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Je suis passé, personne ne m’a vu (Solidea n. 25)

27 mardi Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Solidea

001_monica iPhoto 180

Je suis passé, personne ne m’a vu (1)

1. Depuis le pessimisme

Devant les gueules
que je n’avais pas défoulées
je suis passé,
pour voir, pour être vu.

Dans les lieux
que je ne pouvais pas oublier,
je n’ai fait qu’une descente
furtive.

Dans cette autre dimension
qui fut la mienne,
j’ai pourtant retissé,
de façon schizophrène,
les trames d’une affection
dont je craignais la vanité,
car le train allait bientôt
tout couper, tout écraser,
tout déchirer de nouveau.

J’ai seulement eu le temps
de me reconnaître dans le regard
de chacun d’eux : un revenant
dont chaque homme possédait
un échantillon privé
exclusif, primordial ;
un survivant dont chaque femme
gardait le secret.

Je ne serai jamais le seul homme
ni le même
pour ces gens trop aimés
dont pourtant aussi bien
je me souviens.

Aucun souvenir
de ma silhouette passagère
(trop rapide, trop intense)
ne se figera, hélas ! solitaire,
identique, dans l’esprit
de tous ceux qui m’ont vu m’éclipser
comme une ombre.

À présent, je me découvre changé
et je voudrais que la ville le sût.

Elle ne le saura pas, peut-être.
Je suis passé, personne ne m’a vu.

002_jim 180

2. Depuis l’optimisme

Je suis traîné, ici à Bologne,
par un courant fiable
par l’enthousiasme illimité
de mon amour filial.

Elle est une mère brusque
malgré tout affectueuse,
où sont nées
autant de pièces
de mon corps et de mon être
importantes sinon indispensables.

C’est ici qu’elles prenaient
leur nourriture, loin d’ici
elles n’ont eu d’autre perspective
que mourir.

C’est ici que j’aurais dû vivre
quitte à me soumettre
à des escarmouches quotidiennes
avec des frères jaloux.

003_jeanne et les pinceaux 180

3. Depuis le voyage

Je voudrais rester à Bologne.
Je voudrais rester sinon à Rimini,
à Imola, à Casalecchio
ou alors à Terra del Sole
dans une maison comme celle-ci
dans une rue comme via dell’Unione.

Je voudrais me caler
dans la mélancolique incertitude
d’un monde de correspondances
à renouer, de vides inattendus
à remplir.

Dans la certitude ébahie
d’obligations nouvelles
plus circonscrites, plus régulières
moins démesurées et aventureuses,
ô combien volontiers
je resterais ici !

004_jeanne et jim iPhoto 180

Giovanni Merloni

(1) Réécriture de ces jours, en français, d’une poésie écrite (en italien) en 1989 lors d’un voyage à Bologne

Texte d’origine EN ITALIEN

Les signaux évidents que notre douleur renvoie (Zazie n. 25)

25 dimanche Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_couple rouge bleu - copie

Giovanni Merloni, Couple rouge et bleu, janvier 2015

Depuis ce glorieux dimanche 11 janvier 2015 où les Français de tous les crédos sont descendus dans la rue, deux semaines se sont écoulées.
Spontanément, ils avaient proclamé leur attachement à la liberté républicaine et en même temps ils avaient voulu manifester : leur volonté de travailler pour que l’amour prévale sur la méfiance et la haine ; leur engagement individuel à exercer dorénavant, plus que jamais, l’attention ainsi que la tolérance. Toujours, même dans les situations les plus difficiles.
D’en haut de mon observatoire privilégié — l’un des boulevards qui portent à place de la République, à Paris, en provenance des deux gares du Nord et de l’Est —, j’avais pu observer la façon des gens de participer à cet événement unique.
Tout le monde « courait », glissant sur le goudron au milieu des platanes avec une légèreté qui n’avait qu’un sens, celui de la confiance dans l’intelligence et la sagesse des êtres humains. Dans cette course il y avait aussi une force, l’unique possible contre le vent froid et impitoyable de la Mort : la force de l’Amour.
Pendant cette manifestation de chagrin et de joie, je me suis souvenu plusieurs fois de la journée du 23 mars 2002, à Rome, où une foule pareille, avec les mêmes sentiments, s’était donné rendez-vous près du Circo Massimo, autour de Sergio Cofferati. Nous y accourions pour défendre un primordial principe du droit du travail et, en même temps, hélas, pour manifester contre le énième acte de terrorisme aussi violent qu’ambigu qui avait tué, le 19 mars, à Bologne Marco Biagi, un juriste en train de travailler autour de cette loi controversée.
Je vois des points en commun dans ces deux journées. Elles ne sont pas les seules, en France, en Italie et en Europe, à exprimer une condamnation unanime du terrorisme. Ce dernier n’a aucune justification religieuse ou idéologique que l’on puisse accepter. Ce n’est qu’une forme lâche, tout à fait insupportable, de toucher la volonté de paix et de démocratie dans les pays libres ainsi que dans les libres consciences de tous les êtres humains de la planète.

