le portrait inconscient

~ portraits de gens et paysages du monde

le portrait inconscient

Archives de Catégorie: mes poèmes

poèmes publiés dans le portrait inconscient
groupés en collections avec les suivants Mots-Clés :
Avant l’amour
Ambra
Nuvola
Stella
Ossidiana
Luna
Solidea
Zazie
Testament immoral

La nouvelle vie II/III, 1992 (Solidea n. 12b)

18 samedi Mai 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

Solidea

due donnine blu_740

Giovanni Merloni, 1999

(revenir à la liste du « Train de l’esprit »)

La nouvelle vie II/III (1992)

En marchant nous nous lorgnons à peine
sans véritable curiosité, encore
engourdis, déchirés, marqués
par de précédents désastres.

Un second voyage commence
dans le verre éblouissant et les tubes
d’une architecture bâtie à la hâte.

Sans hâte commence la routine
et les raisonnements muets,
mesquins, inavoués.

Ils recommencent, dans les temps morts
les petits projets stériles de fugue
les petites stratégies infimes de survie.
002_istruzione 740Recommence un voyage
bras dessus bras dessous
avec d’autres semblables, dissemblables,
dans les désaccords épuisants
les saluts d’automates,
les protestations d’automates
jusqu’à découvrir en soi l’apathie
et même la joie
pour ce délire collectif
pour ce grand accommodement
qui ôte – élargit
ôte – élargit
ôte – élargit.
003_circo massimo 740Accoudé devant la nuit
qui court derrière la fenêtre
je rentre chez moi.

Tandis que le train frôle les maisons
les montagnes de terre, les travaux
j’effleure, la bouche immobile
des visions soudaines et je verrouille,
dans la pensée rapide, la famille
ceux qui me saluent à peine,
en secouant les cheveux, ceux qui m’attendent
muets, derrière la fenêtre, parmi les lueurs.
004_garbatella 740 (continue)

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 18 mai 2013

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

CE BLOG EST SOUS LICENCE CREATIVE COMMONS

Licence Creative Commons

Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transposé.

La nouvelle vie I/III, 1992 (Solidea n. 12a)

17 vendredi Mai 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

≈ 1 Commentaire

Étiquettes

Solidea

001_la nuova vita 740

(revenir à la liste du « Train de l’esprit »)

La nouvelle vie I/II (1992)

Ça commence par un pari têtu
(encore un têtu! encore un pari!)

Ça commence par les pieds
qui redeviennent véhicule
pour des arrivées et des départs
et d’autres promenades oisives
(ou des spectacles surprenants
si jamais l’on s’arrête
à regarder en bas
d’en haut des ponts de fer).

Le matin s’ouvre, juste au bord de la nuit.
Une lumière s’allumant dans la cage
du marchand de journaux. On arrive assez tôt
à la petite gare inconnue, peut-être inventée,
bien sûr créée exprès pour moi.

Le petit train s’en va glissant
parmi les dessins déchirés, effleurant
à peine le poids léger de la journée.
Par une étrange douceur il me conduit,
(ballot de laine et de mouchoirs)
vers la première lumière qui pointe
soudain de la fenêtre trempée.
002_la nuova vita 740Vacillant j’essaie de faire une liste
des villes et des lits
où je me suis couché, parfois, seul
où j’ai marché, attiré par les maisons
par les petits escaliers de pierre,
attiré même par les laids
bâtiments industriels, par les casernes en ruine,
par les manufactures de tabac
désaffectées aux abords des boulevards,
pâturées sans hâte
par des brebis au poil jauni.

Elle me surprend encore, comme une caresse
elle me fascine encore la petite fumée
qui révèle le réveil laborieux. (Je dis laborieux
même si, parfois, ici chez nous
c’est un réveil canaille, paresseux.)

Le petit train file et cahote
révélant une file de gares insoupçonnées
et une petite foule d’êtres humains
qu’on ne pouvait pas soupçonner
déjà habillés, tous prêts
à se jeter réconfortés, même privilégiés
dans l’enchevêtrement discret des escalators.

J’adore vraiment les marquises,
les gares, les escalators,
les tapis-roulants, les grands escaliers, les parapets.

