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Les objets inutiles, 1976 (Ossidiana n. 40)

24 jeudi Juil 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_belle bleu-rose iPhoto 180

Giovanni Merloni, gouaches juillet 2014

Les objets inutiles (1976)

Tes bras s’abandonnent
et tombent
comme des feuilles chaudes
parmi les objets inutiles
d’une chambre sans
lumière.

Les cris de la vie
et de la mort
(éclatés violemment
dans le petit théâtre
de notre étreinte
embarrassée)
vont aboutir,
à présent,
dans la lueur ferme
d’une lente promenade,
tout au long
d’un fleuve de neige
entouré d’arbres
jaunes.

J’engloutis
péniblement
la douleur glacée
impromptue
remplaçant
la joie foudroyante
de cette petite
force
retrouvée.

Devons-nous
confier notre chance,
ce désir aigu
de bonheur
au temps capricieux
ou galant homme,
impatient
ou patient ?

Et pourtant
(au jour le jour
feuille après feuille),
elle est sincère
cette bataille des corps
ensommeillés,
elle est indomptable
cette constance
qui nous pousse
à nous poursuivre
l’un l’autre,
à protéger
notre petite
bonne humeur,
à défendre
coûte que coûte
la paix orgueilleuse
d’une petite
affinité.

Ça ne sert à rien,
contre l’amour,
tout dessin sombre
ou schématique.
Toute hypothèse
de bon sens
(heureusement)
s’épuise, bien avant
de produire
des résultats.
Elle ne remplacera
jamais la solidité
et le charme
de deux mains serrées
au milieu des odeurs
et des profils nets
de la rue.

Nous apprenons
à accepter
que la vie amène toujours,
en promenade,
bien serrée contre son corps
souple et provisoire,
la silhouette définitive
de la mort. Le bonheur
n’est qu’un enchevêtrement
d’objets inutiles
et d’élans indispensables
que nous devrions
toujours
protéger
contre les pièges
invisibles
de la mort,
contre les illusions
inévitables
de la vie.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

 

Ne dis rien, 1965 (Ambra n. 58)

23 mercredi Juil 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_ne dis rien b iPhoto 180

Ne dis rien

La première chose
essaie de comprendre
le schéma du monde.

Puis, sans rien
dire, cloue trois
planches de bois,
couvre-toi
de sable et d’ivresse.

Puis, si tu veux,
mets-toi à pleurer,
ou alors rame.

Accroche-toi
à l’arbre,
au fil,
au train.

Ne dis rien.

Il suffit de se taire,
de laisser que ce soient
les autres
à parler.

Enfin, laisse
que la lumière rentre,
révélatrice.

Et, même si
tu auras perdu
tout ce que tu avais,
n’arrête pas de te taire,
ne dis rien.

Giovanni Merloni

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TEXTE EN ITALIEN

Je serai un nomade, 1965 (Ambra n. 57)

22 mardi Juil 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

221_nomade 01 180

Giovanni Merloni, gouache juillet 2014

Je serai un nomade

I
Je quitte le lit
de plus en plus fatigué.
Je m’accoude sur la rue,
sachant déjà
qu’il ne m’excite plus,
le ciel, même
purifié par la pluie.
Je découvre
que cette violente lumière
ne m’invite plus
à savourer l’air du matin,
l’odeur de café
et de journaux.

Aujourd’hui, je ressens le poids
de millions de regards
comme le mien,
de millions de pas démesurés
qui se croisent sans façon,
d’innombrables énergies
qui se brûlent, sans prendre
le temps
de réfléchir ni de penser.

Aujourd’hui, renfermé
dans une nouvelle désolation,
j’éprouve presque de l’envie
pour ceux qui n’ont
qu’une façon d’être,
pour ceux qui vivent
une vie seulement.

002_frescona 180

Giovanni Merloni, gouache juillet 2014

II
Je serai un nomade
je me passerai de ces murs
j’oublierai
ces vitrines,
ces bancs publics
ces fontaines.

Ils me manqueront
nos pas
nos croche-pieds
nos pièges.