002_richard lenoir - copie

Boulevard Richard Lenoir, Paris, 21 janvier 2015

Les signaux évidents que notre douleur renvoie 

Je suis ici, comme vous,
comme toi, comme elle,
un corps encore en vie,
une voix
au milieu d’autres voix.

Une voix qui n’a qu’un seul pouvoir :
celui d’exister,
de crier au secours,
de courir au secours.

Une voix encore libre,
heureusement,
de rester debout.

« Je suis ce que je suis
et n’y puis rien changer. » (1)
Et pourtant j’essaierai
de me garder, dorénavant,
attentif et honnête,
courageux et prudent.
Dans l’espoir
qu’ils se gardent, eux aussi
attentifs et honnêtes,
courageux et prudents,
mes voisins et mes proches
et les jeunes
et les moins jeunes
et tous les artistes
et tous les touristes
et tous les représentants
des autres listes.

Sans rien faire d’autre
parce que nous ne pouvons
rien faire de plus

quitte à respecter la liberté
que nous avons le bonheur
de respirer,

quitte à espérer
qu’on ait des égards
pour cette constellation
de signaux évidents
que notre douleur renvoie,

quitte à prétendre
qu’elle soit réalisée
jusqu’au bout
une poignée indispensable
de choix résolus
que notre civilisation
égalitaire et fraternelle
demande.

Giovanni Merloni

002_place humanité part

003_foule et drapeau - copie

003_bella - copie

Place de la République, Paris, 11 janvier 2015

(1) Célèbre chanson de Juliette Gréco.

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

Avant j’étais un œuf frais (Zazie n. 24)

22 jeudi Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_madame guêpe 180

Avant j’étais un œuf frais

Avant j’étais un œuf frais
où les nébuleuses rouges
voltigeaient sans les toucher
avec les traînées blanches et jaunes
tout en frôlant le firmament noir
de l’enclos verrouillé
comme des lèvres
comme des joues
comme autant d’attestations
de sympathie et
(pourquoi pas ?)
de confiance.

Pendant longtemps,
j’ai été à demi solide,
à demi liquide,
à la coque,
voilà pourquoi
on m’a avalé
(plusieurs fois)
en me laissant installer
dans les pénibles intestins
de demoiselles incertaines
au milieu de vicissitudes obscures
de travail ou de lutte.

À présent, je suis bien rude,
arc-bouté comme un œuf dur
survolté comme un voyageur clandestin
en train de lorgner son destin
en deçà d’un mur
douloureux et moqueur.

Maintenant, il existe
mille façons
de sortir de cette coquille :
elle n’est qu’un frein usé
désormais
rien qu’un transparent
costume estival.

Et pourtant mille bouches
sont prêtes déjà
à mordre et mâcher
cette silhouette parfumée
qui vient juste de naître
à l’aventure de la vie.

Mille estomacs,
mille bras, mille oreilles, mille cheveux,
mille mains faméliques
vont me mettre en bouillie,
m’éructer,
me cracher,
me vomir….

Enfin libre,
mon corps sans corps
profitera de mille cuisines
et de mille chambres
et de mille cimetières
pour s’asseoir à mille tables
sans manger
pour reposer dans mille lits
sans dormir
pour se retourner dans mille fosses
sans mourir.