Je les adore et j’en ai peur.
Attiré je me penche jusqu’au point-limite
qui sépare mon monde agité, de chair et d’os
de ce fourmillement sans angoisses
croisement cinématographique de corps
manteaux, casquettes, sacs
de ce peuple embrouillé
réveillé avec une douceur maléfique
et vertigineusement mêlé
parmi les couleurs, les odeurs
des vieux palais de travertin
que les ombres et le soleil
caressent à peine
comme un vent froid.
003_la nuova vita def 740(continue)

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 17 mai 2013

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

CE BLOG EST SOUS LICENCE CREATIVE COMMONS

Licence Creative Commons

Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transposé.

Bilbao, 2006 (Zazie n. 4)

15 mercredi Mai 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

≈ 2 Commentaires

Étiquettes

Zazie

001_le possédé 740

Giovanni Merloni, Le Possédé, gouache sur papier, 2012

Bilbao (1)

Une rue derrière une autre rue.
Et te voilà dansant parmi la foule
indifférente à la musique qui s’écoule.

Allons donc à Bilbao
à fouiller parmi les oies
et les dansantes pensées perdues.

Une place sans arbres, sans soleil
envoûtée par un parfum d’abandon
où je me sauve pour ne pas souffrir.

Allons, en courant
au milieu du nuage de maisons
de la ville rappelée par cœur.

Un bruit de pas, un vacarme de rires
tombant sur moi, sur mon incompétence
tandis que tu danses dans la musique inexistante.

Allons donc à Bilbao
où la musique ensoleillée
se déhanche parmi les danseurs.

Giovanni Merloni

(1) Inspirée d’une ébauche de poésie de 1961 (Une rue derrière une autre rue) et d’une ritournelle des années 1990 (Allons donc à Bilbao)

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

 

Dans la matinée déjà usée, 1993 (Solidea n. 11)

14 dimanche Avr 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

Solidea

001_disegno signora 180

Dans la matinée déjà usée (1993)

Dans la matinée déjà usée
ma fragile hanche
traîne. Me fortifie
la petite fumée qui boite
jaunissant sur la manche
de l’horizon qui pâlit.

Là, jetée sur un banc
une fille en noir et blanc
me révèle son flanc.

J’ai arrêté le moteur
verrouillant la rousseur
que provoque cette odeur
prometteuse de bonheur.

On ne parle pas d’honneur
ou d’issue à la langueur :
il n’y a que de la stupeur
face à cette splendeur.

002_campo de fiori anni 80 180

Rentre au bout de la vigne
la ferraille indigne
éteignant ses poumons
dans l’odeur des pignons.

La garçonne vaniteuse
tout en grinçant des dents
enlève ma main du volant
en se feignant joyeuse.

Silencieuse campagne
doucement accompagne
par rengaines ou aussi barbes
mon inspirée compagne.

Chaude pluie tu me baignes
heureux corps tu me gagnes
par une danse d’Espagne.

003_campo de fiori anni 80 180

Lorsque je rentre en courant
vomissant ou riant
je me découvre effrayant
dans le plaisir bruyant.

Elle me semble moins dure
mon odierne figure :
souterraine se rassure
mon envie d’aventure.

En venant depuis la manche
je deviens une avalanche
et, pressant sur la hanche
par une voix qui s’épanche
je hurle :
« Vive la zone franche ! »

Giovanni Merloni

  • Liste mise à jour des poèmes de Giovanni Merloni, groupés par Mots-Clés
  • testament immoral

1960-1965 ambra 1966-1971 nuvola 1972-1974 stella 1975-1976 ossidiana 1977-1991 luna 1992-2005 roma2006-2014 paris

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 7 juin 2014

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

CE BLOG EST SOUS LICENCE CREATIVE COMMONS

Licence Creative Commons

Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transposé.

Monotonie (Nuvola, 1971)

14 dimanche Avr 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

Nuvola

001_monotonie 180 Monotonie (1971)

Monotonie, je te tiens par la main,
tu es blonde et mince, tes seins sont des poings fermés,
tes lèvres sont des villes brûlées,
tes yeux sont des panoramas de carte postale,
tu as des corps différents pour le même destin,
des faces distinctes pour le même lit
envahi de chiffons et de débris.

Tu as la voix de l’ambulance,
la voix d’une télévision idiote,
la voix d’enfants en prison,
la voix muette du bourreau.

002_monotonie 180 Monotonie, latente inquiétude
d’hommes contraints à se faire du mal entre eux
pour garder intacte la logique inexorable
du pouvoir constitué.