Je serai parti
pour chercher dans les ombres
nos ombres,
dans les rencontres
nos rencontres,
dans les baisers
nos baisers.

Je voyagerai
tout en retenant
le souffle,
dans l’attente
d’une petite voix
égale à la tienne
se frayant un chemin
inespéré
dans le lourd manteau
du silence.

Tu es la terre que je quitte
celle que je suis en train
de trouver.

Je partirai, inévitable-
ment. Entre-temps, ton image
(prisonnière,
sur la vitre,
entre la buée et la pluie)
se décolorera
doucement
en hommage à l’esprit
décadent
(qui m’avait anéanti),
que je vais, finalement,
abolir.

Giovanni Merloni

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Des carrosses sous les pieds, 1965 (Ambra n. 56)

26 jeudi Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_des carrosses 180

Des carrosses sous les pieds

Tu viendras ici, de retour
d’un voyage
sinueux, infini
sur le fond de la mer,
en donnant à mon cœur
le sourire
de tes yeux
de verre.

Jeune et fraîche,
tu voleras dans mon ciel te leurrant
qu’il y a
des carrosses sous tes pieds
effleurant sur les cimes des montagnes,
la pierre de mes ancêtres.

Si je pense que c’était toi,
juste toi, qui me traînait
dans les tourments !
En ces heures
désespérées, volées
à la paix, au bon sens
je ne pouvais pas savoir
qu’un beau jour
je trouverais
cette douleur
merveilleuse.

Nous marchons, maintenant
avec nos discours frivoles
insouciants de l’horizon plat
pesant au-dessus de nos yeux
comme un vide
où se perdent toutes choses.

002_des carrosses

Je ne sais plus rien
de toi, ni de ce qui nous attend
dans ce lit de feuilles.
Je sais pourtant
que cette douleur a servi
à te faire retourner.

Giovanni Merloni

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Sur cette table, des feuilles, 1965 (Ambra n. 55)

26 jeudi Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_sur cette table

Sur cette table, des feuilles

Sur cette table, des feuilles
et des cahiers
et des livres
et le sang des baisers.

Non, ne t’effondre pas.
Attends qu’elle revienne
pour lui dire tout
pour lui dire combien tu l’aimes
et tu l’aimeras
même dans la mort.
Tes mots
seront simples,
chastes, purs,
calmes.
En les disant,
tu te découvriras éloigné,
même indifférent
au voile méchant
qui tombera sur tes yeux.

Elle tombera à tes pieds,
elle embrassera tes mains
en laissant couler
des yeux
à chaque larme
un baiser.

Dans ce délire, tu découvriras
trop tard
qu’entre vous deux
peut-être
une vie heureuse
aurait pu
se déchaîner.

La mort approchera,
tout en glissant, légère,
entre tes mains et ses yeux,
entre son corps
frémissant et mouillé
et ton regard
emprisonné et sec.

Au loin, le crépitement du soir
rendra ta mort
moins triste,
moins évidente
tandis
qu’un souffle imperceptible
apaisera ton front
en y posant
une pensée coupée
qu’il laissera voltiger
le temps d’un instant
sur ton étrange sourire.

002_sur cette table 180

Elle sortira dans la rue,
l’unique femme que tu aimais.
Elle, qui t’aimait
jusqu’à en mourir
portera ton sourire
collé, de biais,
comme une fleur,
parmi les gens et les toits.
Toute seule, elle parlera
en répétant à chacun
ta dernière phrase :
«Voyons, mon amour,
chacun va à la rencontre
d’une mort originale,
sur mesure,
ressemblant à sa
propre vie.
Tu peux la voir
toi même :
belle ou laide,
cette mort-ci c’est la seule
qui existe
pour moi. »

Giovanni Merloni

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La grotte à la forme d’oreille, 1965 (Ambra n. 54)

26 jeudi Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_une grotte colorée iPhoto 180

La grotte à la forme d’oreille

I
J’improvisais mes rêves
et pourtant j’y voulais poursuivre
un canevas.
Des mots en forme de rambarde
suivaient des marches en descente
dans mes nébuleuses de lumières
et de lentes révélations
de femmes nues.