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

La poésie déchirée, 1976 (Ossidiana n. 43)

20 mardi Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_madame déchirée - copie

La poésie déchirée (1)

La poésie déchirée
était belle,
la poésie déchirée était sincère,
un cul-de-sac ombrageux
où la lumière avait pénétré,
un coin de poussière
où l’écheveau s’était dévidé
de la douleur et du bonheur.

La poésie déchirée
était ma vérité
la plus cruelle
déguisée en fleur,
mon extrême effort
pour te comprendre
pour me libérer
de mes « idées reçues ».

La poésie déchirée
m’avait anéanti
ressuscitant aux narines
le parfum tiéde
de ton corps.

À présent,
la poésie déchirée
est retournée tout entière
dans mes mains
dans mes jambes
dans l’estomac souffrant
de la vie.

Giovanni Merloni

(1) Réécriture de ces jours, en français, d’une poésie en italien de novembre 1975 (Bologne)

TEXTE D’ORIGINE EN ITALIEN

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

Le projet d’une poésie, 1975 (Ossidiana n. 42)

18 dimanche Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_donnina 180

Giovanni Merloni, J’espère que tu…, janvier 2015

Le projet d’une poésie (1)

Dans la fragile géographie
des souvenirs
des attentes
des gestes cachés,
le projet d’une poésie
s’étend
comme une langue de papier
au milieu des vêtements
et des masques
d’un amour tombé
en désuétude
jusqu’au moment où la rage
d’une vitalité nouvelle
desserre les jalousies
de la relique sacrée.

Depuis le fond d’une crypte
sentant l’oignon et le vin
mon cri a grimpé
au-delà de la trappe d’herbe
frôlant ta robe
jusque dans ton giron blanc
aux dentelles fleuries
et nous avons pris à rouler
dans la spirale infinie
d’un parchemin en colimaçon
transparent.

002_donnina part 180

Giovanni Merloni, J’espère que tu…, part. janvier 2015

Oui, tu me rends conscient
finalement
de ma naissance
de mes premiers pas
de ma courbe gaucherie d’écolier.

Oui, tu m’acceptes
finalement
au milieu d’un dessin plus vaste,
plus riche
avec des excès,
avec du gaspillage d’humeurs
et de couleurs exubérantes
et foncées.

Oui, tu me donnes,
finalement, la certitude
qu’elle nous appartient
cette vie à nous.

003_photo part

Giovanni Merloni

(1) Réécriture de ces jours, en français, d’une poésie en italien de juillet 1975 (Bologne)

TEXTE D’ORIGINE EN ITALIEN

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À présent dans l’île il n’y a qu’une barque (Solidea n. 24)

15 jeudi Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Solidea

001_barque colorée - copie

Giovanni Merloni, Amour et géometrie, janvier 2015

À présent dans l’île il n’y a qu’une barque

L’île enlève les filets
sous un ciel s’ouvrant blanc
à sa première lumière.

Je m’effondre dans tes yeux
tels de grottes verdoyantes
envahies par la mer. Tenacement,
j’essaie de m’y noyer,
dans l’espoir de me perdre
ou de guérir.

002_barque noir et blanc - copie

Giovanni Merloni, Amour et géometrie, janvier 2015 (hypothèse en N&B)

À présent, dans l’île
il n’y a qu’une barque,
il fait mauvais et toi
tu ne vas pas sauter
sur le sable mouillé
en y laissant
les reflets de tes pas.

Moi, je ne serai pas là
et pourtant jusqu’aux détails
je peux me figurer
ta descente sur les lieux
désœuvrée et coupable.

Tu trouveras ce soleil
toujours prêt à élargir
les gouttes de mer sur la peau ;
tu trouveras, dans mon ombre
collée aux cailloux,
« ton problème » ;
tu trouveras, sous un arbre,
nos regards mélancoliques
ou alors l’écho impitoyable
de nos voix hystériques.

Tu te souviendras
de cet embarras
qui n’a pas su
se convertir en joie,
au bout languissant
de soirées magnifiques,
dans ce divan flottant
au milieu des étoiles.

003_barque colorée part

Je te vois bien, apeurée,
en train d’effleurer
tout ce qu’on a raté,
touchant de tes yeux
la triste vanité
du petit espoir vertueux
de nous revoir unis
dans le lit somptueux
et interminable
de cette île inexplicable.