Monotonie, tu vas me bâillonner,
tu vas devenir un vêtement, un masque,
un filtre séparant ce que je pense de ce que je fais.

Jamais je ne veux te perdre,
jamais, jamais, jamais…

Giovanni Merloni

  • Liste mise à jour des poèmes de Giovanni Merloni, groupés par Mots-Clés
  • testament immoral

1960-1965 ambra 1966-1971 nuvola 1972-1974 stella 1975-1976 ossidiana 1977-1991 luna 1992-2005 roma2006-2014 paris

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 6 avril 2014

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

CE BLOG EST SOUS LICENCE CREATIVE COMMONS

Licence Creative Commons

Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transposé.

Les nouveaux mots que tu m’apprends (Zazie n. 3)

14 dimanche Avr 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

≈ 1 Commentaire

Étiquettes

Zazie

001_un monsieur silencieux 180

Versailles, 1961

Les nouveaux mots que tu m’apprends (*)

Les nouveaux mots que tu m’apprends
je te les rends ;
les vieux mots que j’oublie pour toi
c’étaient ma vie à moi.

Assis dans un bistrot
sous un rayon de lumière
un jeune homme au chapeau
maladroit, silencieux
interrogeait son verre.

Regardant peu à peu
dans le noir de mes yeux
ce garçon malchanceux
a éveillé, sans un mot,
ma merveille.

Il n’est pas le neveu
de Richelieu
ni le frère de Molière.
Il ressemble plutôt
au persan de Montesquieu
vomi par le train bleu
de la banlieue.

On était en chemin
au canal Saint-Martin
lorsqu’il dit un petit mot :
je suis Monsieur Hulot
ou alors le petit oiseau
à l’aile cassée au pied tordu
ta gentille alouette
tes instants perdus.

Assis à l’Atmosphère
dans la soirée légère
ses mains m’ont parlé
et, la bouche bée
tout le temps j’ai dansé
dans ses gestes assurés…

Il s’appelle Paradis
ce géant très poli
qui m’emmène ravi
de la Gare de Lyon
jusqu’aux Buttes-Chaumont
devinant ma fortune
en bas de rue de la Lune
ou jouant de sa harpe
à la Contrescarpe.

002_un monsieur silencieux 180

Paris, Montmartre 1961

Nous étions comme des fous
bras dessus bras dessous
sous le Pont Mirabeau
voltigeant sans un mot
tout en haut dans le ciel
de la Tour Eiffel.
Je riais comme une folle
à Batignolles
j’avais mal au genou
au Centre Pompidou.
et je tombais à terre
sur la route de Nanterre.

Revenant en arrière
l’écharpe en bandoulière
il se met à chanter
un refrain de chimères
un manège insensé
où l’amour d’une journée
dure une éternité…

Saisies par l’atmosphère
de cette soirée légère
ses mains m’ont parlé
et, la bouche bée
je ne cesse de danser
dans ses gestes assurés…

003_un monsieur silencieux 180

Paris, Montmartre 1961

Giovanni Merloni

(*) Cette poésie ayant une femme comme protagoniste, a été inspirée par un texte en prose, publié ici le 2 juin 2013 : L’installation I/II

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme toutes les autres poésies publiées sur ce blog. 

Une poésie primordiale (Nuvola, 1966)

14 dimanche Avr 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

≈ 1 Commentaire

Étiquettes

Nuvola

001_appia antica (90) 180

Roma, via Appia Antica, 1961

Une poésie primordiale 

I
Une femme se penche.
Depuis son ventre,
tel un nœud dissout,
un hurlement se déchaîne,
le même que je crachai
tout en pleurant
le jour de ma sortie
dans la vie.

Je ne saurai jamais répondre
à une question adressée à moi-même.

002_giardino aranci 180

Roma, Aventino, Giardino degli Aranci

II
J’ai embouché, en courant,
une route encastrée par les pins
(des troncs debout bien vivants
appuyés sur les sables du néant,
qui parlaient, presque,
tandis que le vent prétendait
les flanquer vers le ciel).

Glissant dans l’obscurité,
j’ai traversé
les voix des vivants et des morts,
le bruit sourd des roues,
le silence triste du vent.

En courant, je m’approche
de ta porte. Ma joue enflammée
se frotte désormais
contre ton cœur de velours.

