon.

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Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 26 mai 2014

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J’ai cessé d’attendre

01 jeudi Mai 2014

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits, mes poèmes

≈ 1 Commentaire

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Au soir, les vases se fanent des chrysanthèmes, tandis que tu observes ton ombre muette frôler le mur. Trois minutes à genoux, devant cette étrange lumière colorant ton regard incertain. Un reflet du couchant glisse sur les cahiers humides où s’appuie en dormant un rêve évanoui. Passent à deux à deux les bonnes femmes devant le confessionnel : une course inexorable qui s’en va et s’arrête à deux à deux pour se sauver qui sait où, de qui sait quoi.

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Le chapelain du couvent a juste effleuré un sein mouillé en caressant une joue charnue : la page du bréviaire. Il fait nuit pour les sans-but se promenant en long et en large sur les quais glacés ; le nez s’empourpre d’une mère en trois instants qui se poursuivent : l’hiver dans les yeux paraissait, disparaissait, et de foules silencieuses avançaient sous ses lèvres tandis que ses oreilles entendaient retentir l’ennui sourd du monde.

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J’ai cessé d’attendre dans mon fauteuil croulant à l’instant que la glace a envahi ma fenêtre. Jamais plus ne viendra le moment attendu, ils ne viendront non plus tes yeux gris, me consoler dans les heures de silence.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 1 mai 2014

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