Moi, je vois tout perdu :
l’île, le soleil, les étoiles,
l’eau sur la peau.
Et même toi, gamine
tu as déchiré tes voiles
au bout de la séance divine
qui fut ton seul cadeau.

Tu deviens blanche, ta gueule
ne me semble pas chagrine
tandis que sur une barque
sous une pluie taquine
tu t’en vas loin, toute seule…

Giovanni Merloni

Je te suis redevable, 1965 Ambra n. 62)

13 mardi Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_couple noir et blanc 180

Giovanni Merloni, Une rencontre ratée, janvier 2015

Je te suis redevable

À présent, je sais bien
ce que j’aurais dû faire
ce que je n’ai pas fait
m’en dérobant, au contraire,
sous le prétexte de tes fautes
de tes silences
de tes grimaces.

Si je fouille là-dedans
dans nos rencontres dissymétriques
dans nos souffles biais
je vois ce que j’aurais pu donner
en échange de ton manque
de force et de courage.

Et pourtant
je te suis redevable
d’un après-midi
où j’ai ri, j’ai pleuré,
de ce jour de souffrance absolue
où j’ai sculpté
jusqu’au bout silencieux
de mon cœur,
pour y laisser ce que je ne savais pas
ce que je n’avais pas compris.

Je te suis redevable
de longs jours de silence
et de foudroyant bonheur.

Je te suis redevable
de cet étrange cynisme
qui m’a fait rouler en arrière
dans le néant et le vide.

Je te suis redevable
d’un « non » sec
que j’ai tranché de but en blanc,
sans hésiter,
de cette force absurde
de refuser l’amour
— pourquoi pas ? —
à jamais.

Si tu venais me chercher
dans la rue sombre,
tu ne m’aurais pas reconnu.
Ou alors, me voyant rire
et pleurer, indifférent
à la pluie battante,
tu n’aurais rien compris,
peut-être.

Giovanni Merloni

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TEXTE EN ITALIEN

Charlie Hebdo et nous (À présent n. 15)

09 vendredi Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in les unes du portrait inconscient, mes poèmes

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Zazie

je suis 1 180

Giovanni Merloni, 7 janvier 2015, technique mixte, 2015

Charlie Hebdo et nous (À présent n. 15)

C haque jour qui me reste

H onteux de vivre dans un monde impuissant

A vançant avec mes petites certitudes, je

R egretterai une époque qui a quand même existé, où

L iberté était pour tous le bien suprême à défendre. C’est au nom de la Liberté qu’il faut

I nformer tout le monde sur les risques totalitaires de plus en plus menaçants

E nseigner aux jeunes les vertus de l’échange, de la participation, de la solidarité.

 

H aine ? Je ne veux pas croire à la haine

E ngendrée par le fanatisme, ni aux

B ombes à retardement de nos fautes, de nos ingénuités.

D evant ces actes de guerre

O n doit faire valoir les droits et les devoirs de la Liberté.

 

E vidence primordiale : ce n’est pas une question de religion !

T olérance et intelligence sont les uniques moyens pour qu’on n’effleure plus les voix indispensables des innocents.

 

N égligeant toute réthorique,

O n a le droit, à présent, de pleurer. Mais demain,

U nissons-nous avec les armes gentilles de la connaissance !

S oulagés par l’art cosmopolite et la culture fraternelle, c’est à nous de garder dans nos mains la liberté et la paix !

Giovanni Merloni

Je vide le sac (Solidea n. 23)

04 dimanche Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Solidea

001_vide le sac 180

Giovanni Merloni, Trois générations, part. Janvier 2015

Je vide le sac

Un sac de plâtras
au bout de la rue là-bas
pourrait contenir
— pourquoi pas ? —
nos deux corps foudroyés
obligés de ressusciter
au moment topique
de l’emménagement,
des travaux frénétiques
de l’installation solennelle
d’un grand lit.

Je m’y vois, avec toi
là-dedans, au bout d’une vie
de joies arrachées, de délires
provisoires, ô combien
importants !
Toi et moi,
nous étions étendus
à même l’herbe
— enveloppés l’un dans l’autre,
les yeux clos,
la bouche ouverte —
engloutissant
goutte à goutte
le bonheur de l’amour
la stupeur de l’amour
le chagrin de l’amour.