003_aventino da sotto 180

Roma, Aventino dal Lungotevere

Derrière les pins agités,
les rambardes coupent la mer.
Une mer dictée
par un voyageur,
une mer hurlée
par un noyé,
où tu navigues, nue.

Dans le ciel sombre, la lune
surprend les ardeurs
de deux amants étrangers.
Parmi les écorces et les orties,
une odeur neuve s’effondre.
Ma longue main te prend tels un
papillon, une glycine,
une fleur d’orange.

Ô joie exterminée, tu es
arrivée !

004_discesa 180

Roma, Aventino, discesa

Giovanni Merloni

  • Liste mise à jour des poèmes de Giovanni Merloni, groupés par Mots-Clés
  • testament immoral

1960-1965 ambra 1966-1971 nuvola 1972-1974 stella 1975-1976 ossidiana 1977-1991 luna 1992-2005 roma2006-2014 paris

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 28 juin 2014

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

CE BLOG EST SOUS LICENCE CREATIVE COMMONS

Licence Creative Commons

Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transposé.

Ma semaine à moi. Dimanche, 1975 (Ossidiana n. 22g)

14 dimanche Avr 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

≈ 2 Commentaires

Étiquettes

Ossidiana

001_coppia domenicale_part_740

Giovanni Merloni, 2009

Ragazzo_padre (1) d’Enzo Jannacci (texte de Bruno Lauzi)

Ma semaine à moi. Dimanche (1975)

Ta semaine hors de toi
ma semaine hors de moi
notre semaine hors de nous
Mes jours hors de toi tes jours hors de moi
nos jours hors de moi et toi
ton temps hors de moi mon temps hors de toi
notre temps hors de nous deux.

Dimanche un jour fermé
les mains dans les poches.

Dimanche s’il y a la lumière tu es là.

Dimanche si tu es là c’est un jour de fête.

Dimanche si je pars en voyage avec toi
je voudrais hurler. Si je suis serein,
le dimanche, c’est parce que je suis avec toi.
Sans toi, dimanche n’est pas dimanche.

Pourtant, le dimanche, la douce ville s’en va
toute entière elle te suit quelque part
où je ne saurais pas poursuivre tes pas.

Dimanche si tu es loin je t’écris
une poésie sans paroles.

002_testina celeste_740 def

Dimanche, à pied, je respire les arcades
hautes basses, larges étroites, nobles ignobles
bruyantes angoissantes
comme mes gestes en morceaux dans l’air.

Dimanche je m’achète
une fleur violette et ton parfum.

Dimanche, au lieu de rentrer dans mes murs
je m’éloigne tout au long des rails
en mimant ton pas
ton regard surpris.

Dimanche c’est déjà lundi.

003_gio-ra-pa bologna 740

Giovanni Merloni

(1) Garçon-père (« Ragazzo padre ») de Jannacci-Lauzi,

Elle est arrivée un jour, un matin d’été
et s’est installée au salon, me demandant de fumer
Je vous laisse imaginer comment ça s’est passé :
avec un enfant à entretenir, je me suis retrouvé !

Je suis un garçon-père, qui demande la charité
car je suis un pécheur, pour cette société.
Je suis un garçon-père qui ne sait plus où aller
J’ai demandé à la Mairie, ils ne m’ont pas laissé entrer.

Il y a vingt ans que je traîne, mon fils est presque adulte
et vu la saison il faut bien qu’on y pourvoit
au fait hier soir au parc, il faisait sacrément  froid
on s’est serré fort, fort… l’on a fini là-dedans.

Je suis un garçon-père qui demande la charité
car je suis un pécheur pour cette société.
Je suis un garçon-père qui ne sait plus où aller
J’ai demandé à la Mairie, ils ne m’ont pas laissé entrer.
J’ai demandé aux gendarmes, ils ne m’ont pas laissé entrer.
J’ai demandé aux sœurs, elles ne m’ont pas laissé entrer.
J’ai demandé à mon fils, il m’a dit : « Allons…
Tu es un garçon-père,  demande la charité
tous les garçons-pères demandent la charité
non, ce n’est pas péché de demander la charité… »

(traduction par Giovanni Merloni et Catherine Develotte)

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN 

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

 

Ma semaine à moi. Samedi, 1975 (Ossidiana n. 22f)

13 samedi Avr 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

≈ 9 Commentaires

Étiquettes

Ossidiana

001_bologna_cielo chiaro_740

Giovanni Merloni, 1991

Paolo Conte Wanda

Ma semaine à moi. Samedi (1975)

Ta semaine loin de moi
ma semaine loin de toi
notre semaine loin de nous
Mes jours loin de toi tes jours loin de moi
nos jours loin de moi et toi
ton temps loin de moi mon temps loin de toi
notre temps loin de nous deux.