Je courais
la main appuyée contre le cœur
et je m’effondrais
dans la sombre terreur
de grottes mouillées
où la lumière du jour
petit à petit
cédait la place
à la nuit.

Ma voix solitaire avançait
dans cette grotte
à la forme d’oreille
dans ce trou sans écho
où les nids noirs
des chauves-souris
pendillaient.

II
Je ne supporte pas ma voix,
je n’aime pas non plus
mes pas perdus.
Je ne me trouve pas agréable
quand je ris sans tenue
dans les fêtes des autres.

J’aime les jours longs,
raides
comme autant de pantins
de neige.
Là-dedans, je recherche,
seul et inspiré,
les pas qui engendrèrent mes pas,
l’insouciance des ombres
croisant la violence
de mon corps stupéfait.
Je recherche
la caresse distraite
qui saurait ensevelir
en un seul instant
les labyrinthes enflammés
de ma peur.

Je marche seul,
sans aucune passion
en me négligeant moi-même,
en souffrant comme les choses,
en aimant comme les oiseaux.
À chaque coin de la rue,
je vais ramasser mes ruines
sans renoncer pourtant
au petit écho
d’une voix sincère
qui était la mienne
au souvenir du cri
que je libérai un jour.

III
La vie m’a appris
à être prudent
à recouvrir de révérences
l’ordre des choses
à me montrer attentif, intelligent
à baiser les mains
à me taire.

Ce n’est que ça ce qu’il faut faire.
Alors pourquoi, petit enfant,
rêvais-je
de mourir soldat ?

Giovanni Merloni

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J’ai écrit sur le rocher, 1965 (Ambra n. 53)

26 jeudi Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_passage du désir 180

Passage du Désir (Paris Xe)

J’ai écrit sur le rocher

J’ai écrit, sur le rocher,
la poésie de cet homme à la voix grave,
qui s’était rendu en costume noir
à la fête
dont il était rentré
amoureux et chiffonné.

J’ai fait autant de ratures
que le bon sens ou la raison
opposaient à l’inspiration.

J’ai écrit qu’il était un seigneur
âgé, un vieux blessé à la guerre
au pas martial
sublime dans les chœurs de l’église
qu’un jour, par convenance,
avait pris en épouse
une jeune coiffeuse.

J’ai dit qu’au party
il y en avait à suffisance
pour un régiment affamé
et qu’Angela la précieuse
avait un grain de beauté
sur le menton.

Ce fut alors
que l’homme bien habillé
ne sut résister. Oui
ce fut lui
qui tapa sur les fesses d’Angela
en faisant déclencher
la bagarre.

J’ai lu mon histoire au pays.
— Ô poète, ils m’ont dit,
tu te mets sous les pieds
toute fidélité historique !
Moi, troublé, je me pinçais
pour me réveiller.
Je m’étais convaincu, à l’improviste,
que le monde se fût
retourné.

(Au lendemain,
je suis revenu
et j’ai lu, devant tout le monde,
la « véritable » histoire,
que tout de suite
je vais vous débiter.)

Il y avait une fois un roi
prussien, affecté par la sciatique
et le cancer à la gorge.
Pour ces raisons banales,
il marchait comme un godelureau
et marmonnait comme un baryton.
Se sentant seul et triste
dans son immense manoir
descendit un jour à la vallée
bien en selle de son canasson
(ayant un grain de beauté
sur le museau),
c’est-à-dire de son cheval
prénommé Angela
(ce prénom ailé,
ne collant pas trop
à cet étalon invétéré,
c’était celui d’une fille
morte à juste dix ans :
une douleur trop aiguë
pour ce père déchu
et, hélas, désarçonné).

Dès son arrivée
aux portes du pays rêvé,
le pauvre roi dépaysé
donna à boire
une gorgée d’eau gelée
à son Angela.
Ensuite, descendu du cheval,
se désaltéra lui-même.
Mais il vit se baigner,
parmi les fraîches frondes
du fleuve, toute nue,
une servante blonde
se complaisant
(et cela était évident
pour tous mes paysans)
du regard insistant
« d’un seigneur imprégné
de poussière
ayant tellement voyagé ».