Dans ce sac ordinaire,
nos statues sont cassées,
mises en pièces, renversées
réduites au néant d’un ticket
d’un cellophane
balayé par le vent.

Ou alors, ces amas
sont la trace minérale
d’une cloison animale
séparant nos deux vies
de l’allure spectatrice
d’un voisin sans malices
ayant pourtant l’envie
de cueillir nos prémices
dans son retrait
complice.

Ces anonymes fatras
sont l’écho assez fugace
d’un colloque démoli
lors de l’écroulement
de ce mur mitoyen
emportant sans soucis
(et sans aucun préavis)
dans les bras de la mort
l’observateur accroupi.

Une longue histoire d’amour.

002_vide le sac 180

Giovanni Merloni, Trois générations, part. Janvier 2015

Voilà, je vide le sac.
C’est l’histoire d’un amour
verrouillée pour toujours
se dévoilant sans détour
au jour le jour
à l’oreille exercée
d’un bonhomme ordinaire
qui vivait solitaire
au-delà de ce mur.

J’arrivais toujours
avant que toi.
De rien d’autre
je ne me souviens.
À défaut de ce mur
qu’on gagnait en montant
au sommet bien humide
d’un escalier croulant ;
de ces plâtres noircis
retombant sur les pieds
comme d’écorces meurtries
ressemblant à des oiseaux
du bon augure.

Il est tout à fait inutile
d’essayer de t’oublier.

Ah, s’il n’y avait pas eu
cette rancune, ces mots
sans courage ni fortune !

Ces autres amies,
envers lesquelles je me fatiguais
(décidé par moitié,
incertain à part entière,
disponible jamais)
elles ne servirent qu’à précipiter
mon aveu irrémédiable :
il demeure insupportable
ce mur de douleur !

Fin de l’histoire d’un mur.

003_vide le sac 180

Giovanni Merloni, Trois générations. Janvier 2015

Ce n’est pas de ta faute
si je cède à moi même.
Ce n’est pas toi qui déchaînes
le nouveau désespoir
au constat de ton absence.

Si jamais je reviens
à ta vaine rencontre
dans cette chambre écroulée
si jamais je caresse
l’ombre bleue de la tresse
que ta tête a gravée
sur ce mur claustrophobe,

tu te ratatines,
tu endosses dix robes
l’une sur l’autre
pour me paraître un pantin
emmitouflé.

Et surtout, tu te tais.
Magnanimement, tu te tais.

Puis tout cesse. S’évanouit
l’encombrant souvenir
de ce monde anéanti
de chambres et de lits
glissant à l’infini
au milieu de mes doigts
engourdis.

Giovanni Merloni

Désormais, presque rien ne me reste (Zazie n. 23)

30 mardi Déc 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_rien ne reste 180

Désormais, presque rien ne me reste

Ils me confortent
ces coups de crayon
sur des feuilles à perdre
témoins récalcitrants
et involontaires
de ma capacité
disproportionnée
de raisonner ou de rêver.

Ils me consolent
les murs de cette prison
définitive
où mes désirs
se cognent
comme autant de mains
engourdies.

Il me flatte
le souvenir
de la résistance infime
de cette cloison risible
de verre ou de cellophane
qui séparait mon corps
du tien,
qui attirait
dangereusement
ma bouche haletante
contre tes lèvres
miraculeusement proches
et pourtant emprisonnées
par cette pellicule
invisible
embuée
inerte.

Elles m’apaisent
ou me bousculent
selon les jours
les souvenirs
durs à mourir
de tes contours.

Désormais, presque rien
ne me reste
au-delà de l’écho
d’une lamentation introvertie
d’un embarras affolé
d’une solitude acharnée.

Il ne me reste
que la claire perspective
d’un voyage solitaire
parmi les ivrognes
et les malheureux
s’improvisant fougueux paladins
de vaines batailles
au milieu des branches
ternes et fanés
d’un bois en carton-pâte.

Il ne me reste que cette photo
mise en pièces
brûlée, abandonnée
aux sévices du vent,
cette photo qui pourtant
ne s’efface jamais
tel un rideau flou
insaisissable
que je m’accorderais d’appeler
Amour.

Giovanni Merloni

TEXTE EN ITALIEN

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