Samedi quatre pas au milieu de l’herbe et les chiens
une pensée engourdie, un désir troublé
une envie frénétique de te toucher
une poésie adressée à moi-même.

Samedi la dimension précise
de mon penchant pour l’attente

Samedi une semaine qui s’achève
une autre qui s’entame
les renoncements d’un prince sans le sou
le dessin plein d’orgueil d’un appartement vide
l’allure courbe d’une tête entière.

Samedi le temps devant
le temps derrière
samedi dormir, samedi rêver de toi
samedi m’apercevoir, samedi t’aimer
samedi être jaloux
samedi te chercher parmi les papiers
samedi peindre ta silhouette vague
samedi attendre.

003_divano_bologna_740 rid

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN 

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

 

Ma semaine à moi. Vendredi, 1975 (Ossidiana n. 22e)

12 vendredi Avr 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

Ossidiana

001_passage du désir 740

Giovanni Merloni, 2003

« Vorrei incontrarti » (« Je voudrais te rencontrer ») de Alan_Sorrenti (1972)

Ma semaine à moi. Vendredi (1975)

Ta semaine sans moi
ma semaine sans toi
notre semaine sans nous
Mes jours sans toi tes jours sans moi
nos jours sans moi et toi
ton temps sans moi mon temps sans toi
notre temps sans nous deux.

Vendredi un commencement frénétique
trains et navires au départ
des gens en face de la porte
pas une seule minute pour les poésies.

Vendredi un adieu hâtif.

Vendredi un seul instant de certitude
de t’avoir ravie.

002_Prati-alti 740

Vendredi les mots des autres
les prodiges impuissants
face à cet enlèvement échoué
les oracles angoissants
face à cette solitude renfermée.

Vendredi scruter la ville
depuis un tapis volant
en y cherchant les réponses
à tes labyrinthes
à tes incompréhensibles sermons
à tes regards clairs.

Vendredi des coquillages à la dérive sur les sables
une balançoire effleurant l’écume de la mer
une vitre triste reflétant ma gueule d’artiste.

Giovanni Merloni

003_cartellino bologna 740

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN 

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

 

← Articles Précédents
Articles Plus Récents →

Copyright France

ACCÈS AUX PUBLICATIONS

Pour un plus efficace accès aux publications, vous pouvez d'abord consulter les catégories ci-dessous, où sont groupés les principaux thèmes suivis.
Dans chaque catégorie vous pouvez ensuite consulter les mots-clés plus récurrents (ayant le rôle de sub-catégories). Vous pouvez trouver ces Mots-Clés :
- dans les listes au-dessous des catégories
- directement dans le nuage en bas sur le côté gauche

Catégories

  • Album de famille
  • alphabet renversé
  • art
  • auteurs français
  • auteurs italiens
  • caramella
  • claudia patuzzi écrits et dessins
  • claudia patuzzi poésies
  • contes et nouvelles
  • feuilletons
  • impressions et récits
  • le strapontin et débris de l'été 2014
  • les échanges
  • les unes du portrait inconscient
  • mes poèmes
  • mon travail de peintre
  • poètes français
  • théâtre et cinéma
  • vital heurtebize e psf

Pages

  • À propos
  • Book tableaux et dessins 2018
  • Il quarto lato, liste
  • Liste des poèmes de Giovanni Merloni, groupés par Mots-Clés
  • Liste des publications du Portrait Inconscient groupés par mots-clés