Vous ne pouvez pas imaginer
l’excitation suscitée
par l’odeur de l’aventure
ni la saveur de l’émotion
que Son Altesse éprouvait
tandis qu’à son château,
rougi de honte, au galop,
il retournait.

Pour en finir, je parlerai de ses enfants.
Aucun d’eux ne lui ressemblait,
aucun d’eux n’avait de grain
de beauté,
mais ils firent tous les trois
des gueules stupéfaites
quand ils virent près d’un ruisseau
en face du château
la jument Angela
qui piaffait
tandis que,
depuis sa baignoire,
une fois de plus nue,
une jeune servante saluait.

Au bout de mon récit,
personne ne fut satisfait.
Ils firent semblant
de me prendre pour fou,
avant de dégainer leur morgue
et, enfin, de décréter :
— Si tu veux rester
dans notre communauté,
tu dois te calmer,
descendre du cheval,
te lever au chant du coq
pour écrire sans répit,
sur le rocher, chaque jour
goutte à goutte
une interprétation nouvelle  
de ton histoire.

Giovanni Merloni

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J’attends, 1965 (Ambra n. 52)

26 jeudi Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_je t'attends 02 180

Pont du Gard, été 1982

J’attends

J’attends
qu’une voix péremptoire appelle
en démêlant mes toiles d’araignée
avant d’abandonner les labyrinthes
paresseux de ma solitude.

D’habitude, je ne crois pas
aux expressions de confiance
aux sourires naïfs :
dans mes rêves
au lieu des mers sereines
s’enchevêtrent
des nébuleuses
et se coincent
des déchets d’autres hommes
des « non et non » d’estime
déniée, de terreur.

Je garde pourtant l’espoir
de sortir de mon personnage
de la multitude de faits commis
des petites fautes de la vie.

002_je t'attends 03 180

Pont du Gard, été 1982

Et j’ai encore
des sentiments intègres
quand je lance dans le vide
des mots, tels des messages
à moi-même,
des appels désespérés
à la bonne chance.

Toi, qui écoutes
les phrases incompréhensibles
que marmonne ma voix ;
toi qui veux croire
à mon héroïsme
à ma nouvelle virginité,
sache que je suis là,
sur ce podium fragile,
par hasard.

Sinon
« j’aurais peut-être attendu encore
dans l’obscurité
en compagnie d’images farfelues ;
je serais affolé de pensées belles,
mais gâchées,
obsédé d’idées nouvelles,
mais exagérées,
désireux d’activités grandes,
mais bloqué ».

003_je t'attends 01 180

Pont du Gard, été 1982

Tout ce temps, coule
au milieu de sons ordinaires.

Entre-temps,
tous ceux qui passent
devant nous
regardent ailleurs
(qui sait où),
tous ceux qui se taisent
devant nous
sont en train de fredonner
à eux-mêmes
leur douleur secrète,
leur espérance cachée,
leur joie insaisissable,
leur prétention étrangère.

Je pourrais de but en blanc
attaquer à écrire
et ne jamais arrêter ;
attaquer à étudier,
à parler, à travailler dur
et ne jamais arrêter.

000archit -180

Quelques ans après,
je serais connu
ou juste un peu estimé
ou juste accepté,
simplement.

Un matin, je pourrais me lever
plus tard, me saupoudrer de parfum,
percer, le pas brûlant, la brume ;
je pourrais rêver de mers sereines
en passant ma main
sur tes cheveux de velours,
t’emporter
bras dessus bras dessous
légère, ô combien légère…

Giovanni Merloni

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Jour et soir, 1965 (Ambra n. 51)

26 jeudi Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_jour et soir (12) 180

Jour et soir 

Pendant le jour, les rues
cherchaient leur souffle
en vain.

Les ombrelles des pins
retournées par le vent
flanquaient vivement
de gifles et de poings
contre les fils du ciel
ou alors accordaient
une rapide caresse
distraite et gelée
au silence embarrassé
de notre solitude
à deux.