Articles récents

  • Le livre-cathédrale de Germaine Raccah 20 juin 2025
  • Pasolini, un poète civil révolté 16 juin 2025
  • Rien que deux ans 14 juin 2025
  • Petit vocabulaire de poche 12 juin 2025
  • Un ange pour Francis Royo 11 juin 2025
  • Le cri de la nature (Dessins et caricatures n. 44) 10 juin 2025
  • Barnabé Laye : le rire sous le chapeau 6 juin 2025
  • Valère Staraselski, “LES PASSAGERS DE LA CATHÉDRALE” 23 Mai 2025
  • Ce libre va-et-vient de vélos me redonne un peu d’espoir 24 juin 2024
  • Promenade dans les photos d’Anne-Sophie Barreau 24 avril 2024
  • Italo Calvino, un intellectuel entre poésie et engagement 16 mars 2024
  • Je t’accompagne à ton dernier abri 21 février 2024

Archives

Alain Morinais Aldo Palazzeschi Amarcord Ambra Anna Jouy Atelier de réécriture poétique Avant l'amour Barnabé Laye Bologne en vers Brigitte Célérier Carole Zalberg Cesare Pavese Claire Dutrey Claudia Patuzzi Claudine Sales Dessins et caricatures Dissémination webasso-auteurs Edoardo Perna Francis Royo Francis Vladimir François Bonneau Françoise Gérard François Mauriac Ghani Alani Giacomo Leopardi Giorgio Bassani Giorgio Muratore Giosuè Carducci Giovanni Pascoli Giuseppe Strano Guido Calenda Gérard D'Hondt Isabelle Tournoud Italo Calvino Jacklin Bille Jacques-François Dussottier Jan Doets Jean-Claude Caillette Jean-Jacques Travers Jeannine Dion-Guérin Jerkov Jin Siyan Josette Hersent La cloison et l'infini la ronde les lectrices Luna Maria Napoli Marie Vermunt Nadine Amiel Noëlle Rollet Nuvola Ossidiana Paolo Merloni Pierangelo Summa Pier Paolo Pasolini Pierrette Fleutiaux Primo Levi Retiens la nuit Richerd Soudée Roman théâtral Rome ce n'est pas une ville de mer Réflexions Salvatore Quasimodo Solidea Stella Stéphanie Hochet Testament immoral Ugo Foscolo Vacances en Normandie Valère Staraselski vases communicants Vital Heurtebize X Y Z W Zazie

liens sélectionnés

  • #blog di giovanni merloni
  • #il ritratto incosciente
  • #mon travail de peintre
  • #vasescommunicants
  • analogos
  • anna jouy
  • anthropia blog
  • archiwatch
  • blog o'tobo
  • bords des mondes
  • Brigetoun
  • Cecile Arenes
  • chemin tournant
  • christine jeanney
  • Christophe Grossi
  • Claude Meunier
  • colorsandpastels
  • contrepoint
  • décalages et metamorphoses
  • Dominique Autrou
  • effacements
  • era da dire
  • fenêtre open space
  • floz blog
  • fons bandusiae nouveau
  • fonsbandusiae
  • fremissements
  • Gadins et bouts de ficelles
  • glossolalies
  • j'ai un accent
  • Jacques-François Dussottier
  • Jan Doets
  • Julien Boutonnier
  • l'atelier de paolo
  • l'emplume et l'écrié
  • l'escargot fait du trapèze
  • l'irregulier
  • la faute à diderot
  • le quatrain quotidien
  • le vent qui souffle
  • le vent qui souffle wordpress
  • Les confins
  • les cosaques des frontières
  • les nuits échouées
  • liminaire
  • Louise imagine
  • marie christine grimard blog
  • marie christine grimard blog wordpress
  • métronomiques
  • memoire silence
  • nuovo blog di anna jouy
  • opinionista per caso
  • paris-ci-la culture
  • passages
  • passages aléatoires
  • Paumée
  • pendant le week end
  • rencontres improbables
  • revue d'ici là
  • scarti e metamorfosi
  • SILO
  • simultanées hélène verdier
  • Tiers Livre

Méta

  • Créer un compte
  • Connexion
  • Flux des publications
  • Flux des commentaires
  • WordPress.com
Follow le portrait inconscient on WordPress.com

Propulsé par WordPress.com.

  • S'abonner Abonné
    • le portrait inconscient
    • Rejoignez 237 autres abonnés
    • Vous disposez déjà dʼun compte WordPress ? Connectez-vous maintenant.
    • le portrait inconscient
    • S'abonner Abonné
    • S’inscrire
    • Connexion
    • Signaler ce contenu
    • Voir le site dans le Lecteur
    • Gérer les abonnements
    • Réduire cette barre
 

Chargement des commentaires…