Au soir, la tempête
d’un coup s’évanouissait. La vie
retournait, égarée,
au milieu des lumières
avec une musique hardie
qu’on aurait dit scandée
par l’insistante prière
d’un cœur même trop petit.

Et pourtant, c’était grand
ton amour, quand, le soir,
ta petite main s’effondrait
dans ma main,
quand, toujours inattendu,
un vent impromptu
taquin et voleur
empruntait brusquement
la saveur longtemps rêvée,
notre joie n’ayant duré
que le temps d’un instant.

002_jour et soir (23) 180

Chaque soir
nous nous sommes embrassés.

Chaque jour
nous nous sommes quittés.

Giovanni Merloni

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Viens, de nouveau ! 1965 (Ambra n. 50)

25 mercredi Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_viens de nouveau 180

Viens, de nouveau !

Viens, de nouveau !
Voilà, regarde, assieds-toi ici.
Écoutons la mer, elle fait plus de bruit,
le soir, avec le vent.
Raconte ! Tu es la première.

Mais, entre-temps,
est-ce que tu te souviens ?
Je voudrais le savoir,
sérieusement,
pour relier le passé au présent.
Sinon la vie, chaque vie,
jour après jour
serait tôt ou tard effacée
comme cet écueil par l’eau.
Je voudrais le savoir,
à présent
comment est-il possible
que cet homme qui t’aimait
soit ici, qu’il y soit aujourd’hui
cet homme toujours embrouillé
qui ne comprenait jamais.

Je voudrais aussi comprendre
comment
cet homme naïf, égaré et déçu
qui courait ici et là,
en quête de lui-même,
a pu débarquer ici ;
comment
peut-il encore s’exprimer
avec un autre cœur
(sans plus de cœur)
avec d’autres espoirs
(sans espoir) ?
Oui, d’accord, je t’avais perdue,
car je ne savais pas te prendre
et que je t’achetais trop
de fleurs, je te racontais
trop de choses inutiles.

« Mais ensuite, pendant
des années et des années,
sans nous voir ni nous entendre
nous avons longuement conversé
et, alors, un beau jour,
j’ai eu presque la sensation
que je t’avais compris.
Un jour, j’ai entendu 
même ta voix, et je t’ai vu
rire de joie
parce que tout allait bien, 
et que nous marchions 
tous les deux 
en amour et en accord.
Nous nous demandions
pourquoi, alors
nous nous étions quittés. »

Veux-tu savoir d’alors ?
De ce dernier jour ?
Du jour après ?
J’avais perdu toutes mes larmes
À défaut de funérailles à règle d’art,
j’avançais sans un corps à ensevelir,
sans personne à qui parler.
Ce fut ainsi
(sans complaintes
sans aucune scène d’adieu
sans rideaux ni trains
ou mouchoirs)
que cette douleur
m’ayant rendu faible
et confus et peut-être
insupportable
d’un coup me pétrifia jusqu’à
me rendre vide,
pratiquement mort.
Maintenant, parle-moi
encore de toi…
Qu’est-ce qu’il est arrivé après ?
Comment s’est-il passé avec
les autres ?
Avec ton dernier amour ?

« Je m’aperçois que le vent
creusant jusqu’à l’os
nous a fait parler même trop.
Il nous a fait mentir
tout en retournant
à l’infini ce cadavre
comme un pantin d’étoffe. »

La vie, certes, a ses saisons
et aujourd’hui, dans le lieu
et dans l’heure précise
où nous nous quittâmes un jour
tout est divers. Si tu étais là,
tu aurais bien sûr des rides
peut-être un nouveau parfum.
C’est vraiment fini
et pourtant quelque chose de moi
demeure intact,
tu n’as pas changé tout de moi.

002_viens de nouveau part 1 180

Adieu, ma fleur épanouie
timidement ! Tu avais attendu
trente ans à te révéler
(ou même quarante).
Je te perds déjà !

Et cette douleur
qui fut longuement
ma seule compagne,
mon unique raison de vie,
s’évanouit dans un souffle.

Giovanni Merloni

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